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L'église Saint Sulpice de Paris
Ses curiosités

Rennes-Le-Château ou l'histoire d'un grand secret

 

Pour beaucoup l'église Saint Sulpice de Paris est devenue médiatiquement célèbre grâce à l'auteur Dan Brown et à son Best Seller DA VINCI CODE. Selon le public, elle serait soit le symbole d'un ordre secret et mystérieux, soit une simple église que l'écrivain aurait exagérément utilisée pour le bien de son scénario et ceci jusqu'à énoncer des erreurs historiques. Mais j'avais oublié,  le DA VINCI CODE n'est qu'un roman ...

Tout ceci a finalement nui à la beauté historique, artistique et architecturale du monument, le public n'y voyant maintenant qu'un formidable montage publicitaire au service du roman le plus vendu au monde.

Pourtant l'église Saint Sulpice mérite bien autre chose. Car les chercheurs de Rennes-Le-Château le savent bien. L'église Saint Sulpice est depuis fort longtemps liée au secret du Razès pour de multiples raisons et des liens forts existent.

 

L'analyse de l'église Saint Sulpice est composée de 3 volets :

   Son histoire

   Son lien avec Rennes-Le-Château

   Ses curiosités

 


Le Titulus Crucix de Signol

 

Avant propos

 

Après avoir abordé dans le thème précédent les différents liens que l'on peut mettre en évidence entre l'église Saint Sulpice et Rennes-Le-Château, il reste a examiner quelques curiosités qui contribuent certainement à la complexité du mystère.

Le Serpent Rouge facilite heureusement la lecture puisqu'il fournit un fil d'Ariane relativement clair. Et même si certaines allégories évoquées sont difficiles à traduire et à comprendre, il évite que le chercheur se perde sur des pistes ésotériques inextricables. Mais la difficulté lorsque l'on aborde Saint Sulpice vient aussi du fait que l'observation de certains détails engendre de nouvelles questions qui ne cadrent pas avec l'histoire classique Boudet / Saunière.

L'église Saint Sulpice, pour ceux qui l'on étudiée en détail, fascine. La multitude des artistes qui se sont succédés et qui ont laissés leurs traces, explique sans doute ce sentiment de désordre ordonné. Car Saint Sulpice est déconcertante pour cela. Derrière ce mélange artistique et baroque qui s'est construit durant des siècles, se cache une logique secrète, un ordre implacable pour qui sait le décoder.
Signol et Delacroix sont en tout cas les 2 plus beaux exemples, car ils ont su réveiller notre curiosité 130 ans plus tard, en donnant au lieu ce caractère si mystérieux.

A t-on utilisé l'église de Saint Sulpice pour coder le Serpent Rouge ? C'est maintenant pratiquement sûr. A t-on utilisé les peintures de Delacroix et Signol pour exprimer un lien avec Rennes-Le-Château ? Sans aucun doute.

Mais alors,

   Signol et Delacroix auraient peints leurs oeuvres dans les chapelles respectives 18, 6, 1 par pur hasard ?

   Signol aurait peint autour du méridien de midi sur les 4 murs des transepts, uniquement pour mettre en valeur son projet ? Il aurait aussi signé 2 fresques avec un N inversé sans arrière pensée ?

   Delacroix aurait choisi les 3 scènes de la chapelle des Saints Anges uniquement pour leur beauté allégorique ?

Même si des liens entre Rennes-Le-Château et Saint Sulpice sont clairement établis et même si nous commençons à comprendre le Serpent Rouge aujourd'hui,  il reste néanmoins des interrogations qu'il faut accepter et pour lesquelles nous n'avons pas de réponse. Leur rattachement direct à l'histoire de Rennes-Le-Château est certainement plus difficile et plus obscur, mais on ne peut les ignorer.

Fidèle à mes convictions, je reste persuadé qu'il faut conserver une vision très large de l'affaire pour espérer se repérer dans ce labyrinthe rhédasien et pour en déduire des thèses solides.

 

Le Gnomon de Saint Sulpice

 

Qu'est-ce qu'un Gnomon ?

Ce que l'on appelle Gnomon, du grec gnômôn «connaître ou indiquer», est un instrument d'astronomie conçu pour suivre les variations de la hauteur du soleil à midi. Un gnomon est l'expression la plus simple d'un cadran solaire. Un bâton planté verticalement dans le sol ou tout simplement le corps d'un homme peut servir de gnomon et le procédé est connu depuis l'antiquité.

L'heure se détermine soit en fonction de la longueur de l'ombre, soit en fonction de son orientation. Les chinois l'on sans doute utilisé 2 400 ans avant notre ère, de même que les Incas, les Aztèques et les Babyloniens qui l'aurait fait connaître aux Grecs. Les Égyptiens utilisèrent leurs obélisques.
Vers 400 av. J.C., le gnomon se perfectionne. On lui ajoute à la base un socle creux puis plat et horizontal, ce qui donnera le cadran solaire connu aujourd'hui.

 

 

Au cours d'une journée, l'ombre pivote autour de la base du gnomon en fonction de la course du soleil. Ceci permet de repérer les instants clés du jour, comme par exemple le zénith, correspondant au midi solaire.

A cet instant, l’ombre est la plus courte et se situe dans le prolongement du méridien.

 

Au IIIe siècle av JC, Ératosthène parvint même à calculer le diamètre de la Terre à partir de 2 obélisques situés, l’un à Alexandrie, l’autre à Syène, avec une précision qui laisse ébahis les astronomes d’aujourd’hui. Au IIe siècle, Ptolémée calcula la dimension approximative du globe terrestre. Mais le gnomon est compliqué à utiliser : la longueur et la position de son ombre varie de manière complexe selon les saisons, rendant les calculs approximatifs. C'est pourquoi les cadrans solaires seront de plus en plus sophistiqués.

Plus un gnomon est important, plus il est précis, mais plus il lui faut de l'espace. Le gnomon peut alors, s'il est bien conçu, mesurer non seulement la journée mais aussi repérer les solstices, les saisons, et décrire l’année avec une précision inouïe. Un exemple est Le gnomon d'Auguste à Rome qui occupe la place de Montecitorio, près de l'église San Lorenzo in Lucina, là où se trouve le tombeau de Poussin...

 

Il est toujours fascinant de mettre en application un beau modèle physique :

Pour voir l'animation d'un Gnomon
(L'animation nécessite d'utiliser un navigateur compatible Java 1.1 ou plus)


Ancien gnomon (1661)

 

Le Gnomon de Saint Sulpice

 

La particularité du gnomon de Saint Sulpice est que son fonctionnement diffère du simple bâton faisant une ombre. Celui-ci est un instrument astronomique qui mesure la hauteur du soleil à midi en projetant sur le sol puis sur un obélisque, l'image du soleil.

 

Le gnomon fut construit, à la demande de Jean-Baptiste Languet de Gergy (1675-1750), curé de Saint-Sulpice à partir de 1737. Son objectif était de déterminer l'équinoxe de mars et ainsi, la date exacte de Pâques.

 

En effet, cette fête chrétienne qui commémore la résurrection du Christ, doit être célébrée le dimanche suivant la première pleine lune, après l'équinoxe de printemps, entre le 22 mars et le 25 avril.


Le gnomon de Saint Sulpice

 

Languet de Cergy chargea alors le célèbre horloger anglais Henri de Sully de construire ce gnomon, mais ce dernier mourut le 13 octobre 1728 alors qu'il venait juste de commencer le projet. Les travaux reprirent avec Claude Langlois en 1744, ingénieur aux galeries du Louvre, sous la direction de l'académicien Pierre-Charles Lemonier (1715-1799).

Mais le gnomon eut aussi un autre enjeu pour les scientifiques, car il devait permettre d'étudier avec précision les mouvements de rotation de la Terre. C'est ainsi que la famille Cassini, la célèbre dynastie d'astronomes qui dirigèrent successivement l'Observatoire de Paris aux XVIIe et XVIIIe siècles, découvrirent que l'obliquité de l'axe de la Terre diminue de 45 secondes d'angle par siècle. Les mesures actuelles diffèrent seulement d'une seconde et quelques centièmes (46 sec 85 centièmes).

Le gnomon de Saint-Sulpice est constitué de 3 éléments :

   L'obélisque en marbre blanc, haut de plus de 10m et situé dans le
      transept gauche (nord)

   Une ligne en laiton qui rejoint les 2 transepts selon une direction
      sud nord et qui se prolonge sur l'obélisque

   La lunette, découpée dans le vitrail situé dans le transept droit (sud)

 

L'obélisque

L'obélisque construit en 1773 est constitué d'un bloc de marbre blanc, haut de 10,72m et surmonté d'une sphère dorée et d'une croix.

Il est traversé en son milieu par une ligne de laiton qui se prologue sur le sol en direction nord-sud, marquant ainsi le méridien de midi

Le 21 décembre, au solstice d'hiver, quand le soleil est le plus bas, il reçoit l'image du soleil et marque à l'endroit où une ligne est gravée sur le marbre, l'équinoxe du printemps et le jour de Pâques.

 

La ligne de laiton

Faussement appelée "Ligne de cuivre", c'est en fait une baguette de laiton incrustée dans le sol. Elle rejoint l'obélisque du côté nord et une plaque de marbre du côté sud.

La ligne est très précisément orientée nord-sud. Elle symbolise le méridien de midi. Elle est aussi l'ancien méridien de Paris.

Curieusement la ligne traverse une partie du choeur et passe derrière la balustrade de bronze doré. C'est ainsi que cette balustrade qui marque l'entrée du choeur, fut sauvée à la Révolution grâce à ce méridien.


Le méridien et le gnomon au fond

 


La ligne de laiton coupe le choeur


La ligne de laiton symbole du méridien de midi

 

La lunette dans le vitrail

A Saint Sulpice, le gnomon n'est pas basé sur le principe d'un bâton créant une ombre, mais sur un orifice laissant passer le soleil.

La lumière solaire traverse donc une minuscule ouverture située à 25 mètres au-dessus du sol. Jadis cette ouverture était équipée d'une lentille à peine visible sur le bord droit de la baie.

Sur le côté du vitrail situé sur le transept sud, un minuscule trou est à peine visible.

Malheureusement, la lentille qui le garnissait n'existe plus aujourd'hui, ce qui explique que le gnomon est maintenant hors d'usage.


L'orifice (à droite) servant
de gnomon

 

Le principe

Chaque jour, les rayons du soleil traversent le gnomon sur le transept sud et la lentille projette une image du soleil sur le sol. A midi vrai ce disque lumineux franchi, d'Ouest en Est, la ligne de laiton en un point qui se déplace tout au long de l'année.

 


Le gnomon, son principe

 

Au solstice d'hiver, le 21 décembre, quand le soleil est à son point le plus bas, un pâle rayon passe à midi vrai (midi solaire) par l'orifice du transept sud et atteint l'obélisque à l'endroit marqué par une ligne gravée dans le marbre.

Au solstice d'été, le 21 juin, lorsque le soleil est à son zénith, le rayon frappe une plaque de marbre placée au sol du croisillon sud.

Enfin, lors des équinoxes du 21 mars et du 21 septembre, la lumière passe sur une plaque de cuivre ovale, située derrière la porte qui ouvre sur la balustrade du choeur.

 

Ci-contre, la plaque circulaire derrière le portillon du choeur et le méridien

 

Le mystère de son inscription

Ceux qui on eut l'occasion de visiter ce gnomon ont certainement remarqué les inscriptions gravées sur l'obélisque.

 

Mais il est très facile de voir que certaines parties des textes ont été censurées.

Ils ont en fait été supprimés au burin à la Révolution Française en 1789, jugeant certainement leur propos trop royalistes. On y trouvait notamment des références à Dieu, au Roi, et aux ministres.

L'inscription fournit les motivations de Languet de Cergy, désireux de connaître exactement les équinoxes et de fixer ainsi la date de Pâques.

 

Mais lorsque l'on observe la version officielle et complète de ces inscriptions, on s'aperçoit que 2 symboles au centre ont aussi été mutilés.

 

 

 

Le symbole de gauche est le signe du Scorpion inscrit dans un cercle. Le Scorpion domine le ciel du 22 Octobre au 21 Novembre. Il représente la malice et la fourberie. Le symbole de droite est plus complexe. On y voit le signe des Poissons dans un hexagone et un croissant de lune. Le poisson domine le ciel du 22 février au 22 mars. Vers le haut du gnomon, le Capricorne est représenté en forme d'alpha, symbolisant le solstice d'hiver.
Incontestablement, on a voulu effacer ces représentations, mais pourquoi ?

Cette reproduction est supposée officielle, mais dans son livre "Le trésor des Templiers" Jean-Luc Chaumeil nous donne une autre version datant de 1752 encore plus troublante, puisqu'elle fait apparaître un PI dans un cercle à gauche et un dessin qui rappelle celui de la pierre de Coume Sourde à droite...

Tout ceci n'est pas sans rappeler également la phrase que l'on peut lire sur la pierre de Coume Sourde : "In Medio Linea Ubi M Secat Linea Parva"
(Au milieu la ligne où M coupe la ligne plus petite). M serait dans ce cas le méridien

 

Autre fait curieux, l'inscription du gnomon est retrouvée dans les feuillets associés au Serpent Rouge par Plantard et retrouvés dans les dossiers secrets.

L'observation des 2 symboles effacés aujourd'hui, montre bien le signe du scorpion et celui des poissons, confirmant ainsi la version officielle...


Extrait du Serpent Rouge (version Plantard)

 

L'église est célèbre pour son Gnomon

L'église de Saint-Sulpice est mondialement connue pour son gnomon, ce curieux cadran solaire annuel qui fait évoluer un rayon de soleil le long d'une bande de laiton insérée dans le sol. Le gnomon fut utilisé jusqu'en 1672 comme méridien de référence pour mesurer le temps.

Mais Saint Sulpice n'est pas le seul monument de Paris où l'on trouve un méridien. D'autres existent au Moulin de la Galette Place Pigalle, à la Comédie Française, au Palais Royal, au Bureau des Longitudes, à l'Hôtel des Monnaies, au Jardin du Luxembourg, à l'Observatoire de Paris, au Parc Montsouris, et à l'observatoire météorologique.

L'obélisque de Saint-Sulpice est l'un des 3 instruments astronomiques de Paris permettant de connaître le midi solaire, les 2 autres étant la pyramide de l'hôtel des Monnaies et le petit canon installé dans le jardin du Palais-Royal.
Celui-ci se trouve sur la pelouse centrale, dans l'alignement du méridien de Paris. De 1786 à 1914, de mai à octobre, il tonnait à midi juste. Un système de loupe, sur laquelle venait taper le soleil à l'heure H, permettait de mettre le feu à la mèche. La tradition est à nouveau respectée depuis quelques années mais c'est un gardien qui actionne la mise à feu.

Enfin il faut signaler que le 17 janvier 2003, entre 12h50 et 13h10, à midi vrai, 6 à 7 cercles de lumière vinrent frapper le gnomon de l'église Saint-Sulpice et sont descendus le long du fil de laiton du Méridien...

 

Du Méridien à la Ligne Rose

 

Le méridien de midi officiel

Pour des raisons mystérieuses et indéfinissables, le méridien a toujours fasciné les hommes, sans doute  parce qu'il représente un instant divin où le soleil est au zénith.

A ce moment très particulier de la journée, l'astre est à mi chemin entre le matin et le soir, entre l'est et l'ouest, entre le levant et le couchant.


L'observatoire de Paris

 

L'ancien méridien de Paris officiel futdéfini en 1667 par le plan médian de l'Observatoire de Paris, construit sous le règne de Louis XIV par l'architecte Claude Perrault. Il est matérialisé par une règle de laiton insérée dans le marbre. Sa prolongation se fait par la mire Nord, proche du Moulin de la Galette, à Montmartre, plantée par l'abbé Jean Picard (1620 -1682) astronome et géodésien, en 1675 ; et par la mire Sud, située dans le parc Montsouris, construite en 1806 sous l'Empire.

Le méridien de Paris passe donc par le centre de l' Observatoire de Paris et il est situé à 2° 20' 14.025" à l'Est de celui de Greenwich . Il est aussi connu sous le nom de Méridienne de France ou Méridienne verte (tracée de Dunkerque à Perpignan)C'est jusqu'en 1884 que ce méridien est l'origine pour la France, c'est-à-dire le point 0 par rapport auquel on compte les degrés de longitude.

Mais la nécessité d'avoir une référence horaire mondiale obligea les scientifiques à établir une nouvelle référence adoptée par tous. Lors de la Conférence Internationale de Washington en 1884, le méridien de Greenwich fut adopté. L'heure GMT était née (Greenwich Mondial Time)

 

Les médailles ARAGO

Entre 1989 et 1994, la France commanda à l'artiste sculpteur néerlandais Jan Dibbets la réalisation de 135 médaillons de bronze, incrustés dans les trottoirs de la ville de Paris, sur le tracé de l'ancien méridien de Paris.

Ces médaillons sont marqués du nom d'Arago et les lettres N et S indiquent le nord et le sud dans l'axe du méridien.

Ces médaillons sont devenus célèbres au travers du "Da Vinci Code" car ils permettent au héros Robert Langdon de découvrir l'ancien axe sacré...


L'une des rares médailles ARAGO

 

La ligne des médaillons s'étend entre les 2 mires Nord et Sud. Le nom ARAGO rend hommage au savant François Arago (1786-1853), chargé en 1806 de prolonger le méridien jusqu'aux îles Baléares.

Malheureusement, la plupart des médaillons ont aujourd'hui disparu, autre conséquence de la folie des fans du Da Vinci Code !

 

Les méridiens de Saint Sulpice et de Paris

Curieusement, le méridien du gnomon de Saint Sulpice ne coïncide pas avec le méridien de Paris. Car ce dernier, officiellement instauré par Louis XIV en 1667 est distant de quelques centaines de mètres de celui de Saint Sulpice.

Hormis le fait qu'un gnomon destiné à fournir la date exacte de Pâques a plus de raison d'être dans une église que dans un observatoire, on peut se poser la question suivante : Pourquoi les scientifiques comme Les Cassini ont-ils préférés travailler sur ce méridien officieux plutôt que sur le méridien officiel de l'observatoire ? Une réponse possible est que le méridien de l'observatoire servait de référence géographique pour les longitudes, alors que le méridien de Saint Sulpice était utilisé comme référence du temps. Le gnomon servira d'ailleurs de référence jusqu'en 1884

Quoiqu'il en soit, cet écart avec la ligne officielle ne fit que renforcer la légende entre les 2 méridiens, l'un officiel et l'autre officieux, voire ésotérique et que l'on nomma la ligne rose ou Rose Line, sans doute à cause du reflet cuivré du laiton au soleil.
Faut-il rappeler que cette méridienne qui traverse le Roussillon,  région chère à nos prêtres du Razès, vient de "Sillon Roux" ou "ligne rouge"

 

La méridienne Saint Sulpicienne de Lemonnier n'est pas la première qui a été tracée dans cette église. En 1727 l'horloger Henri de Sully avait entrepris d'en mesurer une autre, mais il mourut en 1728 et ne put la terminer.

Aujourd'hui il reste une trace de cet essai près de la porte sud.


Un premier essai de méridienne

 

Le méridien et le Serpent Rouge

Le méridien de Midi est une pièce fondamentale dans le puzzle de Rennes-Le-Château. Il serait ridicule de le nier. Pour s'en convaincre il suffit de lire le Serpent Rouge à la strophe 5 :

   Rassembler les pierres éparses, oeuvrer de l'équerre et du compas pour les remettre en ordre régulier, chercher la ligne du méridien en allant de l'Orient à l'Occident, puis regardant du Midi au Nord, enfin en tous sens pour obtenir la solution cherchée, faisant station devant les quatorze pierres marquées d'une croix. Le cercle étant l'anneau et couronne, et lui le diadème de cette REINE du Castel

Où à la strophe 9 :

   Commencé dans les ténèbres, mon voyage ne pouvait s'achever qu'en Lumière. A la fenêtre de la maison ruinée, je contemplais à travers les arbres dépouillés par l'automne le sommet de la montagne. La croix de crète se détachait sous le soleil du midi, elle était la quatorzième et la plus grande de toutes avec ses 35 centimètres! Me voici donc à mon tour cavalier sur le coursier divin chevauchant l'abîme.

Mais aussi à la strophe 10 :

   Vision céleste pour celui qui me souvient des quatre oeuvres de Em. SIGNOL autour de la ligne du Méridien, au choeur même du sanctuaire d'où rayonne cette source d'amour des uns pour les autres, je pivote sur moi-même passant du regard la rose du P à celle de l'S, puis de l'S au P...

 

Le méridien et le Prieuré de Sion

Pierre Plantard, dans son élaboration du  Prieuré de Sion moderne, utilisa largement cette dénomination de "Ligne Rose". On la retrouve d'ailleurs dans les dossiers secrets. Est-ce aussi pour relier ce méridien avec le mystère de Sainte Roseline et donc avec le fameux 17 janvier ?

Hasard ou non, sous la chapelle des Saints Anges décorée par Delacroix, se trouvait une autre chapelle souterraine dite du "Rosaire" et où était vénérée autrefois une sainte Roseline (abbé Satoret "sur les pas de sainte Roseline dans Paris"  1803)

A présent on y vénère une autre statue, celle de ND du Bon Chemin...

 

Les mystères de Signol

 

Alors que les allégories de Delacroix sont relativement interprétables, celles de Signol sont hermétiques. Et pourtant les 2 oeuvres sont liées non seulement par la fameuse date 1861 mais aussi grâce au Serpent Rouge...

Émile Signol naquit en 1804 et mourut en 1892 à Montmorency. Il obtint le Prix de Rome en 1830 et devint académicien en 1860.

Rigoureux dans son art, il se détourna constamment du romantisme et de l’impressionnisme pour se spécialiser dans la peinture religieuse.


Portrait-charge d'Emile Signol
par Nanteuil Paul-Célestin

 

Signol réalisa entre 1872 et 1879 pour l'église Saint Sulpice, 4 fresques réparties sur les 2 transepts nord et sud.

   Transept nord à gauche : "La trahison de Judas" ou "L'Épée" (1879)

   Sur le transept nord à droite : "La mort" (1872)

   Sur le transept sud à gauche : "La résurrection" (1876)

   Sur le transept sud à droite : "Ascension" (1876)

Une coïncidence de plus dans ce mystère : SIGNOL à  l'envers donne LONGIS, qui est le nom du centurion romain qui transperça Jésus sur son flanc droit à l'aide de sa lance. Nous allons voir d'ailleurs que si Saunière et Boudet se sont amusé à ce jeu des inversions, Signol a aussi largement utilisé ce principe.

Voici donc la description des fresques dans l'ordre de la passion :

 

La fresque "La Trahison de Judas"

Toutes les fresques sont de très grande taille (environ 10m sur 5m), ce qui ajoute à la dimension spirituel du lieu. Cette première scène célèbre est celle de Judas trahissant Jésus dans le jardins des oliviers. 

 


La trahison de Judas - Signol (1879)

 


La signature de Signol et le N inversé

 

La scène porte d'ailleurs un autre nom qui la lie très solidement à Rennes-Le-Château, aux parchemins et à la stèle de la Marquise de Blanchefort : "L'Épée"
Pourquoi ?
Tout simplement parce qu'elle illustre les mots clés "
MORTE ÉPÉE",
indispensables pour décrypter le grand parchemin et que l'on retrouve aussi dissimulé sur la stèle de Blanchefort.

On aperçoit au premier plan et à droite du tableau, Saint Pierre tirant son épée. Devant le Christ, Saint Jean est à genoux. En haut sur des nuages, Jérémie, Habacuc et Michée.

Mais le plus troublant est la signature de Signol que l'on peut distinguer en bas à droite : EM. SIGИOL 1879  orné d'un N inversé

 

La trahison de Judas
Judas
espérait qu'après avoir conduit les gardes à Gethsémani, il pourrait simplement désigner Jésus aux soldats ou tout au plus exécuter la promesse de le saluer par un baiser, puis partir. Judas craignait beaucoup que les apôtres présents concentrent leur attaque sur lui pour le punir d'avoir osé trahir leur instructeur bien-aimé. Mais, lorsque Jésus l'accueillit comme un traître, il fut tellement confus qu'il ne pensa plus à s'enfuir.
Avant que
le traître ait pu le joindre, Jésus fit quelques pas et interpella le capitaine des Romains, en lui disant : “Qui cherches-tu ? ” Le capitaine répondit : “Jésus de Nazareth”. Alors, Jésus se planta devant l'officier et lui dit : “C'est moi. ” Beaucoup de membres de la garde armée avaient entendu Jésus enseigner dans le temple, et d'autres avaient entendu parler de ses oeuvres puissantes. Lorsqu'il déclara son identité, les soldats reculèrent soudainement. Ils furent saisis de surprise devant son calme. Judas n'avait donc aucun besoin de poursuivre son plan de trahison.
Tandis que les apôtres et les disciples se rapprochaient,
Judas s'avança vers Jésus , déposa un baiser sur son front et dit : “Salut, Maître et Instructeur. ” Au moment où Judas embrassa son Maître, Jésus lui dit : “Ami, ne suffit-il pas de faire cela ! Veux-tu encore trahir le Fils de l'Homme par un baiser ? ”
Les apôtres abasourdis ne firent aucun geste. Puis
Jésus , se dégageant de Judas, s'avança vers les gardes et demanda de nouveau : “Qui cherchez-vous ? ” Le capitaine répéta : “ Jésus de Nazareth. ” Et Jésus répondit encore une fois : “Je t'ai dit que c'est moi. Si donc c'est moi que tu cherches, laisse les autres aller leur chemin. Je suis prêt à te suivre. ”
Jésus était prêt à retourner à Jérusalem avec les gardes mais un certain Malchus, un Syrien garde de corps du grand prêtre, s'avança vers Jésus et commença à lui lier les mains derrière le dos. Lorsque Pierre vit leur Maître soumis à cette indignité, il fut incapable de se contenir plus longtemps. Pierre tira son épée et se précipita avec les autres pour frapper Malchus. Mais, avant que les soldats n'aient pu accourir à la défense du serviteur du grand prêtre, Jésus leva la main vers Pierre en un geste d'interdiction et lui parla sévèrement : “Pierre, rengaine ton épée. Quiconque tire l'épée périra par l'épée. Ne comprends-tu pas que c'est la volonté du Père que je boive cette coupe ?
Le capitaine des gardes, avec l'aide de ses soldats, lia alors rapidement Jésus. Tandis qu'ils lui attachaient les mains avec de fortes cordes, Jésus leur dit : “ Pourquoi sortez-vous contre moi avec des épées et des bâtons comme pour saisir un voleur ? J'étais tous les jours dans le temple avec vous, enseignant publiquement le peuple, et vous n'avez fait aucun effort pour m'appréhender. ”

 

La fresque "La Mort"

Dans le même transept nord et en face, on peut contempler la scène de la crucifixion. 2 romains jouent aux dés les 2 robes, rouge et bleue de Jésus.

 


La signature de Émile Signol avec un N normal contraste avec ses 2 autres signatures

 

Le Titulus Crucis de Signol

Si la signature est normale, un détail sur cette fresque l'est beaucoup moins.  Émile Signol semble insister sur l'inversion. Comme s'il fallait attirer notre attention sur ce procédé : la pancarte sur la croix (Titulus Crucis) est écrite dans 3 langues et les écritures sont totalement inversées !

Le peintre nous souffle un mode opératoire ou une pensée allégorique basée sur l'inversion. Mais pour dire quoi ?

 


Le Titulus crucis peint par Signol

 

Pour obtenir le texte dans le sens normal il faut réaliser une symétrie par rapport à un axe vertical, procédé pour inverser une image selon un miroir.
On pourrait donc interpréter ce message d'Émile Signol par : Le Christ que vous voyez sur la croix est le reflet d'un miroir. Idée lourde de conséquence...

 


Le Titulus crucis peint par Signol

 

Dit autrement, le Christ que vous voyez sur la croix n'est qu'un reflet ou plus exactement un double inversé. Ce n'est pas la première fois que l'on a affaire à cette suggestion. Rappelons nous du Christ à la sortie de Rennes-Les-Bains avec le coup de lance sur le flanc gauche et non le droit ...

 


Le reflet peint par Signol


L'image inversée

 

Le mystère du Titulus Crucis

L'écriture inversée sur le Titulus Crucis n'est pas en réalité une création de Émile Signol. Cette représentation est en fait inspirée d'une relique se trouvant à Rome et que le peintre a peut-être aperçu lors de l'un de ses voyages en 1830 .

La relique se trouve actuellement dans l'église Sainte Croix de Jérusalem à Rome et elle est constituée d'une tablette de bois de noix de 15cm sur 25 cm.

 

C'est entre 1484 et 1493 que le cardinal Mendoza décida la restauration du choeur et du plafond de cette église. Or le 10 février 1492, la même année que Christophe Colomb découvrit l'Amérique, alors que les ouvriers travaillaient au sommet de l'arc de triomphe, ils découvrirent une plaque de terre cuite avec l'inscription TITULUS CRUCIS. Derrière cette plaque était dissimulée une niche contenant une boîte de plomb. A l'intérieur se trouvait une tablette de bois fortement abîmée et sur laquelle on peut lire quelques lettres en hébreu, en grec, et en latin. De plus une particularité inhabituelle est que toutes ces lettres sont inversées.  


La plaque de terre cuite

 


Le Titulus Crucis tel qu'il a été découvert dans sa boîte de plomb

 


Les lettres visibles sur le Titulus Crucis

 

C'est certainement Lucius II en 1144 (Gérard Caccianemici dal Orso (mort en 1145) Cardinal de Sainte-Croix de Jérusalem, puis Pape en 1144) qui fit placé le Titulus Crucis dans cette niche. En effet il fut le commanditaire du transept de l'église dont une partie est l'arc de triomphe. De plus la boîte était scellée par 3 cachets datant de l'époque où il était cardinal dans cette église. On peut donc penser que le Titulus Crucis était déjà présent dans ce lieu et que le cardinal décida simplement de le protéger en le cachant dans un endroit discret.   


Lucius II
166e pape de 1144-1145

 

Le Titulus Crucis, vraie ou fausse relique ?

Les évangiles racontent que ce fut Ponce Pilate qui composa lui-même le texte et qu'il fit poser l'inscription sur la croix.  Le texte fut écrit en 3 langues : hébreu, grec, et latin et on pouvait lire ceci : JÉSUS LE NAZARÉEN, LE ROI DES JUIFS

L'un des prêtres juifs répondit qu'il fallait mieux écrire "Je suis le roi des Juifs" car c'est ainsi que Jésus se définissait. Ponce Pilate répondit : "Ce que j'ai écrit, j'ai écrit"

Le texte donne donc (dans le sens normal) :

 

En Hébreu ישו הנוצרי מלך מיהודים
En Grec Ιησους ο Ναζωραιος ο βασιλευς των Ιουδαιων
En Latin IESVS  NAZARENVS  REX  IVDEORVM

 


Le Titulus Crucis peint par Émile Signol inversé

 

C'est ainsi qu'en associant ce texte avec le morceau du Titulus Crucis on a pu reconstituer la tablette entière, mais en inversant l'écriture. Une explication de cette inversion pourrait être que le Titulus fut écrit par un hébreu. Ayant l'habitude d'écrire de droite à gauche, il aurait tout simplement inversé le sens d'écriture du grec et du latin. Curieuse gravure tout de même, car il poussa l'exercice jusqu'à inverser également les lettres ! Il serait en tout cas intéressant de trouver d'autres exemples équivalents dans l'histoire.

La tablette précieuse a été expertisée par une équipe scientifique et selon 2 experts (Prof. Thiede et Prof. Roll), son authenticité ne peut être discutée. Mais en 2002, l'université d'Arizona procéda à un essai de datation au carbone 14 et le test donna entre 980 and 1146 ap JC, alors qu'une datation précédente avait donnée l'an 1 après JC. Ces contradictions rappellent évidemment les difficultés de datation du Saint Suaire qui aujourd'hui n'a toujours pas de date confirmée scientifiquement.

Si l'authenticité de la tablette est reconnue nous avons là peut-être les plus anciens N inversés liés à Rennes-Le-Château... et pas seulement les N...

 


Le Titulus Crucis peint par Émile Signol