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La Maison Giscard                     2/2
Son catalogue et le modèle 52

Rennes‑Le‑Château ou l'histoire d'un grand secret

 

 

 

   L'étude de l'église de Rennes‑le‑Château passe obligatoirement par la connaissance d'une manufacture célèbre à Toulouse, la maison Giscard. Statuaire du Sud‑ouest spécialisé dans les ornements religieux, il est intimement lié aux travaux de restauration de Bérenger Saunière dans son église Marie‑Madeleine.

 

   Giscard n'est pas seulement un nom usuel de la région, c'est aussi une entreprise familiale sur quatre générations qui eut un énorme développement dans le domaine très particulier de l'artisanat en terre cuite. Son art  fut dédié principalement aux objets du culte. La manufacture Giscard est aussi à l'origine de nombreuses ornementations de l'architecture néo‑classique de Toulouse.

 

    Mais depuis l'année 2005, date à laquelle la famille Giscard fit don de ses archives à la ville de Toulouse, son épopée devint avec l'affaire de Rennes une nouvelle légende d'autant que des documents commencent à apparaître.

 


Le catalogue Giscard (collection Franck Daffos)

 

 

Sommaire

 

   La maison Giscard, une entreprise pas comme les autres

   Le catalogue et le modèle 52 du chemin de croix

 

Le catalogue Giscard... Une référence pour les chemins de croix

   Comme toute grande manufacture, la prestigieuse maison Giscard avait aussi son catalogue. Indispensable à toute commande, il permettait de choisir en toute connaissance le produit le mieux adapté en fonction de son prix. Les prêtres de la fin du 19e siècle n'échappaient pas à cette procédure. Ils consultaient ainsi ce livret afin d'équiper au mieux leur lieu de culte ou leur paroisse, et ceci en fonction des moyens accordés par l'évêché. Or, le cas Bérenger Saunière possède très curieusement une caractéristique supplémentaire : il choisissait systématiquement les produits classés "Extra riche" comme dans le cas du statuaire et du chemin de croix. La maison Giscard fournira dans ce cadre une nouvelle chaire décorée polychrome et, on le sait moins, la sculpture du tympan de l'église avec Marie‑Madeleine portant une croix. Cette rénovation sera poursuivie par de nombreuses décorations, dont les fameuses peintures latérales de la fresque à la Montagne fleurie.

 

   Le catalogue présenté ici est une pièce rare originale datée de 1914 et qui fut découverte par hasard lors d'une brocante par Didier Héricard de Thury. Il est fascinant de penser que Saunière le consulta très certainement pour choisir son mobilier de culte. On y trouve bien sûr le fameux modèle de chemin de croix, le numéro 52 de style roman extra riche et qui fut durant des années l'objet de recherche et de débat. En effet, déterminer le bon modèle des stations c'est aussi tenter de retrouver la trace de tous les chemins de croix identiques vendus à cette époque...
 

Identiques ? Oui, mais à quelques exceptions près...

 

 Ce catalogue rare est mis en ligne ici avec l'aimable autorisation de
Franck Daffos et Didier Héricart de Thury, propriétaires du document.

Je tiens bien sûr à les remercier pour cette contribution unique
qui ravira les passionnés et les chercheurs soucieux d'exactitude
© RLC Archive

Le catalogue original Giscard 1914 est au format A4 à l'italienne sur papier intérieur blanc et couverture toilée cartonnée.

 

 

 

 

(collection Franck Daffos)

 

 

p.  1

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   Hormis sa caractéristique d'être une pièce rare, l'intérêt de cet ouvrage est principalement la confirmation que le chemin de croix de l'église de Rennes‑le‑Château est bien au catalogue Giscard 1914. Il s'agit du modèle style roman en terre cuite extra riche numéro 52 (page 52 et 53). Le modèle est présenté sans la polychromie, celle‑ci étant choisie à part en option. Or on sait maintenant que Saunière eut plusieurs entretiens avec la maison toulousaine pour ajouter quelques spécificités...

 

 

   Ce modèle fera l'objet de nombreuses recherches en France par Franck Daffos et Didier Héricard de Thury, le but étant de déterminer les églises possédant un chemin de croix du même modèle qu'à Rennes‑le‑Château.

   Parmi la quarantaine de paroisses réparties sur le territoire, 6 seulement seront retenues comme ayant un chemin de la passion extrêmement proche et avec le modèle 52 Giscard.

   Ce travail en appellera un autre : comprendre et interpréter les différences et les particularités du chemin de Rennes... Mais ça, c'est une autre histoire...

La station IX modèle choisi à Rennes‑le‑Château, style roman "Matière terre cuite d'art perfectionnée. Hauteur 1m 28 ‑ Largeur 0m 62 ‑ Personnages 0m 33 ‑ Prix de 600 à 900 francs selon le type de décors"

 

 


Station IX Modèle 52 Giscard
(sur catalogue)

Station IX modèle 52 Giscard
(église de Rennes‑le‑Château)

 

 

   Pendant très longtemps le codage ou non du chemin de croix de Rennes a été un débat de chercheurs très animé et récurrent. Encore aujourd'hui quelques auteurs prétendent qu'il n'en est rien et que ce chemin serait parmi d'autres bien classique.

  Je le dis souvent, le temps apporte toujours sa vérité, mais il faut savoir attendre parfois très longtemps... C'est Gérard de Sède le premier qui révéla dans "L'Or de Rennes" en 1967 certaines anomalies. Personne n'y accorda de crédit excepté quelques illuminés... Il faudra patienter 45 ans pour qu'enfin des pistes convergentes et des indices historiques voient le jour...

 

 

 

    

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