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Rennes-Le-Château ou l'histoire d'un grand secret |
Le Codex Bezæ - De quoi s'agit-il ?
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Au hasard de mon enquête sur Rennes-Le-Château, il arrive que certaines recherches suggérées par d'autres passionnés aboutissent à des coïncidences qui n'en sont plus. C'est le cas du Codex Bezæ que je livre à vos réflexions. C'est suite à la publication de l'étude du petit parchemin qu'un étudiant allemand de l'université de Brême, Wieland Willker, me contacta en 2004 pour me signaler que les parchemins dits de Saunière n'étaient que des faux et qu'il en détenait la preuve. Fort de ces constatations, je m'empressais d'étudier une certaine page d'un vieux manuscrit "Le Codex Bezæ" d'où aurait été extrait le texte du petit parchemin. Si cette analyse prouve bien son origine, contester son authenticité est aujourd'hui impossible à cause de quelques détails bien gênants qui sont passés volontairement sous silence dans sa démonstration. Nous connaissons de nos jours plusieurs écrits bibliques plus ou moins bien conservés, et plus ou moins anciens. Les Manuscrits de la Mer Morte, découverts à Qumrân en 1947sont les plus connus car les plus anciens puisqu'ils sont sans doute antérieurs à l'ère chrétienne. Mais il existe d'autres anciens manuscrits bibliques découverts avant 1947 et postérieurs à l'ère chrétienne tout aussi intéressants. Le Codex Bezæ est l'un d'eux, puisqu'il daterait du IVe ou du Ve siècle après JC, ce qui est notamment confirmé par la forme de l'écriture onciale. Ceci permet d'affirmer que le Codex Bezæ est un ouvrage particulièrement intéressant puisqu'il est antérieur au nouveau testament. |
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Son histoire
Le Codex Bezæ tient son nom de Théodore Beza (1519-1605), théologien français protestant, ami et successeur de Calvin, et de l'université de Cambridge qui a obtenu l'ouvrage comme cadeau en 1581. En effet le manuscrit fut envoyé par Théodore Beza (de Bèze) à l'université alors qu'il l'avait eu sous sa sauvegarde en 1562 durant les guerres de religion. L'ouvrage devint ainsi connu sous le nom " Codex Bezae Cantabrigiensis"
Théodore Béza fut un grand personnage du courant protestant Calviniste |
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Qui était Théodore Béza ?
Théodore de Bèze naquit en 1519
en Bourgogne. Très vite il se tourna vers la
Réforme mais n'adhéra pas complètement jusqu'à une grave
maladie. Après avoir suivi des
cours de juriste il occupa 10 ans un poste de professeur
de grec à l’Académie de Lausanne. Puis en 1558,
il se rendit à Genève pour devenir directeur de
l’Académie de Genève en 1559. |
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Théodore Beza écrivit dans la lettre accompagnant son cadeau à l'université de Cambridge que le manuscrit fut retiré du monastère St Irénée de Lyon, pendant le sac de la ville en 1562. A cette date Lyon était saccagé par les Huguenots et sans la mise à l'abri du précieux livre, celui-ci aurait probablement fini dans les flammes. Il poursuivit en révélant que le Codex Bezæ était resté certainement très longtemps dans le monastère car il était couvert de poussière. D'autre part il fut restauré par les ateliers de Florus à Lyon au IXe siècle. Nous savons aujourd'hui que le Codex fut amené au concile de Trente en 1546 par l'évêque de Clermont d'Auvergne dans le but de confirmer une variante latine de Jean (21,22) dont l'original grec ne se lisait que dans cet exemplaire. Théodore Beza écrivit également dans sa lettre que le manuscrit proviendrait de la France méridionale autour du début du VIe siècle. Il est vrai que les églises à Lyon et dans le Sud ont maintenues longtemps le Grec dans leur liturgie. Mais des annotations concernant seulement le texte grec ont été retrouvées dans le manuscrit et dateraient du IXe au XIe siècle prouvant ainsi que le Codex fut utilisé dans une église pratiquant uniquement le rite grec. Or entre le IXe et le XIe siècle le rite grec était pratiqué uniquement en Italie méridionale. Ces indications nous donnent juste un indice sur le voyage du manuscrit et non sur son lieu de naissance. Il fut ensuite édité par F.H. Scrivener en 1864 puis reproduit en fac-similé en 1899 par l'université de Cambridge. Un bulletin d'études lui a été consacré au début du XXe siècle, puis le colloque de Lunel en 1994. Les Éditions Vaticanes en ont assuré ensuite la réédition en 1996 en approfondissant la transcription latine. Le manuscrit est maintenant conservé à la bibliothèque de l'Université de Cambridge. |
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Le Codex Bezae
Cantabrigiensis, appelé également codex de Bèze,
répertorié sous le sigle D05, est l'un des 5
plus importants Nouveaux Testaments grecs, et
certainement le plus intéressant au niveau de son contenu.
L'ouvrage est constitué de textes bilingues grec et latin. Il contient les 4 Évangiles de Matthieu, Jean, Luc et Marc, et précédée d'une lacune, se trouve la troisième épître de Jean, suivie des Actes des Apôtres. L'état du livre montre un espace entre les évangiles et les actes. Avec les vieilles versions latines antérieures à la Vulgate, il constitue le texte dit “ Occidental ” |
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Il faut noter que seul l'évangile de Luc
est complet. D'une calligraphie élégante, les Évangiles se
lisent dans un ordre propre sur 406 folios (534
originellement) rythmés de 33 lignes au recto et au
verso. Le grec est écrit en larges onciales sur la page de
gauche, avec la traduction latine sur celle de droite.
Certains passages entre parenthèses comportent une écriture du Xe siècle. Le manuscrit a peu retenu l'attention des milieux scientifiques dans la mesure où ceux-ci n'ont assuré qu'une traduction partielle (Les Actes). |
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Sa datation admise de nos jours
Après 1864, il était reconnu que le manuscrit devait dater du début du VIe siècle, mais de nos jours le Codex Bezæ est plutôt daté du 1er quart du Ve siècle comme le montre l'étude paléographique des textes. Cette date, qui marque la période à laquelle le manuscrit aurait été constitué, correspond à une effervescence à Lyon avec l'édification des basiliques des 2 nécropoles voisines des martyrs St Irénée et St Just. Mais il est certain que le scribe qui effectua la copie avait sous les yeux un texte plus ancien que les grands onciaux du IVe siècle sur lequel se base le texte standard, plus ancien que les papyri de la collection Bodmer et qui remontent à la fin du IIe siècle ap JC. La calligraphie du Grec est plus hésitante que celle du Latin, ce qui montre aussi que le copiste ne pratiquait pas le grec habituellement. D'ailleurs ce grec respecte une phonologie ancienne proche du Ier siècle qui n'était plus pratiquée alors. Si la confection du livre n'est pas antérieure au Ve siècle, le texte grec copié est très ancien, et en ce qui concerne l'évangile de Luc probablement le plus ancien. Le Codex Bezae est sans doute le texte le plus ancien des évangiles que l'on connaisse. Il est la copie d'un autre texte plus ancien dont on retrouve la trace par Justin, martyrisé vers 165 à Rome, et Irénée qui arriva à Lyon en 170 après avoir été disciple de Polycarpe. |
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Mais quel peut être le lien entre un vieux manuscrit du IVe siècle sauvé en 1562 et le petit parchemin ? Si l'on cherche 4 versets du chapitre V de l'Évangile de Luc, dans leur traduction latine du Codex Bezæ, il est remarquable d'y retrouver le passage pratiquement intégral du petit parchemin dit de Saunière ! |
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| Serions nous en présence de la version originale ? Cet évangile aurait-il servi de base à l'élaboration d'un document codé de grande intelligence ? Ou tout simplement, serait-il un indice démontrant que le petit parchemin n'est qu'un extrait d'un texte biblique célèbre, prouvant ainsi une supercherie montée par Pierre Plantard et Philippe de Cherisey ? Le problème est donc posé. |
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Pour découvrir la version complète :
Codex Bezae Cantabrigiensis Version London : C. J. Clay and Son, 1899 (Identifiant : any / MP : any) La page originale se trouve dans les évangiles de : Luc V 38 - 17.9, à la page 396 |
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Étude comparative
La coïncidence est en tous cas suffisamment importante pour mériter une analyse approfondie. |
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| Si l'on compare l'original avec le parchemin, on peut remarquer, outre la disposition de certains mots, quelques différences, repérées en jaune ci-dessous: |
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A toutes ces modifications il faut ajouter les symboles graphiques comme les 3 croix, la signature PS, le Alpha Oméga, quelques accents et quelques points. Enfin, et c'est ce que l'on remarque en premier, la césure des mots et des lignes qui n'est pas la même, ainsi que certains espaces. |
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Les versets
Une information importante que l'on peut tirer du Codex Bezæ est la construction exacte des versets qui sont au nombre de 4 : |
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(Fin du verset 1) ET FACTUM EST EUM
IN SABBATO SECUNDOPRIMO ABIRE PER SEGETES DISCIPULI AUTEM
ILLIUS COEPERUNT VELLERE SPICAS ET FRICANTES MANIBUS
(Verset 2) MANDUCABANT QUIDAM AUTEM DE FARISAEIS DICEBANT EI ECCE QUID FACIUNT DISCIPULI TUI SABBATIS (Verset 3) QUOD NON LICET RESOPONDENS AUTEM IHS DIXIT AD EOS NUMQUAM HOC LEGISTIS QUOD FECIT DAVID QUANDO ESURIIT IPSE ET QUI CUM EO ERAT (Verset 4) INTROIBIT IN DOMUM DEI ET PANES PROPOSITIONIS MANDUCAVIT ET DEDIT ET QUI CUM ERANT QUIBUS NON LICEBAT MANDUCARE SI NON SOLIS SACERDOTIBUS |
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Or, à chaque fin de verset, correspond une
croix dans le petit parchemin. Voici donc la signification
première de ces 3 croix. Ceci ne remet pas en cause
leurs dispositions qui est à la base de
propriétés géométriques étonnantes.
A ce stade, nous pouvons déjà affirmer que le petit parchemin trouve bien son origine dans le Codex Bezae. Il existe trop de similitude. Mais cette copie ne ressemble pas du tout à celle d'un mauvais latiniste. Les erreurs sont intentionnelles puisque qu'une erreur de retranscription n'engendre pas l'ajout d'un mot entier comme UXUθ ou le remplacement d'un mot comme DIXIT par SETXTT. Il reste donc une question cruciale. Le petit parchemin est-il un authentique document construit après 1581, date où le Codex Bezae fut révélé à Cambridge, ou un faux élaboré par Pierre Plantard et Philippe de Cherisey ? La vérité est sans aucun doute au milieu. Car tout ceci n'enlève en rien le fait que ce petit parchemin dans la version que nous connaissons aujourd'hui fut certainement un peu manipuler pour insérer quelques notions qui arrangeaient bien Plantard et Cherisey, comme par exemple les lettres décalées vers le haut pour former " A DAGOBERT II ROI ET A SION...". Mais on peut affirmer aujourd'hui que le parchemin est trop complexe pour être l'oeuvre de Philippe de Cherisey. Calquer un vieux document et déplacer quelques lettres pour suggérer une phrase est relativement simple, mais concevoir un parchemin complet et cohérent avec le reste de l'énigme est autrement plus difficile. D'autant qu'il existe des détails gênants qui empêchent le scénario d'un simple copiste. Voici pourquoi ce document fut si souvent remis en question. Il comporte un fond véridique et codé avec une extrême intelligence et une partie manipulée plus récente. |
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Pas si simple...
Courant 2005, un fac-similé de la fameuse page 186 du Codex Bezae fut découverte dans un ouvrage biblique plus récent, le "Dictionnaire de la Bible" rédigé par Fulcran Vigouroux à Paris en 1895.
Cette découverte a remis en ébullition les chercheurs dont certains ont vu dans ce livre la preuve irréfutable du faux petit parchemin. En effet, si le fac-similé "Luc V, 38-17.9" du Codex Bezae se trouve dans un ouvrage plus récent, la thèse qu'un faussaire ait pu l'utiliser devient plausible.
Mais ce n'est pas si simple. Un détail va effectivement remettre ce raisonnement aux orties. Si l'on observe le texte du Codex Bezae, le premier verset du petit parchemin est marqué par un crochet très net marquant ainsi le point de départ de l'extrait. Si faussaire il y a, il n'a donc pu utiliser le " Dictionnaire de la Bible" de 1895, puisque cette délimitation était déjà présente dans la version du Codex Bezae plus ancienne de Cambridge.
Nous revoilà donc au point de départ. Qui a posé cette marque sur l'exemplaire du Codex Bezae archivé à Cambridge et quand ? |
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Qui était Fulcran Vigouroux ?
Fulcran Vigouroux (1837-1915) était Sulpicien. De 1868 à 1890 il se chargea de donner des cours d'écriture Sainte au Séminaire de Saint Sulpice. Ses cours étaient réservés à une vingtaine d'élèves à la fois connaissant déjà l'hébreu. L'enseignement qu'il procurait était d'une extrême érudition, n'hésitant pas à travailler sur les aspects grammaticaux ou comparatifs entre les différentes langues grec, latin et hébreu. C'était un aussi défenseur de l'interprétation traditionnelle de la Bible. Curieusement son approche traditionnelle était menée en parallèle des avancées archéologiques et historiques, comme s'il était convaincu que les progrès techniques allait conforter les récits bibliques. Il publia en 1880 deux premiers volumes du « Manuel Biblique » qu´il composa après 10 ans d´enseignement. En 1890, il quitta Saint-Sulpice pour venir à l'Institut Catholique de Paris pour poursuivre ses cours d´Écriture Sainte, et plus particulièrement l´étude de l´Ancien Testament.
En 1903, Fulcran Vigouroux partit pour Rome, où il fut nommé secrétaire de la Commission pontificale pour les Études bibliques, créée par le Pape Léon XIII, le 30 octobre 1902.
Le Dictionnaire de la Bible qu'il publia en 5 volumes de 1891 à 1912, est un monument d´érudition, mais qui est curieusement éloigné de ce qu´enseignent les Livres saints. Cet ouvrage contient une énorme quantité d'informations géographiques, archéologiques et botaniques, relatives à la Bible. Fulcran Vigouroux était aussi d'une extrême rigueur. Il vérifiait durant des heures chaque page produite par ses collaborateurs, dont le plus célèbre était Jacques Thomas.
Quelle étrange année que celle de 1891. Alors que le Dictionnaire de Vigouroux sortait, Bérenger Saunière qualifiait cette année dans un collage : "L'année 1891 portée dans l'éternité avec le fruit dont on parle ci-dessous". Il est vrai que l'on retrouve ce nombre fétiche sur le pilier inversé "MISSION 1891" ou sur le porche de l'église de Rennes-Le-Château... |
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Le mystère du crochet
Sur toutes les versions connues et même la version fac-similé du manuscrit de Cambridge, il existe un mystérieux crochet " [ " sur la page latine de LUC V 38-17.9 marquant ainsi une césure qui est exactement le démarrage du texte du petit parchemin "ETFACTUM...". |
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Comment ce petit crochet a t-il pu se
retrouver sur toutes les versions connues dont celle du
dictionnaire de la bible de Fulcran Vigouroux en 1891
?
Autre fait d'importance. Le frère Lazariste Jean Jourde (1852-1930), révélé par Frank Daffos dans son livre "Le puzzle reconstitué" fut l'élève de Fulcran Vigouroux qui enseignait au séminaire de Saint Sulpice. Jean Jourde, dont on connaît aujourd'hui l'importance qu'il eut dans cette affaire, connaissait donc parfaitement le Codex Bezae qui se retrouva dans le Dictionnaire de la Bible en 1891... Serait-il l'auteur de ce mystérieux crochet et donc le codeur mystérieux du petit parchemin ? |
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Un numéro de page terriblement évocateur
Il faut tout de même saluer l'ingéniosité du codeur qui choisit justement pour extraire son texte latin la page 186 du Codex Bezae. Tout un symbole puisque ce 186 en l'inversant donne 681, nombre de Rennes-Le-Château que l'on trouve par exemple dans la phrase issue du grand parchemin : "BERGERE PAS DE TENTATION QUE POUSSIN... PAX 681..." |
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Un texte latin qui rappelle Boudet
Comment ne pas penser au mot "blé" que Boudet cite 32 fois dans son livre " La vraie langue celtique" lorsque l'on lit ce texte de Saint LUC ? Ce passage où Jésus et ses disciples parcourent des champs de blé le jour du sabbat, nous renvoie immanquablement aux allégories de Boudet sur sa céréale précieuse... Encore une coïncidence qui n'en est sûrement pas une... |
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Un superbe anagramme codé
Si on observe la page latine, 3 lignes sont nettement décalées vers la gauche d'une lettre. Or sur la page équivalente grec le même décalage est visible. |
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Une fois les caractères décalés isolés, nous avons la série de lettres suivantes :
A K E R E D I
Il est alors très facile de voir les mots :
A R K E D E I
que l'on pourrait rapprocher de ARCHE DIEU ou plus exactement l'Arche de Dieu. Mais pour cela il faudrait que le K grec se transforme en CH latin
Or il faut savoir que lorsque la racine grecque est indirecte (le mot français provient de la transposition latine du mot comportant un khi) le CH se prononce CHE comme dans : archives, architecte, archevêque, monarchie, etc.
A l'inverse, quand la racine grecque est directe, le CH se prononce KE comme dans : orchestre, archéologie, psychiatre, psychologue, chiromancie…)
On peut donc envisager la traduction :
A R CH E D E I Arche de dieu
Pure coïncidence ? Peut être. Mais alors, pourquoi a t-on décalé ces 3 lignes ? |
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Voici donc que l'affaire du petit
parchemin se complique nettement. Si on admet qu'un crochet
put être très facilement tracer par l'auteur du codage,
décaler 6 lignes sur 2 pages du Codex Bezae
de Cambridge devient l'oeuvre d'un magicien.
Nous avons donc 4 coïncidences extraordinaires sur 2 pages. Avouons qu'il devient très difficile d'affirmer qu'il n'y a aucun codage... |
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Que peux t-on en conclure ?
Si l'on se base sur des faits objectifs, il est indéniable que le petit parchemin est issue du Codex Bezæ, ou du moins, est issue d'une copie très proche. Il est certain également que des modifications ont été apportées. Certains diront qu'il s'agit de la maladresse du copiste ou de sa non connaissance des lettres anciennes. Mais cette explication n'est pas satisfaisante. Si certaines transcriptions peuvent s'apparenter à une erreur comme ILLIUS se transformant en ILLTRIS, que dire alors de DIXIT qui est remplacé par SETXTT ou de l'ajout délibéré de mot comme UXUθ ou REDIS BLE. Et tout ceci sans tenir compte des particularités géométriques. Si l'on ajoute à ceci les coïncidences extraordinaires, un évidence s'impose. Nous avons à faire à un document très complexe qui n'a pas été choisi par hasard dans le Codex et qui n'est certainement l'oeuvre d'un copiste maladroit. Le petit parchemin a été conçu dans un but précis qui reste une énigme aujourd'hui. La thèse du faux est séduisante car elle permet d'occulter facilement les sujets sans réponses, alors qu'étudier un document sur une hypothèse d'authenticité est autrement plus difficile... Le petit parchemin est à la base un texte authentique qui a été extrait du Codex Bezae pour attirer notre attention et amener un codage. Il faut l'admettre sans se voiler la face. |
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