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Rennes-Le-Château ou l'histoire d'un grand secret |
| L'église Sainte Marie Madeleine de Rennes-Le-Château est certainement l'oeuvre centrale de Bérenger Saunière. Elle concentre à elle seule un ensemble complexe de symboles et de métaphores que le prêtre nous a légué à la postérité. Mais elle représente aussi un défi à tous les chercheurs qui depuis 50 ans tentent de la décoder... |
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L’église Sainte Marie Madeleine fut consacrée à l’origine en 1059. L'aspect extérieur est de structure romane et sa date de construction serait estimée au environ du IXe siècle. Toutefois son architecture révèle une facture plus ancienne et accrédite la longue histoire du village de Rennes-Le-Château. Bérenger Saunière la donc certainement connue dans un piteux état. De l’extérieur, le bâtiment est plutôt insignifiant et ressemble à de nombreuses autres églises de village de la région. Mais derrière son porche sophistiqué se cachent des secrets pour qui sait les décrypter. A partir de la découverte supposée des parchemins par Saunière lors des premières restaurations de la paroisse, le prêtre entreprit une reconstruction systématique et en profondeur de l’église. Le projet dura 11 ans et le coût est estimé à 3,5 millions de francs de l’époque, ce qui correspond de nos jours à environ 12875 millions d'euros. Cette somme aurait permis de faire construire 8000 nouvelles églises. Il faut rappeler que le salaire de Bérenger Saunière s'élevait à 75 Francs or de l'époque par mois. |
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Pour ce projet, Saunière fit appel aux meilleurs artisans, et il déploya d'immenses efforts pour y intégrer tout son savoir issue de ses découvertes. A l'intérieur, une multitude de signes font allusion à des éléments des parchemins et il conçut cette église comme son chef d'oeuvre personnel. Certains symboles ou messages sautent aux yeux, mais d'autres sont cachés, voir cryptés. Il est clair que Saunière, fortement marqué par ce qu'il découvrit, voulut laisser un message codé pour la postérité et pour les générations futures. Mais ce message il l'a voulu compréhensible que pour des "initiés". Toutefois, il ne faut pas croire qu'il suffit d'analyser tous les symboles pour avoir les réponses. D'ailleurs, nous ne sommes pas sûr que Saunière soit le seul auteur. Car si on lui attribue habituellement toute la décoration et la symbolique, un personnage primordiale a lui aussi marqué son empreinte. Il s'agit de l'abbé Henri Boudet qui était lui-même entré en possession d’une fortune colossale, et qui fut l’auteur de plusieurs livres extrêmement complexes et étranges dont "La Vraie langue Celtique". Il est donc très vraisemblable que les deux hommes décidèrent ensemble de l’imagerie que nous pouvons contempler aujourd'hui. |
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Une hypothèse sérieuse est que la plus grande partie intérieure de l’église fut le fruit de l’imagination d’Henri Boudet. Nous savons qu'il excellait dans l'art de la cryptographie du fait de son héritage donné par Gasq. Il fut donc certainement un guide spirituel primordial pour Saunière, mais pour dire quoi ? Boudet était mû par un puissant désir de transmettre un secret; mais pas n’importe quel secret, un secret colossal, quelque chose de réellement secouant. En fait tout se passe comme si Boudet mit à la disposition de Saunière tous les besoins nécessaires à la réalisation d'un codage très sophistiqué. De son côté, Saunière éprouvait une très profonde affection pour Boudet, et des indices démontrent qu’ils étaient des amis très proches, quasiment inséparables. C’est aussi une bonne raison de croire que le prêtre d'en haut dut suivre très volontiers les suggestions et les idées de son ami, le prêtre d'en bas... Saunière et Boudet avait l’intention de transmettre un message complexe à la postérité et qui traverse le temps. Quoi de mieux qu'une église ? |
Plan général de l'église
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Le porche et le tympan
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L'entrée principale de l'église Sainte Marie Madeleine se trouve au bout d'un petit chemin qui longe le jardin. Elle est constituée d'un porche et d'un tympan. Un petit toit, appuyé sur 2 piliers de pierre, protège les reliefs et les sculptures décoratives qui se trouvent au-dessus d'une lourde porte en bois massif. Avant d'entrer, le tympan impressionne par ses gravures chargées de nombreux textes latins. Il se présente comme un livre ouvert où le visiteur doit commencer sa lecture. Sans doute une manière pour Saunière de mettre à l'épreuve le pèlerin curieux. Peut-être aussi une mise en garde... |
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| Ce tympan est un bel exemple de la complexité des messages laissés par Bérenger Saunière et sans doute Henri Boudet. Tout y est nuance et suggestion... A vous de juger |
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Au sommet du tympan se trouve un motif sculpté en forme de ruban, portant l’inscription : 'In Hoc Signo Vinces' Une proche traduction française de ce texte se trouve à l’intérieur de l’église, au pied des 4 anges, juste au dessus du diable et qui dit ceci : «Par ce signe tu le vaincras» Vaincre qui ? Le texte latin dit en principe : «Par ce signe tu vaincras» Ce qui est très différent... |
| 'In Hoc Signo Vinces' et la croix au dessous font référence à la légende de la vision de Constantin et peut être de toute son armée, apparut dans le ciel avant la bataille contre Maxence, le 28 octobre 312 au pont de Milvius près de Rome. La victoire de Constantin décida d'après la légende de l'avenir du Christianisme. |
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Constantin le Grand (274-337 de notre ère),
fondateur de Constantinople (devenue Istanbul) fut le
premier gouverneur romain à se convertir au christianisme.
En l’an 312 de notre ère, au soir de la bataille du pont de Milvia contre son rival Maxence, le Christ lui apparut en rêve et lui ordonna d’écrire les deux premières lettres de son nom sur le bouclier de chacun de ses soldats (XR) (hi rho). Le jour suivant, Constantin aperçut une croix superposée au soleil, accompagnée des mots "In Hoc Signo Vinces" (En ce signe tu vaincras). L’issue de la bataille fut que Constantin défia Maxence. |
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Avant d'explorer plus en détail le centre du tympan, il faut apprécier la qualité des symboles dans leur ensemble. Observez comme le chapiteau protégeant la statue au milieu (Marie Madeleine) et la forme du tympan rappelle le tabernacle dans l'église. Les chandeliers traditionnels sont remplacés par des pots fleuris et Marie Madeleine n'est plus debout au centre mais sous le tabernacle et en pleurs. Mais cette ressemblance est encore plus criante si l'on compare avec le dernier chapiteau en haut du tabernacle. Saunière et Boudet avaient le sens de la mise en scène... |
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Au milieu du tympan se trouve une statue et
la plaque ovale au bas de celle-ci laisse deviner
l'inscription : "Ste MARIA MAGDALENA"
ce qui indique qu’il s’agit de la représentation de Sainte Marie Madeleine, Sainte patronne du lieu. Elle tient une croix qui, du nord, pointe dans une direction de 140° (sud-est). De chaque côté de la statue des pots de plantes ornent le relief. Il faut remarquer ici la finesse du relief et la précision des peintures, preuves d'un travail de grande qualité qui a été fourni par les artistes que Saunière recruta.
Enfin, amusez vous à comparer le chapiteau qui entoure Marie Madeleine et les Stations du chemin de croix. On pourrait presque dire qu'il s'agit d'une 15ème station... |
| Juste en dessous et en retrait se trouve un cadre oblong, dans lequel est inscrit : |
Il faut remarquer les 2 premiers mots. Ils sont directement extraits du grand parchemin qui contient un certain nombre de petites lettres dont l’ensemble forme les mots REX MUNDI. Ici encore, Saunière et Boudet ont recours aux parchemins, soit pour attirer notre attention sur quelque chose, soit pour nous égarer. Traduction : J’ai méprisé le règne de ce monde et tous les attraits de ce siècle à cause de l’amour de mon Maître Jésus Christ que j’ai vu, que j’ai aimé, en qui j’ai cru et que j’ai choisi. |
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Ensuite, vient une pierre centrale qui ressemble à une clé de voûte soutenant l’arc principal. Au milieu sont inscrits ces mots :
"Terrible est ce lieu". Pourquoi voudrait-on écrire une telle phrase à l’entrée d’une église? L’inscription comporte 22 lettres, nombre hautement symbolique pour Saunière : 22 lettres dans l’inscription "Par ce signe tu le vaincras", 22 lettres dans l'alphabet hébreux, 22 marches conduisant à la tour de Magdala, 22 créneaux sur la Tour Magdala, 22 lettres au haut et au bas du document "Le Sot Pêcheur" Ensuite, autour de cette pierre on peut lire 2 inscriptions : |
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Inscription à gauche du tympan |
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Inscription à droite du tympan |
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Ce qui donne de gauche à droite :
Traduction : «Ma maison sera appelée maison de prière». Ce sont les paroles prononcées par Jésus lorsqu’il chasse les marchands du Temple, selon l’Évangile de Marc au chapitre 11, verset 17. Mais ce texte est aussi tiré de l'Ancien testament : Esaïe LVI,7 :
Et Jésus poursuit : «mais vous en avez fait une caverne de brigands». Mais de la même manière que les textes des 2 parchemins ont pour origine les évangiles, nous trouvons ici encore, un lien direct avec ceux-ci : Le texte se trouve dans chacun des évangiles suivants : Mathieu 21:13
Marc 11:17
Luc 19:46
Ces 3 évangiles se terminent sur les mots: "et vous, vous en avez fait un repaire de voleurs". Cependant, le mot "spelunca, -ae", peut aussi indiquer une grotte. Et les grottes sont certes un élément important du mystère, puisque la région en regorge. Ne faut-il pas y voir ici une allusion à Notre Dame de Marceille près de Limoux, et qui aurait été détournée de sa fonction de paroisse puisqu'elle abrita avec la complicité de Mgr Billard une cache trésoraire. D'où l'expression "Et vous, vous en avez fait un repaire de voleurs"... La section suivante du porche porte une autre inscription, également divisée en 2 : |
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Traduction : "Ici est la maison de Dieu et la porte du ciel". La référence biblique originale se trouve dans la Genèse 28:16-17 :
On comprend ici pourquoi il est nécessaire dans cette affaire d'élargir au maximum sa vision sur les innombrables indices laissés par l'histoire car nous avons sur le porche une superbe parabole à l'église Saint Sulpice ou plus exactement à la chapelle des Anges. Car pour comprendre il faut en fait relier les 3 textes ensembles :
Puisque la traduction de la référence biblique Genèse 28 verset 17 n'est autre qu'un épisode du combat de Jacob et de l'Ange, peint par Delacroix dans la chapelle...
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Le combat de Jacob par Eugène Delacroix
L'une des 3 fresque de la chapelle des Saint Anges qu'il réalisa entre 1855 à 1861 à l'église de Saint Sulpice à Paris. |
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Juste au dessus de la porte et sous
l’inscription "Terribilis est locus iste",
nous trouvons les armes du
pape Léon XIII (1878-1903)
suivies de sa devise tirée des maximes prophétiques de
Malachie liée à chaque pape :
"LUMEN IN COELO" Ce qui signifie «lumière dans le ciel», ou, si l'on adopte le langage de Henri Boudet, «lucarne», en anglais 'skylight' . |
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A titre de comparaison, voici les armes du Pape Léon XIII peintes sur la voûte de la salle d’étude des Archives Secrètes Vaticanes. |
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Enfin de chaque côté du blason central,
nous trouvons 2 autres blasons, celui de gauche étant
inévitable puisqu'il s'agit de celui de Mgr Félix
Arsène Billard, évêque de Carcassonne du 17
février 1881 au 3 décembre 1901.
A droite, malgré l'érosion de la pierre, il faut reconnaître les armoiries de Mgr François-de-Sales Albert Leuilleux, évêque de Carcassonne du 4 mai 1873 au 13 janvier 1881 et qui fut le prédécesseur de Mgr Billard. |
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Enfin il ne faut pas oublier les 2
pierres sur chaque pilier du porche. Celle de gauche fait
référence à Nicolas Pavillon, évêque d'Alet en
1637, élève de
Saint Vincent de Paul et confrère d'
Olier (Voir Franck Daffos - Le secret dérobé).
La pierre de droite donne l'année où Nicolas Pavillon devint dépositaire du secret de Rennes, un an après la découverte du berger Pâris en 1645 Pour résumer, nous avons sur le tympan et le porche les quelques clés qui constituent aujourd'hui les principales pistes de recherche autour de Rennes-Le-Château. Il aura fallut tout de même une centaine d'années pour le comprendre... |
Le clocher, des signatures...
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Le clocher a aussi sa part de
mystère.
En fait, pour qui sait regarder dans les moindres détails, tout est symbole et signes curieux qui sont autant de petites énigmes à résoudre. Si l'on observe le haut du clocher, côté sud, on peut remarquer une étrange inscription gravée sur une pierre plate plus blanche que les autres. A l'oeil nu, la gravure est discrète, d'autant qu'il faut lever les yeux pour l'apercevoir. Mais avec un bon zoom... |
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| On peut deviner une date : 1740 et 2 lettres : I G qui sont peut être les initiales de l'artisan maçon. Mais le plus surprenant est la forme du 4 exagérément incliné comme pour le rapproché d'un tracé qui rappelle d'autres signes analogues... |
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Tout d'abord il rappelle le signe que l'on
retrouve en haut et à gauche du petit parchemin.
C'est aussi un symbole curieux gravé à la demande de Henri Boudet sur le fronton de l'église de Quillan. Il faut aussi ajouter à cet inventaire le fameux signe de croix qu'invitent les 4 anges à accomplir pour vaincre le diable : Par ce signe tu le vaincras |
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Mais si on compare la calligraphie de
l'inscription du clocher avec celle du pilier droit du
porche, il est évident que nous ne sommes pas en présence du
même style.
Le 4 du 1646 sur le pilier est très différent de celui du clocher. Après tout, il s'agit sans doute de 2 artisans différents qui ont oeuvrés à 2 époques distinctes... |
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Mais si 1646 est, comme le
souligne Franck Daffos, l'année où
Nicolas Pavillon devint dépositaire du secret
de Rennes, un an après la découverte du berger Pâris
en
1645, la pierre 1740 I G revêt peut
être elle aussi une signification particulière...
D'ailleurs cette plaque du clocher n'est pas la seule dans le village. 2 autres pierres similaires se trouvent sur la façade du presbytère, au dessus de l'entrée utilisée actuellement par le musée. Et là tout se complique. Si l'on retrouve bien sur l'une la signature I G, que signifie le R disproportionné à droite. Plus curieux, sur la seconde plaque la date 1727 est surmontée d'une croix et un point semble marquer l'emplacement d'une virgule ou d'un repère... On sait aujourd'hui que des travaux de restauration du presbytère ont bien eut lieu entre 1725 et 1727. Mais il faut avouer que cet artisan maçon n'eut aucune constance dans ses signatures... |
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| Comme d'habitude toute les interprétations
son possibles : caprices de la calligraphie, caprices de
l'artisan ou codes secrets. Fallait-il encore l'inventorier... C'est fait |
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