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Notre Dame du Cros
Ses curiosités

Rennes-Le-Château ou l'histoire d'un grand secret

 

Tout comme l'église  de Rennes-Le-Château ou le sanctuaire de Notre Dame de Marceille, le sanctuaire de Notre Dame du Cros a son importance dans l'affaire qui nous occupe. De part son histoire et les personnages qui l'ont côtoyées, elle est extrêmement liée à Notre Dame de Marceille. Mais ce n'est pas tout. Elle participe aussi magnifiquement aux indices laissés par l'abbé Boudet, poussé par l'obsession de délivrer un héritage à qui pourra le décoder...

L'analyse de Notre Dame du Cros est composée de 3 volets :

   Son histoire

   Ses curiosités

   Le Rosaire

 

Je tiens à remercier ici Franck Daffos sans qui cette fabuleuse histoire n’aurait peut être jamais vu le jour…

 


L'église de Notre Dame du Cros

Le sanctuaire

 

L' extérieur du sanctuaire

 

Notre Dame du Cros, d'origine romane, fut fondée en 900 après JC. Elle fut restaurée plusieurs fois, au XVIIIe puis au XIXe siècle. On la trouve aussi sous la dénomination de Chapelle de ND du Cros car elle est considérée comme une dépendance de l'abbaye de Caunes.

 

 

A gauche du sanctuaire est accolée une petite maison qui fit office de presbytère.

 


Le presbytère où mourut le père Joseph Chiron

 

Cet endroit est chargé d'émotion lorsque l'on sait que cette maison fut celle où vécu le chanoine Gaudéric Mèche de 1838 à 1864.

 

 

Mais c’est aussi sous ce toit que le père Joseph Marie Chiron rendit son dernier soupir, dans les bras de Gaudéric Mêche le 27 décembre 1852, au lendemain de Noël.

 

Une voûte ogivale dessine l’ancienne entrée du sanctuaire. Elle fut murée par Gaudéric Mèche lors de ses travaux. A droite, le porche d'entrée et la sépulture de Joseph Chiron.

Il faut dire que depuis sa nomination comme aumônier de ND du Cros en 1838, Mêche fit de nombreuses rénovations. Il voûta l'église, bâtit des chapelles et la sacristie. Il agrandit également le presbytère. Mêche mourut à Limoux, après avoir été le bienfaiteur de l’église Saint-Martin.

 


Le fronton de ND du Cros

Sur le fronton, au dessus de l'ancienne entrée, est gravé un magnifique A et un M entrelacé signifiant « Avé Maria ». Ce sigle qui signe ainsi tout sanctuaire marial est bien connu des passionnés de Rennes-Le-Château puisqu’on le retrouve à plusieurs endroits, notamment au bas du pilier wisigoth inversé dans le jardin de Saunière.


Le pilier wisigoth inversé par Saunière
dans le jardin à Rennes-Le-Château

 

En haut du fronton une date légèrement effacéeproche de 1915 indique une campagne de restauration, sans doute celle du XIXe siècle et sur laquelle l'évêché de Carcassonne, propriétaire du lieu, refuse de communiquer.

Il faut dire que ND du Cros appartient à l'association diocésaine qui est également propriétaire de ND de Marceille. Or, s'il y a eu restauration, il y a eu financement... Ce sujet visiblement dérange...

 

On peut remarquer sur cette ancienne carte que l'ancienne porte d'entrée existait encore.

La photo doit donc dater de quelques années avant la restauration...

 

La Vierge sous le porche

 

Sous le porche, juste au dessus de la tombe de Joseph Chiron, une statue de la Vierge à l'enfant accueille les visiteurs. Même si sa composition est assez classique, on ne peut s'empêcher de faire le rapprochement avec celle de ND de Marceille qui accueille également les paroissiens sous son porche. On y retrouve les mêmes attributs : une Vierge couronnée et un enfant Jésus tenant une colombe dans ses mains. Il faut d'ailleurs noter que la statue de ND de Marceille a été modifiée pour une raison inconnue puisqu'une ancienne photo atteste qu'à une certaine époque l'enfant Jésus tenait un globe terrestre et non un oiseau. 

 


La Vierge et l'enfant à l'entrée


La Vierge couronnée de ND du Cros

 

L'intérieur du sanctuaire

 

Comme à ND de Marceille, ND du Cros est richement décorée. Les murs en taille de pierre et les voûtes de l'ancienne chapelle gothique témoignent d'un lointain passé.

 


ND du Cros - La nef

 

A droite de l'autel, une  petite niche vitrée et entourée d'étoiles protège la statue de Notre Dame du Cros. Comme à Notre Dame de Marceille, il s'agit d'une Vierge Noire avec l'enfant Jésus.

 

Cet objet de culte  explique le terme "sanctuaire" donné au lieu. 

 

 

 

 

Au fond de la nef on aperçoit le décor du choeur, ses autels en marbre de Caunes et 6 statues monumentales du XVIIe siècle.


La Vierge Noire de ND du Cros

 


2 niches en marbre de Caunes abritent Marie et Joseph

 

 

 

La chapelle, qui a été restaurée par 2 fois, conserve malgré tout ses voûtes ogivales de l'époque romane. Ceci donne une ambiance chaleureuse qui est accentuée par les couleurs ocres de la vieille pierre.

 

 

A l'arrière de la nef, une voûte et quelques escaliers témoignent de l'ancienne entrée de la chapelle du XIIIe siècle, condamnée par l'aumônier Gaudéric Mèche vers 1840.

 

 

Il est émouvant de penser que cet endroit fut certainement foulé par 2 des prêtres fondamentaux de l'histoire de Rennes-Le-Château, Mèche et Boudet.

 

  Quelques curiosités...

 

ND de Marceille et ND du Cros

L'une des curiosités la moins apparente et pourtant si évidente est que ND de Marceille et ND du Cros présentent des similitudes étonnantes :

   Ces 2 églises sont des sanctuaires. Un culte de la Vierge est effectivement présent dans les 2 églises et chacune possède sa statuette et son pèlerinage.

   Ces 2 églises sont nées autour de 2 légendes sur la découverte d'une Vierge. L'une des statuettes a été trouvée dans un champs, l'autre dans un rocher et toutes les 2 reviennent mystérieusement sur l'emplacement de leur découverte...

   Ces 2 églises sont bâties près d'une source miraculeuse permettant la guérison des malades. Elles possèdent chacune sa fontaine bienfaitrice.

   Ces 2 églises ont été sauvées à la Révolution. Les 2 édifices étaient effectivement voué à la destruction. Ils furent heureusement rachetés. C'est l'un des aïeux de Henri Boudet qui racheta ND du Cros avant de répartir la propriété entre toutes les familles de Caunes.

   Ces 2 églises ont connu Boudet et Mèche. Ces 2 abbés ont côtoyé à des périodes différentes ces 2 lieux, scellant ainsi les 2 sanctuaires au mystère de Rennes-Le-Château.

   Ces 2 églises ont fait l'objet de rénovations importantes et avec des fonds d'origines inconnues (officiellement en tout cas).

   Ces 2 églises sont la propriété de l'association diocésaine de Carcassonne.

 

La descente de croix de ND du Cros

De nombreuses toiles non signées décorent l'intérieur du sanctuaire. Voici au hasard 2 oeuvres, encadrées de marbre rouge de Caunes.

 


Descente de Croix (non signée)
ND du Cros


Charles Le Brun (1619-1690)
Descente de Croix, vers 1679
Huile 545 x 327 cm

 

Dans la nef à gauche, une toile du XVIIe siècle représente la descente de la croix. On aura bien sûr reconnu une certaine ressemblance avec le même thème traité par Charles Le Brun vers 1679

Un autre détail intéressant se trouve dans le bas du tableau. Visiblement cette partie a subi un noircissement très localisé de la peinture. Vieillissement de l'huile ou bitumage volontaire ? Dommage, car la signature était sans doute sous ce voile noir.

 


Le bas du tableau "Descente de la croix" est largement bitumé

 

La piéta de ND du Cros

Plus, loin dans un autre cadre de marbre rouge, nous trouvons une Piéta accompagnée de 2 anges.

Et de même que pour la descente de croix, la partie basse est également bitumée, comme pour dissimuler un détail ou une signature.

 

Mais c'est en travaillant sur cette Piéta qu'un détail étonnant m'ait apparu. Dans le bas gauche du tableau, 3 petites pierres rondes sont très distinctement dessinées. Leurs présence est d'ailleurs étonnante dans ce parterre très sobre.


Piéta (non signée)

 


De même que pour la descente de Croix, le coin bas gauche de la Piéta est bitumé

 


Les 3 pierres rondes - Caprice de l'artiste ?

 

Or nous retrouvons également 3 petites pierres dans la Piéta de Rennes-Les-Bains, dans le coin bas gauche du tableau.

 

 

Coïncidence ? Sans doute. Ce détail méritait en tout cas d'être signalé.


La Piéta dans l'église de Rennes-Les-Bains

 

Le calvaire

Mon émotion fut grande lorsque je découvris en arrivant sur les lieux ce calvaire marqué d'une date que tous les chercheurs de Rennes-Le-Château connaissent bien : 1886

L'abbé Boudet aurait-il voulu laisser son empreinte sur ce site qui lui était si chère?

Connaissant son excellence en matière d'allégorie cryptée, je serais bien étonné qu'il s'agisse d'une vulgaire coïncidence... 


Le calvaire sur le chemin
de ND du Cros

 

Vous avez bien sûr reconnue la date figurant sur la couverture de son livre "La vraie langue celtique", date tant vénérée à laquelle Boudet découvrit peut être enfin la première cache... L'ombre de Boudet plane donc bien sur Notre Dame du Cros...

 


Une date mythique

 

Clin d'oeil

En poursuivant la visite il est difficile de rester parfois objectif. Pour preuve, cette curieuse pierre servant de borne au chemin d'accès de Notre Dame du Cros.

Sur sa face on peut lire :

 "CHEMIN RAMBAUD 1885"

On ne peut bien sûr rester insensible à cette date très importante pour l'abbé Boudet puisque c'est à cette époque que son livre " La vrai langue celtique"' se termine. Mais comment aussi ne pas penser en regardant la forme de cette pierre à la stèle de Blanchefort...

Bien sûr ce n'est qu'une coïncidence...


La pierre RAMBAUD 1885

 

Marbre de Caunes à NDM

Par contre ce n'est peut être pas un hasard que nous retrouvions du marbre de Caunes-Minervois à Notre Dame de Marceille et de plus sur un emplacement bien significatif puisqu'il s'agit de l'inscription "Sanctuarium Dei" posée par Gasq...

Une belle légende

Notre Dame du Cros est entourée de légende mais en voici une rapportée par Franck Daffos et qui n'est pas s'en rappeler la fontaine de Marcilla à Notre Dame de Marceille et qui selon une autre légende permet de rendre la vue...

 

"Une femme pieuse tourmentée par la fièvre et la soif n'osait tremper ses mains dans le creux de la fontaine de Notre Dame du Cros pour se désaltérer de son eau. Elle invoque la Vierge: une coupe sort du rocher; elle boit, elle est guérie; et depuis ce temps des milliers de fiévreux attestent par leur guérison la vertu fébrifuge de la tasse de Cros. Nul homme jusqu'ici n'a pu connaître la matière dont cette coupe miraculeuse est composée.
Cette écuelle ou coupe est d'une matière rougeâtre inconnue; elle porte au dos des caractères que nul n'a pu déchiffrer. Les pèlerins cherchaient à en prélever des parcelles, si bien qu'un aumônier du Cros, l'abbé Jaffus, crut devoir la protéger en la faisant revêtir d'une cuirasse en argent."


Extrait de: E. de Jouy (de l'Académie française), La Minerve française, Tome premier, page 223, février 1818.

 

Bien sûr on aura reconnu ici une allusion à la fameuse coupe mythique que d'autres auteurs et d'autres légendes appellent le Graal...

 

         

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