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Rennes-Le-Château ou l'histoire d'un grand secret |
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Tout comme l'église de Rennes-Le-Château ou le sanctuaire de Notre Dame de Marceille, le sanctuaire de Notre Dame du Cros a son importance dans l'affaire qui nous occupe. De part son histoire et les personnages qui l'ont côtoyées, elle est extrêmement liée à Notre Dame de Marceille. Mais ce n'est pas tout. Elle participe aussi magnifiquement aux indices laissés par l'abbé Boudet, poussé par l'obsession de délivrer un héritage à qui pourra le décoder...
J'invite d'ailleurs le lecteur qui découvre Notre Dame du Cros à lire ou à relire au préalable l'histoire de Notre Dame de Marceille, les deux récits étant intimement liés...
L'analyse de Notre Dame du Cros est composée de 3 rubriques :
Je tiens à remercier ici Franck Daffos sans qui cette fabuleuse histoire n’aurait peut être jamais vu le jour… Je veux rendre aussi un hommage particulier à Jacques Rivière disparu trop tôt et qui s'est tant passionné pour les ermites de Galamus (ed. Bélisane) et pour toutes ses recherches dans le Razès qui nous font tant rêver. |
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Où est ND du Cros ?
Curieusement Notre Dame du Cros n'est pas située au cœur du Haut Razès mais au Nord Est de Carcassonne, près de Caunes-Minervois et à 35 km de Rennes-Le-Château. Malgré cet éloignement, son histoire reste intimement liée à l'affaire.
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Notre Dame du Cros, discrètement posée au bord de la Montagne Noire près de Caunes-Minervois, se trouve dans un magnifique site rocheux et bucolique. Il est vrai que depuis le XVIIe siècle, la région est célèbre pour la qualité de son marbre (le marbre de Caunes-Minervois) qui orne notamment le Trianon de Versailles et l’Opéra de Paris. |
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Les carrières du Minervois furent exploitées depuis l'antiquité, puis elles furent lentement abandonnées. Et pourtant, les marbres polychromes de Caunes ont fait la renommée internationale du village audois. Ils furent très appréciés par les sculpteurs italiens en quête de couleur, le rouge “turquin” ou l’incarnat rouge et blanc. Propriété des moines de l’abbaye de Caunes, les carrières suscitèrent l’intérêt de Louis XIV par sa couleur rouge, symbole de puissance, veiné de blanc, symbole de la royauté.
Aujourd’hui, seules trois carrières sont
ouvertes et le marbre est exporté à
Carrare, puis en Chine pour y être
taillé et sculpté, avant de revenir en
Europe…
Les parois de marbre visibles dans les carrières sont les couches correspondant au passage des tsunamis. En effet, la mer, chaude, arrivait jadis jusqu’ici. Le rouge est formé par une oxydation du fer et le blanc par des nautiles, coquillages fossilisés. Le marbre s’est ainsi formé à l’ère géologique du dévonien, il y a environ 400 millions d’années. |
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D'ou vient le culte de ND du Cros ?
Selon une légende, l'emplacement de Notre Dame du Cros n'est pas du au hasard. Elle serait située près d'une source miraculeuse au Sud et à l'entrée des gorges du Cros. En effet, à proximité de l'église jaillit une source dont l'eau aurait la propriété d'enrayer les fièvres. Ce fut à la suite d'une guérison miraculeuse que 3 petites chapelles en pierres sèches furent construites au dessus de la source.
On peut voir d'ailleurs aujourd'hui à l'Est de l'église, au dessus de la fontaine, une arcade et le début d'une autre, taillées dans la falaise. A l'origine, ces 3 arcades appelées 'Las Capeletos' contenaient les statues de la Vierge, de St Joseph et de St Jean. La tradition veut que ce soit là l'origine de la dévotion du Cros. Sous ses petites chapelles existe une petite grotte avec une table de pierre. Dolmen druidique ou autel ? Personne ne le sait mais selon la légende, on y célébrait le culte des 3 niches, avant de construire finalement une église de l'autre côté de la berge.
Voici une légende qui n'est pas sans rappeler celle de la Vierge Noire de Notre Dame de Marceille :
Aujourd'hui, le site de accueille tous les ans un pèlerinage traditionnel le 8 septembre jour de la nativité de la Vierge. Selon une autre source, le culte de Notre Dame du Cros aurait prit la place de la déesse païenne Cybèle, déesse du matinale... |
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Un lourd passé
Notre Dame du Cros fut fondée en 900 ap JC, ce qui est confirmé par une bulle du Pape Gélase II en 1118. D'origine romane, elle fut restaurée plusieurs fois au XVIIIe puis au XIXe siècle.
Mais la localité de Caunes porte un lourd passé du fait de la croisade contre les albigeois qui vit en 1227, Pierre Isarn, évêque cathare du Carcassès, brûlé vif à Caunes. Il faudrait aussi parler de Minerve, située à 8 km de ND du Cros, capitale historique du Minervois qui évoque les Cathares. Juchée sur son pic rocheux, la petite cité fortifiée fut le bastion de cette nouvelle religion cathare qui dura 2 siècles, avant que le Pape Innocent III ne déclencha la sanglante croisade des albigeois. |
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A la suite du massacre de Béziers en juillet 1209, Minerve devint un refuge pour de nombreux cathares. Le château appartenait au Vicomte Guillaume de Minerve protecteur des cathares du pays. La forteresse est sur un site imprenable car entourée par des ravins de 40 m de haut en plan vertical au dessus du lit asséché de la Cesse. Le siège de Simon de Monfort débuta le 15 juin 1210 et la capitulation de la forteresse intervint le 22 juillet 1210 après 5 semaines de siège. Les 140 cathares de Minerve furent sommés d'abjurer leur religion et la majorité d'entre eux refusèrent. Ils se jetèrent d'eux-mêmes dans le bûcher que les croisés avaient dressé dans le ravin de la Cesse. Une stèle commémorative se dresse aujourd'hui à l'endroit même du sacrifice, qui est aussi un hymne à la tolérance. |
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En fait, ND de Marceille et ND du Cros sont intimement liée à une partie de l'histoire de Rennes-Le-Château. Mais quels sont ces liens ? |
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ND du Cros revêt une importance toute particulière pour l'abbé Henri Boudet. En effet, ce fut un lointain parent à lui : Antoine Boudet qui, en rachetant le sanctuaire, le sauva de la destruction révolutionnaire. Mais surtout durant 4 ans entre 1862 et 1866, Henri Boudet y termina son vicariat (classes de prêtre). Et ce fut pendant cette période que probablement son destin bascula, puisqu'il rencontra le chanoine Gaudéric Mèche. Pour mémoire, ce dernier fut aumônier à Notre Dame de Marceillle probablement à partir de 1815, et jusqu'en 1838 , date à laquelle il fut remplacé par Henri Gasc. |
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L'abbé Boudet, dans son livre "La vraie langue celtique" cite Notre Dame du Cros à la fin de son chapitre sur la fontaine de Notre Dame de Marceille. Il est clair que ceci est dans l'intention de rapprocher ces 2 sanctuaires pour mieux faire comprendre au lecteur leur importance.
C'est ainsi que l'on peut lire en page 280 de son livre :
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A la 7ème strophe on peut lire :
Or Notre Dame des Cross, comme le dit Boudet est aussi Notre Dame de la Croix ou Notre Dame du Cros. Si l'on suit cette strophe à la lettre, il est clair que l'auteur du Serpent Rouge donne à Notre Dame du Cros une signification initiatique particulière. Il faut peut être y voir un lieu que seuls des initiés peuvent comprendre... Il faut noter aussi que l'on parle ici de Notre Dame des Cross qui veut aussi dire Notre Dame des Croix. Y aurait-il donc plusieurs croix ? |
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Gaudéric Mèche fut de 1815 à 1838 aumônier à ND de Marceille soit environ 23 ans. Son histoire fut remarquée pour avoir facilité de façon très mystérieuse la rénovation du sanctuaire de Limoux. En 1838 il quitta contre son gré ND de Marceille et devint chanoine à ND du Cros.
Mais à partir du 16 juin 1862 un évènement crucial pour l'histoire de Rennes-Le-Château va se dérouler ici car ce fut à cette époque qu'il reçu en formation un tout jeune prêtre : Henri Boudet. |
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Comme nous le verrons par la suite, une coïncidence indéniable scelle la liaison entre l'église de Rennes-Le-Château et donc Saunière/Boudet avec un certain Père Joseph Chiron enterré à Notre Dame du Cros. En effet nous retrouvons son visage sur la statue de Saint Antoine ermite et à la station XIV (Voir "Le secret dérobé - Franck Daffos)
Coïncidence ? Non, sans doute pas, car Gaudéric Mèche connaissait le Père Chiron. Avaient ils un secret en commun ? On peut affirmer aujourd'hui que oui... |
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Pour comprendre l'importance de Notre Dame du Cros dans l'affaire de Rennes-Le-Château, il faut comme nous le suggère Boudet, suivre la trace de Joseph Chiron... |
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Qui fut Père Joseph Chiron ?
Né à Bourg-Saint-Andéol dans l'Ardèche le 19 novembre 1797, il fut le fondateur de la Congrégation Sainte Marie de l'Assomption.
Son parcourt atypique et méconnu fait partie des grands bienfaiteurs du XIXe siècle. Il est pourtant totalement absent des livres d'histoire...
Issu d’une famille nombreuse et modeste, il manifesta très tôt des penchants mystiques et religieux. Rapidement il s'orienta vers le Séminaire de Viviers où il rencontra l'abbé Vernet.
Ce dernier a d'ailleurs été formé au Séminaire de Saint Sulpice à Paris. |
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L’abbé Vernet vouait une véritable vénération pour Agnès de Langeac (1602-1634), supérieure des Dominicaines et surtout très proche d’Olier qui fonda St Sulpice en 1646. Les liens entre Viviers et le disciple de Vincent de Paul qui connut si bien Nicolas Pavillon furent en effet nombreux : Agnès de Langeac avait une sœur, elle aussi Dominicaine, qui séjourna au couvent de Viviers, et chose inconnue de la plupart : l’abbé Olier eut une apparition de la Vierge qui lui aurait recommandé de «prier pour l’abbé de Pébrac » proche de Langeac. (Extrait Franck Daffos)
Inspiré par une foi profonde, Chiron vit sa carrière s'accélérer : sous-diacre le 21 décembre 1822, diacre le 15 mars 1823 et prêtre le 27 avril de la même année. Il devint curé de la paroisse de Saint-Martin l’Inférieur le 6 juillet 1823.
Très vite, grâce à un charisme hors du commun, il créa le 25 novembre 1824 la Congrégation Sainte-Marie de l’Assomption, soumise à la règle de Saint-Augustin. Les quelques jeunes filles du pays qu'il détermina à se consacrer à la Sainte Vierge furent baptisées "les Saintes Marie". Et Adélaïde Bernard (1801-1839) devint, sous le nom de Mère Agnès (Nom donné par Chiron en hommage à Agnès de Langeac), la première Supérieure.
Le 1er janvier 1827, le Père Chiron fut nommé aumônier de la prison de Privas dans l'Ardèche. Mais cette prison, comme beaucoup d'autres à cette époque, faisait cohabiter les délinquants et les aliénés. |
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A partir d'une idée du R.P. Magallon et du frère Hilarion, il créa avec les Saintes Marie venues le rejoindre, le premier asile Sainte Marie pour les femmes aliénées. C’est ainsi que le 1er mai 1827 naquit l’Hôpital Sainte Marie de Privas. Mais son idée fit du chemin et en 1836 l’Hôpital Sainte Marie de Clermont-Ferrand (Puy de Dôme) ouvrit ses portes.
Le Père Joseph Marie Chiron est donc l'un des 3 hommes d'église qui ont été les fondateurs de maisons d'aliénés en France au XIXe siècle, avec le très fantasque frère Hilarion et le R.P. de Magallon.
le Père Jean de Magallon fut le refondateur de l’Ordre de St Jean de Dieu supprimé à la Révolution |
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Joseph-Xavier Tissot (1780-1864) dit Frère Hilarion
Après avoir entrepris des études de médecine
à Paris, Joseph Tissot
découvrit la médecine mentale à l'occasion de son
hospitalisation à la Maison de Charenton. Il y séjourna plus
de 4 ans de
1810 à 1814. A sa sortie, Tissot se retira à la
Trappe d'Aiguebelle où il découvrit la vie de Saint
Jean-de-Dieu et devint
Frère Hilarion. Il mena ensuite une vie
d'ermite à Rochegude dans la Drôme. Au printemps
1819 il rencontra R.P de Magallon, ce
qui le décida définitivement de servir les aliénés et de
restaurer l'Ordre de la Charité qui disparu sous la
Révolution. Frère Hilarion s'engagea comme simple
infirmier à l'hôpital Saint-Lazare de Marseille avant d'être
exclu de l'Ordre. |
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Le dévouement du Père Chiron à l'Hôpital de Privas fut fortement remarqué. Il accompagna même à l’échafaud des grands criminels comme les fameux "aubergistes de Peyrebelle" (juin 1833) qui avaient pris pour habitude de massacrer en famille leurs clients pour mieux les dévaliser. L’affaire, très célèbre à l'époque, est encore aujourd'hui souvent reprise au cinéma.
Mais le Père Chiron possédait une caractéristique épuisante pour ses proches. Il avait la bougeotte et toute sa vie ne fut que déplacements et marches interminables. |
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1830 - Une année charnière
C'est ainsi que dans cette frénésie de parcourir les chemins afin d'œuvrer pour la mission de sa vie, l'année 1830 marqua un changement dans son comportement. Alors que jusque là le Père Chiron présentait tous les signes d'une pauvreté exemplaire, certains faits à cette époque montrent qu'il détenait tout d'un coup des ressources pécuniaires conséquentes permettant de poursuivre sereinement son œuvre.
Un exemple soulever par
Franck Daffos est celui de l’épisode de
la fondation de la maison de Clermont-Ferrand en
1835 : |
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Chiron poursuit son œuvre et ses investissements...
En 1839, le Père Chiron installa à La Sallette (Corrèze) une communauté de frères servants dans les bâtiments que Frère Hilarion avait réservé 7 ans auparavant pour la création d'un asile en 1831. C'est ainsi que Les frères de Sainte-Marie de l’Assomption soignèrent les hommes aliénés. Un siècle plus tard, leur communauté devint l'ordre de Saint Jean de Dieu. Il finit enfin par ouvrir l’Hôpital Sainte Marie dans le Puy en 1850.
Mais Joseph Chiron ne s'arrêta pas là. Il poursuivit avec la fondation de L’ermitage du Mont Toulon à Privas dans l'Ardèche en 1842. L’entrepreneur ne sera payé que 5 ans plus tard et on prétexta un héritage familial pour solder la dette.
De nos jours, 5 établissements psychiatriques dépendent de l'Association Hospitalière Sainte-Marie: Privas (Ardèche), Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), Montredon (Le-Puy-en-Velay, Haute-Loire), Nice (Saint-Pons, Alpes-Maritimes) et Cayssiols près de Rodez (Aveyron) |
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Père Joseph Chiron ermite
Mais pour une raison incompréhensible, alors que sa mission progressait à grands pas, le Père Chiron quitta sa Congrégation de Privas.
Le 24 février 1843, à l’aube et sans prévenir, il reprit la route après avoir laissé derrière lui une lettre sur le rebord d’une fenêtre. L'infatigable marcheur va alors effectuer un périple impensable: Valence, Avignon, Nîmes, Montpellier, Béziers et Narbonne, pour finalement aboutir un mois plus tard, à l'Ermitage de Galamus le 24 mars 1843 à côté de St-Paul de Fenouillet.
Le 27 mai 1843 il reçut l'autorisation de Mgr Saunhac-Belcastel, évêque de Perpignan de s'y installer. Le Père Joseph Chiron se retira alors en tant qu'ermite anonyme sous le nom de Père Marie. Ce lieu, extraordinaire par son emplacement, creusé dans la roche à flanc de falaise, est en effet, tout à fait propice à la vie recluse d'un ermite.
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L'arrivée de Père Marie fit retrouver à l'Ermitage de Galamus la tradition franciscaine.
Il y rencontra Frère Pierre et sur le sentier qui mène à l'ermitage il érigea un chemin de croix dont il ne subsiste aujourd'hui qu'un petit oratoire. C'est ici qu'il prit l’habitude de toujours porter avec lui sur son épaule gauche un grand Crucifix de 1m de haut, cadeau de l’un de ses bienfaiteurs historiques de Lyon, M. Laporte.
Joseph Chiron ermite à l'ermitage de Saint Antoine de Galamus. On comprend alors pourquoi la statue de Joseph Chiron en ermite de Saint Antoine dans l'église de Rennes-Le-Château trouve ici toute sa justesse... |
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Mais les conditions de vie étaient certainement très dures. L'ermitage, logé dans les gorges de Galamus, n'est pas épargné par la rudesse du froid de l'hiver et par l'humidité ramenée par la rivière qui coule aux creux des falaises. Frère Pierre, malade, creusa sa tombe de ses propres mains. Il mourut de faim et de froid durant l'hiver 1870 et sa tombe est aujourd'hui visible sur le chemin d'accès à l'ermitage.
Mais le Père Marie ermite à Galamus, n'était pas ermite dans l'âme. Il continua dans cette période à entretenir de nombreuses relations lyonnaises qui étaient à l'époque de grandes personnalités religieuses et bourgeoises. Mais parmi toutes ces relations, l'une c'est faite plus discrète que les autres par les historiens : Un certain Mr Pasquier qui était orfèvre et spécialiste dans la reconversion d'objets précieux... |
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De nouveau sur la route
Mais le Père Chiron a décidemment la bougeotte. Cet état de caractère est incompatible avec une vie d'ermite. Il fuit les gorges de Galamus en mai 1845 et continua son œuvre dans la région de Perpignan. Il acheta alors les ruines de l’ancien Prieuré Saint-Jacques de Caramola qu’il va rebaptiser Monastère Sainte-Croix, situé sur la commune de Vernet-les-Bains. 4 compagnons d'infortune qui l'accompagnèrent dans ces épreuves succomberont de fatigue.
Le 6 juin 1846 il reprit la route, mais ce fut en malade qu'il retourna à sa Congrégation de Privas. Se croyant agonisant il y fit son testament mais heureusement il guérit. Entre temps sa Congrégation a prospérée et il se retrouva riche avec un patrimoine immobilier important. Mais le père Chiron, ne tenant pas en place, reprit la route vers Clermont-Ferrand, la Sallette, puis le Roussillon et en février 1847, Galamus, puis Sainte-Croix. En août 1849, on le retrouva chez sa famille à Bourg-St-Andréol où la population l’accueillit comme un saint : en 3 jours il bénira et distribuera plus de 5000 médailles...
Le 8 août 1849 il retourna à Privas puis à Lyon. C'est à cette époque qu'on le vit accompagné d'un demi-fou : Antoine Gay (1790-1871). Reconnu possédé par le démon en 1843, il avait été envoyé pour traitement chez les fous à la Congrégation Sainte-Marie avant que Chiron ne le rencontre à Privas fin 1849. Cette période entre 1849 et 1850 fut pour Chiron certainement la plus trouble. Chiron et Gay formaient alors un duo extravaguant comme le souligne Franck Daffos :
Mais la hiérarchie épiscopale ne vit pas d'un bon œil toutes ces agitations. L’évêque de Tulle voulait enfermer Antoine Gay, et l’évêque de Viviers voulait destituer Chiron s’il ne se sépare pas définitivement de son compagnon de route. Joseph Chiron l'abandonna finalement entre de bonnes mains à Lyon en janvier 1851.
Mais toutes ces péripéties eurent un prix pour Chiron. Il fut obligé de céder sa Congrégation, poussé par sa hiérarchie qui l'avait mis en place. Il repartit alors dans une de ses dernières propriétés, l’ermitage de St-Pierre-del-Vilar, dans la commune de Claira en Pyrénées Orientales. Il y rencontra le Père Eugène de Potriés et durant un an il s'imposa ascèse et mortifications. |
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Une décision lourde de conséquence
A 55 ans la vie de Joseph Chiron accumulait fatigue et usure. Affaiblit par sa vie érémitique, ses privations et ses longues marches, il ressentit certainement une fin proche. Courant 1852 il prit alors la décision de partir pour ND du Cros et il y arriva avec le Père Eugène de Potriés le 18 juin 1852. L'objectif officiel était de fonder un ermitage avec l'aide de Mgr de Bonnechose.
Mais ce n'est pas le hasard si Chiron, sentant sa fin proche, voulu rejoindre ND du Cros. Car en fait son objectif était de rencontrer à nouveau le chanoine Gaudéric Mèche à Notre Dame du Cros qu'il connut 20 ans plus tôt vers 1830 à l'Hôpital de Limoux.. Était-ce pour confier à Mèche un important message ? Voulait-il tout simplement revoir son mécène avant de mourir ? Nous ne le saurons peut-être jamais. C'était en 1852... |
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Une mort théâtrale
Épuisé, le Père Joseph Chiron, dit Père Marie, mourut en odeur de sainteté le 27 décembre 1852 et ce fut réellement dans les bras de Gaudéric Mèche qu'il rendit son dernier soupir.
On imagine facilement l'émotion que Mèche a du ressentir dans ces instants douloureux. L’abbé Montanié, curé doyen de Caunes et Eugène de Potriés, l’assistèrent dans son agonie. Ce fut ensuite avec l'autorisation de Mgr de Bonnechose, qu'il fut inhumé sous le porche d'entrée du sanctuaire de ND du Cros.
Ses obsèques eurent lieu le 30 décembre 1852 à 11h. Une foule innombrable rejoignit le sanctuaire dès l’annonce du décès et sa tunique fut partagée entre les fidèles. |
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Aujourd'hui, sous la dalle mortuaire, seul son avant bras droit est présent. Les restes de sa dépouille furent transférés à la maison mère de sa Congrégation à Privas dans l'Ardèche, le 4 août 1912, sous la responsabilité personnelle du Vicaire Général Gustave Cantegrel de l'évêque de Carcassonne Mgr de Beauséjour. |
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(*) Ne cherchez pas de traces de Gaudéric Mèche dans le livre de Jacques Rivière "Les ermites de Galamus" (ed Bélisane), il n'y en a pas. Ceci est simplement du au fait que les premières recherches de Jacques Rivière ainsi que d'autres auteurs se sont orientées vers le curé de l'abbaye de Caunes (l'abbé Falguères) au lieu de l'aumônier de ND du Cros (Gaudéric Mèche). Ceci a été avéré par l'acte de décès de Mèche indiquant qu'il fut effectivement aumônier à la chapelle du Cros. C'est sans aucun doute le trait d'union qui permit à Franck Daffos de relier une grande partie de l'histoire avec Notre Dame de Marceille (Voir "Le secret dérobé") |
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Le 9 septembre 1912, le Vicaire général du diocèse de Viviers (Ardèche) Deschanel, procéda au nom de son évêque Mgr Bonnet à la reconnaissance officielle des ossements de Joseph Chiron. Ils sont aujourd'hui conservés à la maison mère de sa Congrégation Ste Marie de l'Assomption à Privas . A l'entrée de cette maison se trouve une statue sur pied de Joseph Chiron qui rend hommage au fondateur. |
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Le projet de canonisation du Père Chiron
Pour comprendre cet épisode qui en dit long sur les dessous de l'affaire, il faut se rappeler qu'en 1852, date du décès du Père Chiron, l'évêque de Carcassonne était le très célèbre Mgr de Bonnechose. Or à cette date, les impératifs de sa carrière l'obligeaient à prévoir de quitter son siège épiscopal de l'Aude. Il finit, contraint et forcé à se déplacer à Rouen en 1855 où il devint sénateur du Second Empire et Cardinal. Sa carrière fut d'ailleurs prestigieuse puisqu'il fut aussi un interlocuteur privilégié entre le Saint Siège et l'Empereur Napoléon III. |
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Le cardinal de Bonnechose - Photo RMN |
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Donc en 1852, tout était en place pour procéder à la Béatification puis à la Canonisation du Père Chiron. En effet le parcourt du fondateur des hôpitaux psychiatrique était exemplaire et sa conversion en ermite ne fit que renforcer son image de "Serviteur de Dieu". Joseph Chiron avait de plus un charisme et une renommée sans égal. Mort en odeur de Sainteté, son introduction à la Béatification puis à la Canonisation était inévitable et ses fervents admirateurs le savaient... |
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Béatification et canonisation - Quelques définitions : La Béatification est l'acte par lequel le Pape place une personne au rang des "Bienheureux" (en latin beati), et la Canonisation celui par lequel il est inscrit sur la liste officielle (canon) des Saints.
But de la Béatification et de la
Canonisation :
Différence entre Béatification et Canonisation : La différence
réside dans le degré d'extension du culte public. Pour le
bienheureux (Béatification)le culte est limité là où le
Saint-Siège le prévoit. Pour le Saint, le culte est autorisé
et prescrit partout dans l'Église universelle.
Pour aboutir à une Béatification ou à une Canonisation il faut démontrer : 1) Le rayonnement spirituel du Serviteur de Dieu après sa mort : c'est à la fois un signe de sa participation à la sainteté de Dieu et l'assurance que son exemple est accessible et bienfaisant au peuple chrétien. Les miracles qui peuvent lui être attribués sont d'une grande importance. 2) Son martyre (mort subie par fidélité à la foi) ou ses vertus chrétiennes (foi vivante reconnue) |
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Un rebondissement inattendu...
C'est ici qu'il se passa un évènement incompris pour les croyants et les admirateurs de Joseph Chiron à l'époque. Alors que la Béatification, étape indispensable pour la Canonisation devait être ratifiée par l'évêque de Carcassonne et donc par Mgr de Bonnechose, se dernier refusa avec vigueur d'apposer sa signature.
Ce fait rarissime dans l'histoire de l'église, resta inexpliqué, Mgr de Bonnechose ayant refusé d'y ajouter tout commentaire. On peut comprendre alors le désarroi des fidèles qui ont du certainement maudire un temps la hiérarchie cléricale locale... Comment pouvait-on refuser à ce saint homme un hommage de l'église qu'il a tant aimé ? |
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Comment interpréter le refus de Mgr de Bonnechose ?
L'interprétation est assez simple si
l'on possède certains éléments du puzzle.
Mais quelle était sa source de financement ? Puisait-il dans la seconde cache à Notre Dame de Marceille ? Etait-il alimenté par Mèche puis par Henri Gasc qui fut son successeur comme aumônier à ND de Marceille ? Nous ne le savons pas mais un fort soupçon plane...
Voici donc peut être une explication de la mort de Joseph Chiron dans les bras de Gaudéric Mèche. Ce dernier était quelque part son bienfaiteur et son mécène. Un étrange lien de forte fraternité devait exister entre les deux hommes...
Mais Mgr de Bonnechose connaissait les extraordinaires et hélas inexpliquées ressources financières du chanoine Gaudéric Mèche. Il connaissait aussi l'extraordinaire et tout aussi inexpliquée réussite de la Congrégation Sainte-Marie de l'Assomption fondée par le Père Chiron. En le voyant venir mourir ainsi dans les bras de Mèche, il comprit que ce dernier avait été tout simplement le financier et le bienfaiteur occulte de cette Congrégation.
Préférant ne pas devenir complice d'un scandale financier dont il ne maîtrisait pas la provenance, il prit donc la décision de mettre son veto à la Béatification de Joseph Chiron. On comprend aussi pourquoi il évita toute explication et donc toute publicité... |
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Conséquences...
Il faut savoir que sans Béatification ou Canonisation il est impossible de déposer des reliques dans une église ou dans un sanctuaire. Et cette règle n'a pu échapper à la dépouille du Père Chiron.
C'est pourquoi, certainement en guise de protestation contre la hiérarchie diocésaine et contre cette flagrante injustice, le chanoine Mèche prit la décision d'inhumer Joseph Chiron sous le porche d'entrée de ND du Cros.
Lorsqu'en 1912 la décision fut prise de transférer son corps à Privas (Ardèche), un compromis fut trouvé en laissant sur place son avant bras dans un précieux coffret. L'idée était bien sûr de rendre hommage à Gaudéric Mèche que Joseph Chiron voulut revoir avant de mourir. |
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Finalement, le Père Chiron en agonisant auprès de Mèche, se raya sans le savoir de la liste des Saints... Justice fut rendu quelques années plus tard par Henri Boudet en le statufiant dans l'église de Rennes-Le-Château.
D'après "Le Secret Dérobé" de Franck Daffos |
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A droite, la statue
de Joseph Chiron telle qu'on peut la voir |
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Et aujourd'hui, où en sommes-nous ?
Depuis 1912 l'incompréhension parmi les fidèles demeure intacte. Du côté des instances religieuses, les ordonnances se suivirent pour demander un complément d'enquête. Un tribunal fut même constitué le 18 avril 1936 pour instruire le procès diocésain. Des commissions furent organisées pour retrouver des écrits et des témoins. Le Pape Pie XII confirma même le 22 mai 1953 les écrits du Père Chiron, ce qui est un pas considérable vers sa béatification. Et pourtant, depuis, plus rien. Le temps aura eu raison de la mémoire des hommes, car qui se rappelle aujourd'hui de Joseph Chiron ?
Voici donc un homme qui passa toute sa vie au service des autres et qui fut jugé sans explications par sa propre hiérarchie. Il fallait en tout cas un motif particulièrement important pour bloquer les procédures jusqu'au niveau du Pape... |
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L’hôpital spécialisé Sainte Marie, occupe aujourd'hui une place importante dans le bassin de Privas. Ce centre hospitalier veut être au service des personnes les plus fragiles de notre société. Il est une source d’emplois pour Privas, pour les environs et même pour tout le département.
De nos jours, 5 établissements psychiatriques dépendent de l'Association Hospitalière Sainte-Marie: Privas (Ardèche), Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), Montredon (Le-Puy-en-Velay, Haute-Loire), Nice (Saint-Pons, Alpes-Maritimes) et Cayssiols près de Rodez (Aveyron) |
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Pourquoi le Père Joseph Chiron est lié à Rennes-Le-Château ?
Bien sûr nous savons aujourd'hui que Chiron est lié à Mèche, ce dernier étant lié à Gasc puis à Boudet. Mais ces liens n'auraient pas été faciles à mettre en évidence sans l'ingéniosité de l'abbé Boudet. En effet, nous retrouvons le Père Chiron déguisé en Saint Antoine ermite et en habit des franciscains dans l'église de Rennes-Le-Château.
Et ce n'est pas tout. On le retrouve également dans la fameuse station XIV depuis 1897 où il porte Jésus par son torse. |
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Il faut noter ici que cette statue de Saint Antoine ermite en Joseph Chiron est sans doute unique. Boudet a t-il passé une commande spéciale à la maison Giscard ? Ou bien cette dernière était-elle bien renseignée sur ce personnage ? Saunière était-il au courant du message ? Ces questions sont en tout cas posées...
Pourtant dans le contrat concernant la commande du statuaire signé entre Saunière et Giscard ne figure aucune particularité excepté que l'on y parle de "modèles décidés".
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Henri Boudet voulut non seulement rendre hommage à ce saint homme non reconnu officiellement par l'église, mais en plus nous indiquer la piste de Notre Dame du Cros et donc de Gaudéric Mèche... On aura mis tout de même de nombreuses années à comprendre cet indice, mais quel indice !
Sans aucun doute, Joseph Chiron partageait un secret avec Gaudéric Mèche et ce dernier lui apporta manifestement les ressources financières pour monter rapidement son œuvre bienfaitrice. Que connaissait-il du secret de Mèche ? Nous ne le savons pas. Mais ce qui est certain, c'est que nous découvrons ici un nouveau personnage de l'affaire qui est passé en faisant le bien et que malheureusement l'Histoire rejeta.
Espérons qu'il soit réhabilité par celle de Rennes-Le-Château... |
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