|
|
|
|
|
|
Rennes-Le-Château ou l'histoire d'un grand secret |
|
Jean-Jacques Henri Boudet
Né le 16 novembre 1837 à Quillan
Son existence fut tout aussi mystérieuse que celle de Bérenger Saunière, mais sa discrétion l'a rendu insaisissable.
Voici l'histoire du second curé du Razès,
complice dans l'ombre de Saunière. |
|
Pendant 42 années de ministère à Rennes-les-Bains, l’abbé Henri Boudet écrivit 4 livres des plus étranges et des plus énigmatiques qui puissent être :
Parmi les 4 écrits, l'un d'eux va particulièrement attirer les chercheurs par son côté hermétique et absurde. D'autant qu'il est publié à une date clé de l'affaire, 1886...
Henri Boudet semble avoir été obsédé depuis son enfance par l’idée que dans les noms des villes, des villages et des hameaux, les noms géographiques et les mots d’usage quotidien, se trouvent dissimulés les racines d’une langue cachée ou perdue, connue seulement de nos ancêtres. Il pensait que cette langue perdue était en fait la racine de toutes les langues parlées par tous les humains de la planète et que, de ce fait, tous les hommes sans exception, la partageaient.
Afin de mettre sa théorie en pratique, il rassembla des concepts de base et il étudia les traditions et les légendes locales. Il bâtit des scénarios qu’il utilisa pour procéder à des comparaisons et des illustrations des mondes de jadis et du présent. Il étudia également l’étymologie des mots et procéda à des études et à des comparaisons détaillées en phonétique.
Nous savons aujourd'hui que ce livre renferme bien autre chose avec plusieurs degrés de lecture différents. Les innombrables exemples que l'on connaît maintenant, montrent que sa démarche de codage est essentiellement basée sur les allégories, les erreurs volontaires, les omissions et les jeux de mots. |
|
Un ouvrage peu vendu
Durant les 42 ans où Henri Boudet fut curé à Rennes-Les-Bains, il écrivit «La Vrai Langue Celtique et le Cromleck de Rennes-les-Bains». Le livre fut terminé en 1880 et il décida de le publier en 1886 après 6 ans de nombreuses modifications et annotations. Cet ouvrage majeur fut imprimé en 500 exemplaires par l'Éditeur François Pomiès (imprimeur de Carcassonne) pour un coût de 5382 Francs or.
Le livre de 310 pages est déconcertant et plein de paradoxes. Il contient aussi une carte dont 2 versions existent : "Rennes celtique" (petit et grand format). La 2ème version fut signée Edmond Boudet (1840-1907), notaire à Axat et frère de Henri Boudet.
Sur les 500 exemplaires, 98 furent vendus, 100 furent déposés dans des librairies ou donnés à des institutions et 200 furent offerts à des amis ou à des personnes voulant visiter les cures de Rennes-Les-Bains. 102 furent détruits par Boudet lui-même en 1914, année de sa démission. Une chose est certaine, il ne fit pas fortune sur la vente de cette ouvrage. Son objectif était autre. C'est évident.
|
|
|
Une thèse surprenante
Le thème de son livre est au départ simple : toutes les langues se déclinent de la langue anglaise ! Voici donc que tout au long de son livre le curé de Rennes-Les-Bains nous démontre sa thèse. Pour lui, les langues les plus anciennes, comme l'hébreu, le latin et bien d'autres ont comme seule et unique racine commune l'anglais. S'appuyant sur des jeux de sons et des jeux de mots, il étaye sa conviction au fil des pages.
La lecture est parfois lourde et fastidieuse et il faut attendre l'avant dernier chapitre pour que l'auteur nous parle enfin du Cromlech de Rennes-Les-Bains. D'ailleurs ce chapitre est un véritable tour de force puisqu'il nous démontre et nous explique l'existence de quelque chose qui n'existe pas.
A ce jour, aucun Cromlech n'a été découvert dans la région de Rennes-Les-Bains. Pour Henri Boudet, ce Cromlech semble être crée par l'ensemble des pierres issues de l'érosion naturelle qui se dressent un peu partout dans la région. Ce livre, en son temps, déchaîna les passions. Les critiques de ses confrères des Sociétés Savantes, l'assassinèrent littéralement et nos critiques littéraires modernes firent de même. Personne ne comprit pourquoi cet homme, prêtre reconnu et respecté, se lança dans une étude aussi loufoque et saugrenue. Cependant, malgré les critiques féroces, ses travaux furent toujours étudiés entre 1898 et 1902 par les sociétés savantes.
"La vraie Langue Celtique et le Cromlech de Rennes-Les-Bains" reste aujourd'hui l'ouvrage de référence pour les chercheurs et les passionnés de Rennes-Le-Château. Il est vrai que certains passages sont étonnants, soit par leur description, soit par leurs omissions. Comment comprendre que lorsque Henri Boudet parle des "Rennes" de France, il oublie de citer Rennes-Le-Château, si proche de lui. Comment expliquer son oubli de citer le menhir des Peyrolles dans sa description du Cromlech imaginaire, alors que ce menhir est bien réel ! Les non-dits de cet ouvrage sont des incitations à une lecture plus approfondie, à une lecture à double sens. Toutes ces erreurs sont en fait là pour attirer notre attention... |
|
"La Vraie langue celtique" comporte aussi deux dessins également signés de la main d'Edmond Boudet, montrant quelques types de menhirs et une pierre levée. Ces pierres existent réellement dans les environs de Rennes-Les-Bains. |
|
|
|
Le livre "La vraie langue celtique" a été analysé par de très gros ordinateurs, qui ont essayé de détecter une clé ou un algorithme de codage mais le résultat fut négatif. En fait la méthode de codage est très peu basée sur la cryptologie et la numérologie, mais plutôt sur les allégories, les jeux de mots, les doubles sens, les allusions, la langue des oiseaux, les métaphores et les paraboles. Aucun ordinateur ne peut lutter contre ce type de cryptage, car décoder c'est prendre en compte un contexte extérieur que bien sûr une machine ne connaît pas à priori...
Voici toute la difficulté de ce livre qui fut dans un premier temps un échec. On ne peut décoder son message que si l'on connaît déjà la solution, tout comme les quatrains de Nostradamus que l'on ne peut traduire que si on les assimile à une période historique connue.
Enfin la difficulté ultime du chercheur initié est que même s'il est persuadé de la présence d'un sens caché, le fait de ne pas savoir ce que l'on cherche complique énormément la tâche. C'est sans doute aussi pour cela que l'histoire de Rennes-Le-Château est passionnante |
|
L'ouvrage est également accompagné d'une carte surprenante, mais il faut savoir que le livre comporte plusieurs versions correspondant à des éditions différentes, ce qui explique que certaines cartes ont des petites différences. Il semble aujourd'hui que la version la plus fidèle soit celle parue aux éditions Bélisane (dépôt juin 1984).
La carte nommée «Rennes Celtique» est signée par son frère Edmond Boudet et comporte plusieurs anomalies criantes destinées à attirer la curiosité du lecteur comme celles-ci :
De nombreux auteurs ont tenté un décryptage et de nombreuses bizarreries ont été révélées. Mais il manque incontestablement une clé qui permettrait de comprendre sa lecture exacte et son mode d'emploi... |
|
"Rennes celtique" élaborée par Edmond Boudet, frère de l'abbé Boudet,
et notaire à Axat.
Cette version reproduite par les éditions Bélisane est considérée comme la plus fidèle
Deux agrandissements sont proposés :
Cette carte du Cromleck des frères Boudet est aussi disponible au format 1/25000
(Extrait carte IGN Quillan)
La carte est reproduite ici avec l'aimable autorisation des éditions Bélisane |
|
Commençons par le titre de la carte
Le titre annonce la couleur : "RENNES CELTIQUES ." et ces prêtres codeurs ont plus d'un tour dans leur sac. Comptons les lettres...
RENNES = 6 lettres CELTIQUES = 8 lettres et le point = 1 d'où 681 |
|
Son échelle
La carte de Boudet ne comporte pas d'échelle mais en la comparant de manière précise à une carte actuelle 1/25000, on peut facilement la retrouver ... |
|
Un diable veille
Il est très discret, mais une fois repéré on ne voit que lui. Cette tête de diable assimilé à Asmodée, gardien des trésors, est situé au sud de Rennes-Les-Bains, près de l'Haum-moor.
Le graphisme de la carte fait à la plume renforce le contraste et visiblement Edmond Boudet put en tirer le meilleur parti.
De nombreux auteurs ont d'ailleurs pu y voir d'autres symboles comme les signes zodiacales, mais il est difficile de dire s'il s'agit ou non d'un simple hasard du tracé. |
|
|
Toute le monde connaît la fameuse expérience de la tâche d'encre chez le psychanalyste. Chacun est convaincu d'y voir un personnage ou une forme bien connue, mais personne ne reconnaîtra y voir qu'une tâche... Notre cerveau nous pousse à imaginer, même s'il n'y a rien à déduire... |
|
Un point singulier - La Kaïrolo
Voici un exemple très significatif des allusions, des jeux de mots et des métaphores que Boudet s'amusa à écrire pour notre plus grande joie et qui dénotent l'esprit ingénieux de son concepteur. La Vraie Langue Celtique est accessible ici A la page 166 on peut lire :
Traduction possible :
Et il continue page 295 :
Traduction possible :
Dans ce passage on peut facilement
imaginer que cette cachette (grenier à blé ou silo) était en
fait une escale technique pour le stockage et le déplacement
du trésor. Celui-ci devait être ensuite acheminé à la
seconde cache de Notre Dame
de Marceille. Une telle précision sur la situation de ce
grenier par Boudet montre en tout cas qu'il ne s'agit
pas de l'emplacement de la première cache ...
Boudet est très précis dans sa description et la Kaïrolo peut être située sur la carte: |
|
|
|
Et curieusement lorsque l'on fait le parallèle avec la carte IGN 1/25000 on trouve dans les environs un lieu-dit "Le Soula" qu'il faut peut être rapprocher du "Silo" de Boudet ... |
|
|
|
Posons le Méridien de Midi Il est important de connaître l'emplacement exact du Méridien de Midi (Méridien 0) sur la carte celtique de Boudet. De nombreux auteurs démarrent le Méridien 0 très précisément sous le U (V) de RENNES CELTIQUES. En réalité lorsque que l'on regarde de près la carte et que l'on choisit certains repères en rapport avec la carte IGN de Quillan, le Méridien 0 passe plus à gauche. En effet, il doit être posé à gauche du sommet du "Roc di Quilcutié" près du Cardaoussel et il doit être situé entre Montferrand et le sommet juste à droite.
En prenant ces repères le Méridien 0 doit être placé exactement sous la cédille du Q (Méridien 0 avec cédille ?) et il doit border à gauche la légende de Boudet. |
|
|
|
|
|
|
Le petit et le grand cromleck
La carte de Boudet recèle beaucoup d'autres surprises puisqu'elle est avant tout l'illustration des cromlecks qu'il décrit dans son ouvrage.
Ainsi nous avons le grand cromleck qui commence selon l'abbé par le confluent du Rialsesse avec la Sals, le château de Blanchefort, le Cugulhou couchant, les Roulers, le ruisseau Trinque Bouteille, l'Homme Mort, le Pic de la Roque, le Goundhill, la Garosse, Ferrière, le Cugulhou du levant, la Fagole, les crosses de Montferrand, le Bazel et le Cardou.
Le petit cromleck, plus limité et inclus dans le grand, commence au hameau du cercle. il continue par Trinque Bouteille, le Serbaïrou et Roukats.
La première évidence est que les cercles de Boudet qui sont censés définir les cromlecks (cercle de pierre) ne sont pas des cercles. Pire, le centre des cromlecks qu'il considère comme fondamental n'est pas le centre géométrique.
Remarquez aussi le méridien de midi tangent au grand cromleck... |
|
Les techniques d'aujourd'hui permettent d'obtenir des résultats inconcevables du temps de Boudet... La preuve en image Google Map... |
|
La carte de Boudet perdue
dans le Languedoc |
Sa superposition sur le
relief montre |
|
Nous voici plongé dans la
vallée de |
Vue depuis le pla
de las Brugos. |
|
Henri Boudet fut initié par Henri Gasc, aumônier à Notre Dame de Marceille, qui lui légua des informations très précieuses et l'état de ses recherches. Ceci permit à Boudet, après de longues investigations, de trouver finalement la cache originelle en juin 1885.
Mais son livre était déjà en chantier bien avant, dans les années 1880 et il dut certainement le corriger de nombreuses fois en fonction de l'avancé de ses travaux. Sa découverte en 1885 le décida certainement à publier une version finalisée en 1886.
Henri Boudet utilise dans son ouvrage un langage extrêmement lourd et complexe dans l’intention d'attirer l'attention et de transmettre un message au lecteur préparé à cette lecture. Il faut le lire plusieurs fois pour entrevoir les sens cachés, mais surtout il faut au préalable avoir compris de quoi il veut nous parler. La ressemblance avec une étude linguistique sérieuse est bien lointaine. En revanche, ses travaux représentent un véritable tour de force pour avoir fait passer autant d'idées complexes dans 310 pages... |
|
|
|
Copyright © - Tous droits réservés - Jean-Pierre Garcia - http://www.rennes-le-chateau-archive.com |