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Rennes-Le-Château ou l'histoire d'un grand secret |
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Lorsque que j'entrai pour la première
fois dans l'église de
Notre Dame de Marceille il y a maintenant
quelques années, je ne pus m'empêcher de relier
immédiatement ce lieu à Rennes-Le-Château. La raison en
était très simple : déjà familiarisé avec plusieurs éléments
classiques de cette affaire, un détail paraissait trop beau
pour être vrai. En effet, un magnifique tableau de Saint
Antoine, encore visible aujourd'hui, trônait en face de
l'entrée principale...
L'analyse de Notre Dame de Marceille est composée de 8 volets :
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L'atmosphère du sanctuaire de Notre
Dame de Marceille est très particulière. Il y baigne une
semi obscurité et l'ambiance de la toile aux coloris
exagérément sombre ajoute au mystère.
Je compris dès cet instant que l'affaire s'étendait bien au delà du petit village de Rennes-Le-Château. Mais il me manquait de nombreux éléments pour entrevoir la silhouette du puzzle. C'est bien plus tard que Franck Daffos, dans son livre "Le secret dérobé", me permit de coller quelques morceaux et sans qui ce thème n'aurait jamais vu le jour... |
| Comme nous le verrons par la suite la position du tableau est très importante. Il est situé, face à l'entrée et à la chaire de l'église, à mi hauteur, entre la sacristie et la petite chapelle de la Vierge Noire, au dessus du Saint des objets perdus, Saint Antoine de Padoue. |
| L'affaire de Rennes-Le-Château couvre un périmètre très large et aux contours indéfinissables. L'exemple qui suit en est une belle illustration. Avant d'aborder le Saint Antoine de NDM, il est indispensable de se rappeler du mystère de Valcros dans les gorges du Verdon, et des légendes qui l'entourent. Ces 2 affaires semblent curieusement liées ... |
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L'histoire de Valcros
En 1915, un jeune garçon (Georges Marcolla) découvrit en Sibérie, dans une bible rangée dans la bibliothèque de son père, un vieux papier jauni :
Nous sommes en 1916 et la révolution russe approche. Le jeune garçon fut contraint de fuir et après la seconde guerre mondiale il se retrouva dans le sud de la France. Mais il est des destinées où le hasard semble absent. Après de nombreuses années sans but, il finit par acheter en 1955 une propriété agricole comprenant un vieux château en ruine du XIe siècle "Valcros" (Vallée de la croix en provençal). |
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Ce fut pour le propriétaire polonais
une nouvelle interrogation. En effet, il trouva dans la
petite chapelle un ancien grand tableau représentant
Saint Célestin désignant le mot "Véritas".
La découverte de cette toile et le message qu'il avait lu dans son enfance fut pour lui un véritable révélateur et c'est ainsi qu'il passa le reste de sa vie a chercher le trésor des Templiers au Château de Valcros. Depuis, de nombreux chercheurs vouèrent une réelle fascination pour ce mystère. L'un d'eux se démarqua : Alfred Weysen |
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Alfred Weysen débuta ses recherches dans le Verdon vers 1960 et commença à travailler avecGeorges Marcolla. Ce dernier continuait à chercher le trésor des Templiers dans le domaine du château de Valcros mais il accepta de collaborer aussi aux recherches de Weysen pendant plusieurs années. Puis Alfred Weysen abandonna la piste classique pour ce concentrer sur le tableau. |
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C'est à ce moment que les recherches
devinrent fascinantes. Ce tableau qui était attribué à un
certain René de Draguignan et daté de
1715 fut confié à un laboratoire scientifique
de Bruxelles. Son analyse aux rayons X révéla
300 inscriptions en latin, invisibles à l'œil
nu. Pour
Weysen , il s'agissait d'un tableau
contenant un message. Parmi ces inscriptions il est écrit
dans le coeur flamboyant le mot "Véritas".
Autre découverte : La morphologie du Saint Célestin épouse de façon troublante les contours géographique du Verdon délimitée par les sites Soleils-Trigance-Jabron, le Bourguet-Robion et Valcros. |
| Les recherches de Weysen montrèrent en fait que le tableau serait plutôt l'oeuvre d'un copiste du nom de Jean Mariette (1660-1742), peintre graveur et donc daterait de 1715. |
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Alfred WEYSEN est l'auteur de "L’île
des veilleurs" 1986 aux Éditions Robert Laffont Il aurait, après quelques années de recherches mis en lumière un zodiac géant du Verdon et un plan de la zone nommée "l'île des veilleurs" délimitée par Soleils-Trigance, Jabron, Le Bourguet et Robion, Valcros étant inclus dans ce périmètre. Les chapelles seraient situées près du Point Sublime surplombant les Gorges du Verdon à proximité de Trigance et formeraient le mot TEMPLARI. La colline située à l'est du pont de l'Evescat, entre Jabron et le pont du Bourguet contiendrait des galeries vers les lieux-dits le Reissa, le Rouissassou et la Treille. Un réseau de souterrains partirait de Valcros en étoile. Enfin La Treille abriterait le plus grand lac souterrain du monde (10ha) et sous "le portique", au Rouissassou, serait située une caverne profonde de 20m et haute de 4 à 5m. |
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Il est à noter qu'un laboratoire de Toulon aurait confirmé la présence de cette caverne et du lac souterrain de 10 hectares qui serait le plus grand du monde. Weysen ne s'attribue pas cette découverte à lui seul, il la dédie aussi aux travaux d'hydrogéologie de 1970 conduits par le professeur Van Nutsen de l'Université d'Amsterdam. Une autre originalité est que ces eaux proviendraient de sources passant probablement sur des champs magnétiques (Cette dynamisation se fait lorsque les eaux coulent dans les régions où le sol est riche en fer, manganèse, et cobalt). Elles se trouvent alors magnétisées et portent une énergie appelée la "magnétohydrodynamique", qui fut découverte par le physicien britannique Michael Faraday (1791-1867). la MHD est l’étude de l’interaction entre les champs magnétiques et les fluides conducteurs. |
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Saint Célestin et Saint Augustin
Avant d'aborder les liens avec NDM et son tableau de Saint Antoine, il faut faire un parallèle entre le Saint Célestin de Valcros et Saint Augustin. Saint Augustin est reconnaissable par 2 détails caractéristiques : un coeur enflammé qu'il tient dans sa main, symbole de sa foi et une crosse épiscopale, très souvent, clairement représentée par une canne à l'extrémité en colimaçon. Si on compare une représentation classique de Saint Augustin avec le Saint Célestin de Valcros, la ressemblance est frappante. Tout y est : le coeur enflammé, la canne épiscopale, les livres ouverts avec la même disposition et jusqu'à la position des 2 personnages qui exclue une quelconque coïncidence ... |
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Quel est le lien avec NDM ?
Un fait troublant entre l'affaire de Rennes-Le-Château et celle de Valcros est que le tableau de Saint Antoine de NDM (en fait comme nous le verrons plus loin Saint Augustin) et le Saint Augustin de Valcros sont basés sur la même scène. Les 2 Saints Augustin sont présentés pratiquement dans la même position. De plus tout deux sont liés à un secret trésoraire de grande valeur. Enfin comme nous le verrons plus bas, les 2 tableaux sont liés par une même équipe de peintres. |
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Un autre rapprochement est possible
par l'ancien message de Valcros qui nous parle de "La
vallée de la Croix" et de "la voie"
Il faut savoir que la "Voie Sacrée" qui a servi pendant très longtemps aux pèlerins s'appelait aussi "la voie des croix", sans doute du fait de la présence de plusieurs croix sur le chemin. L'une d'elle est encore visible à gauche de l'entrée principale. |
Le secret du Saint Antoine de NDM
| Pour comprendre et démonter la fabuleuse
histoire de ce tableau, Franck Daffos, dans son livre "Le
secret dérobé" étaye sa thèse d'une très belle
démonstration historique. Je ne prétendrai nullement reprendre
ici cette démonstration mais plutôt la présenter sous la forme
d'une série d'épisodes que ses différentes recherches
historiques ont permis de reconstituer. Rennes-Le-Château est un immense puzzle, en voici une pièce importante ... |
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Monseigneur François Fouquet commande
un Saint Augustin
De 1660 à 1673, date de sa mort, Monseigneur François Fouquet, évêque de Narbonne et frère du célèbre Nicolas Fouquet, géra à lui seul Notre Dame de Marceille. Cet épisode ne fut pas fortuit (les vrais raisons seront présentées dans un autre thème). Mais c'est à cette époque que l'évêque de Narbonne, pour des raisons qui seront expliquées par ailleurs décida de laisser un message très particulier à son frère Nicolas emprisonné. Il faut rappeler que Nicolas Fouquet, surintendant du Roi, fut arrêté le 5 septembre 1661 à Nantes par Louis XIV, soupçonné d'enrichissement personnel. L'histoire du tableau de Saint Antoine commence donc avec Monseigneur Fouquet qui en 1660, eut l'idée de commander un tableau codé représentant Saint Augustin. |
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Qui était Saint Augustin
?
Aurelius Augustinus naquit le 13 novembre 354 à Thagaste en Numidie (aujourd'hui Souk Ahras en Algérie). Romain d'Afrique d'une famille modeste, il eut comme père un petit propriétaire foncier attaché à la religion du paganisme romain et comme mère une fervente chrétienne (Sainte Monique). L'éducation du jeune Augustin fut chrétienne et intellectuelle car il envisagea en moment de devenir avocat. Il devint en fait professeur dans sa ville natale, puis à Carthage, où il fonda une école de rhétorique, puis à Rome et à Milan. Cette période l'éloigna de la religion, au désespoir de sa mère. Il mena alors une vie tumultueuse, divisée entre l'amour de sa femme avec laquelle il était lié depuis l'âge de 17 ans (et dont il eut en 372 un fils Adéodat) et sa passion pour la littérature, le théâtre et ses inquiétudes métaphysiques. |
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Il découvrit la philosophie à 15 ans par Cicéron et le manichéisme auquel il se convertit durant 9 ans. Cette religion, très en vogue à son époque, enseignait une vision dualiste et tragique du monde (le Bien et le Mal). A Milan, il devint influencé par un grand théologien chrétien Ambroise (plus tard Saint Ambroise) qui lui fit découvrir le néo-platonisme. Il s'orienta alors vers le christianisme, mais c'est dans un jardin de Milan que lui vint la révélation. Il entendit une voix qu'il interpréta comme celle de Dieu. Abandonnant l'enseignement, il se retira avec quelques amis, rédigea ses premiers textes philosophiques puis passa 3 ans de vie monastique. C'est à ce moment que la vie d'Augustin se confondit avec son activité de prêtre puis d'évêque d'Hippone (395). Participant activement aux grands conflits de l'Église d'Afrique, il produisit une œuvre immense, à la fois philosophique et théologique. Les trois œuvres les plus célèbres furent les Confessions (396-397), La Trinité (400-416), La Cité de Dieu (411-426). Convertit tardivement en 387, il devint évêque d'Hippone en 396. Ses ouvrages, dont "La Cité de Dieu", auront une influence considérable sur l'Église catholique et la culture occidentale.La fin de la vie d'Augustin fut ténébreuse : Il vit l'effondrement de l'Empire romain d'Occident et ce fut dans une ville assiégée par les Vandales qu'Augustin mourut le 28 août 430 à l'age de 75 ans dans la colonie romaine d'Hippone (aujourd'hui Annaba en Afrique du Nord). |
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Pourquoi ce choix Saint Augustin
?
Saint Augustin est considéré aujourd'hui comme le père de l'église mais il était avant tout un philosophe chrétien. Pourtant, le fait essentiel de sa biographie qui nous occupe est qu'il assista au pillage de Rome par Alaric chef des Wisigoths le 24 août 410. Cet épisode historique très important qui mis à feu et à sang Rome, a très souvent été commenté par les historiens pour son ampleur et son impact sur les consciences occidentales. Le butin fut tel qu'il fallut 6 jours et 6 nuits pour le rassembler. Cette prise était d'ailleurs d'autant plus importante qu'elle devait aussi comporter les trésors de Jérusalem pris par Titus en l'an 70. Voici donc un début d'explication. Monseigneur Fouquet, voulant laisser une première indication à son frère Nicolas, devait choisir un sujet hautement symbolique mais pas trop inhabituel pour l'époque. Le choix de Saint Augustin est judicieux car sa présence dans une église est nullement provocatrice. Par contre ce choix est pertinent pour 2 raisons :
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1ère
transformation : C'est Henri Gasq, dans son opuscule, qui nous livre une indication précieuse sur l'origine du tableau. Consciencieux, Henri Gasq consigna dans un journal qu'il édita 3 fois, de nombreux détails sur ces travaux. C'est ainsi qu'on peut y lire 2 versions surprenantes et différentes à propos de cette toile :
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Et dans une autre édition 18 ans plus tard :
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Dans un premier temps,
Gasq nous confie que le Saint Antoine
serait l'oeuvre d'un grand maître. Dans un deuxième temps,
il nous donne l'auteur, sans doute celui qui laissa sa
signature sur la toile :
Ambroise Frédeau Gasq à l'origine devina très certainement qu'un grand peintre se cachait derrière le Saint Antoine de Frédeau : un Saint Antoine de Teniers le Jeune. En effet Teniers Le Jeune peignit d'innombrables Saint Antoine qu'il réalisait sur commande. Il était donc très simple pour Ambroise Frédeau de récupérer une toile et de la transformer en Saint Augustin... Voici donc la première étape de la naissance du tableau. Monseigneur Fouquet passa vers 1670 une commande d'un Saint Augustin à Ambroise Frédeau. Ce dernier prit l'un des innombrables tableaux de Saint Antoine de Teniers le Jeune pour le repeindre en Saint Augustin... |
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Ambroise Frédeau (1589 - 1673)
Il naquit à Paris en 1589 et fut moine ermite peintre de l'Ordre des ermites de Saint Augustin. Il passa la majeure partie de sa vie à Toulouse ou son talent fut très apprécié. Ambroise Frédeau travailla surtout au couvent des Augustins de Toulouse qui est devenu maintenant "Le musée des Augustins". Cet artiste ermite n'était pas seulement peintre mais aussi sculpteur et miniaturiste. Une autre particularité est qu'il était un excellent ami de Nicolas Poussin. Coïncidence malheureuse, Ambroise Frédeau et Monseigneur Fouquet, commanditaire du tableau de NDM, moururent la même année 1673. La toile fut donc exécutée entre 1660 et 1673, période à laquelle l'évêque Fouquet gérait NDM. |
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Cette toile est l'une des plus
connues, réalisée en 1650 par Ambroise Frédeau.
Le musée des Augustins rassemble de nombreuses oeuvres toulousaines qui témoignent de la richesse artistique du XVIIe siècle dans cette région. |
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Comment est-on sûr qu'il s'agissait
bien d'un Saint Augustin ?
Plusieurs éléments chronologiques et historiques confirment la présence d'un Saint Augustin, mais cette reconstitution serait restée certainement très théorique s'il n'y avait pas un détail fabuleux qui vint conforter cette thèse. Par un hasard extraordinaire, il existe une gravure de grande qualité représentant ND de Marceille vers 1830. Cette gravure est remarquable par la qualité du détail et de son trait. |
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| Cette gravure, exceptionnelle par la finesse de son tracé, fournit de nombreux détails et notamment des informations importantes sur le fameux tableau dit "de Saint Antoine" ... |
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Cette gravure offre une telle finesse dans
les détails qu'il est facile de reconnaître le Saint
Augustin caractérisé par sa canne épiscopale à
l'extrémité en colimaçon et un cœur enflammé entre ses
mains. Entre 1830 et aujourd'hui, le tableau a bien
changé d'aspect. D'autres éléments vont bien sûr confirmer
ce constat...
On ne peut pas rester non plus indifférent sur cet étrange créature en haut à droite du tableau représentant peut être une sorte de dragon ailé aux pattes crochues. Ceci ferait en tout cas parti des détails que Gasc fit disparaître. De plus, cette gravure datant de 1830 et Henri Gasc ayant été aumônier de 1838 à 1872 à Notre Dame de Marceille, on peut affirmer sans risque que Gasc connaissait le tableau dans son aspect Saint Augustin... Pourquoi ne l'a t-il pas signalé tout simplement dans ses éditions successives ? |
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Un autre élément incontournable :
Boudet
Cette présentation ne serait pas complète si on omettait de citer Henri Boudet. En effet, comme d'habitude dans son livre "La vraie langue celtique", Boudet nous suggère à demi-mot la solution puisqu'il nous parle justement de Saint Augustin dans son chapitre sur les généraux de Carthage.
Voici un belle exemple de la cryptologie de Boudet, mais il faut reconnaître qu'elle ne devient claire que lorsque l'on a, au préalable, compris ses allusions. Si l'on extrait les expressions
importantes de ce texte il faut retenir :
Il est inutile de revenir sur les mots Saint Augustin, Ambroise ou vérité qui paraissent maintenant évidents. Pour le reste il faut savoir qu'il existe un superbe aigle sous l'orgue de Notre Dame de Marceille et qui surplombe l'assemblée des paroissiens. Un esprit subtil et une intelligence élevée sont évidemment nécessaires pour comprendre tout son sens... |
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Et le Saint Augustin de Valcros
?
Il se trouve que si l'on étudie la chronologie et l'histoire de quelques artistes du XVIIe et du XVIIIe siècle, un lien existe entre le Saint Augustin de NDM et celui de Valcros. Ce lien existerait par l'entremise de Simon Vouet, grand peintre français du XVIIe, qui aurait été le maître d'Ambroise Frédeau. Or Jean Mariette (1660-1742) qui aurait peint le Saint Augustin de Valcros, serait issu, d'après Alfred Weysen, d'une famille d'initiés descendant de Simon Vouet. |
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Mais, ce n'est pas tout. Un autre artiste peintre de la même époque que Jean Mariette serait aussi issu de la famille de Simon Vouet. Il s'agirait de Jean-Baptiste Corneille (1649-1695), or Mariette et Corneille sont originaire de la même région du sud de la France, la Provence. Il est donc très facilement imaginable que ces artistes se soient inspirés d'une oeuvre telle que le Saint Augustin de NDM. Simon Vouet (1590-1649) séjourna en Italie entre 1615 et 1627. Il côtoya les grands mouvements de la peinture italienne de l'époque, le naturalisme caravagesque, et les couleurs vénitiennes. De retour à Paris, il fut àla tête d'un important atelier de peinture et travailla dans un style italien et baroque pour la cour de Louis XIII et Richelieu. Mais il se heurta au talent de Nicolas Poussin à partir de 1640 pour se rapprocher de son classicisme. |
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Enfin voici peut-être la version
originale. Le tableau qui fut à l'origine de tant
d'inspiration : "L'inspiration de Saint Mathieu"
réalisé en 1602 par Caravaggio, Michelangelo Merisi
(1573-1610) dit Le Caravage. On retrouve
très nettement cette même composition en diagonale et la
même position du sujet.
Michelangelo Merisi, dit Le Caravage naquit en 1573 à Caravaggio. Il vint à Rome à 15 ans, luttant contre la misère et une santé précaire. Moins de 10 ans plus tard, il devint célèbre et protégé par des mécènes illustres et puissants. Mais son tempérament colérique et violent lui valut aussi de nombreux problèmes avec la police. Les querelles, les rixes, les affaires de moeurs et surtout ses poussées de violence feront de lui un assassin en 1606. Condamné à mort, il dut fuir de Romevers Naples, Malte et la Sicile. Il fut alors victime d'une agression et tenta de retourner à Rome. Il mourut en 1610 sur le chemin du retour, officiellement de la malaria, mais les circonstances exactes restent inconnues. Sa peinture se caractérise par le traitement contrasté de la lumière qui dramatise le sujet. Le naturalisme avec lequel l'artiste traita les scènes religieuses suscita l'indignation du clergé. Le Caravage fut sans doute l'un des plus grands maîtres de l'histoire et son art fut repris et copié dans toute l'Europe. |
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2ème
transformation : Le Saint Augustin redevient un Saint Antoine Pour comprendre cette nouvelle étape, il faut revenir sur les 2 éditions de Gasc
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Dans la première édition de 1859,
Henri Gasc nous décrit un tableau de
Saint Antoine en suggérant qu'un grand maître
ce cacherait derrière (Téniers le Jeune). De toute évidence,
il essaie de nous dire que le tableau a été remanié.
Un autre détail très important est que la grotte serait éclairée par une lampe et un clair de lune. Or l'observation du tableau montre que le sujet est éclairé par une source lumineuse placée au premier plan et non à l'arrière. De plus, aucune lampe n'est visible sur la toile permettant un tel éclairage. Mais l'édition de 1876 change de ton. Gasc nous explique maintenant que la scène se déroule au milieu de la nuit et que le personnage, moine de l'ordre de Saint Antoine de Vienne, paraît écouter un concert céleste. La lampe aurait donc disparue ? |
Il semble donc que Henri Gasc, durant son poste d'aumônier à ND de Marceille, retoucha lui-même le Saint Augustin en Saint Antoine puisqu’il est prouvé qu’il fut peintre. C'est cette transformation, effectuée certainement entre 1859 et 1876 (les 2 dates des éditions de son opuscule), qui aboutira à la version du tableau telle que nous la connaissons aujourd'hui. Cette restauration est d'autre part confirmée par l'analyse visuelle du tableau. En effet, non seulement toute la partie du coin supérieur droit est exagérément noire et bitumée, mais des marques de reprises de peintures sont visibles et grossières à certains endroits. |
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Pourquoi Gasc a t-il procédé à cette
restauration ?
Sans aucun doute pour atténuer certains effets ou tout simplement pour cacher certains détails trop limpides. Gasc trouvait sans doute le tableau trop lisible, trop déchiffrable et il préféra reprendre le codage laissé par l'évêque de Narbonne à l'attention de son frère Nicolas Fouquet dans le cas ou ce dernier serait libéré. C'est ici qu'intervient une fabuleuse enquête menée par Franck Daffos et qui montre à quel point Henri Gasc joue de son sens du cryptage. A ce propos, ce pourrait-il que Boudet est eu comme professeur de cryptologie Henri Gasc ?
1er indice : Le tableau le plus important d'Ambroise Frédeau est comme par hasard " Saint Nicolas de Tolino, bercé par le concert des anges" de 1650. Voici donc ce fameux concert céleste qui serait en fait la musique des anges que Saint Nicolas de Tolino entendait la nuit, 6 mois avant sa mort. |
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2ème
indice : Ce tableau représente Saint Nicolas de Tolentino, ermite de Saint Augustin, écoutant le concert céleste. Ce lien "Saint Augustin" que nous dévoile Gasc confirme que cette piste est la bonne. 3ème
indice : Sancte Augustine, ora pro nobis, 1667 qui se traduit par: et la date de 1667 nous rappelle que ce fut l'évêque de Narbonne François Fouquet qui le premier mis en place ce cryptage. |
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Il reste toutefois à comprendre ce que
Gasc voulut à tout prix cacher dans le coin haut droit
du tableau de Saint Augustin. Une hypothèse aurait pu
être la représentation de la cloche "Saint Augustine" de
NDM, mais il faut bien reconnaître que la
fabuleuse précision de la gravure nous fait découvrir tout
autre chose.
On y voit en fait un étrange animal, mi chauve souris, mi dragon, et aux pattes crochues. Ce symbole fut en tout cas jugé trop direct et trop révélateur par Gasc. Il faut dire que si certains symboles évoquent Saint Augustin, d'autres rappellent plutôt David Téniers et ce monstre est un indice très révélateur. N'oublions pas que ce Saint Augustin fut probablement au départ un Saint Antoine de Téniers... |
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Si on observe plusieurs
Saint Antoine classiques de David Téniers,
on s'aperçoit qu'il existe un bestiaire du monstre. Chauve
souris, poisson chimère, animaux mi humains, etc...
On retrouve d'ailleurs cette faune dans de nombreuse peintures hollandaises de la même époque |
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Dans cet exemple de
Téniers voici un monstre qui est dans la même
lignée que la
chimère de Notre Dame de Marceille.
Il faut dire qu'un tel monstre n'a pu que choquer les visiteurs devant se tableau mi Saint Antoine, mi Saint Augustin. Et on peut facilement comprendre pourquoi Gasc remania la toile car son objectif était tout de même d'être plus discret... |
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4ème
indice :
Si on rapproche cet extrait de Gasc avec celui de Boudet cité plus haut, un mot commun apparaît...
Le mot "Justice" qui se retrouve associé à "La chaire". Voici donc ce que Gasc et Boudet voulaient nous indiquer : La chaire. Il faut d'ailleurs souligner que 2 indices viennent confirmer cet endroit :
Mais il faut aussi savoir que Gasc a durant ses travaux d'embellissement remplacé et réaménagé la chaire. On voit très nettement sur la gravure de 1830 la différence entre la chaire d’aujourd’hui et celle de l’époque. |
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Que cache la chaire
?
Tant qu'une découverte concrète ne vienne pas conforter les plus belles déductions, ces dernières restent théoriques et sans grandes valeurs. Ce n'est heureusement pas le cas ici.
La chaire indique effectivement un emplacement très
particulier dans le sanctuaire, Celui d'un accès secret à
une crypte. Il existe en effet une pièce secrète sous la
chaire, accessible grâce à une trappe cachée dans le
plancher.
On comprend alors tout le sens des
mots qu'a voulu nous souffler
Boudet : |
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Il est maintenant amusant de lire la
présentation officielle faite par
l'association diocésaine, propriétaire
des lieux. Pas un mot bien sûr du Saint Augustin ou
de Monseigneur
Fouquet...
On remarquera la présentation de la chaire aujourd'hui, qui est extraite, sans le dire, de l'opuscule de Henri Gasc de 1876, et de l'Augustine... |
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