> Les indices mineurs

 

 

Les étoiles à 6 branches

ou le signe du sceau de Salomon

Rennes‑Le‑Château ou l'histoire d'un grand secret

 

 

   Il est troublant de constater régulièrement la présence de l’étoile à 6 branches autour de l'affaire des deux Rennes.

 

   Cette étoile que l'on appelle aussi "sceau de Salomon" ou bien encore "Étoile de David" est très visible sur certaines églises ou sur des détails de mobiliers.

 

   D'autre part, des indices propres à l'énigme comme le Serpent Rouge y font clairement allusion.


L'hexagone parfait d'Espéraza

Une étoile à 6 branches

   Cette étoile régulière est avant tout pour les mathématiciens un hexagone parfait qui peut se construire à l'aide de deux triangles équilatéraux inversés. Symboliquement apparentée au sceau de Salomon, elle est aussi un puissant talisman pour les maîtres d'occultisme. Pour les Alchimistes, elle englobe les grands principes du Grand Œuvre. Et bien évidemment, pour la religion hébraïque, elle est le symbole même de leur croyance, emblème de la Tribu de David, seule pouvant prétendre au trône d’Israël.

 

   Mais avant d'aborder quelques exemples de sa présence dans le Razès, on ne peut manquer d'évoquer la célèbre étoile topographique dont le centre se situe à l'église d'Espéraza. Elle se construit naturellement en prenant comme repère les églises et le calvaire d'Antugnac.

 

 

L'étoile à 6 branches autour de Rennes‑le‑Château

   Rennes‑le‑Château et ses alentours ne sont certes pas les seuls endroits où l'on peut espérer trouver des étoiles à 6 branches. Car le Razès offre une concentration de ce symbole tout à fait étonnante, et dans des lieux plutôt inattendus.

 

L'église Saint‑Martin de Limoux

 

   Nous trouvons par exemple l'étoile dans des lieux surprenants comme à Limoux, dans l’église Saint‑Martin. Tout le haut du transept est percé de vitraux inscrits dans de magnifiques étoiles de David. Une dentelle de pierre dessine l'hexagone et accentue la symbolique lorsque le soleil vient jouer avec les verrières.


Les étoiles de David dans l'église Saint‑Martin de Limoux
(Photo P. Merle)

 

   Comme il est étrange de découvrir un symbole judéo‑chrétien dans une église catholique du Sud‑ouest de la France.

 

   Sa présence et sa symbolique si évidente n'ont pu être ignorées par les Hommes d'Églises.

 

   Quel est donc le message qu'il faut comprendre ?

 


L'église Saint‑Martin de Limoux décorée par des croix de Salomon

 

L'église Saint‑André d'Alet‑les‑Bains

 

   Nous retrouvons également l'étoile à 6 branches dans un endroit tout à fait surprenant puisqu’il s’agit de l’église Saint‑André d’Alet‑les‑Bains, lieu d’un ancien siège épiscopal. Les ouvertures principales supportant les vitraux du transept sont ornées d’étoiles à 6 branches.

Un vitrail en forme d'étoile à 6 branches

 

L'église Saint‑André
à Alet‑les‑Bains

 

   Comme à Limoux, des étoiles de David laissent passer la lumière en mettant en relief des épisodes de la vie des 4 évangélistes.

L'église Saint‑André d'Alet‑les‑Bains et ses étoiles de David

 

   L'église est de style gothique méridional. Un portail sculpté et des fresques bénédictines du XVIe siècle constituent son patrimoine.

 

   L'abside est formée de 5 pans voûtés d'ogives. Le clocher en forme de flèche octogonale lui offre un caractère qui la différencie des autres paroisses.

 

   Alet est une ville particulièrement chargée d'Histoire et la grande abbaye en ruine juste à côté en témoigne.

 

   N'oublions pas qu'elle fut gérée par un personnage très célèbre dans l'affaire de Rennes puisqu'il s'agit de Nicolas Pavillon, évêque d'Alet de 1639 à 1671

 

La maison de Nostradamus à Alet‑les‑Bains

 

   Une belle étoile de David est gravée sur une poutre extérieure de la maison de Nostradamus à Alet‑les‑Bains. Cette maison à colombage est située entre la Place de la République et la rue Malbec, une ancienne ruelle qui menait à la porte de l'Aude. En réalité, il existe neuf inscriptions ésotériques autour de la vieille bâtisse, mais la plus célèbre est cette étoile qui valut à la maison le surnom de "La Maison du juif"

 

La cathédrale Saint‑Vincent de Carcassonne

 

   Des étoiles à 6 branches sont également présentes sur la Cathédrale Saint Vincent de Carcassonne.

 

Le château d'Hautpoul

 

   Une des étoiles les plus étonnantes dans l'affaire est celle située à Rennes‑le‑Château. Il est vrai qu’elle n’est pas visible au public. Elle est présente sur la tête de lit de Marie‑Gabrielle d’Hautpoul de Blanchefort dans le château d'Hautpoul.

 

   Le sommet de la tête de lit est orné des armes des Hautpoul accolées à celle de Marie‑Gabrielle d’Hautpoul de Blanchefort.

 

   Ce blason est composé uniquement d’une étoile à 6 branches !


L'Etoile de David sur la tête de lit
de la famille Hautpoul

 

L'étoile à 6 branches topographique

 

   La présence de l'étoile à 6 branches dans la région de Rennes‑le‑Château est indéniable. Mais la retrouver dans des alignements topographiques ajoute assurément une nouvelle dimension à l'énigme. Les études d'Henry Lincoln autour du pentacle des montagnes ont permis de mettre en évidence des constructions géographiques naturelles basées sur des alignements rectilignes, ou plus curieux encore, circulaire comme le Cercle des églises.

 

   La construction du Pentagramme sur la carte d’Etat‑major a de quoi surprendre. De plus, en partant de cette même construction, on peut mettre en évidence une étoile à 6 branches réalisée grâce à une implantation particulière des églises suivant une distance constante. Cet exercice est simple à réaliser. Il suffit pour cela de se munir d'une carte IGN, d'une règle, d'un compas, et de la marche à suivre.

 

Hypothèses

   L'étoile à 6 branches est le symbole du Judaïsme, et la retrouver dans plusieurs hauts lieux d'églises catholiques mérite quelques explications. On peut se poser la question des liens qui existaient entre le Judaïsme et le Catholicisme, et l'un des points communs est Jésus lui‑même. En effet, Jésus est le symbole du schisme au sein du Judaïsme, un schisme aussi bien religieux que politique.

 

   La présence des étoiles de Salomon dans la région de Rennes‑Le‑Château serait‑elle le signe d'un Judaïsme particulier ? Que s'est‑il passé dans cette région tourmentée pour que deux cultures religieuses si sensibles et si différentes se mélangent ?

 

   D’autre part, n’est‑il pas étonnant de trouver une vieille famille de France, Hautpoul Blanchefort, arborer l’étoile de David comme seule et unique pièce de son blason ? Car il faut savoir qu’en héraldique, les pièces placées sur l’écu ont une signification très importante. Que voulait nous dire la famille des Hautpoul Blanchefort ? Comment l’Église catholique a‑t‑elle pu accepter qu’une famille de France portant titre et couronne de noblesse puisse arborer fièrement sur son blason une étoile à 6 branches ? Se pourrait‑il que la famille Hautpoul Blanchefort ait trouvé une descendance à la tribu de David ? De quelle manière et par quel lien ?

 

   Ces questions bien que surprenantes doivent être posées. Si la famille Hautpoul Blanchefort est liée à une descendance davidique, il faudrait alors admettre que le Secret de Rennes‑le‑Château est lié à un secret religieux de tout premier ordre.

 

   Comment peut‑on en arriver là ? Je rappellerai brièvement ici une thèse classique reprise par de nombreux auteurs et qui est loin d'être inimaginable. Plusieurs faits et hypothèses nous permettent de supposer que Marie‑Madeleine fut, il y a 2000 ans, l’épouse de Jésus. Une descendance est donc envisageable. Cette idée fort perturbante pour beaucoup permet d'imaginer que Marie‑Madeleine, Lazare, Joseph d’Arimathie et les deux Marie fuirent la Palestine probablement peu de temps après la mort de Jésus. Or c’est à partir de cet évènement que l’on entend parler de la coupe Sacrée ayant contenu quelques gouttes du sang du Christ : le Sang Graal !

 

   Le Graal peut être vu de façon allégorique. Cette coupe qui reçut le sang du Christ pourrait être Marie‑Madeleine, elle‑même portant la descendance du Roi‑Prophète. L'hypothèse est en tout cas passionnante, car admettre ceci c'est aussi accepter qu'une descendance christique soit née en Gaule...

 

   D'ailleurs, que dire de l'obsession de Bérenger Saunière pour Marie‑Madeleine, ou de cette passion récurrente de la Sainte dans le Languedoc ?

 

   Historiquement, la ville de Narbonne fut durant tout le Moyen‑âge, une ville où la religion juive était très présente. Une communauté importante s’y était établie dans une totale symbiose avec les autres communautés, tant religieuses que politiques.

 

   Dans un ouvrage de Pierre Belperron :"La croisade contre les Albigeois et l'union du Languedoc à la France 1209‑1249" déposé à la Bibliothèque Nationale en 1942 on peut lire : "Le célèbre rabbin Abraham ben David attirait les étudiants à Vauver près de Nîmes, tandis qu'à Narbonne une colonie prospère était dirigée par "la famille des rois israélites de Narbonne", qui prétendait descendre de David". Pierre Belperron nous signale qu'il tient cette information de l'ouvrage de Gustave Saige : "De la condition des Juifs dans le comté de Narbonne avant le XIVe siècle" Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, XXXIX.

 

 

 

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