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Rennes-Le-Château ou l'histoire d'un grand secret |
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Quand j'ai commencé à découvrir il y a
quelques années l'affaire de Rennes-Le-Château et ses
intrigues je ne pensais pas écrire un jour mes impressions
sur un livre, Best Seller mondial, le "DA VINCI CODE"
de
Dan Brown édité en 2004 pour la traduction
française.
Lorsque le livre fut publié, personne
ne connaissait ce titre. Personne? Non ! |
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Face à cet évènement médiatique, les
réactions du public et des critiques ont été très diverses,
mais une chose est certaine: Le livre ne laisse pas
indifférent et les critiques ne cessent d'alimenter les
médias sur un fond de polémique.
Ce sont plusieurs emails qui me
décidèrent à en dire quelques mots. Ces internautes (que je
remercie vivement pour leur contribution) me faisaient part
de leur étonnement. En effet, après avoir lu le DA VINCI
CODE, ils découvrirent mon site en me signalant que
curieusement cette histoire de Rennes-Le-Château semblait s'inspirer
de certains faits relatés dans le
fameux best-seller. D'où leur question légitime: Voyant le phénomène médiatique grandir, je pense qu'il est bon de remettre les choses à leur place. En tous cas j'aurais essayé... |
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Que raconte le livre ?
C'est avant tout est un thriller haletant basé sur une intrigue policière L'histoire commence par le
meurtre
en pleine nuit, et au milieu de la
Grande galerie du musée du Louvre de
Jacques Saunière,
conservateur en chef du musée. Robert Langdon, en visite à
Paris, professeur à Harvard et spécialisé dans la
"symbologie", est demandé en pleine nuit au Louvre. On
retrouve à côté du cadavre un message codé. Le lecteur, seul témoin de ce
crime spectaculaire, apprend qu'il est perpétré par un
colossal moine albinos. Quel serait donc le mobile? Le moine
recherche un trésor dont la victime connaissait
l'emplacement. Le conservateur était en effet un membre
éminent d'une société secrète.
Jacques Saunière, voulant
transmettre ce secret phénoménal concernant la
chrétienté à sa petite-fille, laissa de nombreux indices:
Léonard de Vinci, le Prieuré de Sion, etc....Robert Langdon et Sophie
Neveu, une brillante policière cryptographe, mènent
l'enquête en France et en Angleterre.
Des lieux et des faits
historiques sont alors explorés:concile de Nicée, l’empereur
Constantin, l’église
Saint Sulpice, Temple
Church, l’abbaye de Westminster, la Rosslyn Chapel. L’ombre
du Prieuré de Sion plane autour de Sophie et de Robert. Quelques détails dans ce résumé ne peuvent bien sûr échappé aux passionnés de Rennes-Le-Château: Saunière, Prieuré de Sion, trésors, peintures, Saint Sulpice... Le meurtre découvert en pleine nuit avec un message codé à ses côtés ne rappelle t-il pas l'assassinat de l'abbé Gélis ? |
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Pourquoi un tel engouement sur ce livre ?
Le récit est très bien écrit et l'intrigue parfaitement amenée, le scénario est efficace. Dan Brown, écrivain de talent a su captiver le lecteur dès la première page. Les chapitres sont courts et plein de rebondissements, et le lecteur, dérouté par le ton et le rythme, ne peut que finir le roman. Les ingrédients du succès sont classiques mais la nouveauté est qu'ils sont rassemblés dans un seul ouvrage: |
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Mais cela ne suffit pas à expliquer cette déferlante. Le roman est un thriller classique de type historico-ésotérico-symbolique. Nous croyons tous aux mythes et aux légendes qui baignent notre culture et Dan Brown a frappé juste pour réussir son roman. Le livre touche à nos croyances, nos convictions, notre subconscient collectif. Les références à des lieux historiques et religieux nous déroutent et déstabilisent ce que nous avions appris sur les bancs de l'école. Il traite de sujets très contemporains comme la théorie du complot, les mystères de sociétés, la religion, le féminisme. Et surtout, il est subversif par son sujet qui remet en cause le christianisme tel qu'on nous le présente. |
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Pourquoi une telle contreverse ?
Pour ceux qui connaissent déjà l'affaire de Rennes-Le-Château au travers de Gérard de Sède ou des livres de références comme "La montagne sacrée" de Richard Andrews et Paul Schenllenberg ou "L'énigme sacrée" de Michael Baigent, Richard Leigh et Henry Lincoln, ils reconnaîtront facilement les allusions grossières et la caricature des idées qui sont reprises. Ceci a déclenché d'ailleurs un procès pour plagiat contre Dan Brown... Le roman est en fait un prétexte pour présenter une compilation des différents thèmes mais dans le désordre et de façon caricaturale. Dates, noms, lieux, symboles, tout est mélangés, mais de manière très habile afin de présenter un scénario solide. C'est ainsi que sont cités les dossiers secrets (supposés de Lobineau), les Grands maîtres du prieuré de Sion, les templiers, le Marquis de Cherisey, les familles Plantard et Saint-Clair. On y évoque les mérovingiens, leur descendance et la lignée christique, le Graal et Marie-Madeleine épouse de Jésus. La lecture provoque alors plusieurs courants de pensée:
Pour ma part, j'appartiens à la dernière catégorie. Enfin, pour ajouter à la polémique, la critique du livre engendre la confusion. Une critique positive sera vue comme une prise de position irrespectueuse et dénigrante envers l'histoire et la religion. Une critique négative sera interprétée comme une réaction primaire et conservatrice de nos idées reçues. |
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Ou est le vrai, ou est le faux ?
L'un des problèmes majeurs que pose le livre réside dans son contenu ambiguë. Pour ceux qui découvrent l'histoire et qui ont la volonté d'approfondir les sujets, la mission est vouée rapidementà l'échec. Les dates, les lieux, les noms, les sources historiques sont décalées, modifiées, interprétées. La plupart des thèmes historiques y sont présentés pour surprendre et choquer. La volonté est là. Il faut faire de l'histoire spectacle, maladie du siècle. Et pourtant, les thèmes principaux qui permettent de reconstruire l'affaire de Rennes-Le-Château y sont, mais codés et dilués dans le scénario. Le public non initié ne peut s'y retrouver, et les passionnés de Rennes-Le-Château ne peuvent y voir qu'une parodie mal ficelée de l'histoire originale. Les historiens et les spécialistes de théologie, quant à eux, ne peuvent adhérer à un livre remplie d'erreurs et de faits non prouvés. Le plus troublant est que Dan
Brown ne fournit aucune référence à
Rennes-Le-Château ou à des ouvrages majeur sur le sujet,
ce qui permettrait au lecteur de se documenter sur des
bases plus sérieuses. Il est amusant que l'auteur
préfère remercier quelques organismes, une avocate, des
supporters, ses professeurs, des libraires, et sa
famille... Tout se passe d'ailleurs comme si un accord
préalable avait été passé entre Dan Brown et les
éditeurs: "Je publie le roman de référence et je vous
laisse la publication du décryptage". Malheureusement, tout ceci donne un résultat contradictoire: Associé au formidable coup médiatique et financier, une désinformation planétaire est en marche. Chacun y voit sa vérité et les bases établies par les sciences de l'art et de l'histoire sont oubliées pour un temps. La médiatisation et les croyances l'emporte sur la science et l'objectivité. Le roman qui aurait pu nous ouvrir les yeux sur notre passé devient un ouvrage contreversé ou le meilleur et le pire se rencontrent. « On nage en plein délire ! » s’indigne le P. Roumanet, curé de Saint-Sulpice, dont l’église sert de décor à plusieurs scènes.«Le danger, c’est que cette fiction véhicule des fantasmes présentés comme des vérités.» Le prêtre a d’ailleurs apposé un message aux visiteurs: « Contrairement aux allégations fantaisistes contenues dans un récent roman à succès, la ligne méridienne de Saint-Sulpice n’est pas un vestige d’un temple païen qui aurait existé à cet endroit… ». Qui croire ? «A partir de données scientifiques
présentées comme inédites [...], l'ouvrage déforme la
réalité historique sur le Christ et la foi catholique»,
s'offusque l'organisation ultra traditionaliste
Opus Dei. Il est clair que
Dan Brown a touché une corde sensible. Si son
roman est un tissu d'invention, pourquoi tant de
médiatisations et de polémiques sur une histoire remplie
d'erreurs historiques? Voici donc toute l'ambiguïté: Le DA VINCI CODE serait un roman basé sur des faits avérés ! Comme le précise sournoisement l'auteur dans sa première page... Il faut tout de même rappeler qu'un évènement historique ne peut être qualifié de "fait" que s'il est documenté, prouvé et croisé avec d'autres faits. Or les chercheurs de Rennes-Le-Château le savent bien. Nous sommes malheureusement en présence d'une affaire ou très peu de preuves existent, seulement des hypothèses, des coïncidences, des légendes, et des intimes convictions. Où se situe donc la part du vrai et du faux ? Par exemple, affirmer que le
Prieuré de Sion a réellement existé
peut être relevé comme une contre vérité. En effet,
personne ne peut affirmer aujourd'hui que le Prieuré de
Sion a eu une réelle existence, faute de preuve
historique. Mais citer le Prieuré de Sion comme une
association crée par
Pierre Plantard en 1956 est un fait avéré.
La vérité est en fait toute relative. Si l'on parle du
Prieuré de Sion fondé par Plantard son existence est
réelle, mais si l'on parle du Prieuré de Sion mythique
fondée en 1099 par
Godefroi de Bouillon alors ceci reste une
hypothèse car non avérée. En fait, chacun y verra ce
qu'il amène, telle une auberge espagnole. Pas si simple |
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La dangerosité du phénomène de société
Le Da Vinci Code, est devenu un fabuleux coup médiatique, et il devient peu peu un phénomène de société. Les médias présentent le livre comme un roman historique et le public le prend comme tel ce qui est une erreur. Un roman historiquedoit respecter certaines règles, il doit être avant tout une oeuvre littéraire où l'imagination retrouve l'histoire. Cette part d'imagination doit s'intégrer dans les zones d'ombres de notre passé, sans en altérer la trame historique scientifiquement démontrée. Un ouvrage qui ne respecte pas cette règle ne peut être qualifié d'historique, et doit prévenir le lecteur en donnant ses sources s'il y en a. Mais pourquoi le monde entier s'est-il réveillé sur ce livre? Pourquoi, alors que depuis 50 ans de nombreux ouvrages tentent de démêler l'affaire de Rhédae avec des thèses tout aussi subversives, le public, les critiques, les historiens, ou l'église non vus aucun blasphème? Tout simplement parce ce que, depuis le début, toute cette littérature était rangée dans le rayon ésotérisme. Ce n'est qu'à partir des années 1990 que l'affaire devint plus sérieuse, sans doute grâce au travail des différents chercheurs qui inlassablement tentèrent de reconstruire le puzzle. C'est aussi à cette époque que Rennes-Le-Château devint une affaire, remontant lentement à la surface. Malheureusement, 2005 restera l'année de la médiatisation, source d'informations, mais aussi manipulatrice, et source de désinformation. |
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Sur la couverture du DA VINCI CODE on peut lire "Roman", ce qui, en toute rigueur, offre à l'auteur toute la latitude pour traiter son sujet. Mais à la première page on apprend également que "de nombreux faits cités sont avérés". La contradiction est alors totale, et Dan Brown joue sur cela. Le livre, par son sujet, se situe aux frontières de l'histoire officielle. Ceux qui croient lire un roman sont étonnés de trouver un roman historique, et ceux qui s'attendent à lire une étude historique sont surpris de trouver tant d'affirmations non prouvées. Le public, ne possédant aucun repère, finit par croire au fil des pages tout ce qui est dit. C'est ainsi que le roman, alors inoffensif au premier abord, devient un ouvrage de référence pour les crédules. C'est aussi par ce mécanisme d'endoctrinement que Paris s'est vue envahir de touristes étrangers voulant refaire le parcours du héros, en passant par le Louvre, la Joconde, l'église St Sulpice, pour se prosterner à la fin devant la Pyramide inversée... Le public ne parvient plus à discerner ce qui est scientifiquement reconnu et ce qui relève d'hypothèses non démontrées ou erronées. |
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Un business bien orchestré
Dan Brown, contrairement à ce que prétendent certains critiques, n'est pas un auteur léger, mais un homme d'affaire doué qui a su voir en Rennes-Le-Château une fabuleuse histoire à exploiter. Son idée géniale a été tout simplement de publier un "best of" de toutes les hypothèses, bonnes ou mauvaises, drainées par Rennes-Le-Château, et de les mixées dans un récit agréable à lire. Voilà donc une belle démonstration des paradoxes de notre siècle. Alors que depuis de nombreuses années, des ouvrages, des études scientifiques, des rapports, des enquêtes, sont réalisées par des chercheurs et des historiens obstinés, ne couvrant qu'un club réduit de passionnés, un roman remplit d'erreurs aura suffit pour répandre sa non information sur toute la planète. Et pourtant sa recette est simple, classique, mais géniale:
Il faut avouer que l'affaire de
Rennes-Le-Château et ses chroniqueurs ont offert à Dan
Brown un scénario en or. |
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Conclusion
Il est clair que le DA VINCI CODE
participe à une désinformation mondiale et le risque est de
transformer notre passé en légendes. L'autre
conséquence néfaste est qu'il discrédite les années de
recherches des scientifiques et des archéologues qui ont
travaillés sur Rennes-Le-Château et tous ses dérivés.
N'oublions pas que c'est grâce à des historiens et des
chercheurs marginalisés pour leur travaux car non reconnus
de leur vivant, que l'histoire et la science avancent (notre
passé fourmille d'exemples: Jules Vernes,
Darwin, Albert Einstein,
Galilée,...). L'amalgame est maintenant réel, et les historiens qui commençaient à s'intéresser à l'affaire vont redoubler de prudence de peur d'être assimilés à des disciples de Dan Brown. Enfin il est triste de voir que malgré 50 ans de recherches et de publications sur Rennes-Le-Château, un roman inspiré de cette histoire aura suffit a provoquer la polémique et le débat. La médiatisation est ainsi faite, elle préfère le spectacle et le sensationnel qui font vendre, plutôt que le discourt scientifique et la vérité brutale. Enfin, le reproche principal que je ferais à Dan Brown, est qu'il a vulgariser cette histoire sans citer sa source exacte, ce qui pour moi est un manque d'honnêteté flagrant. Rennes-Le-Château est une affaire, trop belle, trop sérieuse, et trop subversive pour servir de base à un roman policier. Mais il est vrai que nous avons affaire à un auteur américain "Business d'abord !", et ses publications ne font que commencer...
A tous ceux qui veulent passer un bon moment et qui prendront le roman comme il est, sans préjugés, et sans polémiques, je leur dis:
Mais à tous ceux qui ont un certain respect de l'histoire, des historiens, des archéologues, des chercheurs et de tous les passionnés de Rennes-Le-Château qui on travaillés parfois une vie entière à la reconstruction de nos racines et à la recherche de la vérité historique, je dis:
Et souvenez vous que le véritable héros n'est pas Jacques Saunière, le conservateur en chef du musée du Louvre créé par Dan Brown, mais des hommes bien réels qui se nomment Bérenger Saunière, curé de Rennes-Le-Château, Henri Boudet, curé de Rennes-Les-Bains, et beaucoup d'autres... |
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