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Le mystère de Shugborough Hall

Rennes-Le-Château ou l'histoire d'un grand secret

 

Shugborough Hall

 


Shugborough Hall dans le comté de Staffordshire en Angleterre

 

Shugborough Hall est une somptueuse maison dans la pure tradition britannique du 18ième siècle. Elle est située au milieu de la campagne anglaise dans un splendide jardin à la française. Elle abrite aujourd'hui un musée familial que l'on peut visiter, et où l'on peut admirer une superbe collection de peintures, des mobiliers et des objets du 18ième siècle.

 


Shugborough Hall - Vue arrière des jardins


Shugborough Hall - La maison chinoise

 

Mais cette demeure cache un secret connu depuis longtemps par les passionnés de Rennes-Le-Château, et mis en valeur actuellement par la publication et la forte médiatisation du roman de Dan Brown "Da Vinci Code"

 

Au fond des jardins de Shugborough Hall, un monument discret et mystérieux se cache.

C'est le monument des bergers, appelé également "Les bergers d'Arcadie de Shugborough".


Le monument des bergers

 

Moins connu que la version peinte par Nicolas Poussin, les Bergers d'Arcadie  se trouve donc également de l'autre côté de la Manche, dans le comté de Staffordshire en Angleterre.

Le thème y est représenté en relief mais inversé dans le sens horizontal comme dans un miroir. Comme d'habitude, l'inversion est un procédé favori que l'on retrouve sur toute l'affaire de Rennes-Le-Château.

Le monument a été commissionné par l'amiral Lord Anson au 18ième siècle.


Le monument des bergers dans
les jardins de Shugborough Hall

 

 

La scène, inversée et en relief, présente quelques divergences par rapport à l'original de Nicolas Poussin. Le paysage de Rennes-Le-Château au fond n'est plus visible, et le tombeau semble être matérialisé par un luxueux cercueil posé sur un promontoire pyramidale.  Les positions des personnages, des mains, et l'angle des bâtons sont identiques.

Un détail intéressant est celui du doigt du berger barbu. En effet, bien que  la scène soit inversée, le berger nous montre, aussi bien dans la version de Poussin que dans celle de Shugborough, le R de ARCADIA, et ceci malgré les dispositions différentes du texte par rapport aux personnages.

 

 

Mais le plus curieux est certainement l'inscription qui se trouve au bas du monument. Celle-ci est restée jusqu'à présent sans explication, ce qui a bien sûr au fil du temps généré de nombreuses légendes.

Mais fin 2004, un chercheur a présenté un travail intéressant, sans doute dynamisé par le succès médiatique du Da Vinci Code (J'y reviendrais par ailleurs). Et pour bien comprendre le contexte de la recherche, voici donc résumé ce que l'on connaît sur ce mystère.

 

L'inscription énigmatique sous les bergers

 

La famille Anson

 

Son histoire

Avant tout, il faut savoir que le monument des bergers étant situé en Angleterre, toutes les légendes nées de ce lieu sont imprégnées de la culture anglo-saxonne. Voici donc pourquoi, pendant de nombreuses années l'une des légendes prétendait que les 10 lettres D. O.U.O.S.V.A.V.V. M. désignait l'endroit où serait cacher le Saint Graal, mythe très répandu en Angleterre.  Le message énigmatique a d'ailleurs fait l'objet de nombreuses recherches par des spécialistes du chiffrement de la 2ième guerre mondiale.

Shugborough Hall est une majestueuse demeure imprégnée de 300 ans d'histoire par la famille Anson. Construite au 17ième siècle et située dans le comté de Staffordshire, elle a appartenu de façon héréditaire aux comtes de Lichfield (Anson). La maison a été agrandie en 1750 puis au 19ième siècle. Actuellement le domaine est géré par le Patrimoine National, ce dernier étant financé par l'aristocratie britannique.

 


Shugborough Hall - Vue arrière

 

Tout commença donc en 1624 ou un certain William Anson acheta Shugborough qui était un ancien évêché pour la somme princière de £1000. Mais en 1693 son petit-fils appelé William détruisit le manoir existant pour  construire une nouvelle maison qui est devenu aujourd'hui la partie centrale du bâtiment.  Mais se seront ses arrières petit-fils Thomas et Georges Anson qui seront responsables des plus grandes modifications.

 

En 1720, Thomas Anson (1695-1773) hérite de la maison et il est passionné d'art classique, d'ailleurs très influencé par ses voyages en Europe.

 

En 1730, Thomas Anson accéda au titre de collégien de la société royale. Ses parrains furent William Jones (mathématicien) et Zachary Pearce (vicaire). En 1732 Thomas Anson et Lord Sandwich fondèrent le Dilettanti Society pour promouvoir l'étude de l'ancien grec et des monuments. Thomas fit ensuite de nombreux voyages vers 1740 (Alexandrie, le Caire,...)

 

Son frère George Anson (1697-1762) eu une toute autre destinée.

George Anson est un personnage mystérieux. il rejoignit la navy à l'age de 14 ans et passa 15 ans sur un navire. Il devint capitaine de son propre bateau en 1724 à l'age de 27 ans . En 1747 il fut promu Lord Anson et après de longues années (1740 -1744) et un long voyage épique autour du monde, il devint 1er Lord de l'amirauté en 1751. Cette nomination, il la doit grâce à une célèbre bataille navale qu'il gagna contre le navire espagnol "Notre dame de Covadonga" au cap Finistère. De son voyage il ramena de nombreux objets dont des précieux vases chinois visibles aujourd'hui.

 

Mais sa fortune, il la devra grâce à la capture d'un galion espagnol et de son trésor s'élevant à 400 000 Livres. C'est cet épisode qui rendra définitivement la famille riche.

George Anson fut également remarqué en Nouvelle Ecosse (Canada), au cours de l'un de ses voyages, où il mis en échec et saisit plusieurs bateaux français.

Ce fut en héros qu'il retourna à Shugborough Hall en 1744. L'argent qu'il ramena servit à reconstruire Shugborough Hall et les monuments des jardins.


L'amiral George Anson

 

En 1745 la restauration de Shugborough commença et 2 pavillons furent ajoutés de chaque côté de la maison par l'architecte Thomas Wright, ce qui donna un style très Georgien. En 1747 Thomas Anson fut élu membre du parlement pour Lichfield. C'est à cette époque que commença à circuler des bruits sur l'appartenance des frères Anson à une société secrète "Bungalow". En 1748, George Anson se maria à Lady Elisabeth Yorke (fille de Philippe Yorke, Lord chancelier Hardwick).

 

C'est Thomas Wright, architecte et astronome, qui en travaillant à Shugborough Hall dessina le monument des bergers.

Ce dernier fut commissionné en 1748 par James Stuart et réalisé par Peter Scheemakers.


Les armoiries de Shugborough

 

Le poème

George Anson et Elysabeth Yorke n'eurent pas d'enfant et c'est Thomas Anson qui hérita de la fortune. A la mort de George Anson en 1762, une cérémonie eu lieu au Parlement au cours de laquelle un long poème fut lu à voix haute par des amis à lui. Ce poème composé par Dr Sneyd Davies est constitué d'une strophe donnant ceci:

 

“Upon that storied marble cast thine eye.
The scene commands a moralising sigh.
E’en in Arcadia’s bless’d plains,
Amidst the laughing nymphs and sportive swains,
See festal joy subside, with melting grace,
And pity visit the half-smiling face;
Where now the dance, the lute, the nuptial feast,
The passion throbbing in the lover’s breast,
Life’s emblem here, in youth, and vernal bloom,
But reason’s finger pointing at the tomb!”

 

Ce qui donne dans une traduction approchée:

 

"Sur ce marbre légendaire jetez votre oeil.
La scène ordonne un soupir moralisant.
Et dans les plaines bienheureuses d'Arcadie,
Parmi les nymphes riantes et les soupirants allègres,
Voie la joie festive se calmer, avec la grâce attendrissante,
Et avoir pitié de la visite le visage en demi-sourire;
Là où maintenant la danse, le luth, le festin nuptial,
La passion battant dans le sein de l'amante,
L'emblème de Vie ici, dans la jeunesse, et la floraison vernale,
Mais le doigt de la raison désignant le tombeau!"

 

Ces vers sont une allusion claire au marbre des bergers rappelant le tableau de Poussin. La scène se passe en Arcadie, paradis mythologique, où une femme amante, le visage apaisé, rend visite à un tombeau. La Vie symbolisée par la jeunesse et le printemps est opposée à la mort que désigne le doigt de la raison et les mots ET IN ARCADIA EGO

Mais qui peut-être cette femme représentée par Poussin, amante, et rendant visite à une tombe? La parabole entre cette scène et Marie-Madeleine, amante supposée de Jésus, semble saisissante.

 

Les monuments

Thomas Anson, héritier fortuné, put alors assouvir sa passion pour l'art classique. Son ami James Stuart fut commissionné pour construire 8 monuments dans le parc. Thomas collectionna également de nombreux objets, livres, sculptures, peintures. Mais une partie de sa collection fut vendue en 1842

 


La maison chinoise


Le temple de Héphaïstos

 


L'arc de triomphe
Il sert de mémorial du fait de la mort de George et Elisabeth Anson peu après sa construction

 


La tour des vents (1765)


La ruine


La lanterne de Demosthènes

Chaque monument représente une part de la vie de George Anson et l'un des 8 monuments est celui des bergers d'Arcadie...

George Anson est supposé aujourd'hui avoir appartenu au Prieuré de Sion et ce monument en serait une conséquence


Le monument des bergers


Le monument du chat

 

Coïncidences troublantes

Lorsque Thomas mourut non marié en 1773, Shugborough Hall et le nom Anson furent laissé au fils de sa soeur George Adams d'Orgreave. Il eut un fils Thomas Anson (1773-1818) qui devint vicomte en 1806. Cette même année il se maria avec Ann Margaret Coke, fille de Thomas Guillaume Coke (1er Comte de Leicester). Le nouveau vicomte Anson demanda à Samuel Wyatt de revoir l'aménagement intérieur de Shugborough, et c'est ce travail que l'on peut admirer aujourd'hui. Thomas William Anson fils du 1er vicomte Anson succéda ensuite en 1808 et devient le 2ième vicomte.

 Un fait remarquable est que le 1er Comte de Leicester fut le responsable et le collectionneur des travaux de Peter Scheemakers (auteur du monument des bergers). Mais ce n'est pas tout, Ann Margaret Coke, artiste, réalisa des copies peintes de Poussin et Téniers.

À présent le descendant de cette famille est le Comte de Lichfield, connu sous le nom de Patrick Lichfield, célèbre photographe, et qui possède un appartement à Shugborough. Sa mère est la princesse Anne du Danemark.

Dans sa collection de peintures on peut trouver une grande huile de Ann Margaret Coke qui est une copie d'une peinture de Téniers ( le St Antoine et St Paul dans le désert).

Décidemment, cette famille a suscité pendant des années énormément d'intérêt pour les mêmes tableaux que Bérenger Saunière...

 


Le salonrouge créé en 1794 by Samuel Wyatt


Le bureau d'Anson et Patrick Lichfield
Au mur l'épopée du galion espagnol et de son trésor

 

Anson et le Prieuré de Sion

 

Connexion avec le Prieuré de Sion

Mais quel peut être le lien avec l'affaire de Rennes-Le-Château, si l'on considère que la présence des bergers d'Arcadie dans ces jardins n'est pas pas le fruit d'un caprice d'artiste?

Pour comprendre l'ampleur du mystère il faut remonter en 1714, date à laquelle Charles Radclyffe, grand maître du Prieuré de Sion de 1727 à 1746, s'échappa de la prison de Newgate. Cette évasion il la doit grâce à l'aide de son cousin le comte de Lichfield.

Les Radclyffe sont une famille importante du nord de l'Angleterre. Charles Radclyffe est né en 1693 et il est le fils de la fille illégitime de Charles II et donc issue de la lignée royale. Il est le petit fils de l'avant dernier des Stuart, cousin de Charles-Edouart Stuart, et de George Lee, comte de Lichfield. Ce dernier étant un autre petit fils illégitime de Charles II. Charles Radclyffe et son frère aîné James furent jetés en prison après avoir participer à une rébellion écossaise.

 

James Radclyffe est exécuté mais Charles aidé de son cousin le comte de Lichfield parvient à s'évader et rejoint les jacobites français. Charles Radclyffe devient ensuite secrétaire personnel du jeune Charles-Edouart Stuart, prétendant au trône d'Angleterre. En 1745 Charles-Edouart Stuart débarque en Écosse pour rétablir les Stuart sur le trône d'Angleterre mais il est vaincu. Charles Radclyffe est de nouveau fait prisonnier en voulant le rejoindre et meurt en 1746 sur le billot à la Tour de Londres.


James Radclyffe 3rd Earl of Derwentwater
avec Anna Maria (Webb) Radclyffe et son enfant
(Tableau peint 1 an avant son exécution)

 

Il faut également savoir que les Stuart, durant leur passage en France, sont considérés comme les fondateurs du "rite écossais", forme très élevée de la franc-maçonnerie et ayant des rapports étroits avec des activités rosicruciennes. On pense que Charles Radclyffe contribua fortement au développement de cette forme de franc-maçonnerie. Il serait le fondateur en 1725 de la première loge maçonnique, et grand maître de toutes les loges françaises à cette époque.

Il faut noter également l'allusion que fait Bérenger Saunière à l'écosse dans son chemin de croix. Le détail se trouve sur la station VIII, un enfant est habillé dans tissu écossais.

 

Le comte de Lichfield eut donc des liens étroits avec Charles Radclyffe. Malheureusement le nom "Lichfield" et leur titre s'éteignirent, et fait étonnant, ils  furent rachetés au début du 19ième siècle par les descendants de la famille Anson qui devinrent donc comtes de Lichfield à leur tour.
C'est cet épisode qui montre que Georges Anson hérita très probablement d'un lien privilégié avec le Prieuré de Sion et qu'il fut probablement un membre respecté.

 

2004 une année fertile

 

L'énigme

Pendant 250 ans, l'inscription énigmatique D. O.U.O.S.V.A.V.V. M. exerça les esprits des meilleurs théologiens d'Angleterre, des historiens et des scientifiques, y compris Charles Darwin, Josiah Wedgwood, Charles Dickens, et, plus récemment, les spécialistes du décryptages de Bletchley.

De nombreuses légendes sont alors nées dont celle qui donnerait la clé du saint Graal, mais faute de mieux, une explication officielle vint du 18ième siècle d'une poésie écrite par Anna Seward "Le cygne de Lichfield". On y découvre 2 lignes dans lesquelles les initiales rappellent exactement l'inscription.   

 

Du nouveau en 2004

Jusqu'à maintenant la présence des bergers d'Arcadie au fond d'un jardin anglais est resté complètement inaperçu du grand public, excepté pour certains passionnés de Rennes-Le-Château.  Et c'est sans doute suite à la sur médiatisation du best seller Da Vinci Code que tout a changé en 2004. L'attrait d'un probable business a sans doute réveillé les responsables de Shugborough Hall en imaginant un curieux concours.

En mai 2004, un projet de recherche ouvert à tous, est lancé sur le décryptage du code de Shugborough et avec pour objectif de sélectionner les thèses les plus convaincantes. Ce projet est animé en collaboration avec le Bletchley Parcs, ancien centre britannique d'intelligence et de décryptage de la seconde guerre mondiale).

 

Durant 6 mois les membres du centre de Bletchley Parcs reçurent des centaines de propositions très variées (Numérologie, Nostradamus, ...). Après une analyse détaillée de chaque solution, les cryptographes experts Oliver et Sheila Lawn, 2 vétérans de la Seconde Guerre Mondiale, conservèrent 2 hypothèses qui, de leur point de vue seraient les plus sérieuses et les plus prometteuses.


Oliver et Sheila Lawn

 

Oliver Lawn, a été recruté à Bletchley Park en 1940. Mathématicien diplômé de l'université de Cambridge, il contribua au décodage de la machine Nazi Enigma. Il étudia également pendant longtemps l'inscription des bergers. Sa femme, Sheila est linguiste.

 

Une nouvelle piste ?

Le 25 novembre 2004, les experts britanniques Oliver et Sheila Lawn présentèrent 2 solutions.

La première thèse, plutôt décevante, présente l'inscription comme un message romantique consacré à une femme. Les 10 lettres correspondraient aux initiales d'une phrase latine extraite d'un poème: "Optima Uxoris Optima Sororis Viduus Amantissimus Vovit Virtutibus". Le message aurait été écrit par George Anson. Cette explication me parait plus que douteuse d'autant que le D. et le M. décalés n'apparaissent pas dans la solution.

La seconde thèse parait beaucoup plus intéressante. Elle est proposée par un chercheur américain, expert en cryptographie de l'intelligence américaine, résidant actuellement en Grande-Bretagne, et qui a voulu rester anonyme. Un grand principe de la cryptographie est de découvrir en premier lieu la clé. Or ce chercheur prétend l'avoir découverte. Elle serait visible plusieurs fois sur le monument: "1223". A partir de là, un procédé classique de substitution cryptographique aurait fait apparaître le message:

JESUS H DEFY

La lettre H latine s'apparente au khi grec correspondant à la lettre grec X et donc signifiant "Le messie".

Sa démonstration n'a malheureusement pas été dévoilée mais voici en résumé sa démarche de chercheur:

  1. Le premier travail est d'utiliser de nombreuses matrices de décryptage pour découvrir des lettres cachées dans le monument et dans la phrase ET IN ARCADIA EGO

  2. Ce travail fait apparaître les lettres SEJ et suite à une inversion miroir on obtient JES

  3. Ceci est un indice indiquant que la clé est peut être le mot JESUS

  4. En utilisant cette clé des techniques de décodage font apparaître le message "JESUS H DEFY"

  5. Si l'on considère que le résultat du décryptage donne "JESUS H DEFY" et que l'on connaît le départ "D. O.U.O.S.V.A.V.V. M." il est possible de trouver la clé numérique correspondante, ce qui donne "1223"

 

Que peut-on déduire de cette piste ?

Si l'on considère que George Anson eut des liens étroits avec le Prieuré de Sion et d'autres sociétés secrètes, ce message prend alors toute sa signification. En effet le Prieuré de Sion a toujours regardé Jésus en tant que roi terrestre et non pas comme une figure divine. La chrétienté anglaise aurait alors déclarée cette pensée comme parfaitement hérétique, et des membres du Prieuré de Sion furent d'ailleurs persécutés pour cette hérésie.
Le message JESUS H DEFY peut alors se traduire par
:

JÉSUS CHRIST, UN DÉFI CONTRE LA CHRÉTIENTÉ RÉGNANTE

Bien sûr, tant que l'étude complète du décryptage n'a pas été dévoilée il est difficile de confirmer cette thèse. D'autre part, nous n'avons toujours pas l'explication du décalage de la première lettre D. et de la dernière lettre M. par rapport au reste du message.

Pour ma part je considère que cette piste est certainement un début mais pas une fin. En effet, il serait naïf de croire que tous ces efforts pour élaborer un monument à la gloire d'un peintre français seraient uniquement destiné à cacher un message qui finalement ne révèle qu'une pensée anticléricale.   L'expérience de Rennes-Le-Château a bien souvent montré que plusieurs messages très différents peuvent être imbriqués. Il est à noter également que quelques chercheurs sont persuadés que les 7 autres monuments de Shugborough pourraient eux aussi cacher leurs secrets. Les recherches ont d'ailleurs déjà commencées... 

 

La légende du Graal au Canada

 

La légende du Graal est tenace en Angleterre mais je pense qu'il est important de rapporter ici une thèse intéressante.

Certains auteurs comme Michael Bradley et William F Mann, auteurs des livres "le Saint Graal à travers l'Atlantique" et "les chevaliers templiers dans le Nouveau Monde", sont persuadés que le monument des bergers indiquerait l'endroit du Saint Graal, relique gardée par les templiers et qui aurait été cachée en Nouvelle Écosse, c'est à dire au Canada.

Comment a-t-on pu en arriver là?

Il se trouve qu'après la dissolution des templiers en 1312, nombreux sont ceux qui ont fuit en Écosse. Certains trouvèrent refuge près de Rosslyn de Saint-Clairs dans le Midlothian. Il y a d'ailleurs un cimetière templier à cet endroit.

 

Il faut noter que la famille de Sinclair est une branche écossaise de la famille normande de Saint-Clair / Gisors. Leur domaine à Rosslyn était seulement à quelques milles des anciens sièges sociaux écossais des templiers, et la chapelle à Rosslyn, construite entre 1446 et 1486 a été longtemps associée à la franc-maçonnerie et à Rose-Croix.


La chapelle Rosslyn

 

La maçonnerie et les fenêtres de la chapelle sont remplies de référence au Saint Graal mais ceci fera l'objet d'un autre thème spécifique.

 

Cette histoire templière écossaise va se poursuivre avec un personnage curieux, un noble écossais Henry Sinclair, 1er comte d'Orkney, baron de Rosslyn, et seigneur de Shetland (1345 - 1400), qui aurait atteint les côtes de Nouvelle Écosse (Canada) en 1398, bien avant la découverte officielle du Nouveau Monde. Sa vie est entourée d'un mystère fascinant qui n'est pas encore démêlé à ce jour. Son ancêtre est un autre Henry, homonyme, Henri de Saint-Clair qui a combattu près de Godefroi de Bouillon à la prise de Jérusalem lors de la 1ère croisade.

Henry Sinclair eut beaucoup de titres mais il fut avant tout un aventurier. Au printemps 1398 il quitta l'écosse avec 12 bateaux et arriva dans la région de la Nouvelle-Écosse en mai de la même année, quelque part à proximité de l'île des chênes (Oak Island). Beaucoup sont retournées peu de temps après l'arrivée mais Henry Sinclair et d'autres restèrent pour explorer les terres.

Suite à cet épisode certains auteurs sont convaincus que la réelle mission de ce voyage était de mettre à l'abri une partie du trésor des templiers en Nouvelle Écosse, probablement sur l'île des chênes.

 

Coïncidence ou suite logique ?

Nous savons que l'amiral George Anson visita la Nouvelle Écosse entre 1740 et 1744, et il mis en échec plusieurs bateaux français sur ces côtes. La thèse défendue par certains auteurs est que l'un de ces navires vaincus par Anson dissimulait dans ses cales une partie du trésor des templiers ou une relique importante. Anson après avoir dissimulé la précieuse découverte serait retourné en Angleterre pour créer le message du Monument des Bergers.

Il est troublant de penser que dans le message ET IN ARCADIA EGO se trouve ACADIA qui est l'ancien nom français de la Nouvelle Écosse et le Nouveau Brunswick au Canada moderne, territoires saisis par les Anglais et visités par Anson. N'oublions pas que l'un des bergers pointe le doigt sur le R de ARCADIA comme pour montrer que cette lettre serait en trop...
Le code des bergers de Shugborough serait alors une instruction discrète d'aller au Canada...

 


L'ile du chêne (Oak island)
La flèche rouge indique l'emplacement du puit d'argent

 

Le puit d'argent

 

Hasard, coïncidence, ou lien important, l'île des chênes (Oak island) située dans la province de la Nouvelle Écosse au Canada cache également un secret. D'après la légende cette île conserverait un trésor inviolé.

 

Durant l'été 1795 un jeune fermier de la Nouvelle Écosse nommé Daniel McGinnis décida d'explorer l'île.  Il trouva une immense clairière avec de gros chênes et au centre une sorte de grande dépression en forme de coupole. Selon la légende, un trésor aurait été enterré du temps des pirates et de l'esclavage dans l'île.  

 

De retour avec 2 amis, le jeune fermier commença à creuser. A 1m ils rencontrèrent des dalles qui protégeaient le dessus en forme de cercle, puis des pierres. 3m sous les pierres, ils découvrirent des écorces de chênes, puis des pierres et ainsi de suite. Épuisés, ils abandonnèrent.

Plus tard, de nombreux chercheurs vinrent explorer le site et les expéditions coûtèrent des millions de dollars. On déplora d'ailleurs 6 morts suite aux fouilles. Voila pourquoi cet endroit est appelé "le puit d’argent", non pas parce qu’il contient de l’argent mais plutôt a cause du gouffre financier qu'il représente.

 

En 1803 on découvrit qu’à 30m de profondeur le puit c’était rempli d’eau. 50 ans plus tard, une autre expédition découvrit qu'en fait le trou était raccordé au rivage par un système de drain et de tunnel. Les travaux n'avaient fait que détruire la barrière qui empêchait l’eau de mer d’y pénétrer.


Le puit d'argent

 

Plus tard, d'autres expéditions continuèrent le forage.

en 1849, le forage montra des couches multiples de produits différents comme de la fibre de charbon de bois, du mastic et de la noix de coco. A 30m, une plateforme fut découverte contenant des coffres en chêne avec des pièces de métal. Mais les découvertes ne s'arrêtèrent pas là.

en 1897, on constata qu'il y avait, au-dessous des coffres de chêne, des couches de bois et de fer, une couche de 10m d'argile bleu (un mélange imperméable à l'eau fait d'argile, de sable et d'eau), puis à 46m une chambre forte en ciment de 2m et une barrière de fer à 51m. A ce niveau, on trouva les restes d'un parchemin déchiré et même une pierre, perdue depuis, avec des inscriptions curieuses.

 


Les inscriptions énigmatiques retrouvées sur une pierre à 54m

 

En 1970 le groupe Triton alliance arrivèrent sur l'île et commissionnèrent une étude géologique complète du secteur en utilisant des associés de Golder de Toronto, une  société importante en géologie.

 

En 1971 on fit descendre une petite caméra dans le puits jusqu'à 80m. Les images montrèrent des restes de mains humaines bien conservées par l’eau de mer mélangée avec de l’oxygène d’eau douce.

Il est clair que la technologie utilisée pour construire ce puit dépasse les simples moyens de quelques pirates...


Le puit

 

Malheureusement, les travaux affaiblirent l'entourage du puit et une énorme dépression se forma. Le dernier forage s'effondra vers l'intérieur, et actuellement le groupe Triton demande au gouvernement canadien un prêt de 12 millions de dollars afin de permettre la poursuite des excavations.

 

Voilà maintenant 200 ans que le puit d’argent brave les chercheurs de trésor...

 

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