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L'église Saint Sulpice de Paris
et Rennes-Le-Château

Rennes-Le-Château ou l'histoire d'un grand secret

 

Pour beaucoup l'église Saint Sulpice de Paris est devenue médiatiquement célèbre grâce à l'auteur Dan Brown et à son Best Seller DA VINCI CODE. Selon le public elle serait, soit le symbole d'un ordre secret et mystérieux, soit une simple église que l'écrivain aurait exagérément utilisée pour le bien de son scénario et ceci jusqu'à énoncer des erreurs historiques. Mais j'avais oublié,  le DA VINCI CODE n'est qu'un roman ...

Tout ceci a finalement nui à la beauté historique, artistique et architecturale du monument, le public n'y voyant maintenant qu'un formidable montage publicitaire au service du roman le plus vendu au monde. 

 

Pourtant l'église Saint Sulpice mérite bien autre chose. Car les chercheurs de Rennes-Le-Château le savent bien. L'église Saint Sulpice est depuis fort longtemps, liée au secret du Razès pour de multiples raisons et des liens forts existent.

L'analyse de l'église Saint Sulpice est composée de 3 volets :

 

   Son histoire

   Son lien avec Rennes-Le-Château

   Ses curiosités

 

Les liens avec Rennes-Le-Château

 

 

Lorsque le chercheur débutant commence à étudier Rennes-Le-Château, sa première analyse est bien sûr l'étude de la vie de Bérenger Saunière et de ses mystères. Ce n'est que bien plus tard que sa quête le conduira à l'église Saint Sulpice au travers du Serpent Rouge. Cette démarche est toutefois déroutante pour beaucoup car, comment expliquer et justifier un lien logique et important entre un petit village de l'Aude et une église parisienne mondialement connue comme Saint Sulpice ?

Le défi a très certainement gêné de nombreux chercheurs car les réponses sont loin d'être évidentes. Mais d'où vient cette difficulté d'analyse? On peut aujourd'hui dresser 5 raisons à cela :


Devant la chapelle de la Vierge

 

   La distance géographique entre Rennes-Le-Château et l'église Saint Sulpice a écarté naturellement cette dernière pendant très longtemps des chercheurs audois.

   L'hermétisme du Serpent Rouge a toujours classé cet opuscule dans la rubrique "ésotérisme", empêchant du même coup une analyse historique plus complète.

   Gérard de Sède a fait monté Bérenger Saunière à Paris pour visiter le Louvre et Saint Sulpice. Non seulement on a retrouvé aucune trace du passage de Saunière à Paris, mais il est très difficile de comprendre pourquoi et par quel lien notre fameux curé termine sa quête à Saint Sulpice...

  La période Plantard / Cherisey et les dossiers secrets ont ajouté une histoire à l'histoire dont le résultat est un réel labyrinthe ésotérico-historique

   Le récent succès du roman Da Vinci Code a  fini par répandre un rideau de fumée ou le public a finalement perdu tous ses repères. Les symboles et les références se mélangent entre vérité et fiction.

 

Et pourtant des liens forts existent, directs ou non. Certains sont clairs comme ceux du Serpent Rouge, d'autres sont allégoriques ou de l'ordre de la coïncidence, mais on ne peut les éluder. Voici les plus connus :

 

Le Serpent Rouge L'église Saint Sulpice y est citée clairement
Le 17 janvier L'église est dédiée à Saint Sulpice mort le 17 janvier 647
Le Prieuré de Sion Plantard s'est servi très largement de l'église Saint Sulpice pour justifier les fondements de son récent Prieuré de Sion et de ses racines mérovingiennes.
Origine mérovingienne L'église Saint Sulpice trouve ses racines à l'époque des mérovingiens
1645-1646 Coïncidence 1646 est une année clé pour l'église Saint Sulpice puisqu'elle est la date de début de sa reconstruction par Olier. C'est aussi un an après la date de la découverte d'un trésor par le berger Paris en 1645... Coïncidence ? 
Olier et Saint Vincent de Paul Olier fut élève de Saint Vincent de Paul. On retrouve se dernier à Notre Dame de Marceille
Olier et Nicolas Pavillon Olier et Nicolas Pavillon ont oeuvré ensemble pour la compagnie du Saint Sacrement. Nicolas Pavillon était aussi évêque d'Alet-les-bains proche de Rennes-Le-Château.
Le méridien de midi Un gnomon est installé sur l'ancien méridien de midi et sur lequel se trouve le Tombeau des Pontils
Les fresques de Signol Célèbre pour ses fresques au N inversé, Signol est cité dans le Serpent Rouge
Les fresques de Delacroix Les peintures de Delacroix sont intimement liées à Rennes-Le-Château. Il est aussi cité dans le Serpent rouge
Style corinthien Le style corinthien de Saint Sulpice est retrouvé dans la fresque de Saunière
Style Saint sulpicien On retrouve le style Saint sulpicien dans l'environnement de Bérenger Saunière

 

Allons plus loin...

 

Le Serpent Rouge

 

Le lien le plus clairement exprimé entre Rennes-Le-Château et l'église Saint Sulpice nous est donné par ce mystérieux opuscule "Le Serpent Rouge" composé de 13 strophes relativement hermétiques pour un non initié. L'exactitude de ce document n'est plus à mettre en doute. Nous savons aujourd'hui qu'il était une pièce authentique d'un dossier que Pierre Plantard utilisa largement pour satisfaire ses ambitions personnelles et mégalomaniaques et qu'il l'habilla de plusieurs autres feuillets.

 

Ce poème décrit un voyage à la première personne dans lequel le personnage central évolue d'allégorie en allégorie pour culminer un fameux 17 janvier, fête de Saint Sulpice.

 

C'est ainsi que l'on peut lire à la strophe 8 :

 

      J'étais comme les bergers du célèbre peintre POUSSIN, perplexe devant l'énigme :  "ET IN ARCADIA EGO..."! La voix du sang allait-elle me rendre l'image d'un passé ancestral. Oui, l'éclair du génie traversa ma pensée. Je revoyais, je comprenais ! Je savais maintenant ce secret fabuleux. Et merveille, lors des sauts des quatre cavaliers, les sabots d'un cheval avaient laissé quatre empreintes sur la pierre, voilà le signe que DELACROIX avait donné dans l'un des trois tableaux de la chapelle des Anges. Voilà la septième sentence qu'une main avait tracée : RETIRE MOI DE LA BOUE, QUE JE N'Y RESTE PAS ENFONCE. Deux fois IS, embaumeuse et embaumée, vase miracle de l'éternelle Dame Blanche des Légendes.

 

L'allusion à Saint Sulpice est ici très claire. Il s'agit bien sûr de la fameuse fresque de Eugène Delacroix peinte en 1861 dans la chapelle des Saint Anges. L'entrée de cette chapelle est dédiée à la station VII où on peut lire "Retire moi de la boue que je n'y reste pas enfoncé". Il s'agit en fait d'une citation biblique extraite du Psaume 69, (Ps 69 (68) ; 15)

A noter qu'un détail ici m'interpella lors de mon enquête :
La sentence "JÉSUS ÉPUISÉ RETOMBE" contient un anagramme :

JÉSUS   SUBI   MORTE   ÉPÉE

Cet anagramme que je livre ici fait ressortir les mots clé "MORTE ÉPÉE" utilisé pour décoder le grand parchemin...

 


Héliodore chassé du Temple
par Delacroix (1861)


La station VII à la chapelle des Saints Anges - Retire moi de la boue...

 

La fresque représente une scène mythique où Héliodore est chassé du Temple de Salomon alors qu'il voulait forcer la trésorerie. 2 anges et un cheval divin se chargent de le punir.

Les allusions continuent à la strophe 10 :

 

      Vision céleste pour celui qui me souvient des quatre oeuvres de Em. SIGNOL autour de la ligne du Méridien, au choeur même du sanctuaire d'où rayonne cette source d'amour des uns pour les autres, je pivote sur moi-même passant du regard la rose du P à celle de l'S, puis de l'S au P... et la spirale dans mon esprit devenant comme un poulpe monstrueux expulsant son encre, les ténèbres absorbent la lumière, j'ai le vertige et je porte ma main à ma bouche mordant instinctivement ma paume, peut-être comme OLIER dans son cercueil. Malédiction, je comprends la vérité, IL EST PASSE, mais lui aussi en faisant LE BIEN, ainsi que CELUI de la tombe fleurie. Mais combien ont saccagé la MAISON, ne laissant que des cadavres embaumés et nombres de métaux qu'ils n'avaient pu emporter. Quel étrange mystère recèle le nouveau temple de SALOMON édifié par les enfants de Saint VINCENT.

 

Encore une fois, l'allusion à Saint Sulpice est très claire. Les transepts nord et sud ont été peints par Emile Signol entre 1872 et 1876. Les peintures se composent de 4 fresques :

   "Résurrection" et "Ascension" sur le transept sud

   "Trahison de Judas" et "Mort de Jésus" sur le transept nord

Les transepts et donc les 4 fresques sont situés autour de la ligne de cuivre du gnomon marquant l'ancien méridien de midi.

Sur chaque transept et en hauteur, un vitrail en forme de rose présente un P entrelacé dans un S. Ces initiales qui furent traduites par Dan Brown dans le Da Vinci Code "PS" alias Prieuré de Sion, sont en fait les initiales de Saint Pierre et Saint Sulpice, patrons des lieux. Mais on peut lire aussi Saint Pierre.

 


Le méridien matérialisé
par un fil de cuivre


La rosace PS sur l'un des transepts

 

On trouve ici un bon exemple de toute la subtilité qui se dégage de la strophe 10.

 

Selon le Serpent Rouge, Olier devait être initié puisqu'il se mord instinctivement la paume, comprenant aussi la vérité.

 

Mais on peut aussi penser qu'il ne connut jamais cette vérité puisqu'il se mord la paume dans son cercueil, et donc après sa mort...

 

La piste se confirme en tout cas puisque l'on trouve un poulpe sur le bénitier droit à l'entrée de la nef.


Le bénitier droit

 

Enfin à la strophe 13, certainement pour ceux qui n'avaient pas encore compris que l'intrigue se passe à Saint Sulpice :

 

     Mon émotion fut grande,  "RETIRE MOI DE LA BOUE" disais-je, et mon réveil fut immédiat. J'ai omis de vous dire en effet que c'était un songe que j'avais fait ce 17 JANVIER, fête de Saint SULPICE. Par la suite mon trouble persistant, j'ai voulu après réflexions d'usage vous le relater un conte de PERRAULT. Voici donc Ami Lecteur, dans les pages qui suivent le résultat d'un rêve m'ayant bercé dans le monde de l'étrange à l'inconnu. A celui qui PASSE de FAIRE LE BIEN !

 

Le 17 janvier

 

Nous avons vu précédemment que le Serpent Rouge cite clairement le 17 janvier. Ceci confirme que cette date a son importance dans l'affaire. Mais le lien principal est bien sûr Saint Sulpice puisque cette église est dédiée à Saint Sulpicius, archevêque de Bourges au VIe siècle, et dont la fête se déroule le 17 janvier, jour de sa mort en l'an 647.

Cette date hautement symbolique plane tout au long de l'histoire de Rennes-Le-Château, comme par exemple sur la tombe de Jean VIE dans le petit cimetière de l'église de Rennes-Les-Bains.

 

Le Prieuré de Sion

 

Pierre Plantard s'est servi très largement de l'église Saint Sulpice pour justifier les fondements du Prieuré de Sion moderne et ses racines mérovingiennes. Nous savons aujourd'hui que ses ambitions étaient plus que douteuses puisqu'elles consistaient à installer sa descendance et lui-même dans une lignée mérovingienne afin d'espérer un quelconque pouvoir. Cette mégalomanie le conduira à manipuler des documents authentiques, pour le plus grand malheur des chercheurs, mais aussi pour le plus grand bonheur des affairistes et des vendeurs d'histoires.

 

L'aspect intéressant est que Plantard a certainement utilisé une source de document tout à fait passionnante, et dont l'analyse, aujourd'hui très parcellaire, devrait nous réserver encore beaucoup de surprises. On peut bien sûr tirer un trait sur la thèse "Plantardienne" que l'on retrouve dans les dossiers secrets. Mais ce n'est pas si simple, car pour arriver à une telle érudition et une telle précision, Plantard a certainement disposé d'une source d'information extrêmement bien fournie... En fait un certain dossier provenant de Noël Corbu...

 

Par exemple, si l'on considère que les liens entre  Rennes-Le-Château, le Serpent Rouge et l'église Saint Sulpice sont incontestables, alors il faut aussi intégrer l'histoire mérovingienne intimement liée à Saint Sulpice...

 

C'est aussi dans les dossiers secrets où l'on apprendque l'église Saint Sulpice est en réalité construite sur les vestiges d'un ancien temple païen consacré à Isis et qu'une statue de la déesse aurait été vénérée comme la Vierge Marie, jusqu'à sa destruction, en 1514.

Enfin, Dan Brown, auteur du Da Vinci Code, autre manipulateur, se servira du vitrail PS pour romancer l'existence du Prieuré de Sion 


Le PS traduit par le Da Vinci Code
"Prieuré de Sion" et qui signifie Saint Pierre

 

Les fameuses initiales PS, ou plus exactement SP sont visibles dans une rosace de l'un des transepts. La lecture y est double car on peut lire  Saint Pierre ou Saint Pierre et Saint Sulpice. L'autre transept est dédié à Saint Sulpice.

Ceci nous montre que l'histoire de Rennes-Le-Château a souvent été manipulée pour des causes mégalomaniaques ou mercantiles. Mais ceci n'enlève rien à la beauté mystérieuse de l'affaire. Nul besoin de roman ou de trucage. Comme nous le verrons par la suite, il suffit d'observer. Le mystère est là, sous vos yeux...

 

Origine mérovingienne

Le fil conducteur utilisé par Plantard et par Gérard de Sède repose sur la lignée mérovingienne et la descendance du roi perdu Dagobert II. Cette thèse aurait pu s'arrêter là, puisque nous savons aujourd'hui que Pierre Plantard a falsifié avec son complice le marquis de Cherisey, certains documents.

Mais nous savons aussi qu'il s'est servi d'un dossier très fourni ( Les dossiers secrets) et dont l'origine serait Noël Corbu qui lui même l'aurait obtenu d'un prêtre... Or si le rattachement des mérovingiens à Plantard apparaît comme un montage bien orchestré, il est indéniable que l'église Saint Sulpice trouve ses fondations à l'époque mérovingienne.

Nous revoilà donc au point de départ sur cet aspect. Où est la part du vrai et la part du faux ? L'origine mérovingienne de Saint Sulpice est-elle une donnée importante dans l'affaire de Rennes-Le-Château. Il est probable que oui.

 

1645 - 1646 Une coïncidence curieuse

 

Le 15 août 1645, les plans de reconstruction de l'église furent adoptés et ce fut Anne d'Autriche, régente et veuve de Louis XIII qui posa la première pierre le 20 février 1646, accompagné de Louis XIV âgé de 8 ans. Incontestablement Olier fut en 1646 l'initiateur de cette renaissance culturelle.  

 

Mais en 1645 une autre aventure fabuleuse se déroula dans le confins du Razès. Un berger nommé Ignace Paris découvrit selon la légende, un trésor fabuleux...

 

Comment alors ne pas faire le lien entre tout ce petit monde : Le Baron de Hautpoul propriétaire des terres, Nicolas Pavillon et Jean-Jacques Olier élève de Saint Vincent de Paul.

 

Comment alors ne pas soupçonner quelques financements secrets menés discrètement par la très honorable compagnie du Saint Sacrement...

 

Olier, Saint Vincent de Paul ...

Saint Vincent de Paul, fondateur des lazaristes, assista en permanence Jean-Jacques Olier dans la création de la compagnie du Saint Sacrement et c'est un personnage indissociable de l'histoire de Saint Sulpice au 17e siècle. Il mourut dans l'église le 2 avril 1657. On trouve bien évidemment sa statue dans une chapelle qui lui fut dédiée en 1825.

Saint Vincent de Paul est aussi connu pour avoir disparu mystérieusement 1 ou 2 ans, en prétendant qu'il avait été emprisonné en Tunisie. Ses dires n'ont jamais pu être confirmés.

Curieusement on retrouve Saint Vincent de Paul à Notre Dame de Marceille où son effigie trône au fond des jardins.


Saint Vincent de Paul

 

Olier, Nicolas Pavillon ...

Nicolas Pavillon, tout comme Jean-Jacques Olier, fut l'élève de Saint Vincent de Paul. Mais Nicolas Pavillon fut aussi confrère de la compagnie du Saint Sacrement, en même temps que évêque d'Alet-Les-Bains près de Rennes-Le-Château à partir de 1637...

Le trait d'union avec Rennes-Le-Château est ainsi tout tracé.
(Lire "le secret dérobé" de Franck Daffos)

 

Le méridien de midi, Bourges

Le méridien de midi joue un rôle très important dans le mystère. Et la phrase décodée du grand parchemin :

"BERGERE PAS DE TENTATION.... A MIDI POMMES BLEUES"

nous indique une marche à suivre combinant ce fameux méridien de midi qui passe par l'église Saint-Sulpice, non loin de la cathédrale de Bourges historiquement liée à Saint Sulpicius, et à côté du  tombeau des Pontils.

 

Les fresques de Signol

Émile Signol est né en 1804 et décède en 1892 à Montmorency. Il obtint le Prix de Rome en 1830 et devint académicien en 1860. Rigoureux dans sa peinture, il se bat contre le romantisme et l’impressionnisme. Signol réalisa entre 1872 et 1879 pour l'église Saint Sulpice, 4 fresques réparties sur les 2 transepts nord et sud.

   Sur le transept sud : "La résurrection" (1876)

   Sur le transept sud : "Ascension" (1876)

   Sur le transept nord : "La trahison de Judas" ou "L'Épée" (1879)

   Sur le transept nord : "La mort" (1872)

Tout comme Delacroix, Signol est lié au Serpent Rouge et donc à Rennes-Le-Château. Mais un autre lien plus discret est celui du mystère des 2 N inversés et du méridien qui court au milieu de ses 4 fresques (Voir les mystères de Signol).

 


La trahison de Judas - Signol (1879)


La mort - Signol (1872)

 


Résurrection - Signol (1876)


Ascension - Signol (1876)

 

Comme nous le verrons par la suite, Signol comme Delacroix nous ont laissé un mystère allégorique que l'on ne peux mesurer que si l'on apprécie leurs oeuvres dans un tout et en relation avec Rennes-Le-Château.
Il faut alors se rappeler de la strophe 10 du Serpent Rouge :

 

      Vision céleste pour celui qui me souvient des quatre oeuvres de Em. SIGNOL autour de la ligne du Méridien, au choeur même du sanctuaire d'où rayonne cette source d'amour des uns pour les autres, je pivote sur moi-même passant du regard la rose du P à celle de l'S, puis de l'S au P...

 

Les fresques de Delacroix

Eugène Delacroix (1798-1863) reçu la commande de la fresque de Saint Sulpice le 28 avril 1849 par la direction des Beaux-Arts et il s'y consacra de 1855 à 1861.

12 années furent nécessaires pour mener à bien ce projet.

Il composa ainsi pour la chapelle des Saints Anges (Chapelle n°1) 3 fresques :  2 fresques murales et un plafond circulaire. Perfectionniste et passionné, il mit au point spécialement pour le lieu, une technique à base d'huile et de cire vierge.

Ces 3 oeuvres géniales sont extraites d'épisodes bibliques très célèbres :


Eugène Delacroix
photographié par Nadar en 1858

 

   A droite en entrant : "Héliodore chassé du Temple"

   A gauche en entrant : "Le combat de Jacob avec l'Ange"

   Au plafond : "Saint Michel triomphant de Lucifer"

 

Héliodore chassé du Temple

C'est la peinture la plus célèbre des 3 et son titre exact est "Héliodore terrassé et battu de verges". Elle représente la célèbre histoire d'Héliodore chassé du Temple de Salomon par les Anges, alors qu'il vint pour forcer la trésorerie. Cette histoire est relatée dans le second livre des Maccabées (2Mc 3) situé an l'an 170 avant JC.
Héliodore
est envoyé par Séleucus IV, roi grec de la province d'Asie, pour voler les trésors du Temple de Jérusalem.

 

L'épisode d'Héliodore...

Alors que le trésor sacré du Temple allait être violé par  le ministre de Séleucus, les femmes se lamentaient car le sort semblait inéluctable.

Tout semblait perdu, quand soudain "L'esprit de Dieu" tout-puissant se fit voir par des marques bien sensibles, de sorte que tous ceux qui avaient osés obéir à Héliodore, furent renversés par une vertu divine. Ils furent tout à coup frappés d'une frayeur qui les mit hors d'eux-mêmes.

Un cheval apparu alors, monté par un homme aux armes d'or, habillé magnifiquement, et qui, bondissant avec impétuosité sur Héliodore, le frappa en lui donnant plusieurs coups de pied. Deux jeunes hommes apparurent en même temps, pleins de force et de beauté, brillants de gloire et richement vêtus. Se tenant aux côtés d'Héliodore, ils le fouettèrent et le frappèrent sans relâche.


Héliodore chassé du Temple
par Delacroix (1861)

 

 

La peinture montre effectivement un Temple de Salomon magnifique, d'architecture polychrome. Sur les premières marches de l'escalier conduisant à la trésorerie, Héliodore est renversé sous un cheval qui le maintient de son sabot divin pour le livrer aux verges des deux anges. Ceux-ci fouettent avec vigueur, investis d'une puissance céleste. Le cavalier, d'une beauté angélique, conserve une attitude solennelle et avec le calme des Cieux. En haut de l'escalier, plusieurs personnages contemplent avec horreur et ravissement le travail des divins bourreaux.  

Il faut aussi remarquer que les personnages ont les genoux DROIT découverts. Or le genoux GAUCHE dénudé est un signe d'initié en franc-maçonnerie. Delacroix ici choisit le droit 5 fois mais ce n'est peut être qu'un hasard...

 

 

Pour apprécier la subtilité des symboles et les paraboles du Serpent Rouge, il faut alors revenir à la strophe 8 où on peut lire :

 

      Je revoyais, je comprenais ! Je savais maintenant ce secret fabuleux. Et merveille, lors des sauts des quatre cavaliers, les sabots d'un cheval avaient laissé quatre empreintes sur la pierre, voilà le signe que DELACROIX avait donné dans l'un des trois tableaux de la chapelle des Anges. Voilà la septième sentence qu'une main avait tracée : RETIRE MOI DE LA BOUE, QUE JE N'Y RESTE PAS ENFONCE.

 

 

Il ne faut pas oublier que Delacroix s'est sans doute inspiré d'une fresque de Raphaël se trouvant à la cité du Vatican dans la Chambre d'Héliodore et datant de 1514. On y retrouve les anges et le cheval de Dieu dans la même position.

 

 

Raphaël peint aussi cette scène avec une extrême énergie et une puissance dramatique. Au centre, à l'arrière plan le grand prêtre agenouillé, "prie le ciel de conserver ses biens à ceux qui les avaient déposés". A gauche, à côté du groupe des veuves et des orphelins, Raphaël représenta Jules II soutenu par des porteurs. L'un d'eux est peut être un autoportrait de Raphaël.

 

Une gravure de 1861

Par une coïncidence extraordinaire, j'ai pu acquérir en 2008 une gravure originale, publiée dans une revue de l'époque : "le Monde illustré" et parue en 1861.

Le dessin à la plume est d'une extrême finesse et est signé d'un certain E.Morin. Sa précision permet de découvrir des détails de construction qu'il est difficile d'appréhender sur l'oeuvre peinte.

Mais surtout, il est intéressant de découvrir le début d'un article écrit à l'occasion de l'inauguration des fresques de Delacroix et qui parle d'un éclairage de Midi si particulier... Il faut croire que l'article fut édité par un connaisseur qui savait l'importance de ce détail...


Gravure publiée en 1861 (Propriété RLC Archive)

 

Curieux tout de même de lire un journaliste parlé justement de l'éclairage de la chapelle des Saints-Anges "le jour du midi" et d'insister justement sur certains détails que l'on ne peut pas apprécier dans les autres chapelles.

Cet article est-il l'écho d'une autre critique plus précise sur ce point ?

 

Extrait du journal "Le Monde illustré" 1861

 

Il faut rappeler que la phrase clé met en évidence "le cheval de Dieu" (celui d'Héliodore) et le jour de midi. L'information est importante car selon certaines sources, il aurait existé dans la chapelle des Saints-Anges, un vitrail représentant en plus de Adam et Ève, un serpent jetant des pommes bleues. Le soleil de midi des 17 janvier créait alors une belle lumière bleue qui tombait sur la fresque, offrant à l'initié des détails que l'on ne peut voir ailleurs.
 

BERGÈRE PAS DE TENTATION
QUE POUSSIN TENIERS GARDENT LA CLEF PAX DCLXXXI
PAR LA CROIX ET CE CHEVAL DE DIEU
J'ACHÈVE CE DAEMON DE GARDIEN A MIDI POMMES BLEUES

 

Malheureusement, ce vitrail aurait peut-être disparu durant la commune de Paris, en mai 1871 lors de l'explosion de la poudrière du Luxembourg.

De nombreux vitraux de l'église Saint-Sulpice furent détruits puis remplacés.

 

 

Ci-contre une autre gravure d'Héliodore datant du XIXe siècle et extraite de la Gazette des Beaux Arts (juillet décembre 1861).

Merci à Cédric pour sa contribution.

 

Le combat de Jacob avec l'Ange

C'est la peinture la plus mystérieuse des 3 et certainement l'un de ses chefs d'oeuvre. Peinte sur le mur de gauche, la scène est issue d'un épisode biblique ou plus exactement d'un verset de la Genèse (Gn 32, 23-33)

Jacob (qui veut dire "Celui qui supplante") est un personnage de l'Ancien Testament qui se caractérise par ses fourberies et par ses mensonges, jusqu'à ce combat légendaire. Par ruse, il alla même jusqu'à ravir le droit d'aînesse à son frère Ésaü. Jacob accompagne les troupeaux et autres présents destinés à calmer la colère de son frère Esaü.

 

Mais un étranger l'arrête et un combat s'engage. Ce combat qui dura jusqu'à l'aube et dont on ne connaît pas le motif, se passa dans le ravin de Yabboq. Touché au nerf de la cuisse, Jacob est réduit à l'impuissance.

Son adversaire, ange ou Dieu, lui dit : "On ne t'appellera plus Jacob mais Israël car tu as lutté avec Dieu et avec les hommes et tu l'as emporté". Jacob lui demande : "De grâce, indique moi ton nom". "Et pourquoi me demande tu mon nom ? " dit-il. Sur ce, Jacob fut bénit et il appela cet endroit "Phanuel" qui veut dire "Face de Dieu" puisqu'il vit Dieu en face.

 

Genèse (Gn 32, 23-33) :
"Après avoir fait passer tout ce qui était à lui, il demeura seul en ce lieu-là. Et il parut en même temps un homme qui lutta contre lui jusqu'au matin. Cet homme, voyant qu'il ne pouvait le surmonter, lui toucha le nerf de la cuisse, qui se sécha aussitôt;
Et il lui dit: Laissez-moi aller; car l'aurore commence déjà à paraître. Jacob lui répondit: Je ne vous laisserai point aller que vous ne m'ayez béni.
Cet homme lui demanda: Comment vous appelez-vous? Il lui répondit: je m'appelle Jacob.
Et le même ajouta: On ne vous nommera plus à l'avenir Jacob, mais Israël: car, si vous avez été fort contre Dieu, combien le serez-vous davantage contre les hommes?
Jacob lui fit ensuite cette demande: Dites-moi, je vous prie, comment vous vous appelez? Il lui répondit: Pourquoi me demandez-vous mon nom? Et il le bénit en ce même lieu.
Jacob donna le nom de Phanuel à ce lieu-là en disant: J'ai vu Dieu face à face et mon âme a été sauvée. Aussitôt qu'il eut passé ce lieu qu'il venait de nommer Phanuel, il vit le soleil qui se levait; mais il se trouva boiteux d'une jambe.
C'est pour cette raison que, jusqu'aujourd'hui, les enfants d'Israël ne mangent point du nerf des bêtes, se souvenant de celui qui fut touché en la cuisse de Jacob et qui demeura sans mouvement."

 

Delacroix, avec tout son talent, arrive à nous communiquer la force de cette scène. Dans une épaisse végétation, Jacob combat un ange. L'homme naturel et l'homme surnaturel luttent chacun selon sa nature. Jacob est incliné en avant comme un bélier, bandant toute sa musculature. L'ange se prête complaisamment au combat, calme, doux, comme un être qui peut vaincre sans effort. Au premier plan, gisent, sur le terrain, les vêtements et les armes dont Jacob s'est débarrassé pour lutter corps à corps avec l'homme mystérieux envoyé par Dieu.

 

Une anomalie cependant est l'absence d'arc alors que le carquois et les flèches sont présentent (anomalie révélée par P. Sylvain). Certains auteurs ont vu ici une allusion par omission (méthode classique chez Boudet) à Arques, village situé près de Rennes-Le-Château. Mais une autre anomalie est encore plus flagrante : la présence d'un chapeau dont le style est plutôt anachronique...

 

 

Les fresques de Eugène Delacroix ont fasciné ses contemporains mais l'artiste ne put profiter longtemps de son succès, puisque qu'il mourut 2 ans après avoir terminé la chapelle des Saints-Anges.

Les journaux de l'époque publièrent parfois des gravures représentant ces chef d'oeuvres.

En voici une, dessinée par Mr Boccourt et gravé par Mr Sotain. Elle est extraite de la gazette des Beaux Arts de juillet-décembre 1861.

 

Merci à Cédric pour sa contribution.

 

Saint Michel triomphant de Lucifer

Elle a été réalisée à l'huile sur toile marouflée, sous la voûte. C'est la peinture la plus classique des 3et ce thème biblique "L'archange Michel terrassant Lucifer" a été repris de très nombreuses fois par les artistes. Comme pour Saint Antoine, Saint Michel est un personnage que l'on retrouve très facilement autour de Rennes-Le-Château. 

 


L'Archange Saint Michel terrassant Lucifer

 

Cette légende est traitée de façon épisodique dans la bible, comme par exemple dans un verset de Saint Jude où il est question d'une contestation entre l'Archange Michel et le Diable touchant le corps de Moïse. Mais il est étonnant de voir que cet épisode a eu plusieurs versions au cours du temps. Car la scène est aussi connue en remplaçant Lucifer par un dragon. C'est ainsi que l'on voir cohabiter dans la même église d'Espéraza les 2 représentations.

Il est à noter que dans le combat de Saint Michel, la lance ou l'épée est symbole de verticalité.

 


Saint Michel terrassant Lucifer dans l'église d'Espéraza en haut de l'autel, et Saint Michel terrassant le dragon
en statue ci-contre

 

Allégories à Rennes-Le-Château...

Eugène Delacroix travailla énormément à la fin de sa vie sur ces 3 peintures entre 1855 et 1861. Ces réalisations correspondant à une commande de la ville de Paris faite en 1849, permis à Delacroix de s'exprimer comme il le souhaitait. De toute évidence, les thèmes choisis forment une unité. Les représentations sont toutes en rapport avec des anges en altercation avec un personnage légendaire : Jacob, Lucifer ou Héliodore. Les Anges, au nombre de 4, rappellent aussi les 4 anges de Saunière sur son bénitier...  

Mais curieusement la chapelle des Saint Anges, décorées de ces 3 légendes, inspire aussi 3 allégories :

Dans le combat de Jacob avec l'Ange, il faut peut être y voir le combat de l'homme contre les mystères du divin. L'Ange qui détient le secret est prêt à se confier, mais non sans combattre. A l'issu du combat, l'homme fini par voir Dieu mais ceci lui vaudra une blessure qui le rendra handicapé pour le restant de ses jours. En clair, il faut se battre pour apercevoir le secret de Dieu mais on en ressort pas indemne...

 

Dans le combat de l'Archange Saint Michel avec Lucifer, il faut peut être y voir le combat contre Asmodée, le gardien des trésors du temple et que l'on retrouve sous le bénitier dans l'église de Rennes-Le-Château. Vaincu, le trésor devient accessible (Par se signe tu le vaincras) ...

 

Dans le combat des 3 Anges contre Héliodore, il faut peut être y voir le combat du divin contre le mal, représenté par Héliodore et donc par le pillage des trésors de Jérusalem qui finira par avoir lieu...

 

Delacroix, peintre génial et insaisissable

Au début du projet, Delacroix étudia 4 possibilités : une étape du chemin de croix, la mise au sépulcre, l’apocalypse, et l’ange renversant l’armée des Syriens. Selon son journal, il travailla alors sur un jeu de miroir entre l’élévation de la croix, et la descente au tombeau. Mais curieusement et sans aucune explication, ni aucune trace dans son journal, il décida de changer complètement de thème. C'est ainsi qu'il opta pour "La lutte de Jacob avec l’ange" et "Héliodore chassé du temple".

Voici un réel mystère. Pour quelle raison et par quelle influence il changea pour ces 2 thèmes clés ? Lui aurait t-on conseillé un message bien différent ou mieux adapté ?

Delacroix mit 12 ans pour achever son oeuvre en 1861 et il mourut 2 ans plus tard, épuisé par le travail de peinture sur échafaudage dans un lieu humide et obscure. Ce qui fit dire à