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Les méridiens et leurs mystères
Le Razès et ses méridiens (2/2)

Rennes-Le-Château ou l'histoire d'un grand secret

 

   Il existe, parmi les sujets de recherche sur Rennes-Le-Château, des thèmes récurrents. La problématique des méridiens revient régulièrement. A la fois simple et complexe, cette notion est de manière évidente liée à l'énigme. Mais leurs histoires touchent aussi d'autres domaines comme l'alchimie, l'occultisme ou les alignements topographiques. De plus, de nombreuses erreurs perdurent régulièrement comme le fait de croire que le Méridien 0 traverse exactement le tombeau des Pontils, ou que la cathédrale de Bourges se trouve exactement dans le méridien de l'église Saint-Sulpice de Paris. On peut même lire parfois que la petite chapelle de Jean Cocteau serait placée sur ce même méridien alors qu'elle est située à plusieurs kilomètres.
Ces erreurs colportées par beaucoup d'auteurs entraînent inévitablement des confusions difficiles à corriger avec le temps. Tout ceci dénote une tradition culturelle qui s'est propagée sous la forme de croyance, année après année et sans aucune vérification à la base.

Ce thème ne se veut pas parfait, ni exhaustif. Le sujet est bien trop complexe. Il essaie néanmoins de démystifier certains préjugés et de tordre le coup à certaines vérités tenaces. Il n'en demeure pas moins que le sujet reste rempli de mystères. Mais comme souvent, il n'est pas là où on l'attend. Se serait bien trop simple... 

   Les méridiens et leurs histoires
   Le Razès et ses méridiens

 

Les méridiens et l'énigme du Razès

 

Pourquoi les méridiens sont si importants dans
l'affaire de Rennes-le-Château  ?

 

     La notion de méridien est une constante. On la retrouve sur différents indices et cette ligne virtuelle nord-sud a un objectif clair : servir de référence et de repère géographique.  C'est aussi un moyen virtuel de relier Paris au Razès comme s'il fallait montrer par des lignes invisibles que ces deux régions sont intimement liées.

 

   Le méridien est sous-entendu dans la phrase clef issue du grand parchemin :
 

BERGÈRE PAS DE TENTATION
QUE POUSSIN TENIERS GARDENT LA CLEF PAX DCLXXXI
PAR LA CROIX ET CE CHEVAL DE DIEU
J'ACHÈVE CE DAEMON DE GARDIEN
A MIDI POMMES BLEUES

Le midi solaire a ceci de particulier que le soleil est à son zénith, c'est à dire qu'il se trouve sur le méridien d'observation.

   Le méridien de l'église Saint-Sulpice de Paris est encadré par les deux tableaux de Signol au N inversé.

 

   Le concept de méridien est cité deux fois dans le Serpent Rouge :
 

Rassembler les pierres éparses, oeuvrer de l'équerre et du compas pour les remettre en ordre régulier, chercher la ligne du méridien en allant de l'Orient à l'Occident, puis regardant du Midi au Nord, enfin en tous sens pour obtenir la solution cherchée,

 

Vision céleste pour celui qui me souvient des quatre oeuvres de Em. SIGNOL autour de la ligne du Méridien, au choeur même du sanctuaire d'où rayonne cette source d'amour des uns pour les autres, je pivote sur moi-même passant du regard la rose du P à celle de l'S, puis de l'S au P...

Il faut d'ailleurs noter que l'un des méridiens, celui qu'il faut chercher, commence par une minuscule et que le Méridien de Saint-Sulpice est noté avec une majuscule. Ceci prouve qu'il y a au moins deux méridiens importants.

   Le méridien est cité dans la dalle de Coume Sourde. Sur le côté face de la pierre on peut lire :  IN MEDIO LINEA UBI M SECAT LINEA PARVAT

Ce qui peut se traduire par :

AU MILIEU DE LA LIGNE OU M (Méridien) COUPE LA PETITE LIGNE

 

   Les méridiens de Saint-Sulpice et de l'ancien Observatoire de Paris traversent le Razès non loin du tombeau des Pontils et de la bergerie Paris.

 

   Henri Boudet en parle de façon détournée en parlant de l'Observatoire de Paris

 

   De façon très discrète, les Bergers d'Arcadie II de Poussin semblent liés au Méridien de Paris

 

Les méridiens et le Serpent Rouge

 

     Aussi bien le méridien de Saint-Sulpice que celui de l'Observatoire, tous deux possèdent des liens avec l'affaire de Rennes et c'est pour cela qu'ils sont souvent confondus. En fait il semble que les deux lignes soient importantes et le Serpent Rouge le confirme puisqu'il nous amène très clairement sur le méridien de Saint-Sulpice tout en finissant par une allusion à Charles Perrault, le frère de l'architecte de l'Observatoire.

Le méridien de Midi est une pièce fondamentale dans le puzzle de Rennes-Le-Château. Pour s'en convaincre il suffit de lire le Serpent Rouge à la strophe 5 :

   Rassembler les pierres éparses, oeuvrer de l'équerre et du compas pour les remettre en ordre régulier, chercher la ligne du méridien en allant de l'Orient à l'Occident, puis regardant du Midi au Nord, enfin en tous sens pour obtenir la solution cherchée, faisant station devant les quatorze pierres marquées d'une croix. Le cercle étant l'anneau et couronne, et lui le diadème de cette REINE du Castel

Où à la strophe 9 :

   Commencé dans les ténèbres, mon voyage ne pouvait s'achever qu'en Lumière. A la fenêtre de la maison ruinée, je contemplais à travers les arbres dépouillés par l'automne le sommet de la montagne. La croix de crète se détachait sous le soleil du midi, elle était la quatorzième et la plus grande de toutes avec ses 35 centimètres! Me voici donc à mon tour cavalier sur le coursier divin chevauchant l'abîme.

Mais aussi à la strophe 10 :

   Vision céleste pour celui qui me souvient des quatre oeuvres de Em. SIGNOL autour de la ligne du Méridien, au choeur même du sanctuaire d'où rayonne cette source d'amour des uns pour les autres, je pivote sur moi-même passant du regard la rose du P à celle de l'S, puis de l'S au P...

 

Le Méridien de Paris et Boudet

 

     Il faut lire et relire Boudet et sa vraie langue celtique pour s'apercevoir combien son livre jongle avec les concepts. Car il faut un sacré tour de force pour arriver à citer l'Observatoire de Paris en parlant du Cromleck de Rennes-Les-Bains, le tout s'en éveiller l'attention sur ce fameux méridien de Midi.
On peut ainsi apprécier en page 268 :

     [...] Les fontaines enfermées dans l'enceinte du Cromleck sont fort nombreuses : trois sont thermales à des degrés divers de température. La source dite du Bain-Fort, possède une température de + 51 degrés centigrades, tandis que les deux autres, dites de la Reine et du Bain-Doux, atteignent + 41 et + 40 degrés centigrades.

 

Il est facile d'apprécier la profondeur extrême du siphon amenant à la surface du sol cette eau minéralisée et élevée à ces degrés de chaleur. On sait généralement que la température varie d'une manière fort sensible dans l'intérieur de la terre, suivant les différentes profondeurs auxquelles on peut atteindre. En prenant pour point de départ les caves de l'Observatoire de Paris, qui sont à vingt-huit mètres au-dessous du sol, et où le thermomètre marque constamment + 11 degrés centigrades, on trouve en moyenne un degré de plus de chaleur pour chaque trente mètres de profondeur, en pénétrant plus avant dans l'intérieur de la terre. L'eau du Bain-Fort marquant + 51 degrés centigrades, qui se réduisent à 40, puisqu'il faut retrancher les onze degrés constants marqués par le thermomètre à vingt-huit mètres au-dessous du sol, dans les caves de l'Observatoire de Paris, le point de profondeur extrême du siphon serait à peu près à douze cent trente mètres, abstraction faite cependant de toute déperdition de chaleur produite par des causes secondaires et accidentelles. Quant aux sources de la Reine et du Bain-Doux, leur degré de température accuserait neuf cent trente et neuf cents mètres de profondeur. [...]

 

Extrait de "La vraie langue celtique"

    Quel étrange calcul, car il y a une sévère erreur de raisonnement. Si on considère que la température de l'eau du "Bain-Fort" est de 51° à la surface, comment peut-elle être de 40° à 28m de profondeur ? Car selon Boudet il faut retrancher 11° puisque c'est la température constante à 28m. Ce raisonnement voudrait dire que l'eau se réchauffe en remontant puisqu'elle aurait 40° à 28m de profondeur puis 51° à sa surface...

Ces déductions absurdes continuent puisqu'à partir de la notion de de plus par 30m de profondeur Boudet trouve une source à 1230 m. Comment peut-il arriver à un pareil calcul en partant de 40° à 28 m et en ajoutant tous les 30 m. La connaissance de 1230 m ne peut se déduire que si l'on connaît la température de l'eau à sa source...  Le calcul qu'il fait est en fait 41 x 30 = 1230 m comme si l'eau démarrait à 0° et se réchauffait en remontant, en prenant 1° tous les 30 m...

En fait, comme d'habitude, Boudet fait ici une erreur très grossière pour nous alerter. Car si on observe son style, certains nombres sont en chiffre et d'autres sont en lettres. L'objectif est bien sûr de concentrer le lecteur vers ces 4 nombres 51, 41, 40 et 11 qui doivent avoir une seconde signification. Il faut dire que cette suite possède des propriétés étonnantes :

Serait-ce un hasard de la numérologie ? Si on aligne les chiffres 51 41 40 11 et qu'on les additionne on obtient :

 5 + 1 + 4 + 1 + 4 + 0 + 1 + 1 = 17 (chiffre symbolique)

 

Rappelons aussi que ces trois températures sont retrouvées dans une suite de chiffres romains au bas de la dalle de Blanchefort puisqu'en formant les groupes : LI  XLI  XL
on obtient les nombres : 51, 41, 40

 

D'autre part, en réorganisant les chiffres et en effectuant la somme des couples on a : 51, 44, 01 ce qui donne : 5+1, 4+4, 0+1 d'où  681 ...   

Il est clair que derrière ces jeux de chiffres, Boudet veut nous faire comprendre l'importance toute particulière du Méridien de Paris qu'il faut associer à 681.

 

Le mystère Perrault

 

     Pour comprendre pourquoi les frères Perrault sont importants dans l'affaire de Rennes, il suffit de lire la dernière strophe du Serpent Rouge car rien n'y est cité au hasard :

 

   Mon émotion fut grande,  "RETIRE MOI DE LA BOUE" disais-je, et mon réveil fut immédiat. J'ai omis de vous dire en effet que c'était un songe que j'avais fait ce 17 JANVIER, fête de Saint SULPICE. Par la suite mon trouble persistant, j'ai voulu après réflexions d'usage vous le relater un conte de PERRAULT. Voici donc Ami Lecteur, dans les pages qui suivent le résultat d'un rêve m'ayant bercé dans le monde de l'étrange à l'inconnu. A celui qui PASSE de FAIRE LE BIEN !

 

     Cette allusion au conteur Charles Perrault est bien sûr destiné à attirer la curiosité du lecteur sur ce personnage et surtout sur son frère, Claude Perrault, architecte de l'Observatoire et donc du Méridien de Paris

 

Qui était Charles Perrault ?

     Charles Perrault (1628-1703) est le septième enfant d'une famille aisée de quatre frères. Il fit des études de droit et après une première oeuvre burlesque, "Les Murs de Troie"', il entra en 1654 comme commis chez son frère aîné Pierre Perrault, receveur général des finances de Paris. Il fut alors remarqué par ses poèmes "les Odes au Roi". Nommé commis auprès de Colbert en 1663 puis conseiller de Louis XIV, il devint Premier commis des bâtiments du Roi en 1665. En 1671 il entra à l'Académie française et s'opposa à Boileau dans la célèbre querelle des Anciens (à leurs têtes Boileau, partisans des auteurs antiques) contre les Modernes en 1687. Chancelier de l'Académie, il devint bibliothécaire en 1673.


Charles Perrault

 

    Sa célébrité tient aujourd'hui de ses contes de la Mère l'Oye (1697) inspirés de l'imaginaire médiéval légendaire et chevaleresque. L'art de Charles Perrault est d'avoir su reprendre dans une prose faussement naïve des histoires transmises traditionnellement par voie orale et intégrées dans l'inconscient collectif. Il transforma le conte populaire en réalisant un chefs-d'oeuvre de la littérature universelle et il sauva de l'oubli 8 récits traditionnels, aujourd'hui incontournables comme, Cendrillon, le petit poucet, le petit chaperon rouge, le chat botté, etc...

     Il est aussi très intéressant de noter à partir de sa biographie, les rapports étroits qu'il eut très probablement avec le pouvoir, les finances royales et Colbert. Il suivit très certainement de près, l'affaire d'État du Surintendant des finances Nicolas Fouquet et que l'on sait aujourd'hui fortement impliquée dans l'affaire de Rennes.  Était-il dans quelques confidences de Colbert ou de Fouquet, confidences qu'il sut transmettre à son frère Claude Perrault ? Pourquoi pas ?

 

Qui était Claude Perrault ?

    Claude Perrault (1613-1688) naquit à Paris et fut le 3ème fils d'une famille bourgeoise. Deux frères suivront, Nicolas et Charles. Mais les frères Perrault, Claude et Charles,  demeureront très liés toute leur vie durant. 

Claude Perrault fut un ingénieur infatigable. Il étudia d’abord la médecine à la Faculté de Paris. Docteur en 1641, il exerça pendant près de 25 ans. Parallèlement, Colbert créait l'Académie des Sciences à la fin de l'année 1666. Or a cette époque, Charles Perrault était le commis de Colbert et ses fonctions l'amenaient à gérer tout ce qui concerne l'Art et les sciences. Il introduisit alors son frère Claude, scientifique passionné, dans ce petit monde d'intellectuels proche du Roi Louis XIV. Finalement, Claude et Charles Perrault feront tous deux carrière au service de Colbert.

Claude Perrault se rapprocha alors de savants célèbres comme Huygens, Roberval (mathématicien), ou Pecquet (médecin). Ce nouvel environnement le dynamisa et son intérêt va se porter sur l'Histoire naturelle, mais aussi sur la physiologie animale et humaine, la physique et l’art des machines.

Enfin, il entra à l'Académie des sciences et du Conseil des bâtiments en 1673 et il fut chargé par Colbert de traduire "De architectura de Vitruve". Cette étude donnera naissance à un nouveau traité célèbre. Il publia ensuite en 1683 "Ordonnance des 5 espèces de colonnes selon la méthode des anciens" qui provoquera une grande polémique entre ancien et nouveau...

On lui doit avec l'aide de Charles Le brun et Louis Le Vau, la colonnade de la façade orientale du Louvre, les plans de l'Observatoire de Paris (1667-1766) et du château de Sceau, ou l'Arc de triomphe du faubourg Saint-Antoine qui sera abandonné. Claude Perrault proposa même une reconstitution du Temple de Jérusalem.

Claude Perrault fut donc à la fois médecin de profession, anatomiste, savant et architecte. Le scientifique décédera d'infection en 1688 à Paris, après avoir disséqué un chameau au Jardin des Plantes.

 


Mansard et Claude Perrault à droite - par Philippe de Champaigne 1656

 

La légende de la Vierge Noire de l'Observatoire

    Il existe de nombreuses rumeurs sur la découverte et la présence d'une petite chapelle sous l'Observatoire. Et cette chapelle aurait abrité une Vierge Noire que l'on appelle aussi "Notre Dame de Dessous Terre". Ces propos viendraient en fait de Claude Perrault lui-même dans un rapport qu'il envoya au cabinet du Roi lors de la construction des fondations du bâtiment. Il aurait même évoqué le terme de "caveau illustre".

Une autre source nous dit que c'est Camille Flammarion qui découvrit cette statuette. Et cette affirmation peut se lire dans "Le mystère des cathédrales" de Fulcanelli"

"Nous contemplâmes, à notre tour, la petite Nostre-dame dessous terre, symbole de la pierre brute du Grand art, lors d'une mémorable exploration des souterrains, au mois de juillet 1936, en compagnie de trois excellents amis et d'un fonctionnaire à qui nous dûmes cette exceptionnelle faveur. Que tous quatre, ici, soient derechef et Chaleureusement remerciés."

    Mais comme dans toute légende, il faut aussi se tourner vers l'histoire officielle. L'Observatoire fut construit sur des catacombes et les fondations furent noyées dans ces tunnels souterrains. De plus la statue de la Vierge Noire existe bien puisqu'elle est en exposition.   

Claude Perrault aurait-il trouvé une petite chapelle avec cette statuette ? Pourquoi pas. Car les terrains appartenaient à certaines congrégations religieuses qui pouvaient parfaitement utiliser les galeries souterraines en chapelle et en ossuaire. Mais alors, pourquoi tant de mystères autour d'une découverte qui finalement paraît banale ? Fallait-il que Claude Perrault justifie l'importance de ce Méridien posé exactement a l'endroit de cette Vierge Noire ? Avait-il peur que l'on déplace cette ligne de référence ? Tout se passe, en lisant Fulcanelli, comme si le Méridien de Paris devait être à cet endroit et pas ailleurs. La découverte d'une Vierge Noire sous l'Observatoire n'aurait été donc qu'un moyen de figer une fois pour toute la position. Il est vrai qu'à cette époque un autre méridien était en concurrence : Saint-Sulpice...

 

Le mystère Cassini

 

    La famille Cassini est incontestablement liée à l'histoire de L'Observatoire Royal. Tout commença lorsque Colbert fit venir du conté de Nice un scientifique encore inconnu : Jean-dominique Cassini (1625-1712). Louis XIV lui confia immédiatement la responsabilité de l’Observatoire. Ce sera le début d’une véritable dynastie qui prendra la Direction de l'Observatoire plus de 120 ans, de 1667 jusqu'à la Révolution. Car 4 générations de Cassini se succédèrent jusqu'en 1793.

L'observatoire de Paris fut placé dès ses débuts sous la tutelle de l'Académie des sciences. Il n'y eut donc aucune fonction officielle de Directeur ni aucun budget alloué. Les astronomes qui désiraient travailler ou venir faire des observations, devaient apporter leurs propres matériels ou solliciter des aides provenant soit de l'Académie, soit du Roi, soit d'un mécène. Il faut attendre 1771 pour que Louis XV attribue officiellement à Cassini de Thury (Cassini III) le poste de Directeur de l'Observatoire.

Les Cassini apportèrent énormément dans la recherche astronomique et géodésique. Depuis sa fondation, l'Observatoire fut donc géré sous la Direction de cette famille qui y habitait et qui travaillait sur place avec une petite équipe de scientifiques très choisis. La Direction fut donc confiée dans l'ordre à :

  Jean-Dominique Cassini (Cassini I) : De 1669 à 1712 il travailla avec de grands astronomes comme Huygens ou Roëmer. Jean Picard y effectua une mesure du degré terrestre fondant ainsi la géodésie.

Jacques Cassini (Cassini II) : Son fils prend la suite de 1712 à 1756. L'Observatoire est alors dirigé par l'Académie des sciences, mais le Directeur règne en maître. On lui doit des travaux sur la figure de la Terre.

   César-François Cassini (Cassini III aussi appelé Cassini de Thury) : Le petit fils prend la direction de 1756 à 1784. C'est l'époque des recherches en cartographie. Il dressera la célèbre carte du royaume de France à l’échelle du 1/86400°

  Jean-Dominique, comte de Cassini (Cassini IV) : L'arrière petit fils subit la Révolution française et dirigea l'Observatoire à partir de 1784. Il terminera les travaux cartographiques de la France et étant monarchiste, il démissionnera en 1793.

La branche française de la famille Cassini s'éteindra finalement avec la disparition du dernier des 5 enfants, Alexandre Henri-Gabriel, vicomte de Cassini (1781-1832), juriste et botaniste. 

 

    Jean Dominique Cassini (1625-1712) fut un astronome d'exception et contribua au développement de cette science en matière d'instrumentation et d'observations.

Grâce aux expériences faites sur la méridienne, il étudia la réfraction atmosphérique et les éphémérides solaires. Cassini travailla également sur la mesure de la parallaxe du Soleil afin de trouver les dimensions exactes du système solaire.

En 1681, Colbert démontra au Roi de France l’urgence d’établir « des cartes géographiques de la France plus exactes que celles qui ont été faites jusqu’ici ».


Jean Dominique Cassini (1625-1712)

 

     En 1696, Cassini est à Paris et malgré son âge avancé, il se lance dans la réalisation de cette œuvre colossale sur la demande de Louis XIV : "la Carte de France". Il sera aidé de quelques collaborateurs comme son fils Jacques et son neveu Giacomo Filippo Maraldi.

La réalisation de la Carte de France sera exécutée et terminée par ses descendants, son fils Jacques (Cassini II), son petit-fils, César-François (Cassini III) et Jean Dominique (Cassini IV). La carte sera finalement présentée par ce dernier devant la Constituante en 1790. Le document comprend 182 planches et représente 132 ans de travail ininterrompu.

A la fin de sa vie, Cassini est aveugle mais il écrit malgré tout ses mémoires qui seront publiées en 1710. Il meurt à Paris le 14 septembre 1712, à 87 ans. Il fut enterré dans l’église Saint-Jacques du Haut Pas, avec cette seule épitaphe :
Jean Dominique Cassini - Astronome ”.

 

On retiendra surtout des Cassini la première carte de France fidèle à la réalité.

Son élaboration nécessita un travail colossal auquel tous les Cassini sur quatre générations contribuèrent.

Pour accomplir ce résultat il fallut parcourir tout le territoire en prenant des mesures et des visées basées sur la méthode de triangulation. La moindre erreur était fatale et pouvait engendrer des erreurs difficiles à corriger.


La carte de Cassini générale découpée en 182 planches

 

Mystères ?

    Derrière cette dynastie de scientifiques se cache un secret. Il faut d'abord savoir que les 4 Directeurs successifs furent membres de l'Angélique, une société secrète dans laquelle ils occupèrent des fonctions importantes de maîtrise (Archives Angéliques - Barret et Mitlot 1825 éd. Colonnes)

Mais ce n'est pas tout. Durant leur dynastie, ils écrivirent des documents très particuliers et personnels, dans lesquels on pouvait trouver des détails sur leur travaux de cartographie et notamment autour du Méridien de Paris. Ces documents qui ne furent jamais publiés, sont appelés "Cahiers Méridiens" et ont en parti disparu, excepté quelques numéros.

Mais surtout il est intéressant de lire dans ces notes que les Cassini attachaient une importance toute particulière à certains sites archéologiques situés autour de cette méridienne.

 

Les astronomes vont d'ailleurs plus loin dans leurs études, puisqu'ils qualifient ces sites de primordiaux et sacrés selon leur propre terme.

Ces notes mystérieuses sont également accompagnées de détails et de chronologies insolites et d'une liste de mobiliers anciens ou archéologiques qu'ils appelèrent "engins"...

 

La société Angélique - Un cercle de personnage bien connu...

     Et voici comment après avoir étudié les Cassini liés à l'Observatoire de Paris, on revient plein feux sur tout un groupe de personnages bien connus dans l'affaire de Rennes-Le-Château. Car la Société Angélique qui se faisait appeler aussi "le Brouillard" est une société secrète artistique et littéraire qui avait pour membre des artistes et des écrivains aussi célèbres que : Eugène Delacroix, Jules Verne, Gérard de Nerval, Frédérique Mistral ou même Hergé (Ses fameuses oranges bleues seraient t-elles une allusion poétique aux pommes bleues ? )

La Société Angélique fut fondée au XVIe siècle par un imprimeur lyonnais Sébastien Greif qui se faisait appelé : "Gryphe". Originaire de Wurtemberg, il s'installa à Lyon en 1522. Sans doute à cause de son pseudonyme, il choisit le griffon comme emblème, symbole que l'on associe facilement au sphinx. Faut-il y voir alors un lien avec la Sphinge peint par Ingres et dont la signature comporte un N inversé ? Car il faut savoir que Ingres et Delacroix se connaissaient et s'appréciaient.  

Selon Grasset d’Orcet, l’imprimeur allemand, Gryphe était entouré de nombreux savants et auteurs affiliés à cette organisation. La Société Angélique utilisait comme code pour les initiés une sorte de cabale phonétique complexe basée sur "La langue des oiseaux".

Le livre clé de cette société secrète est : "le Songe de Poliphile", achevé en 1467 par Francesco Colonna, un dominicain né à Venise en 1433. Il fut réédité par Jacques Kerver en 1553 et en 1561 et fut légèrement corrigé. Très curieusement il inspira des peintres comme Poussin ou Lesueur mais aussi Claude Perrault. Charles Nodier, supposé grand maître du Prieuré de Sion selon les documents Lobineau, fut également très imprégné de ces textes et créa ses rêveries apocryphes. Gérard de Nerval ne fut pas non plus épargné.

Enfin, la Société Angélique eut des liens étroits avec la Rose-Croix qui se démontrent par la similitude entre le symbole de la Rose-Croix parus en 1616 : "un serpent enlaçant une ancre", et le dauphin du "Songe de Poliphile"

 

Les méridiens dans le Razès

 

Les points de passage

 

Contrairement à certaines croyances les deux méridiens ne traversent pas la bergerie Paris ou le tombeau des Pontils mais ils n'en sont pas loin :

 

 

Le méridien de Saint-Sulpice est
(
en rose) placé à :
2° 20' 05.49" E

 

Le méridien de Paris est (en bleu) placé à :

2° 20' 11.37" E

 

La bergerie Paris (en jaune) est à :

42° 55' 17 N  -  2° 19' 56 E

 

 

Le tombeau des Pontils (en rouge) est placé à :

42° 56' 59 N  -  2° 20' 27 E

 

Le méridien et les bergers d'Arcadie de Poussin

   Ceci est un fait scientifique. Nous savons que le bâton droit des Bergers d'Arcadie fut peint en premier et ceci a été prouvé scientifiquement par radiographie. Or ce détail représente un non sens dans l'art de la composition picturale. Ce bâton qui passe derrière la tête du berger, n'aurait jamais dû servir de guide à la composition, à moins que sa position soit fondamentale. Nicolas Poussin, maître incontesté du XVIIe siècle poursuivait donc un but très précis. C'est une évidence, ce bâton représente un repère très important et le plus naturel est bien sûr de l'assimiler au Méridien de Midi. D'ailleurs son tracé parfaitement rectiligne prouve une volonté de l'artiste à montrer cet objet pour tout autre chose qu'un vulgaire attribut de berger.

 


Photo Infra Rouge montrant les sous-couches de la peinture (Photo P. Merle)
Remarquez le bâton droit qui ressort sur le visage du berger, prouvant qu'il a été peint avant le personnage
Ce détail est également perceptible sur la peinture réelle

 

Une autre coïncidence extraordinaire vaut d'être citée :
Le bâton passe exactement sur le cou du berger, or il existe au bord du Méridien 0, au nord de Montferrand, un lieu au non évocateur "Le Col d'Al Pastre"

 

 

    Pourtant il y a problème à cette thèse et elle est de taille. Si l'on admet que Poussin a utilisé le Méridien de Midi pour composer sa toile, comment a t-il pu intégrer un repère cartographique qui fut crée 2 ans après sa mort en 1665, par Claude Perrault en 1667 ?

Mais, si cette thèse aboutit à une contradiction évidente du fait de la chronologie des évènements, il faut peut-être poser le problème autrement :

Et si Poussin avait créé pour le besoin de sa toile un repère fondamental ? Peut-on imaginer que le maître ait créé un Méridien placé d'une manière telle, qu'un codage d'une logique extrême viennent ensuite naturellement compléter la peinture. Nous savons que Nicolas Fouquet et Charles Perrault étaient proches du fait de leur fonction à Paris. Claude Perrault aurait-il hérité de quelques confidences de Nicolas Poussin via Fouquet et son frère Charles ? L'architecte aurait-il, en hommage au peintre, concrétisé ce méridien qu'il posa très exactement là où Poussin l'avait conçu. Nous aurions alors aujourd'hui un repère topographique construit sur la plus belle toile du maître, ouvrant ainsi des pistes de recherches passionnantes...

 

    

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