|
|
|
|
|
|
Rennes-Le-Château ou l'histoire d'un grand secret |
|
Le second parchemin, appelé également "Le grand parchemin" est intimement lié au premier. Beaucoup de points communs sont présents mais surtout il a un atout supplémentaire que le petit n'a pas encore : son décryptage. En effet, il est a l'origine de cette fameuse formule que tous les passionnés connaissent par cœur : "BERGERE PAS DE TENTATION QUE POUSSIN TENIERS..."
Mais derrière ce résultat remarquable se cache une complexité qu'il est intéressant d'analyser pour tenter de démonter la démarche du codeur. Cette analyse ne prétend pas donner des solutions mais plutôt des pistes de réflexion sur un document que beaucoup on cru sans importance car faux. Il est vrai que Philippe de Cherisey prétendit à un moment qu'il en était l'auteur. Seulement, il ne sut jamais démontrer son procédé de codage et mélangea le saut du cavalier avec la méthode de Vigenère. En fait il disposait du principe de décodage et non de codage que l'auteur doit obligatoirement fournir.
Loin de cette polémique, les parchemins sont plus que jamais fondateurs et lorsque l'on prend la peine d'analyser le second texte, une certitude s'impose d'elle-même : nous sommes très loin d'une composition faite par un amateur de cryptage en mal de reconnaissance.
L'analyse du grand parchemin est composée de 2 volets :
|
|
Tout comme dans
le petit parchemin,
l'écriture est dans un style ancien
dit "onciale romaine", avec des caractères semi-onciales. Les
lettres sont en majuscules et les mots sont collés les uns aux
autres (Scriptura continua). De plus l'analyse des
caractères montre que l'on a affaire au même auteur. Bien que
ce manuscrit paraisse chaotique, son examen en détail montre en
tout cas qu'il a été préparé avec soin
et avec une attention considérable.
Compte tenu de la
taille des caractères, on peut évaluer la taille du parchemin à
: Le document est composé de deux petits éléments graphiques en haut et en bas, d'un long texte latin dans sa partie principale, d'une signature symbolique et d'un court texte entrecoupé par des points et deux croix pattées. Chacun de ces éléments ont des origines et un sens différents, puisque l'on y trouve l'évangile de Jean, des détails du petit parchemin et une phrase retrouvée également sous le bas relief Marie-Madeleine de l'autel. Il faut également rappeler que les parchemins originaux, ou plutôt le parchemin recto-verso original, fut soustrait très tôt des chercheurs. Les parchemins que nous connaissons aujourd'hui sont en fait la version calquée par Pierre Plantard et Philippe de Cherisey et que Gérard de Sède publia en 1967. Toute modification volontaire ou non par rapport à l'original est donc possible, mais nous verrons que pour le grand parchemin sa complexité est-elle qu'il est très difficile d'imaginer une manipulation ou des erreurs importantes. |
| Le texte principal est
difficile à lire, même pour un latiniste chevronné et la raison
est simple. Le texte est émaillé de lettres excédentaires ou
manquantes. Mais
surtout, la calligraphie est souvent imprécise. Est-ce une
volonté de l'auteur qui voulait attiser les curieux ? Ou bien est-ce
tout simplement de la maladresse lors de l'élaboration puis de la
recopie
du document ? Nous verrons que si quelques
erreurs peuvent être imputables à la recopie à l'aide d'un
calque,
l'insertion des lettres excédentaires a été réalisée avec une
rigueur mathématique.
Nous connaissons l'origine
du texte puisqu'il s'agit d'une reproduction latine (dite
Vulgate) d'un passage de l'évangile de Jean, chapitre
XII, versets 1-13. Voici quelques exemples de Vulgate pouvant servir de référence :
Vulgate (1) :
http://vulsearch.sourceforge.net/html/Jo.html Cette dernière version semble la plus près du parchemin mais l'inversion de deux mots à la ligne 7 (odore ungenti) fait encore douter. Le texte évoque la visite de Jésus chez Lazare à Béthanie et le moment ou Marie-Madeleine répand de l'huile parfumée sur les pieds du Christ et les essuie avec ses cheveux. On comprend d'ailleurs ici pourquoi le vitrail représentant cette scène dans l'église de Rennes-Le-Château prit une importance particulière dans l'affaire puisqu'il constitue une très belle allusion à ce parchemin soi-disant retrouvé par Saunière. Voici sa traduction : |
|
Jésus, six jours avant la Pâque, arriva à Béthanie, où était
Lazare, qu'il avait ressuscité des morts.
Là, on lui fit un souper; Marthe servait, et Lazare était un de
ceux qui se trouvaient à table avec lui. Marie, ayant pris une
livre d'un parfum de nard pur de grand prix, oignit les pieds de
Jésus, et elle lui essuya les pieds avec ses cheveux; et la
maison fut remplie de l'odeur du parfum.
Un de ses disciples, Judas Iscariot, fils de Simon, celui qui
devait le livrer, dit :
"Pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum trois cents deniers, pour
les donner aux pauvres ?
Il disait cela, non qu'il se mit en peine des pauvres, mais
parce qu'il était voleur et que, tenant la bourse, il prenait ce
qu'on y mettait.
Mais Jésus dit : "Laisse-la garder ce parfum pour le jour de ma
sépulture. Vous avez toujours les pauvres avec vous, mais vous
ne m'avez pas toujours.
Une grande multitude de Juifs apprirent que Jésus était à
Béthanie; et ils y vinrent, non pas seulement à cause de lui,
mais aussi pour voir Lazare, qu'il avait ressuscité des morts. Les principaux sacrificateurs délibérèrent de faire mourir aussi Lazare, parce que beaucoup de Juifs se retiraient d'eux à cause de lui, et croyaient en Jésus. |
[N° ligne]
[1] Iesus ergo ante sex dies paschae venit Bethaniam ubi
[2] fuerat
Lazarus mortuus quem suscitavit Iesus fecerunt [3] autem ei caenam ibi et Martha ministrabat Lazarus [4] vero unus erat ex discumbentibus cum eo Maria ergo accep [5] it libram ungenti nardi pistici pretiosi et unxit pe [6] des Iesu et extersit capillis suis pedes eius et domus im [7] pleta est ex odore ungenti. Dixit ergo unus ex discipul [8] is eius Iudas Scariotis qui erat eum traditurus quare hoc un [9] gentum non veniit trecentis denariis et datum est e [10] genis? Dixit autem hoc non quia de egenis pertinebat [11] ad eum sed quia fur erat et loculos habens ea quae mitteba [12] ntur portabat. Dixit ergo Iesus sine illam ut in diem s [13] epulturae meae servet illud pauperes enim semper ha [14] betis vobiscum me autem non semper habetis. Cogno [15] vit ergo turba multa ex Iudaeis quia illic est et vene [16] runt non propter Iesum tantum sed ut Lazarum vider [17] ent quem suscitavit a mortuis. Cogitaverunt autem p [18] rincipes sacerdotum ut et Lazarum interficerent q [19] uia multi propter illum abibant ex Iudaeis et cred [20] ebant in Iesum |
N° de ligne
[1] Jesus evrgo antce sex dipes pascshae venjit Bethqaniam urai b [2] fueraot Lazaruvs mortyuus quemm susciytavit Iyesus fedcerunt
[3] lautem eit caenapm ibi eto Marthah ministrrabat Lbazaruso z (inversé) [4] vero unxus eratt ex discoumlentdilus cujm Marial ergo acbcep b b [5] it lkibram unngentii j nardi pfisticiq pretiousi et unexit pe
[6] dpes Ierua et extejrsit caypilrisn suis pepdes eripi et dombes im s l iu s u [7] plftta est eex ungeintii odaere dixalt ergo urnum ex dgiscipuhl e o i s [8] Is eiuix Iuddx iScarjortis quiy erat cubm traditturus qtuare hoc cun s as i e [9] benvtum nonx veniit tgrecenpdis denaariis et ddatum esgt e g t [10] genies? Dixi nufem hoec non qusia de egaenis perrtinebeat t a t [11] ad cutm sed quhiW fur elr t et louculos hcabens eca quae mvitteba e a a [12] nmtur potr abete dixit ejrgo Ieshus sinep illam unt ix diepm s t a n [13] epulgturae mseae servnet illqud paupjeres enhim sempger ha
[14] bemtis nobliiscumf me autetm non sesmper havbetis cjogno v [15] vilt er o tzurba muqlta ex imudaeist quia ilolic estx et vene g [16] arunt nonn pro tepr Iesume tantumm sed ut l uzarump vider p a [17] ehnt quemk susci aovit a morrtuis cpogitavkerunt ahutem p t [18] rvincipejs sacercdotum umt et Lazcarum inaterficterent q
[19] luia muluti propqter ilhxum abibg nt ex ugtdaeis net cred l a I [20] debant itn Iesum
|
| Il faut remarquer à la ligne
7, les deux mots "odore unguenti" qui se
retrouvent inversés dans le parchemin (unguenti odore). On est loin ici d'une
erreur du copiste, mais plutôt le résultat d'une copie faite à
partir d'une
version de l'évangile de Jean non connue jusqu'à présent. Notons aussi le W à la ligne 11 remplace un A (Alpha en grec). Ceci est un symbole typiquement chrétien : Alpha et Oméga sont la première et la dernière lettre de l'alphabet grec et représente le Christ qui est à la fois le Commencement et la Fin. |
| REX MUNDI En assemblant les petites lettres (repérées sur fond jaune) dans l'ordre naturel de lecture, on peut lire ces deux mots : REX MUNDI Rex ou Régis
signifie : souverain, monarque, roi ou chef La formule devient donc : "Le roi des mondes". Ce terme était utilisé pour désigner le créateur de la matière ou le dieu du Mal par les cathares qui croyaient que tout l'univers était créé par lui. Aucune explication existe aujourd'hui sur sa signification exacte et son implication dans le codage. |
|
|
|
Les lettres décalées vers le haut x
Tout comme dans le petit parchemin, on retrouve un procédé identique pour isoler certaines lettres du texte. Il s'agit d'un très léger décalage vers le haut de certains caractères et ceci commence à la ligne 9 pour s'arrêter à la ligne 11, juste avant l'oméga.
La série de lettre donne ADGENESARETH et qui se traduit par "Vers Génésareth", ville de la Palestine qui se nomme aussi Tibériade. |
|
AD GENESARETH Rien n'est dû au hasard et surtout pas dans un document que l'on sait crypté. Or comme d'habitude l'affaire de Rennes réserve toujours des surprises. Voici une belle
coïncidence puisque
Eugène Delacroix que l'on sait fortement impliqué par
son cheval de Dieu à
l'église Saint-Sulpice de Paris, peignit en 1854
"Le Christ sur le lac de Génésareth". |
|
| Le lac de
Génésareth, en Palestine, est également appelé Mer de
Galilée ou en romain Mer de Tibériade en hommage à
l'empereur Tibère. C'est une immense cuvette d'eau douce bloquée
entre deux chaînes de montagne et située à plus de 200 m
en-dessous du niveau de la mer Méditerranée. Ce lac constitue
pour la région la principale ressource économique. Il collecte
tous les petits ruisseaux des monts environnant et est traversé
dans l'axe Nord / Sud par le fleuve du Jourdain. Autour de nombreuses villes sont présentes dont Magdala, la cité d'enfance de Marie-Madeleine. |
|
Les lettres décalées vers le bas x
De même que des lettres sont décalées vers le haut, d'autres sont décalées vers le bas. En examinant la calligraphie en détails, quelques lettres apparaissent effectivement légèrement plus basses que d'autres. Le premier caractère repérable est à la ligne 4 et le dernier à la ligne 15.
L'ensemble de ces caractères forment les mots PANIS SAL (Pain Sel) mais aucune signification satisfaisante n'a pu être trouvée jusqu'à présent. |
|
Les lettres excédentaires liées au décodage x
Dès la première ligne on peut s'apercevoir qu'il existe des lettres supplémentaires insérées avec une certaine régularité. En général, elles apparaissent toutes les 6 lettres. Mais cette règle n'est pas appliquée systématiquement. La fréquence peut varier entre 5 et 7 lettres.
Au total, on dénombre 140 lettres excédentaires (police rouge), ce qui donne le résultat suivant, réparti sur les 20 lignes :
Pour poursuivre la démonstration du décodage du parchemin, il est nécessaire de prendre en compte les deux modes opératoires suivants :
Ces opérations étant effectuées, on peut alors continuer la démonstration >> Décryptage du grand parchemin |
|
La signature La signature est la partie du parchemin la plus mystérieuse. Elle fut longtemps soupçonnée comme étant un ajout de Pierre Plantard du fait de la présence du mot SION à l'envers. Mais il faut reconnaître que si l'intention était de suggérer ce nom pourquoi alors avoir remplacé le O par ө (Thêta) ? Cet idéogramme rappelle aussi une rose des vents avec le Nord en haut. |
|
|
Le texte de bas de
parchemin Sous la signature, deux lignes supplémentaires viennent terminer le parchemin. Mais le style est différent et la phrase n'est pas issue de l'évangile de Jean. Les mots sont séparés par des points et deux croix pâtées. |
|
L'expression latine peut se traduire par:
"Jésus, remède pour nos peines et
unique espoir pour nos repentirs. Mais le plus étonnant est que l'on pouvait retrouver l'exacte formule latine sous l'autel et le bas relief Marie-Madeleine, sur une plaquette de bois. Malheureusement cette dernière fut volée. |
|
Noël Corbu montrant le bas-relief Marie-Madeleine sous l'autel de l'église de Saunière.
La plaquette de bois visible au-dessous et portant l'inscription en latin. Elle disparut quelques années plus tard. |
|
Les autres anomalies Depuis le début elles n'ont intéressé aucun chercheurs puisqu'elles ne rentrent pas en compte dans le décryptage. Pourtant ces anomalies sont bien présentes. Soient elles sont destinées à établir un rideau de fumée pour mieux dissimuler le code, soit elles ouvrent d'autres clés qu'il faut découvrir. Voici la liste de ces anomalies :
4
caractères
supplémentaires n'interviennent pas dans le décodage :
10 lettres sont manquantes :
28 caractères sont mis à la place d'une lettre et en dessous les 28 lettres remplacées (Le Z est inversé) :
A Z L L R R R I I E T A A M X D X J C B P F C Ω E X N H B Z B B S L I U S U E O I S A A S I E G T T E A A N V L
Attention : Compte-tenu de la calligraphie onciale utilisée, les T et les I peuvent être confondus. |
Le Codex Bezae a t-il servi d'origine ?
| Il existe dans le
Codex Bezae
une page de Jean équivalente au grand parchemin et de
nombreux chercheurs pensèrent tenir enfin la version d'origine
comme dans le cas du petit parchemin. Mais il faut bien admettre que le
texte de Cantabrigiensis diffère beaucoup en commençant par le
premier mot JESUS dans le grand parchemin et qui se
retrouve IHS dans le Codex Bezae. Les césures des phrases
sont très différentes, des mots et des expressions sont
inversées. En conclusion la version du Codex Bezae est encore
plus éloigné que la célèbre Vulgate qui sert aujourd'hui de
référence. Il y a donc peu de chance pour que nous soyons en présence de la réelle source du document mais il existe beaucoup d'autres codex... |
|
Pour découvrir la version complète :
Codex Bezae Cantabrigiensis Version London : C. J. Clay and Son, 1899 (Identifiant : any / MP : any)
La page originale du
petit parchemin se
trouve dans les évangiles de : La page équivalente au
grand parchemin se
trouve dans les évangiles de Jean : |
|
|
|
Copyright © - Tous droits réservés - Jean-Pierre Garcia - http://www.rennes-le-chateau-archive.com |