|
|
|
|
|
|
Rennes-Le-Château ou l'histoire d'un grand secret |
|
Pour beaucoup l'église Saint-Sulpice de Paris est devenue médiatiquement célèbre grâce à l'auteur Dan Brown et à son Best Seller DA VINCI CODE. Selon le public, Saint-Sulpice serait, soit le symbole d'un ordre secret et mystérieux, soit une simple église que l'écrivain aurait exagérément utilisée pour le bien de son scénario et ceci jusqu'à énoncer des erreurs historiques. Mais j'avais oublié, il est vrai que le Da Vinci code n'est qu'un roman ...
Tout ceci a finalement nui à la beauté historique, artistique et architecturale du monument, la majorité du public n'y voyant maintenant qu'un formidable montage publicitaire au service du roman le plus vendu au monde. Il était d'ailleurs amusant d'apercevoir durant la visite de l'église quelques panneaux avertissant le public qu'il faut distinguer les écrits de Dan Brown et de son Da Vinci Code, avec les vérités historiques de Saint-Sulpice.
Pourtant l'église Saint-Sulpice mérite bien autre chose. Cette paroisse monumentale, richement décorée dans un style jésuite, a nécessité durant plusieurs siècles des efforts artistiques considérables. C'est un fait. Mais surtout, et les chercheurs de Rennes-Le-Château le savent bien, ce majestueux monument est depuis longtemps fortement lié aux secrets du Razès et ceci pour de multiples raisons. |
|
|
|
L'analyse de l'église Saint Sulpice est composée de 3 volets :
|
|
Après avoir abordé dans le thème précédent les différents liens que l'on peut mettre en évidence entre l'église Saint Sulpice et Rennes-Le-Château, il reste a examiner quelques curiosités qui contribuent certainement à la complexité du mystère.
Le Serpent Rouge facilite heureusement la lecture puisqu'il fournit un fil d'Ariane relativement clair. Et même si certaines allégories évoquées sont difficiles à traduire et à comprendre, il évite que le chercheur se perde sur des pistes ésotériques inextricables. La difficulté lorsque l'on aborde Saint Sulpice vient aussi du fait que l'observation de certains détails engendre de nouvelles questions qui ne cadrent pas avec l'histoire classique Boudet / Saunière.
L'église Saint Sulpice, pour ceux qui l'on étudiée en détail, fascine. La multitude des artistes qui se sont succédés et qui ont laissés leurs traces, explique sans doute ce sentiment de désordre ordonné. Car Saint Sulpice est déconcertante pour cela.
Derrière ce mélange artistique et baroque qui s'est
construit durant des siècles, ce cache une logique secrète,
un ordre implacable pour qui sait le décoder.
A-t-on utilisé l'église de Saint Sulpice pour écrire et coder le Serpent Rouge ? C'est maintenant pratiquement sûr. A-t-on utilisé les peintures de Delacroix et Signol pour exprimer un lien avec Rennes-Le-Château ? Sans aucun doute. Mais alors,
Même si des liens entre Rennes-Le-Château et Saint Sulpice sont clairement établis et même si nous commençons à comprendre le Serpent Rouge aujourd'hui, il reste néanmoins des interrogations qu'il faut accepter et pour lesquelles nous n'avons pas de réponse. Leur rattachement direct à l'histoire de Rennes-Le-Château est certainement plus difficile et plus obscur, mais on ne peut les ignorer.
Fidèle à mes convictions, je reste persuadé qu'il faut conserver une vision très large de l'affaire pour espérer se repérer dans ce labyrinthe castel rennais et pour en déduire des thèses solides. |
|
Ce que l'on appelle Gnomon, du grec gnômôn «connaître ou indiquer», est un instrument d'astronomie conçu pour suivre les variations de la hauteur du soleil à midi. Un gnomon est l'expression la plus simple d'un cadran solaire. Un bâton planté verticalement dans le sol ou tout simplement le corps d'un homme peut servir de gnomon et le procédé est connu depuis l'antiquité.
L'heure se détermine soit en fonction de la longueur de l'ombre, soit en fonction de son orientation. Les chinois l'on sans doute utilisé 2 400 ans avant notre ère, de même que les Incas, les Aztèques et les Babyloniens qui l'aurait fait connaître aux Grecs. Les Égyptiens utilisaient leurs obélisques.
Vers 400 av. J.C., le gnomon se perfectionne. On lui ajoute à la base un socle creux puis plat et horizontal, ce qui donnera le cadran solaire connu aujourd'hui. |
|
|
|
Au cours d'une journée, l'ombre pivote autour de la base du gnomon en fonction de la course du soleil. Ceci permet de repérer les instants clés du jour, comme par exemple le zénith, correspondant au midi solaire.
A cet instant, l’ombre est la plus courte et se situe dans le prolongement du méridien. |
|
|
Au IIIe siècle av JC, Ératosthène parvint même à calculer le diamètre de la Terre à partir de 2 obélisques situés, l’un à Alexandrie, l’autre à Syène, avec une précision qui laisse ébahis les astronomes d’aujourd’hui. Au IIe siècle, Ptolémée calcula la dimension approximative du globe terrestre. Mais le gnomon est compliqué à utiliser : la longueur et la position de son ombre varie de manière complexe selon les saisons, rendant les calculs approximatifs. C'est pourquoi les cadrans solaires seront de plus en plus sophistiqués.
Plus un gnomon est important, plus il est précis, mais plus il lui faut de l'espace. Le gnomon peut alors, s'il est bien conçu, mesurer non seulement la journée mais aussi repérer les solstices, les saisons, et décrire l’année avec une précision inouïe. Un exemple est le gnomon d'Auguste à Rome qui occupe la place de Montecitorio, près de l'église San Lorenzo in Lucina, là où se trouve le tombeau de Poussin... |
|
Il est toujours fascinant de mettre en application un beau modèle physique :
Pour voir l'animation d'un Gnomon |
|
|
Le Gnomon de Saint Sulpice
La particularité du gnomon de Saint Sulpice est que son fonctionnement diffère du simple bâton faisant une ombre. Celui-ci est un instrument astronomique qui mesure la hauteur du soleil à midi en projetant sur le sol puis sur un obélisque, l'image du soleil.
Le gnomon fut construit, à la demande de Jean-Baptiste Languet de Gergy (1675-1750), curé de Saint-Sulpice à partir de 1737. Son objectif était de déterminer l'équinoxe de mars et ainsi, la date exacte de Pâques.
En effet, cette fête chrétienne qui commémore la résurrection du Christ, doit être célébrée le dimanche suivant la première pleine lune, après l'équinoxe de printemps, entre le 22 mars et le 25 avril. |
|
Languet de Cergy chargea alors le célèbre horloger anglais Henri de Sully de construire ce gnomon, mais ce dernier mourut le 13 octobre 1728 alors qu'il venait juste de commencer le projet. Les travaux reprirent avec Claude Langlois en 1744, ingénieur aux galeries du Louvre, sous la direction de l'académicien Pierre-Charles Lemonier (1715-1799).
Mais le gnomon eut aussi un autre enjeu pour les scientifiques, car il devait permettre d'étudier avec précision les mouvements de rotation de la Terre. C'est ainsi que la famille Cassini, la célèbre dynastie d'astronomes qui dirigèrent successivement l'Observatoire de Paris aux XVIIe et XVIIIe siècles, découvrirent que l'obliquité de l'axe de la Terre diminue de 45 secondes d'angle par siècle. Les mesures actuelles diffèrent seulement d'une seconde et quelques centièmes (46 sec 85 centièmes).
Le gnomon de Saint-Sulpice est constitué de 3 éléments :
|
|
L'obélisque construit en 1773 est constitué d'un bloc de marbre blanc, haut de 10,72m et surmonté d'une sphère dorée et d'une croix.
Il est traversé en son milieu par une ligne de laiton qui se prologue sur le sol en direction nord-sud, marquant ainsi le méridien de midi
Le 21 décembre, au solstice d'hiver, quand le soleil est le plus bas, il reçoit l'image du soleil et marque à l'endroit où une ligne est gravée sur le marbre, l'équinoxe du printemps et le jour de Pâques. |
|
Faussement appelée "Ligne de cuivre", c'est en fait une baguette de laiton incrustée dans le sol. Elle rejoint l'obélisque du côté nord et une plaque de marbre du côté sud.
La ligne est très précisément orientée nord-sud. Elle symbolise le méridien de midi. Elle est aussi l'ancien méridien de Paris.
Curieusement la ligne traverse une partie du chœur et passe derrière la balustrade de bronze doré. C'est ainsi que cette balustrade qui marque l'entrée du chœur, fut sauvée à la Révolution grâce à ce méridien. |
|
A Saint Sulpice, le gnomon n'est pas basé sur le principe d'un bâton créant une ombre, mais sur un orifice laissant passer la lumière du soleil.
La lumière solaire traverse donc une minuscule ouverture située à 25 mètres au-dessus du sol. Jadis cette ouverture était équipée d'une lentille à peine visible sur le bord droit de la baie.
Sur le côté du vitrail situé sur le transept sud, un minuscule trou est à peine visible.
Malheureusement, la lentille qui le garnissait n'existe plus aujourd'hui, ce qui explique que le gnomon est maintenant hors d'usage et une tâche diffuse court au sol. |
|
|
Chaque jour, les rayons du soleil traversent le gnomon sur le transept sud et la lentille projette une image du soleil sur le sol. A midi vrai ce disque lumineux franchi, d'Ouest en Est, la ligne de laiton en un point qui se déplace tout au long de l'année. |
|
Au solstice d'hiver, le 21 décembre, quand le soleil est à son point le plus bas, un pâle rayon passe à midi vrai (midi solaire) par l'orifice du transept sud et atteint l'obélisque à l'endroit marqué par une ligne gravée dans le marbre.
Au solstice d'été, le 21 juin, lorsque le soleil est à son zénith, le rayon frappe une plaque de marbre placée au sol du croisillon sud.
Enfin, lors des équinoxes du 21 mars et du 21 septembre, la lumière passe sur une plaque de cuivre ovale, située derrière la porte qui ouvre sur la balustrade du chœur.
Ci-contre, la plaque circulaire derrière le
portillon du chœur et le méridien |
|
|
Ceux qui ont eu l'occasion de visiter ce gnomon ont certainement remarqué les inscriptions gravées sur l'obélisque et avec des parties manquantes. |
|
Il est très facile de voir que certains textes ont été censurées compte tenu du burinage extrêmement précis..
Cette censure eut lieu à la Révolution Française, en 1789, jugeant certainement les propos du gnomon trop royalistes. On y trouvait notamment des références à Dieu et des éloges au Roi et aux ministres.
Mais l''inscription reste intéressante car elle fournit les motivations de Languet de Cergy, désireux de connaître exactement les équinoxes et de fixer ainsi la date de Pâques. |
|
Lorsque l'on observe la version originale et complète de ces inscriptions, on s'aperçoit que 2 symboles au centre ont également été mutilés.
|
|
|
|
Le symbole de gauche est le signe du Scorpion inscrit dans un cercle. Le Scorpion domine le ciel du 22 Octobre au 21 Novembre. Il représente la malice et la fourberie. Le symbole de droite est plus complexe. On y voit le signe des Poissons dans un hexagone et un croissant de lune. Le poisson domine le ciel du 22 février au 22 mars. Vers le haut du gnomon, le Capricorne est représenté en forme d'alpha, symbolisant le solstice d'hiver.
Incontestablement, on a voulu effacer ces représentations, mais pourquoi ?
Cette reproduction est supposée officielle, mais dans son livre "Le trésor des Templiers" Jean-Luc Chaumeil nous donne une autre version datant de 1752 encore plus troublante, puisqu'elle fait apparaître un PI dans un cercle à gauche et un dessin qui rappelle celui de la pierre de Coume Sourde à droite... |
|
Tout ceci n'est pas sans rappeler
également la phrase que l'on peut lire sur la pierre de Coume Sourde
:
"In Medio Linea Ubi M Secat Linea
Parva"
Autre fait curieux, l'inscription du gnomon est retrouvée dans les feuillets associés au Serpent Rouge par Plantard et retrouvés dans les dossiers secrets.
L'observation des 2 symboles effacés aujourd'hui, montre bien le signe du scorpion et celui des poissons, confirmant ainsi la version officielle... |
|
L'église de Saint-Sulpice est mondialement connue pour son gnomon, ce curieux cadran solaire annuel qui fait évoluer un rayon de soleil le long d'une bande de laiton insérée dans le sol. Le gnomon fut utilisé jusqu'en 1672 comme méridien de référence pour mesurer le temps.
Mais Saint Sulpice n'est pas le seul monument de Paris où l'on trouve un méridien. D'autres existent au Moulin de la Galette Place Pigalle, à la Comédie Française, au Palais Royal, au Bureau des Longitudes, à l'Hôtel des Monnaies, au Jardin du Luxembourg, à l'Observatoire de Paris, au Parc Montsouris, et à l'observatoire météorologique.
L'obélisque de Saint-Sulpice est l'un des 3 instruments astronomiques de Paris permettant de connaître le midi solaire, les 2 autres étant la pyramide de l'hôtel des Monnaies et le petit canon installé dans le jardin du Palais-Royal.
Enfin il faut signaler que le 17 janvier 2003, entre 12h50 et 13h10, à midi vrai, 6 à 7 cercles de lumière vinrent frapper le gnomon de l'église Saint-Sulpice et sont descendus le long du fil de laiton du Méridien... |
|
Pour des raisons mystérieuses et indéfinissables, le méridien a toujours fasciné les hommes, sans doute parce qu'il représente un instant divin où le soleil est au zénith.
A ce moment très particulier de la journée, l'astre est à mi chemin entre le matin et le soir, entre l'est et l'ouest, entre le levant et le couchant. |
|
L'ancien méridien de Paris officiel fut défini en 1667 par le plan médian de l'Observatoire de Paris, construit sous le règne de Louis XIV par l'architecte Claude Perrault. Il est matérialisé par une règle de laiton insérée dans le marbre. Sa prolongation se fait par la mire Nord, proche du Moulin de la Galette à Montmartre, plantée par l'abbé Jean Picard (1620 -1682) astronome et géodésien, en 1675 ; et par la mire Sud, située dans le parc Montsouris, construite en 1806 sous l'Empire. Le méridien de Paris passe donc par le centre de l'Observatoire et il est situé à une longitude de 2° 20' 14.025" à l'Est de celle de Saint Sulpice. Il est aussi connu sous le nom de Méridienne de France ou Méridienne. C'est jusqu'en 1884 que ce méridien sera l'origine pour la France, c'est-à-dire le point 0 duquel on compte les degrés de longitude.
Mais la nécessité d'avoir une référence horaire mondiale obligea les scientifiques à établir une nouvelle référence adoptée par tous. Lors de la Conférence Internationale de Washington en 1884, le méridien de Greenwich fut adopté. L'heure GMT était née (Greenwich Mondial Time)... |
|
Entre 1989 et 1994, la France commanda à l'artiste sculpteur néerlandais Jan Dibbets la réalisation de 135 médaillons de bronze, incrustés dans les trottoirs de la ville de Paris, sur le tracé de l'ancien méridien de Paris.
Ces médaillons sont marqués du nom d'Arago et les lettres N et S indiquent le nord et le sud dans l'axe du Méridien.
Ces médaillons sont devenus célèbres au travers du "Da Vinci Code" car ils permettent au héros Robert Langdon de découvrir l'ancien axe sacré... |
|
|
La ligne des médaillons s'étend entre les 2 mires Nord et Sud. Le nom ARAGO rend hommage au savant François Arago (1786-1853), chargé en 1806 de prolonger le méridien jusqu'aux îles Baléares. Malheureusement, la plupart des médaillons ont aujourd'hui disparu, autre conséquence de la folie des fans du Da Vinci Code ! |
|
Les méridiens de Saint Sulpice et de Paris
Curieusement, le méridien du gnomon de Saint Sulpice ne coïncide pas avec le méridien de Paris. Car ce dernier, officiellement instauré par Louis XIV en 1667 est distant de quelques centaines de mètres de celui de Saint Sulpice.
Hormis le fait qu'un gnomon destiné à fournir la date exacte de Pâques a plus de raison d'être dans une église que dans un observatoire, on peut se poser la question suivante : Pourquoi les scientifiques comme Les Cassini ont-ils préférés travailler sur ce méridien officieux plutôt que sur le méridien officiel de l'observatoire ? Une réponse possible est que le méridien de l'observatoire servait de référence géographique pour les longitudes, alors que le méridien de Saint Sulpice était utilisé comme référence du temps. Le gnomon servira d'ailleurs de référence jusqu'en 1884
Quoiqu'il en soit, cet écart avec la ligne officielle ne fit que renforcer la légende entre les deux méridiens, l'un officiel et l'autre officieux, voire ésotérique et que l'on nomma la ligne rose ou Rose Line, sans doute à cause du reflet cuivré du laiton au soleil. Faut-il rappeler que cette méridienne qui traverse le Roussillon, région chère à nos prêtres du Razès, vient de "Sillon Roux" ou "ligne rouge" |
|
La méridienne saint sulpicienne de Lemonnier n'est pas la première qui a été tracée dans cette église.
En 1727 l'horloger Henri de Sully avait entrepris d'en mesurer une autre, mais il mourut en 1728 et ne put la terminer. Aujourd'hui il reste une trace de cet essai près de la porte sud. |
|
|
Le méridien et le Serpent Rouge
Le méridien de Midi est une pièce fondamentale dans le puzzle de Rennes-Le-Château. Il serait ridicule de le nier. Pour s'en convaincre il suffit de lire le Serpent Rouge à la strophe 5 :
Où à la strophe 9 :
Mais aussi à la strophe 10 :
|
|
Le méridien et le Prieuré de Sion
Pierre Plantard, dans son élaboration du Prieuré de Sion moderne, utilisa largement cette dénomination de "Ligne Rose". On la retrouve d'ailleurs dans les dossiers secrets. Est-ce aussi pour relier ce méridien avec le mystère de Sainte Roseline et donc avec le fameux 17 janvier ?
A présent on y vénère une autre statue, celle de ND du Bon Chemin... |
|
Alors que les allégories de Delacroix sont relativement interprétables, celles de Signol sont hermétiques. Et pourtant les deux œuvres sont liées non seulement par la fameuse date 1861 mais aussi grâce au Serpent Rouge...
Émile Signol naquit en 1804 et mourut en 1892 à Montmorency. Il obtint le Prix de Rome en 1830 et devint académicien en 1860.
Rigoureux dans son art, il se détourna constamment du romantisme et de l’impressionnisme pour se spécialiser dans la peinture religieuse.
Signol réalisa entre 1872 et 1879 pour l'église Saint Sulpice, 4 fresques réparties sur les 2 transepts nord et sud. |
|
|
Une curiosité dans ce mystère : SIGNOL à l'envers donne LONGIS, qui est le nom du centurion romain qui transperça Jésus sur son flanc droit à l'aide de sa lance. Nous allons voir d'ailleurs que si Saunière et Boudet se sont amusé à ce jeu des inversions, Signol a aussi largement utilisé ce principe.
Voici donc la description des fresques dans l'ordre de la Passion : |
|
La fresque "La Trahison de Judas"
Toutes les fresques sont de très grande taille (environ 10m sur 5m), ce qui ajoute à la dimension spirituel du lieu. Cette première scène célèbre est celle de Judas trahissant Jésus dans le jardins des oliviers. |
|
La scène porte d'ailleurs un autre nom
qui la lie très solidement à Rennes-Le-Château,
aux parchemins et à
la stèle de la Marquise de Blanchefort : "L'Épée"
On aperçoit au premier plan et à droite du tableau, Saint Pierre tirant son épée. Devant le Christ, Saint Jean est à genoux. En haut sur des nuages, Jérémie, Habacuc et Michée.
Mais le plus troublant est que la signature de Signol observable en bas à droite de la fresque : EM. SIGИOL 1879 est constituée d'un N inversé |
|
espérait qu'après avoir conduit les gardes à Gethsémani, il pourrait simplement désigner aux soldats ou tout au plus exécuter la promesse de saluer par un baiser, puis partir. craignait beaucoup que les apôtres présents concentrent leur attaque sur lui pour punir d'avoir osé trahir leur instructeur bien-aimé. Mais, lorsque Jésus l'accueillit comme un traître, il fut tellement confus qu'il ne pensa plus à s'enfuir.
|
|
Dans le même transept nord et en face, on peut contempler la scène de la crucifixion. Deux romains jouent aux dés les deux robes, rouge et bleue de Jésus. |
|
|
|
|
Si la signature est normale, un détail sur cette fresque l'est beaucoup moins. Émile Signol semble insister sur l'inversion. Comme s'il fallait attirer notre attention sur ce procédé : la pancarte sur la croix (Titulus Crucis) est écrite dans 3 langues et les écritures sont totalement inversées !
Le peintre nous souffle un mode opératoire ou une pensée allégorique basée sur l'inversion. Mais pour dire quoi ? |
|
|
|
Pour obtenir le texte dans le sens normal
il faut réaliser une symétrie par rapport à un axe vertical,
procédé pour inverser une image selon un miroir. |
|
|
|
Dit autrement, le Christ que vous voyez sur la croix n'est qu'un reflet ou plus exactement un double inversé. Ce n'est pas la première fois que l'on a affaire à cette suggestion. Rappelons nous du Christ à la sortie de Rennes-Les-Bains avec le coup de lance sur le flanc gauche et non le droit ... |
|
|
|
|
L'écriture inversée sur le Titulus Crucis n'est pas en réalité une création de Émile Signol. Cette représentation est en fait inspirée d'une relique se trouvant à Rome et que le peintre a peut-être aperçu lors de l'un de ses voyages en 1830 .
La relique se trouve actuellement dans l'église Sainte Croix de Jérusalem à Rome et elle est constituée d'une tablette de bois de noix de 15cm sur 25 cm. |
|
C'est entre 1484 et 1493 que le cardinal Mendoza décida la restauration du chœur et du plafond de cette église. Or le 10 février 1492, la même année que Christophe Colomb découvrit l'Amérique, alors que les ouvriers travaillaient au sommet de l'arc de triomphe, ils découvrirent une plaque de terre cuite avec l'inscription TITULUS CRUCIS. Derrière cette plaque était dissimulée une niche contenant une boîte de plomb. A l'intérieur se trouvait une tablette de bois fortement abîmée et sur laquelle on peut lire quelques lettres en hébreu, en grec, et en latin. De plus une particularité inhabituelle est que toutes ces lettres sont inversées. |
|
|
|
|
|
|
C'est certainement Lucius II en 1144 (Gérard Caccianemici dal Orso (mort en 1145) Cardinal de Sainte-Croix de Jérusalem, puis Pape en 1144) qui fit placé le Titulus Crucis dans cette niche. En effet il fut le commanditaire du transept de l'église dont une partie est l'arc de triomphe. De plus la boîte était scellée par 3 cachets datant de l'époque où il était cardinal dans cette église. On peut donc penser que le Titulus Crucis était déjà présent dans ce lieu et que le cardinal décida simplement de le protéger en le cachant dans un endroit discret. |
|
|
Le Titulus Crucis, vraie ou fausse relique ?
Les évangiles racontent que ce fut Ponce Pilate qui composa lui-même le texte et qu'il fit poser l'inscription sur la croix. Le texte fut écrit en 3 langues : hébreu, grec, et latin et on pouvait lire ceci : JÉSUS LE NAZARÉEN, LE ROI DES JUIFS
L'un des prêtres juifs répondit qu'il fallait mieux écrire "Je suis le roi des Juifs" car c'est ainsi que Jésus se définissait. Ponce Pilate répondit : "Ce que j'ai écrit, j'ai écrit"
Le texte donne donc (dans le sens normal) : |
|
En Hébreu |
ישו הנוצרי מלך מיהודים |
|
En Grec |
Ιησους ο Ναζωραιος ο βασιλευς των Ιουδαιων |
|
En Latin |
IESVS NAZARENVS REX IVDEORVM |
|
|
|
C'est ainsi qu'en associant ce texte avec le morceau du Titulus Crucis on a pu reconstituer la tablette entière, mais en inversant l'écriture. Une explication de cette inversion pourrait être que le Titulus fut écrit par un hébreu. Ayant l'habitude d'écrire de droite à gauche, il aurait tout simplement inversé le sens d'écriture du grec et du latin. Curieuse gravure tout de même, car il poussa l'exercice jusqu'à inverser également les lettres ! Il serait en tout cas intéressant de trouver d'autres exemples équivalents dans l'histoire.
La tablette précieuse a été expertisée par une équipe scientifique et selon 2 experts (Prof. Thiede et Prof. Roll), son authenticité ne peut être discutée. Mais en 2002, l'université d'Arizona procéda à un essai de datation au carbone 14 et le test donna entre 980 and 1146 ap JC, alors qu'une datation précédente avait donnée l'an 1 après JC. Ces contradictions rappellent évidemment les difficultés de datation du Saint Suaire qui aujourd'hui n'a toujours pas de date confirmée scientifiquement.
Si l'authenticité de la tablette est reconnue nous avons là peut-être les plus anciens N inversés liés à Rennes-Le-Château... et pas seulement les N... |
|
|
|
|
|
Mais Signol commet également d'autres anomalies, volontaires ou non, en recopiant le Titulus Crucis de Rome :
IESVS NAZARINVSRE XIVDEORVM
(A noter que XIV peut se lire "14")
Cette césure anormale est étonnante de la part d'un peintre spécialiste des sujets religieux. Il y a là une erreur grossière sur un texte latin extrêmement classique et connu des évangiles. |
|
La précieuse tablette de bois est aujourd'hui visible dans un reliquaire de l'église Sainte Croix de Jérusalem à Rome.
Cette église possède d'ailleurs d'autres reliques comme les clous de la crucifixion, deux épines de la couronne et un morceau de la croix. |
|
|
Avant de poursuivre sur la 3ème fresque, il faut noter qu'une impressionnante statue de Saint Pierre trône entre les 2 fresques. Curieusement le hasard des inversions continue, car il faut savoir que Saint Pierre fut crucifié inversé, la tête en bas... |
|
Il faut changer de transept pour continuer la visite et découvrir la 3ème fresque de Signol. |
|
La fresque montre la scène de Jésus ressuscitant à la sortie du tombeau. Sans la toucher, il désigne la pierre tombale rectangulaire. Ce tombeau ressemble d'ailleurs plus à la sortie d'un temple. D'après les évangiles, nous savons que l'entrée du tombeau était protégée par une pierre circulaire. Pourquoi Émile Signol, peintre spécialiste des scènes religieuses, fait-il une entorse aux écrits officiels en dessinant une dalle rectangulaire ?
C'est en tout cas la seconde fresque signée Émile Signol avec un N inversée. Le doute n'est plus permis. Il s'agit bien d'un acte volontaire que le peintre nous soumet pour attiser notre curiosité. Tous ces indices entrent dans un jeu de lecture que le peintre veut nous imposer. Mais lequel ?
Un hasard de plus, un coup de sort du destin, comme vous voudrez. La fresque de la Résurrection, cette Résurrection que Boudet signale dans son livre la Vraie Langue Celtique comme l'essence même de son Cromleck, fut réalisée en 1876. Vous l'aurait certainement remarqué. On retrouve dans cette date nos fameux nombres fétiches 17 et 681, symboles numériques incontournables de Rennes. |
|
Enfin, à la droite du transept sud, la dernière fresque de Signol présente la scène de l'Ascension. Il s'élève dans les cieux parmi les 11 apôtres en adoration. |
|
La disposition des fresques joue certainement un rôle très important dans le message de Signol car rien ne semble être laissé au hasard |
|
Sur un plan il est facile de constater que les fresques aux N inversés s'opposent aux N normaux. "La trahison (N inversé)" s'oppose à "La crucifixion (N normal)" et "La résurrection (N inversé)" s'oppose à "l'Ascension (N normal)". Que veut nous dire Signol ?
On retrouve d'ailleurs l'étude de cette disposition dans les feuillets supplémentaire associés au Serpent Rouge. Remarquez le P et le S de chaque côté du méridien. Mais c'est après avoir médité sur tout ceci qu'il faut revenir sur cette strophe : |
|
Vision céleste pour celui qui me souvient des quatre oeuvres de Em. SIGNOL autour de la ligne du Méridien, au choeur même du sanctuaire d'où rayonne cette source d'amour des uns pour les autres, je pivote sur moi-même passant du regard la rose du P à celle de l'S, puis de l'S au P... |
|
Remarquez le jeu de mot "chœur" qui devrait s'écrire "cœur" mais que l'on traduit ici par le chœur de Saint Sulpice, où le rayon du soleil s'arrête pour marquer les équinoxes de printemps et d'automne. C'est à ce point que la vision divine de Signol apparaît en passant du P de Saint Pierre au S de Saint Sulpice mais peut être aussi au S comme Soleil.
|
|
Mais c'est ici que le rêve s'arrête. Car j'avais oublié de vous dire : cette étude est certainement incomplète tant l'église de Saint Sulpice est complexe...
Je ne peux qu'avoir une pensée à tous ceux qui ont toujours considéré le Serpent Rouge comme un simple essai d'un auteur sans intérêt. Cette étude montre à quel point l'opuscule est subtil et profond. Je n'oublie pas non plus tous ces visiteurs en mal de mystères qui viennent découvrir le Saint Sulpice du Da Vinci Code et je leur dit :
Soyez attentifs, curieux et surtout
conservez votre propre jugement.
Extrait du Serpent Rouge (dernière strophe) : |
|
Mon émotion fut grande, "RETIRE MOI DE LA BOUE" disais-je, et mon réveil fut immédiat. J'ai omis de vous dire en effet que c'était un songe que j'avais fait ce 17 JANVIER, fête de Saint SULPICE. Par la suite mon trouble persistant, j'ai voulu après réflexions d'usage vous le relater un conte de PERRAULT. Voici donc Ami Lecteur, dans les pages qui suivent le résultat d'un rêve m'ayant bercé dans le monde de l'étrange à l'inconnu. A celui qui PASSE de FAIRE LE BIEN ! |
|
|
|
Copyright © - Tous droits réservés - Jean-Pierre Garcia - http://www.rennes-le-chateau-archive.com |