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Rennes-Le-Château ou l'histoire d'un grand secret |
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Il existe, parmi les sujets de recherche
sur Rennes-Le-Château, des thèmes récurrents. La
problématique des méridiens revient régulièrement. A la fois
simple et complexe, cette notion est de manière évidente
liée à l'énigme. Mais leurs histoires touchent aussi
d'autres domaines comme l'alchimie, l'occultisme ou les
alignements topographiques. De plus, de nombreuses erreurs
perdurent régulièrement comme le fait de croire que le
Méridien 0 traverse exactement
le tombeau des Pontils, ou que la cathédrale
de Bourges se trouve exactement dans le méridien de
l'église Saint-Sulpice
de Paris. On peut même lire parfois que la petite chapelle
de
Jean Cocteau serait placée sur ce même méridien alors
qu'elle est située à plusieurs kilomètres. Ces erreurs colportées par beaucoup d'auteurs entraînent inévitablement des confusions difficiles à corriger avec le temps. Tout ceci dénote une tradition culturelle qui s'est propagée sous la forme de croyance, année après année et sans aucune vérification à la base. Ce thème ne se veut pas parfait, ni exhaustif. Le sujet est bien trop complexe. Il essaie néanmoins de démystifier certains préjugés et de tordre le coup à certaines vérités tenaces. Il n'en demeure pas moins que le sujet reste rempli de mystères. Mais comme souvent, il n'est pas là où on l'attend. Se serait bien trop simple... L'étude des méridiens est composée de 2 volets :
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| Le méridien
de Saint Sulpice est né d'un instrument astronomique
particulier, le
gnomon, installé à
l'église Saint Sulpice de Paris.
Il fut construit à la demande de Jean-Baptiste Languet de Gergy
(1675-1750), curé sulpicien
à partir de 1737. Son objectif
officiel était de déterminer l'équinoxe de mars et ainsi, la
date exacte de Pâques. En effet, cette fête chrétienne qui
commémore la Résurrection du Christ, doit être célébrée
le dimanche suivant la première pleine lune, après l'équinoxe de
printemps, entre le
22 mars et le 25 avril. C'est entre autre pour
cette raison que le méridien prit plus tard un sens ésotérique.
Cette ligne particulière faite de laiton et que l'on nomme aussi
"Ligne Rose" ou "Rose Line" a donc un rapport
étroit avec la Résurrection de Jésus. En langage des oiseaux, le Méridien de Paris, du fait de sa couleur cuivrée et rouge a donné aussi les noms : "Rousse Ligne", voire "Roux Sillon" (Languedoc Roussillon). Le nom "Rose ligne" amène aussi à Roseline qui est le prénom de Sainte Roseline, fêtée le 17 janvier en même temps que la fête de Saint-Sulpice. |
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La particularité du gnomon de Saint Sulpice est que celui-ci mesure la hauteur du soleil à midi en projetant sur le sol puis sur un obélisque, l'image du soleil. Chaque jour ensoleillé, un cercle de lumière apparaît donc à midi sur cette bande de laiton et s'étale au fil des jours sur toute la longueur du transept.
La ligne est donc très précisément orientée nord-sud et elle symbolise un méridien de midi. A ne pas confondre avec un autre ancien méridien, celui de l'Observatoire de Paris qui est lui l'ancien Méridien de Paris (Méridien 0).
La Ligne Rose passe par la croisée du transept et correspond au méridien de longitude :
2° 20' 05.49" E |
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| Il existe un autre
méridien que l'on confond souvent avec celui de Saint-Sulpice
ou avec celui de l'Observatoire de Paris, c'est celui qui
passe par la cathédrale de Bourges. Il est vrai que cette
méridienne a aussi de quoi étonner. Non seulement elle est
également matérialisée par une bande cuivre, mais elle est
proche de la Ligne Rose de Saint-Sulpice (4908 m) et donc
du Méridien de Paris.
Une autre particularité est que Bourges est liée à l'église Saint Sulpice puisque Saint Sulpicius, était archevêque de Bourges au VIe siècle ... Ajoutons aussi que Bourges est considérée comme la ville du centre de la France et qu'elle fut réputée pour avoir hébergée un alchimiste célèbre Jacques Coeur. |
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| Contrairement au gnomon
de Saint-Sulpice destiné à mesurer la date exacte de Pâque,
le méridien de Bourges servit de cadran solaire et date de
1757. Les méridiennes présentes dans de nombreuses églises des villes ou des villages d’Europe permettaient de donner précisément l’heure locale du midi solaire. la nécessité d’une heure de midi commune ne se fit sentir qu’après l’essor des horloges mécaniques. La précision des horloges des églises se faisait alors au moyen de ces méridiennes. |
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L'Observatoire de Paris
Au milieu du XVIIe siècle, après la mort de Nicolas Poussin, quelques membres de la communauté scientifique élaborèrent en 1665 le projet d'une "Compagnie des Sciences et des Arts". Le physicien astronome Auzout envoya même au Roi une dédicace : "Il y va, Sire, de la Gloire de Votre Majesté... de l'établissement d'un observatoire astronomique".
Louis XIV et Colbert vont alors profiter de cette demande pour lancer un projet équivalent : l'Académie royale des sciences. Sa première séance aura lieu le 22 décembre 1666. Mais pour concrétiser cette naissance il fallait un monument d'envergure et surtout un emplacement. Décision fut prise de créer l'Observatoire royal. Ce bâtiment qui deviendra L'Observatoire de Paris, était destiné à servir de salles des séances pour les académiciens, de laboratoires et d'abri à des instruments astronomiques. Colbert fera venir du conté de Nice un certain Jean-dominique Cassini (1625-1712) et Louis XIV lui confiera la responsabilité de l’Observatoire. C'est le début d’une véritable aventure dynastique puisque 4 Cassini se succéderont à la tête de l’institution. |
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Le domaine qui accueille l'Observatoire possédait alors une superficie de 2,5 hectares. Le terrain parfaitement dégagé était de forme pentagonale et l'axe nord-sud définissait le futur Méridien. L'emplacement fut acheté le 7 mars 1667 pour la somme de 6604 livres et sa situation était particulièrement bien choisi. Tout autour s'étendaient les jardins de religieux : au nord, l'abbaye de Port-Royal de Paris ; à l'est, le noviciat des Capucins ; à l'ouest, le noviciat des pères de l'Oratoire. Au sud, c'était la campagne avec des moulins à vent. L'horizon était parfaitement dégagé de tous cotés et donc particulièrement propice aux observations.
Situé en dehors de Paris au-delà de la Fausse Porte Saint-Jacques, au lieu-dit Le Grand Regard, on construisit très vite une enceinte qui coûta trois fois le prix du terrain. A l'origine, l'entrée principale se trouvait dans le chemin du faubourg Saint-Jacques et en 1811 elle se déplaça sur l'Avenue de l'Observatoire. Deux pavillons viendront encadrer l'entrée et sont toujours visibles actuellement. |
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L'Observatoire fut bâti entre 1668 et 1672 sur les plans d'un architecte célèbre du Roi : Claude Perrault, qu'il ne faut pas confondre avec Charles Perrault, son frère, le célèbre écrivains de contes.
Les 4 faces de l'édifice sont orientées vers les points cardinaux et la face sud détermine la latitude de Paris. Le bâtiment fut orienté avec une grande précision le 21 juin 1667, jour du solstice d'été.
Ce jour, les mathématiciens de l'Académie tracèrent sur le terrain, à l'emplacement actuel du bâtiment, le méridien et les autres directions nécessaires à l'implantation exacte de l'édifice. La ligne ainsi définie sera désormais le Méridien de Paris et le méridien origine pour la France. |
| Claude Perrault, membre de l'Académie dans la section Physique, fit au préalable exécuter une maquette en bois pour la présenter au Roi et aux académiciens le projet du bâtiment. La construction fut rapide malgré les travaux de consolidation qu'il fallut effectuer dans les sous-sols. En effet, Claude Perrault découvrit rapidement de vieilles carrières souterraines qui deviendront plus tard les catacombes. Ces vides situés à environ 28 m sous terre furent consolidés pour soutenir l’édifice. La profondeur de la carrière équivalait à la hauteur du bâtiment. Un puits d'une hauteur de 56 m fut même construit et un escalier en spiral fut ajouté dans sa partie inférieure. |
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Ce puits permit à l’astronome Cassini d’observer les étoiles au zénith ou de réaliser des études sur la chute des corps. Ces anciennes carrières furent aménagées en laboratoire souterrain et s’appelèrent « les caves de l’Observatoire ». C'était des endroits très privilégiés pour les expériences car la température très stable permettait d'établir toute sorte d'étalonnage dont le calibrage des thermomètres. |
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L'édifice se compose d'un corps central rectangulaire, flanqué à l'est et à l'ouest, sur sa face méridionale, de deux tours octogonales. Une tour carrée est accolée à la façade nord de laquelle elle fait saillie et qui deviendra la caractéristique du monument. La façade sud est ornée de bas-reliefs représentant des globes et des instruments d'astronomie. Le gros oeuvre fut terminé
en
1672 et les travaux d'aménagement se poursuivirent
jusqu'en 1683. Au final, l'Observatoire de Paris aura
coûté 716 Mais l'Observatoire ne deviendra pas le centre de recherche national d'excellence qu'avait imaginé Colbert. En dehors d'un Cabinet des machines qui servira de dépôt à l'Académie des sciences jusque vers 1740, il sera consacré entièrement à l'activité astronomique. Dès ses débuts, les académiciens ne manifestèrent aucun désir de travailler ou de se réunir en un lieu aussi éloigné du centre de Paris. Contre toute attente, en 1919 l’Observatoire devint le centre mondial de l’heure. Après les pendules de précision, vint une horloge à quartz en 1946 puis des horloges atomiques. Cet observatoire est le plus ancien encore en service dans le monde. |
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| Le Méridien
de Paris était une référence mondiale Le Méridien de Paris fut pendant des années le zéro géographique mondial utilisé par les navigateurs. Mais surtout il permit de voir le jour à un autre projet immense : la cartographie de la France, toujours grâce à la dynastie Cassini. C'est par le biais d’un travail de fourmi effectué par les géographes, que le rayon du globe terrestre put être mesuré très précisément. Ces mesures purent, entre autres, confirmer les théories d’Isaac Newton lors de ses travaux sur la gravitation et d’affiner la valeur de sa fameuse constante de la gravitation. |
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La particularité de ce
Méridien de Paris,
tout comme celui de
l'église Saint-Sulpice,
est qu’il est matérialisé par une ligne de cuivre traversant
l’Observatoire. Cette ligne n’a pas pour objectif de désigner
l'emplacement géographique du méridien, mais plutôt de servir de
gnomon. En effet, une petite ouverture placée dans une fenêtre au sud de l’Observatoire permet à un rayon de soleil de traverser la ligne méridienne à midi solaire très exactement. De plus, le rayon qui dépend de la hauteur du soleil, permet de fonctionner comme un véritable calendrier astronomique. Comme à Saint-Sulpice, on trouve des signes du zodiaque et les dates des équinoxes, sauf qu'ici ils sont gravés sur le sol. |
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Le rayonnement culturel que
créa dans le monde cette nouvelle référence scientifique
fut tel que Paris
devint la capitale de l'heure de précision et du
référentiel. On associa même la ville à un nouvel
omphalos,
c'est à dire "le centre du monde", ce qui n'est pas
rien... En 1718, le tracé de la méridienne fut achevé grâce à Jean-Dominique Cassini (1625-1712), premier directeur de l'Observatoire, à son fils Jacques Cassini (1677-1756), et à Philippe de la Hire (1640-1718). Le méridien sera remesuré de 1792 à 1798 par Jean Baptiste Delambre et Pierre Méchain, afin de déterminer la longueur exacte du mètre. Ils furent envoyés avec une lettre de mission signée de Louis XVI, l'un à Dunkerque et l'autre à Barcelone pour mesurer la longueur d'un arc du méridien. Ils utilisèrent une technique de triangulation basée sur des mesures d'angle à partir de points et de repères situés sur les hauteurs de part et d'autre de la Méridienne. Leurs travaux furent présentés le 3 juillet 1799, après 7 ans de mesures de la longueur de la Méridienne. Ce sera le mètre étalon. Les mesures en toises et en pieds furent alors abandonnées. Le mètre devint ainsi la dix millionième partie du quart du méridien terrestre, ce qui définit le "mètre étalon". Arago et Biot prolongeront plus tard les mesures du méridien de Delambre et Méchain jusqu'aux Baléares, au sud de l’Espagne. En 1790, il n'y a pas d'unité de mesure en France. C'est en pleine tourmente révolutionnaire que le mètre étalon universel est décidé. Et pour Condorcet, il fallait "Une mesure Universelle pour tous les temps, pour tous les hommes"... Après la dynastie des quatre Cassini de père en fils et après la Révolution, l’Observatoire fut acquit par le Bureau des longitudes en 1795. Cette nouvelle organisation travailla à la définition du système métrique. |
| Saint-Sulpice
et Paris, 2 méridiens, 2 objectifs différents... Le Méridien de Saint-Sulpice et celui de Paris sont très proches (environ 300m) et c'est surtout la raison pour laquelle ces deux lignes se confondent. Pourtant d'un point de vue scientifique, leur fonction ont été très différente.
En résumé, le méridien (le gnomon) de Saint-Sulpice donne l'heure de Midi et le méridien de l'Observatoire de Paris offre un référentiel géographique. |
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Le Méridien de
Saint-Sulpice n'est pas très éloigné du
Méridien de l'Observatoire de Paris Ils sont en fait écartés d'environ 300m |
| La splendeur
du Méridien de Midi n'est plus
Si
pendant longtemps le Méridien origine fut celui de Paris,
ceci devait changer. Tous les systèmes de navigation
qu'utilisaient les marins français, les géographes et les
voyageurs étaient calés sur cette référence. Mais en 1884,
une convention internationale décida sous la forte pression des
Britanniques attachés aux affaires maritimes, d'un nouveau
méridien. Ce sera définitivement celui de Greenwich,
non loin de Londres. Sur cette base, la position GPS de l'Observatoire de Paris est donc devenue : 48° 50' 10.96" N - 2° 20' 11.37" E L'histoire réserve parfois des surprises puisque la ligne rousse de Paris (Roussillon) céda la place à la sorcière verte (Greenwich) |
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Jusqu'en
1884
toutes les distances est-ouest en France furent mesurées depuis
cette ligne méridionale. En hommage a cette référence perdue,
une matérialisation à Paris de cette ligne fut entreprise en
1986
par la pose de 130 petites médailles dites "Arago" du nom
de l'astronome Dominique François Arago.
Les médailles ont été disposé à différents endroits symboliques de Paris. Malheureusement elles sont pillées et disparaissent petit à petit. |
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| La méridienne
verte C'est en novembre 2000 que l'idée d'une méridienne verte basée sur le méridien de Paris est proposée. L'idée vient de Paul Chematov, à qui l'on doit les halles et la galerie du Muséum de Paris :
Nous ne verrons jamais les arbres, mais en guise de compensation, quelques panneaux au bord des routes. On dénote aussi une méconnaissance du tracé puisque le Méridien de Paris ne passe pas par Bourges, mais plutôt à 4 km de la ville... |
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