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La dalle de Blanchefort

Rennes-Le-Château ou l'histoire d'un grand secret

 

Son aspect général

 

   La dalle de Blanchefort semble être, par son aspect, plus ancienne que la stèle du même nom, mais ce n'est sans doute qu'une illusion. N'oublions pas qu'elle fait partie de ce que l'on appelle communément "Les pierres gravées du Languedoc" et qu'elle fut probablement conçue à la même époque. Tout comme la stèle, sa lecture est complexe, ce qui permet aussi de multiples interprétations. Mais surtout, selon la légende, la dalle et la stèle formaient ensemble la tombe de la Marquise de Blanchefort. La compréhension du codage passe alors peut-être par l'analyse des pierres gravées dans leur unité.   

Sa présentation générale est particulière et au premier coup d'oeil, le texte est hermétique. Seuls quelques mots pris séparément sont interprétables.


Version de Stublein
servant de référence

 

Son texte se compose de quelques mots latins et de lettres grecques. Des graphiques viennent s'y ajouter comme les 2 croix pattées, une boucle entourant le monogramme P-S, une double flèche, et un symbole rappelant un poulpe ou une araignée.

L'analyse des parchemins nous a habitué à considérer aussi bien le fond que la forme. Si chaque mot a sa signification propre, leur disposition et le contexte sont tout aussi importants. Les graphismes peuvent aussi jouer un rôle significatif dans la technique de décryptage, pouvant mener à des constructions géométriques comme pour la stèle. La dalle contient d'ailleurs peut être plusieurs messages, mais imbriqués et de différentes natures.

 

Analyse des textes

 

Le texte P-S

Le graphique P-S en haut de la dalle est un symbole connu puisqu'on le retrouve sur le petit parchemin au bas du manuscrit, comme pour ressembler à une signature ou pour indiquer les initiales de l'auteur.

Cependant, le symbole placé en haut de la pierre, semble indiquer tout autre chose. La boucle qui entoure les lettres P- S paraît vouloir inviter l'observateur à prendre quelque chose qui se trouve avant le "S" et à le placer devant le "P", ou bien l'inverse. Curieusement, si on prend la lettre précédant "P" et la lettre précédant "S" on obtient le mot "OR".

Mais cette abréviation P-S est déconcertante. S'il existe des abréviations latines telles que SPQR, EMV ou PR, aucunes ne prennent un tiret. Ces deux lettres pourraient signifier "P" vers "S" ou "P" moins "S".

Si on la considère comme une abréviation, PS signifierait traditionnellement "Posteritati Sacrum", c'est-à-dire "A la postérité".

Un autre point intéressant est que au XIIIe siècle "PS PRAECUM" était utilisé pour dire "je prie pour vous" .

Il est également important de rappeler que PS existe aussi sur la pierre de Coume-Sourde mais sans le tiret et associé au texte PRAECUM. Ceci rejoint la formule "PS PRAECUM" utilisé au XIIIe siècle. De plus, comme sur la pierre de Coume-Sourde où le PS est joint à PRA-ECUM, la dalle de Blanchefort relie les 2 composants par une flèche à double extrémités. On remarquera d'ailleurs le tiret en plus dans PRAE-CUM sur la dalle.

 

Le texte PRAE-CUM

Le texte PRAE-CUM situé au bas de la pierre semble être étroitement lié à P-S grâce à la flèche verticale. Mais contrairement à la pierre de Coume-Sourde où PRAECUM en un seul mot ne veut rien dire, PRAE-CUM peut avoir un sens :
PRAE
signifie "Avant" ou "Devant", et CUM signifie "Avec".

 

PRAE-CUM se traduit aussi par "Prières" dans la tradition chrétienne

 

Les mots RÉDDIS, RÉGIS, CÈLLIS, ARCIS

Les mots RÉDDIS, RÉGIS, CÈLLIS, ARCIS , sont comme le reste énigmatiques. Ils sont placés au centre de la dalle et semblent formés un seul bloc coupé en deux par la double flèche. Il faut noter également que les 4 mots finissent par IS, que les 2 mots de la 1ère colonne comportent 6 lettres et que les 2 autres comportent 5 lettres. Enfin c ombinés entre eux, les mots n'ont pas de signification intelligible, mais considérés comme des mots latins séparés, ils offrent des possibilités intéressantes:

 

RÉDDIS

 

Le mot provient du verbe "Reddere" qui signifie remettre ou rendre quelque chose, qui avait été pris ou emprunté, répéter ou réciter, reproduire par imitation, représenter ou réfléchir, retourner à, répondre, remettre en une autre langue, donner quelque chose qui est dû, repayer, Livrer, rendre compte, offrir, accorder une enquête judiciaire, rendre justice, prononcer une sentence.

"Réddis" est aussi le mot latin qui signifie "Rennes" et donc le nom primitif de Rennes-Le-Château ou de Rennes-Les-Bains.

 

RÉGIS

 

Le mot provient du latin "Rex - Régis" qui signifie chef, roi ou prince, un prêtre qui offre les sacrifices, un chef inconstitutionnel, un despote, un tyran. Il peut être utilisé en conjonction avec d'autres mots comme "Rex Deorum - Jupiter", "Rex Stygius - Pluto". Il signifie alors un membre d'une famille royale, un homme ou un chef d'entreprise très riche. S'il est utilisé en conjonction avec un nom de fleuve, il signifie un cours d'eau très important.

 

CÈLLIS

 

Provient du mot "cella - cellae", qui signifie cave, cellier, magasin. Il signifie aussi donner, commander, acheter des objets pour la maison, l'alvéole d'une ruche, un grenier, une niche destinée à accueillir une image divine. Dans le cas qui nous occupe, la signification pourrait être une cave funéraire, une crypte.

 

ARCIS

 

Il a pour origine le mot "arx - arcis" qui signifie "forteresse", "citadelle", "place forte". Il peut aussi être utilisé dans le sens de faire une montagne d'une taupinière, le haut des cieux, un refuge, un rempart, une protection, un quartier général, un chef-lieu. Ce mot peut aussi être rapproché de Arques, qui est une ville très proche de Rennes-Le-Château.

De toutes les significations ci-dessus il est clair que l'on a un nombre très important de possibilité. L'une des plus intéressante est : 

 

RÉDDIS
Rennes

RÉGIS
Royale

CÈLLIS
Crypte

ARCIS
Forteresse

 

Et que l'on peut interpréter par : Rennes royale dans la crypte de la forteresse

Ou bien encore : La forteresse de Rennes dans la crypte royale

 

Le texte grec   E T I N A PX  A ΔIA E Γ Ω

Le texte grec de la dalle possède aussi des informations substantielles et d'une grande portée. Sur la colonne de droite aucun sens ne se dégage et la colonne de gauche pourrait être du mauvais mais ceci ne mène.

Par contre, si l'on considère les 2 colonnes ensembles, les lettres dissimulent une expression d'une portée considérable. Les caractères correspondent en effet à la transcription en alphabet grec d'une expression latine fort connue. Il faut simplement savoir que :

  • Le P grec (Rho) correspond au R latin

  • Le X grec correspond au K (C dur) latin

  • Le Δ (Delta) grec correspond au D latin

  • Le Γ (Gamma) grec correspond au G latin

  • Le Ω (Omega) grec correspond au O latin

             
E T I N A P X A Δ I A E Γ Ω
E T I N A R C A D I A E G O

 

On découvre alors une expression célèbre que tout les passionnés de Rennes-Le-Château connaissent bien :

 

E T    I N    A R C A D I A    E G O

 

L'expression qui peut se traduire par "Je suis en Arcadie" est notamment inscrite dans les tableaux du peintre français Nicolas Poussin (1594-1665) "Les bergers d'Arcadie" (Version 1 et 2) et plus exactement sur une face verticale du tombeau peint.

Autre coïncidence, la première colonne peut également se lire ET IN ARC ou encore "Et à Arques". Or il faut se rappeler que le tombeau des Bergers d'Arcadie dans sa seconde version, a été mis en scène au lieu-dit "Les Pontils" près d'Arques, formant le tombeau des Pontils.

 

Le nombre romain  LIXLIXL

Au bas de la pierre à droite se trouve une suite de caractères qui rappellent fortement des chiffres romains. Or si on analyse le nombre ainsi formé il s'avère être une petite merveille numérologique :

 

   En formant les groupes : LI  XLI  XL, on obtient les nombres 51, 41, 40. Or cette interprétation est tout à fait fascinante car elle rejoint Boudet.

La ville de Rennes-Les-Bains s'appelle ainsi parce qu'elle possède des sources thermales que les Romains appréciaient déjà. Il existe trois sources importantes et que Boudet cite dans son livre : Le "Bain-Fort", dont la température est de 51° C, le "Bain de la Reine", dont la température est de 41°C, et enfin le "Bain-Doux", dont la température est de 40°C. Si ceci est une coïncidence, elle est sans nul doute remarquable, d'autant que ces températures peuvent être aussi interprétées comme des angles.
 

   Les chiffres romains peuvent également être combinés comme suit:

LIX  LIX  L = 59, 59, 50   or   59 + 59 + 50 = 168

Si l'on réarrange les chiffres on obtient 681, un nombre bien connu des passionnés qui est révélé dans le grand parchemin (PAX 681)

 

   Voici une autre organisation des caractères qui donne un résultat révélateur :

LLLXXII = 171 = 17  1  (17 janvier)

17 janvier est le jour du décès de Marie de Nègri d'Ables de Blanchefort, mais le 17 janvier est aussi une date mythique et hautement symbolique de l'affaire.

 

Les symboles A PX  et  ΔI

Voici encore une belle démonstration de cryptage :
Si l'on observe les 2 groupes de lettres autour des croix pattées, on est étonné de leur disposition. Ceci attire notre attention pour nous souffler encore 2 messages :

 

A P X

La formule peut s'écrire PAX en latin et ARC en grec.

Mais si on considère que A PX représente un nombre grec on obtient :

( A = 1) + ( P = 80 ) + ( X = 600 ) = 681

 

ce qui permet de retrouver un nombre très célèbre dans l'affaire de Rennes-Le-Château. De plus la formule PAX 681 rappelle une partie de la phrase décodée du grand parchemin de Saunière : "BERGÈRE PAS DE TENTATION QUE .....  PAX 681..."

 

Attention au confusion entre P et Pi :

En numération grecque π désigne 80 et on l'écrit en français Pi. Mais en grec ancien comme en grec moderne il se prononce P. De plus le Pi grec a donné le P de l'alphabet étrusque puis latin, mais pas le P cyrillique qui vient du rhô (P) grec
Enfin la numération grecque est décimale et additive donc PAX = XPA = APX

 

Δ I

La formule peut s'écrire DI en latin et Delta Iota en grec. Mais de même, si on considère que le texte représente un nombre grec on obtient :

( D = 4 ) + ( I = 10 ) =  4 + 10 = 14  mais aussi 410

 

14 est le nombre de lettre dans ET IN ARCADIA EGO
410 est l'année du pillage de Rome par Alaric I, roi des Wisigoths

 

Araignée ou poulpe ?

Ce graphisme est de loin le plus mystérieux et de nombreux auteurs ont essayé de l'interpréter :
  • S'agit-il d'une araignée ? (il est vrai que la prononciation "A Rennes" en vieux languedocien rappelle la phonétique du mot "Araignée")   
  • S'agit-il d'une pieuvre ou d'un poulpe ?

Un autre fait remarquable se rapporte à un passage du Serpent Rouge

 

Je pivote sur moi-même passant du regard la rose du P à celle de l'S,puis de l'S au P... et la spirale dans mon esprit devenant comme un poulpe monstrueux expulsant son encre, les ténèbres absorbent la lumière, j'ai le vertige et je porte ma main à ma bouche mordant instinctivement ma paume, peut-être comme OLIER dans son cercueil.

Extrait du Serpent rouge

 

On doit alors se rappeler qu'il y a également un lien matérialisé par une flèche sur la dalle associant le P-S et le poulpe. Mais ce symbole garde pour l'instant son secret de même que l'utilité des points situés entre les pattes de l'animal.

 

Autre coïncidence ? Il se trouve que ce symbole existe depuis fort longtemps et marque la tradition primitive

 

Analyse géométrique

 

De même que pour la stèle, la dalle offre également des surprises géométriques. En partant du principe qu'aucune inscription est inutile, essayons d'utiliser les croix pattées.

Traçons une ligne droite passant par les 2 croix pattées. La droite coupe alors la flèche en un point.

 

On peut alors s'apercevoir que ce point est remarquable. Il est le centre du segment de droite borné par les 2 croix pattées.

Traçons un cercle ayant pour centre ce point remarquable et passant par les croix.

 

Le cercle effleure la courbe du P - S, le oméga, coupe le X, et le T.

 

Maintenant, traçons 2 droites parallèles à la flèche et coupant chacune les croix pattées.

Les 2 nouvelles droites suivent les textes grecs et coupent le cercle. On obtient alors 2 nouveaux points.

 

Nous possédons maintenant 6 points sur le cercle qui semblent équidistants. Pour le vérifier, traçons un segment de droite entre le point près du T et le point près du oméga.

Si l'on mesure alors les angles formés par les 3 segments de droite passant par le centre du cercle, on obtient 60°

Les points sur le cercle sont à égale distance les uns des autres

 

Les 6 points équidistants sont alors la marque d'une étoile à 6 branches appelée également croix de David ou sceau de Salomon

Croix que l'on retrouve également sur la stèle ou sur certains édifices de la région du Razès

 

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