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Rennes-Le-Château ou l'histoire d'un grand secret |
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Notre Dame de Marceille fourmille d'aménagements et de curiosités étranges, mais tous ont une logique cohérente lorsqu'on les relie à l'histoire du Sanctuaire et à ses mystères.
L'analyse de Notre Dame de Marceille est composée de 8 volets :
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Notre Dame de Marceille fascine par la richesse des décorations intérieures et par ses peintures murales aux couleurs chaudes et ambrées.
Il est évident que cette église fut l'objet d'un soin tout particulier et les travaux furent certainement très importants si l'on compare la gravure de 1830 avec l'état actuel de l'ensemble.
Nous savons aujourd'hui que Gaudéric Mèche et Henri Gasc participèrent très largement à la mise en lumière de cette paroisse en puisant dans des fonds très secrets. |
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Notre Dame de Marceille regorge de détails étonnants que Gasc laissa derrière lui en espérant sans doute alerter une âme particulièrement perspicace. Celui-ci est par exemple tout à fait surprenant. |
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Devant le chancel menant à l'autel, discrètement inscrit sur le sol en fine mosaïque, ces 2 mots en lettres onciales :
SANCTUARIUM DEI (Sanctuaire de Dieu)
Cette expression qui aujourd'hui laisse manifestement indifférent la plupart des visiteurs de Notre Dame de Marceille est pourtant lourde de signification.
Qu'est-ce qu'un sanctuaire ?
C'est dans un simple dictionnaire que l'on peut trouver ces quelques définitions :
Mais ces définitions sont incomplètes car elles ne précisent pas pourquoi ce lieu est plus sacré que le temple lui même. En fait on pourrait reformuler par :
Un sanctuaire est un lieu sacré
consacré à une divinité
Un sanctuaire est donc un édifice sacré construit en général sur un lieu particulier et destiné à abriter des reliques ou des ossements religieux. Les sanctuaires sont aussi souvent associés à l'idée de pèlerinage. On trouve d'ailleurs la notion de sanctuaire dans de nombreuses religions différentes.
On comprend donc pourquoi Notre Dame de Marceille est aussi appelé "Sanctuaire" puisqu'elle abrite la célèbre Vierge Noire de Limoux responsable des fameux pèlerinages. La présence du mot "Sanctuaire" ou "Sanctuarium" dans Notre Dame de Marceille serait donc restée bien anodine si on se limite à cette explication.
Mais ceci ne vaut plus lorsque l'on parle de "Sanctuaire de Dieu". Car si l'on applique la définition à la lettre, on obtient :
Le sanctuaire de Dieu est un
lieu sacré consacré à Dieu
La définition devient donc particulièrement énigmatique car comment imaginer une relique ou des ossements de Dieu ? Henri Gasc, homme d'église, mentor de Boudet, expert en cryptologie et en allégorie, a bien évidemment voulu nous laisser un message lorsqu'il décida d'inscrire ces mots sur le sol carrelé en 1860.
N'oublions pas non plus que les termes "Sanctuarium Dei" ont été fortement utilisé dans les sermons de Saint Augustin ce qui nous ramène au tableau de Saint Antoine... |
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La chaire visible aujourd'hui est le résultat des travaux d'embellissement de Henri Gasc. En effet il remplaça l'ancienne chaire murale par une niche richement décorée et qui fait son originalité. Ceci est compréhensible si l'on admet que le chanoine voulait créer un accès discret à la pièce secrète située en dessous à partir du plancher.
La chaire de ND de Marceille est classée aux monuments historiques. |
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De part son accès interdit, il existe très peu de documents montrant l'intérieur de la niche.
Voici quelques photos étonnantes montrant notamment un faux plancher de dalles récentes. Fallait-il condamner cette trappe pour couper court aux rumeurs ? Le fait est que visiblement la décision fut prise de stopper toute curiosité.
Heureusement, un passionné eut le temps en 2005 de profiter de cette entrée pour visiter officieusement cette cache. Ce fait divers est important puisqu'il confirme l'existence de la pièce secrète. |
Le maître-autel, des clés et un nombre
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Voici une autre décoration bien curieuse au sein du Sanctuaire. Bien sûr, la présence d'un maître-autel dans une église monumentale comme celle de ND de Marceille n'est pas en soi extraordinaire. Mais certains détails sont intrigants. |
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Le volume qu'il occupe est imposant et les sculptures sont extrêmement chargées, donnant un aspect baroque à l'ensemble.
Sa date est estimée du XVIIe siècle, ce qui confirme sa conception et son installation sans aucun doute lors de la période des grandes rénovations effectuées par Mèche et Gasc entre 1838 et 1872.
Ceci est d'ailleurs confirmé par l'aspect de l'autel vers 1830 sur l'ancienne gravure. |
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Au centre, trône la Vierge tenant l'enfant Jésus. Mais là un premier détail nous interroge. Que tient Jésus dans ses mains ? Selon l'iconographie et le contexte nous pouvons trouver un fruit, une mappemonde, une colombe... Mais ici l'objet et loin d'être explicite, peut être un livre...
Les autres personnages semblent aussi très classiques. Autour de la Vierge tenant l'enfant Jésus, nous trouvons Saint Pierre reconnaissable à ses clefs à sa droite et Saint Paul à sa gauche. Excepté que Saint Paul présente ici un livre créant le doute. Habituellement Saint Paul est représenté avec une épée évitant ainsi la confusion avec d'autres apôtres. En effet, l'iconographie religieuse repose sur des symbolismes très précis. A chaque Saint est associé un ou plusieurs attributs permettant une identification sans erreur. Or ici, le doute est permis. Il pourrait bien sûr s'agir de Saint Paul présentant ses Epîtres, mais aucune épée est visible. S'agirait-il alors de Saint Luc ? Un détail va effectivement le confirmer... |
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Qui était Saint Paul ?
Saint Paul, apôtre, naquit en l'an 2 après JC, de parents juifs à Tarse, ville romaine. Il fut élevé à Jérusalem dans les principes du pharisaïsme et il fut d'abord un ennemi farouche des chrétiens. Mais à la suite d'une vision qu'il dit avoir eue sur le chemin de Damas, il se convertit et reçut le baptême. Il devint alors un des plus ardents apôtres de la religion nouvelle. il prêcha l'Évangile aux païens dans l'Asie-Mineure et la péninsule grecque, notamment dans l'île de Chypre, où il convertit le proconsul Sergius Paulus, à Galatie, à Philippes, à Thessalonique, à Athènes et enfin à Corinthe. En 58 il retourna à Jérusalem mais il fut assailli par une foule qui voulait le tuer. Emprisonné deux ans à Césarée par Félix, gouverneur de Judée, il fut ensuite envoyé à Rome par de nouveau gouverneur et y fut acquitté. |
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Après avoir prêché la foi à Rome, il retourna en Orient pour consolider la première organisation de l'Église. Vers 63 ou 64 il revint à Rome où des Chrétiens commençaient à être en grand nombre. Mais son insolence envers le pouvoir romain attira l'hostilité de Néron. Il fut mis à mort avec Saint Pierre en 66. Ses restes furent enterrés; sur le chemin d'Ostie, puis transportés à Rome dans la crypte de l'église St-Pierre.
Saint Paul est connu aussi par ses 14 Epîtres adressées aux églises des régions qu'il avait parcourues. La dernière seulement, l'Épître aux Hébreux, fut contestée. Saint Paul fut un écrivain brillant, convaincu et l'auteur le plus prolixe du Nouveau Testament. |
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Qui était Saint Luc ?
Saint Luc, Apôtre,
naquit à Antioche. Au départ païen et médecin, il se convertit.
Vers 49, Saint Paul se joignit à lui. Par la suite il suivit
Paul jusqu'à son martyre. Mais lorsque Saint Paul fut décapité,
Luc quitta Rome et on perdit sa trace. Les plus anciennes représentations de Saint Luc le montrent écrivant son évangile. Le bœuf que l’on voit souvent près de lui fait référence au sacrifice dans le Temple qui figure au début de son évangile (I 9). On le représente aussi traditionnellement peignant la Sainte Vierge. |
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Saint Luc ou Saint Paul ?
Le choix entre ces deux apôtres n'est donc pas évident. Mais un détail peut malgré tout nous aider.
De sa main droite, le Saint nous montre un livre ouvert où deux pages présentent un texte latin aux caractères suffisamment lisibles. Malgré certaines lettres légèrement effacées, il est facile de les deviner puisqu'il s'agit d'un texte connu des théologiens. Et si l'on s'applique à recopier exactement sa calligraphie voici le résultat : |
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Mais c'est en comparant avec le texte original que l'on peut s'apercevoir de quelques anomalies. Le texte est en fait un extrait du "Cantique de Zacharie" que l'on retrouve dans l'évangile de Luc (1 : 68-69-70). Cette prière fut récitée par Zacharie à la naissance de Jean Baptiste. Les étoiles marquent la césure du verset.
Traduction :
La
comparaison du texte original et du texte de l'autel mérite tout de même
deux
remarques :
Mais surtout un point
intéressant est le suivant. Comme à
l'église Saint
Sulpice de Paris où l'on trouve dans
la chapelle des Saints Anges plusieurs références au nombre
681, on trouve ici un procédé équivalent. Car le premier
des 3 versets de l'évangile de Saint Luc est tout
simplement le
68 du chapitre 1
d'où 681.
Coïncidence ? Il y a bien longtemps que cette belle apparition
du hasard ne fait plus parti de mes hypothèses...
En résumé nous avons d'un
côté Saint Luc nous montrant le nombre 681, de
l'autre Saint Pierre nous montrant ses clés. Faut-il interpréter ceci par "681
est la clé..." ? Il est vrai que nous retrouvons ce refrain dans la fameuse phrase :
BERGERE PAS DE TENTATION
QUE POUSSIN TENIERS
Mais ce n'est peut être pas le seul message... |
Les cryptes de ND de Marceille
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On a beaucoup écrits sur des supposés aménagements souterrains à Notre dame de Marceille et quelques chercheurs ont longtemps été partagés sur l'existence ou non d'une ou de plusieurs cryptes. Il est vrai que Henri Boudet, dans son livre "La vraie langue celtique", nous suggère leur présence puisqu'il fait allusion au terrain marécageux et à un ancien puits celte sur lequel le sanctuaire aurait été bâti. |
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Mais c'est Franck Daffos qui, par l'étude des cryptages de Mgr François Fouquet, Mèche, et Gasc, nous révèle l'entrée d'une seconde crypte sous la chaire, par une trappe secrète aménagée au ras du sol. Nous serions donc maintenant en présence non pas d'une, mais de 2 cryptes, chacune ayant une histoire bien différente. |
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Malgré ces faits, qui sont maintenant officieusement reconnus puisque vérifiés sur place, les autorités épiscopales préfèrent nier leur existence. En effet, accepter la présence de cryptes c'est aussi avouer la connaissance de certains récits...
C'est aussi l'une des raisons pour lesquelles le visiteur de ND de Marceille ne verra aucun écrit sur ces fameuses cryptes dans l'église, évitant ainsi toute polémique.
Les photos des cryptes sont issues d'une étude faite par Philip Coppens et André Douzet vers 1995 "The secret Vault" |
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La première crypte
Cette première et grande crypte, très ancienne, a été utilisée depuis fort longtemps par quelques privilégiés bien placés de l'évêché ou de l'association diocésaine propriétaire du sanctuaire et qui connaissaient son existence. Elle aurait contenu une bibliothèque très importante et des livres anciens et précieux. Malheureusement elle aurait été pillée il y a quelques dizaines d'années. Les livres furent volés et revendus. Cette crypte était aussi connue par le supérieur des Lazaristes du sanctuaire, le R.P. Gabriel Migault, puisqu'elle a été retrouvée il y a une cinquantaine d'années, comme il le révèle à demi mot dans une monographie historique de 1962. |
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Enfin cette crypte comporte un souterrain qui débouche dans le contrebas de ND de Marceille près de l'Aude. C'est ce souterrain qu'utilisa une mystérieuse jeune femme pour sauver la Vierge Noire de la folie destructrice révolutionnaire.
Quant au puits, il devait servir de conduit d'aération à la crypte.
Aujourd'hui le puits n'est plus visible dans l'église mais des traces historiques nous prouvent sa présence comme sur la fameuse gravure de 1830. |
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Voilà donc sans doute pourquoi Boudet nous parle d'un ancien puits celtique, puisqu'il connaissait certainement sa communication avec une partie du sanctuaire qui devait rester secrète.
Mais c'est sans doute aussi parce que le puits servait de conduit d'aération à la crypte que Gasc supprima sa partie extérieure. Son objectif était bien sûr d'être le plus discret possible sur la présence d'une construction en sous-sol. Gasc devait aussi bénéficier d'une grande complaisance de la part de l'évêché et de Mgr de Bonnechose pour être autorisé à de tels travaux.
L'accès au puits existe encore aujourd'hui. Il suffit de dégager une dalle, comme le montre la photo ci-contre... |
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La seconde crypte
L'histoire de cette seconde crypte, beaucoup plus petite, est encore plus extraordinaire puisqu'elle aurait été creusée par Mgr François Fouquet à la demande de son frère Nicolas Fouquet en 1659. Mais le plus amusant est qu'il semble que François Fouquet ignorait la présence de la première crypte. Il fut donc obliger de revoir ses plans et de la construire à côté de la première, ce qui la plaça sous le porche de l'entrée principale. C'est cette position de la seconde crypte qui permit à Henri Gasc, des années plus tard en 1860, d'aménager son unique accès, une entrée secrète sous la chaire. |
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D'autres recherches ...
L'étude des constructions souterraines de NDM a passionné beaucoup de chercheurs. L'un d'eux a débuté son exploration du coté de l’Aude au début du XXe siècle par un chirurgien, le professeur Philippe-Henri Lonet, passionné de photographie et de vieilles pierres. Avec l’aide d’un architecte il essaya de dresser un plan complet des souterrains et il put ainsi compléter les travaux précédents. Il remarqua aussi que des vieilles pierres avaient servit à construire des bâtiments plus récents. De plus certains murs semblaient formés à leur base par des pierres moyenâgeuses. Il remarqua également que de nombreux puits étaient présents mais ils furent tous rebouchés vers 1897. C’est aussi cette année que les dossiers administratifs des souterrains de ND de Marceille disparurent curieusement… Plus tard, vers 1990 un certain Jos Bertaulet, auteur et chercheur, découvrit en bas de « la voie sacrée » à droite après la rivière, 2 ouvertures. Elles sont aujourd’hui cachées par 2 plaques de métal.
Toutes ces recherches montrent la complexité des aménagements en sous-sol qui ont de plus certainement évolués au cours de l'histoire. Il faut aussi se rappeler que Henri Gasc procéda à de nombreux travaux extérieurs dont la fontaine majestueuse qui dut nécessiter pour l'époque des travaux importants puisqu'il fallut installer une station de pompage depuis l'Aude. |
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L'abbé Boudet nous apprend que le sanctuaire fut gardé par les enfants de Saint-Vincent de Paul. C'est ce même Saint Vincent de Paul, qui vivra une expérience étonnante d'enlèvement. Cet enlèvement, réel ou allégorique, semble être une initiation à un mystère particulier. Quoi qu'il en soit, nous trouvons la statue de Saint Vincent de Paul au fond des jardins de Notre Dame de Marceille.
Il est également troublant de constater une coïncidence entre la présence de Saint-Vincent de Paul dans cette église et le testament de François-Pierre d'Hautpoul, l'un des 4 parchemins supposés découverts par Bérenger Saunière, et dans lequel 6 lignes concerneraient également Saint Vincent de Paul. |
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Saint Vincent de Paul (1581-1660)
Né au village de Pouy (près de Dax) en 1581, Vincent De Paul fut confronté dès son enfance aux conditions d'existence des plus démunis. Il étudia à Dax et à Toulouse et fut ordonné prêtre en 1600. D'après ses dires, il fut capturé en 1605 par des pirates en se rendant de Marseille à Narbonne. Il s'évada de Tunis à l'issue de 2 années d'emprisonnement. De retour à Paris, il fut frappé par la misère qui y régnait. La France connaît en ce temps là de nombreux combats avec l'étranger et la guerre civile. Le futur Louis XIV n'est qu'un enfant et les nobles, le Parlement et la maison du Roi se disputent le pouvoir. Les soldats souffrent. les populations civiles sont ravagées: épidémies, maladies, famines, violence. Vincent de Paul devint une sorte de "ministre de la Charité", coordonnant toutes les bonnes volontés. Ses domaines d'action furent très variés : visiteur de prisonniers, prédicateur, collecteur de fonds, co-créateur de congrégations. Aucune misère ne lui fut étrangère, enfants abandonnés, victimes de la guerre, malades, fous. |
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En août 1617 il rassembla
des dames aisées de Châtillon les Dombes
(Châtillon-sur-Chalaronne), au sein des "Charités", pour
secourir les malades. Nommé aumônier général des galères en
1619, il porta secours aux esclaves. Il devint le supérieur du
premier monastère parisien de l'ordre de la Visitation
Sainte-Marie et précepteur dans la famille d'Emmanuel de Gondi.
Une congrégation de prêtres exerçant leur apostolat en milieu
rural fut établie à Paris en 1625, au Collège des Bons Enfants,
dont Vincent devint le supérieur. Elle prit le nom de Lazaristes
lorsqu'elle s'installa dans l'ancien prieuré Saint-Lazare à
Paris, en 1632. Vincent de Paul fonda l'ordre des Filles
de la Charité (ou Soeurs de Saint-Vincent-de-Paul) en 1634.
Cette institution fut à l'origine de l'hôpital des Enfants
Trouvés de Paris. Vincent de Paul forma de nombreux prêtres et
créa un séminaire de la Mission. Les premiers Lazaristes seront
envoyés à Madagascar en 1648. Vincent organisa également des
collectes à Paris pour secourir les victimes des guerres de
Religion. Il prêcha pour la modération à l'égard des
protestants, puis s'opposa au jansénisme. |
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La compagnie du Saint-Sacrement
Cette société secrète, fondée en 1629 par le duc Henri de Levis-Ventadour, ennemi juré des Huguenots, et dont Saint Vincent de Paul était membre, fut constituée de membres issus de l'aristocratie et de la bourgeoisie parlementaire. Elle eut pour objectif des buts charitables et ambitieux, tels que la fondation d'hôpitaux, le secours aux victimes de la guerre, l'enfermement des mendiants, la lutte contre les Réformés, les duels, mais également d'autres buts comme la suppression des hérétiques, de l'adultère, du libertinage, du carnaval, et des blasphèmes. Elle devint très influente à la Cour du Roi, dans l'armée et la magistrature. Protégée par Anne d'Autriche, elle dérangeât tour à tour, dans l'exercice du pouvoir, Richelieu, Mazarin et Louis XIV qui finira par l'interdire. Elle disparu totalement en 1667, sauf curieusement en Nouvelle France où elle subsiste aujourd'hui (Québec actuel). C'est en défendant les intérêts de l'église que la Compagnie du Saint-Sacrement devint l'ennemie jurée de Molière dans «L'affaire du Tartuffe». |
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Plusieurs membres de la Société de Notre-Dame qui a fondé Montréal, faisaient partie de cette très puissante Compagnie du Saint-Sacrement. Ceci est certainement l'un des faits à l'origine de la légende du grand monarque. Le fondateur des sulpiciens, Jean-Jacques Olier, fit l'esquisse en 1643 d'une image utilisée par la Confrérie du Saint-Sacrement de Saint-Sulpice à Paris. La gravure est actuellement conservée à la bibliothèque nationale. |
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Saint-Vincent-de-Paul reste toutefois un personnage énigmatique. En effet, il affirma avoir été enlevé à Marseille pendant 18 mois, entre 1605 et 1607, par les Maures et détenu chez un alchimiste de Tunis! (Molière fit dire à Géronte : "Mais que diable allait-il faire dans cette galère ?"). Or, aucune trace historique à ce jour ne confirme cette thèse. Saint-Vincent de Paul disparu d'Europe pendant 2 ans. Serait-il passé par Notre Dame de Marceille en 1605? |
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Un autre détail curieux : La statue de la Vierge dans les jardins au centre de la fontaine. Elle est représentée debout, couronnée et regardant le sol. De ses pieds, elle écrase un serpent vert.
Certains dirons qu'elle écrase le démon du jardin d'Eden ou qu'elle est une allégorie à la Vouivre, ce serpent de la terre, symbole des énergies souterraines ? Mais ce qui peut paraître le plus étonnant, c'est qu'elle est également visible à l'église Saint Sulpice de Paris au fond de la grande nef ... |
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Cette statue de la Vierge écrasant un serpent sous ses pieds est en fait la représentation des apparitions de la Vierge à une jeune novice des Filles de la Charité, rue du Bac à Paris en 1830. En effet le 27 novembre 1830, la Vierge apparut une seconde fois à Catherine dans la chapelle. Elle vit comme 2 tableaux vivants en fondu enchaîné, et dans lesquels la Sainte Vierge était debout sur un demi globe terrestre, ses pieds écrasant un serpent. La Vierge demanda alors que soit frappée une médaille à son effigie. "La Médaille Miraculeuse" fut ainsi crée et diffusée à plus d'un milliard d'exemplaires dans le monde depuis cette date.
La présence de cette statue dans le parc de ND de Marceille s'explique par la présence des Lazaristes qui ont dirigés ce lieu et qui sont, comme les "Filles de la Charité" les "Enfants de St Vincent de Paul". En effet, les Lazaristes sont la branche masculine et les "Filles de la Charité" sont la branche féminine de la Congrégation de St Vincent de Paul.
On retrouve donc cette même statue dans l'église Saint Sulpice de Paris car depuis sa fondation dans les années 1646 par Olier, disciple de St Vincent et affilié bien sûr à la Congrégation du Saint Sacrement, cette église a toujours été Lazariste. |
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Le porche et ses anciennes inscriptions
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L'examen d'anciennes photos réserve parfois des surprises. C'est ainsi qu'une vieille carte postale de très bonne qualité nous permet de découvrir à l'extérieur du porche et sous la voute d'entrée, plusieurs inscriptions étonnantes. |
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Sur la partie supérieure nous avons d'abord cet ordre adressé au pèlerin : ARRETE... PASSANT ! Dessous nous avons en lettres onciales : AVE MARIA SINE LABE CONCEPTA un texte que l'on retrouve dans certains médaillons...
Enfin, la plus intéressante est certainement ces deux groupes de mots latins qui semblent être extraits d'un poème et mis en scène dans deux bannières :
hanc
voce non timida non
est enim tumida |
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voici la voix qui n'est pas craintive elle n'est pas rempli d'orgueil
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| C'est la finesse d'un
passionné du forum qui permit de retrouver cet extrait latin
issu d'un ancien recueil de poèmes qu'un certain Walter Mapes
publia à Londres en 1841. Les auteurs de ces vers à ND de
Marceille se sont-ils inspirés de ce recueil ? Pourquoi pas ?
C'est en tout cas à la
page 212 que l'on peut découvrir le poème complet : |
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| Qui était
Walter Mapes ? Selon la couverture, Walter Mapes ( connu aussi sous le nom Walter Map ou Gautier Map), serait l'auteur présumé de ces poèmes que Thomas Wright, éditeur et antiquaire, aurait ensuite collectionné pour la publication du recueil. Walter Mapes (1137-1210) naquit dans les marais du pays de Galles. Il étudia à Paris entre 1154 et 1160 puis retourna en Angleterre où il fut nommé Archidiacre à Oxford en 1197. Mais le plus intéressant son ses écrits et ses poèmes en latin à la fois célèbres et étranges. |
| Car en dehors des
romans, des satires très âpres contre Rome et le haut clergé,
entre ses récits burlesques et curieux, ses histoires de
mort-vivant, ou ses histoires de
crimes à la
Cour, il lamente la perte de Jérusalem et raconte
l`origine Chartreuse des Templiers et des Hospitaliers. Il y
raconte
notamment l’origine de ces ordres tout en déplorant leur
corruption croissante. Mais en examinant de plus près ses textes
on y apprend qu'il côtoie très finement les légendes du Graal et
les Chevaliers de la table ronde... dans son "De Nugis curialium" (1182), publia le premier récit légendaire de l'apparition de la tête de la Méduse ou Gorgone, au regard mortifère. Le mythe est repris, non sans variantes, par les chroniqueurs anglais vers 1190 de la 3ième croisade de Philippe-Auguste et Richard Cœur de Lion, puis au XIIIe siècle, dans l'ouvrage breton "Le Livre d'Artus" au XIVe siècle et apparaît au cours du procès des . Nous avons donc ici un lien entre ND de Marceille et un auteur connu pour ses récits décalés sur des sujets mythiques que sont les Templiers ou le Graal. Qu'on voulut nous dire les prêtres érudits et décorateurs du porche du Sanctuaire de Limoux ? Que doit-on en déduire ? Une chose est certaine. Ces vers n'ont pas été choisis au hasard. |
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La Vierge et l'enfant sous le porche
Nous devons cette curiosité du porche grâce à la perspicacité d'un chercheur François Pous. Cette remarque parue dans le forum "ND de Marceille" montre clairement une modification d'une partie de la statue. En effet, entre les deux clichés, l'un extrait d'une brochure de 1962 et l'autre d'aujourd'hui, des différences sont nettement visibles. |
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Si nous connaissons la date de la brochure, celle de sa photo est encore inconnue. Mais en comparant les deux versions, on s'aperçoit que le buste de l'enfant a été remplacé. Sa main droite qui était avec la paume ouverte, est maintenant dirigée vers le bas. Sa main gauche tenait un globe et une croix (Symbole du Christ sur Terre), elle tient aujourd'hui un oiseau ressemblant à un aigle. Faut-il y voir une référence à l'aigle du lutrin près de l'orgue et chère à Boudet ? Pourquoi ce changement ? Par qui ? Et pour dire quoi ?
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