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Notre Dame de Marceille
Le tableau de Saint Antoine (3/3)
Sa face cachée en couleur...

Rennes-Le-Château ou l'histoire d'un grand secret

 

  L a saga du Saint Antoine continue.

Après la découverte en août 2006 de la signature de Mathieu Frédeau, il était naturel de pousser plus loin l'analyse infographique du tableau. La piste devait  être prometteuse puisque par un heureux hasard, un cliché me permis d'isoler un étrange visage. Je me devais donc d'organiser une nouvelle série d'image, mais prises différemment avec des pauses très longues et un filtre adapté.

 

Cette campagne put se faire finalement en août 2007 durant laquelle je parvins à prendre plusieurs dizaines de clichés qu'il fallut ensuite trier et mettre en valeur.

 

Voici donc rassemblé sous ce thème cet ensemble de photos, résultat d'un travail qui se déroula sur deux années. Peut-on apporter à tout ceci une conclusion ? Certainement pas. Mon objectif est de montrer la beauté de notre patrimoine et les secrets qui s'y cachent. Tout objet d'art a une histoire et la particularité d'une peinture sur toile est de restituer celle-ci en couleur. Encore faut-il ensuite l'interpréter correctement et c'est sans doute là que le travail de l'historien commence.

L'analyse de Notre Dame de Marceille est composée de 8 volets :

   Notre Dame de Marceille - Son histoire
   Son chemin de croix
   Ses médaillons
   Autres aménagements
   Le tableau de Saint Antoine - Son histoire
   Le tableau de Saint Antoine - Le récit d'une découverte
   Le tableau de Saint Antoine - Sa face cachée en couleur
   Autres peintures et décorations

 

Une vision d'enfer et des détails surprenants

 

Parmi la multitude de photos prises sur le fameux Saint Antoine, certaines, je l'avoue, on été faite dans la pénombre et sans cible précise. Pour ceux qui n'ont pas encore franchi le seuil de Notre Dame de Marceille, il faut souligner que la nef a longtemps baignée dans une très faible lumière et un tableau clair obscur comme celui du Saint Antoine est quasiment impossible à détailler. Les techniques du numérique vont encore apporter ici une aide irremplaçable.

 

Un premier détail intéressant :

La photo prise de biais montre sur l'épaule du personnage un objet dentelé difficile à identifier. Mais ce détail est d'importance puisqu’il nous signifie que ce tableau n'a pas encore livré tous ses secrets.

 

Ce détail m'encouragea tout de suite à continuer l'analyse et mon obstination fut vite récompensée. En fait, ce fut une remarque faite par Franck Daffos quelques temps auparavant qui me mis la puce à l'oreille : "S'il s'agissait, comme nous le supposons fortement, d'une Tentation de Saint Antoine à l'origine, la toile devait comporter un ou plusieurs sujets de tentation (femme, diablotin, chauve-souris, animaux étranges, etc...)"

Malheureusement Mathieu Frédeau puis Gasc firent disparaître pour des raisons différentes la partie haute et droite du tableau original. C'était sans compter sur les progrès de la technique et le vieillissement de la peinture qui parfois perd ses propriétés opaques.

 

 

Connaissant les conditions particulières dans lesquelles les photos furent prises, la tâche rougeâtre qui apparaissait sur mon cliché ne pouvait être pour moi qu’une surexposition due au puissant éclairage portatif dont nous disposions. C'est en agrandissant et en filtrant les couleurs que je compris mon erreur...

 

 

En exagérant les contrastes on peut deviner une tête et, avec un peu d'insistance, on voit très vite les yeux, un nez crochu, une bouche étroite et un menton effilé. On arrive même à deviner une oreille au contour pointu. Le tout est enveloppé dans un nuage de feu ou de brume. 2 avants bras semblent porter cette vision de cauchemar. Voici peut être la preuve que ce Saint Antoine, à l'origine, n'était pas en adoration mais en proie à des tentations, ceci dans la très classique lignée des Tentations de Saint Antoine de l’école de Téniers.

 

Compte tenu de la complexité du tableau, une campagne de photo 2007 se révéla particulièrement intéressante. Le tableau de Saint Antoine est un sujet inépuisable. En voici la preuve en images...  

 

Retouches ?

Le tableau de Saint Antoine réserve décidemment beaucoup de surprises.

Si on observe la toile sous une lumière rasante, 3 régions plus brillantes apparaissent.

S'agirait-il d'un dépoussiérage récent effectué par un amateur de photo. Possible, mais très peu probable car trop bien ciblé.

 La brillance et la trace du reflet montre plutôt l'application d'un vernis ou d'une retouche faite à la brosse. Les traînées du pinceau sont encore visibles. D'ailleurs il ne s'agit pas de n'importe qu'elle partie de la toile. 3 zones semblent avoir été reprises : la main, le livre et le crâne, la pierre avec sa signature "Mathieu Frédeau" et un détail au bas de la robe du Saint.

Ces régions ont visiblement fait l'objet d'une attention toute particulière.

 


La trace d'une brosse ou d'un pinceau est nettement visible

 

De mystérieuses écailles

Pendant longtemps j'étais convaincu que ces écailles appartenaient à un objet ou à un animal tapi dans l'ombre de la toile. Voici l'explication. Son propriétaire est un superbe oiseau intrigant, à l'œil orange. On distingue nettement ses plumes arrières dressées, son cou ondulé et sa patte crochue. Sa présence symbolique près du saint Antoine reste malgré tout énigmatique.

 

 

Un signe distinctif ?

C'est en parcourant la toile qu'un détail me fascina. La main gauche du Saint Antoine semble protéger un signe ou un blason cousu sur sa robe. On peut effectivement distinguer un T qui se prolonge par un noeud et des cordelettes. S'agirait-il du Tau, un signe distinctif de l'ordre des Saint Antoine de Viennois comme le suggère Henri Gasc ?

"Ce tableau du frère Ambroise Frédeau représentant un moine de l'ordre de Saint Antoine de Viennois, qui, au milieu de la nuit, paraît écouter un concert céleste."

(Extrait Opuscule de Gasc, troisième édition 1876, p27)

 

 

L’ordre de Saint-Antoine du Viennois était au départ (1095) un ordre militaire et hospitalier mais en 1297 il a été transformé en congrégation religieuse gouvernée par un abbé. En 1382, le comte Aubert de Hainaut fonda à Mons, l’Ordre de Saint-Antoine dont le siège se trouvait non loin de Mons dans un petit ermitage forestier appelé Barbefosse et qui avait servi de cimetière pour les pestiférés et les contagieux. En fait le comte de Hainaut voulait de la sorte relever l’ ancien ordre militaire et hospitalier de Saint-Antoine afin de lancer une ultime croisade pour reconquérir définitivement les Lieux saints. C’est leur deuxième grand maître, Guillaume de Hainaut qui cru enfin en 1416 pouvoir réaliser le grand rêve de la croisade, tous les princes d’Occident s’étant rangés derrière le tau de saint Antoine. Malheureusement le comte Guillaume IV devait mourir l’année même dans des conditions mystérieuses et l’ordre de Barbefosse n’allait pas survivre au gouvernement de sa fille Jacqueline de Bavière. La chevalerie de Saint-Antoine-en-Barbefosse se fondit dans l’ordre de la Toison d’or et son siège qui venait d’être rebâti et richement décoré, fut remis aux Antonins du Viennois.

Merci à Alain Doumont pour sa contribution au site


La chapelle Saint Antoine de Barbefosse au XVIe siècle
Jérôme Bosch (musée de Valenciennes)

 

Clair de lune

Pour la beauté de l'image, voici le clair de lune un peu ombragé du Saint Antoine. Un paysage se devine au fond avec peut être un clocher particulièrement aiguisé et une fine croix qui semble s'élever vers le ciel.

 

On distingue aussi la fameuse lampe à huile mais qui n'est manifestement pas la source de lumière principale. Également complètement à gauche, une longue croix en bois posée sur un rocher.

 

Un livre ruisselant

Les symboles ne manquent pas. Voici que le livre du Saint Antoine ruisselle à côté du crâne, dans une petite flaque maintenue par une pierre plate. Faut-il y voir un bénitier ou une grotte particulièrement humide ? A noter cette "pierre" carrément étrange à gauche et marquée d'un point rouge.

 

 

Allons plus loin... Sa face cachée en couleur

 

Cette campagne de photo 2007 me permit d'effectuer des clichés riches en détails et la manipulation numérique permet d'obtenir des effets saisissants. L'interprétation reste par contre pour le moment un réel problème. Mais il faut reconnaître que la piste est encourageante et nous sommes en présence d'un tableau peu ordinaire.

Voici tout d'abord sa version avec une température de couleur normale et équilibrée. On peut déjà observer que le tableau a perdu en éclat et les fonds remontent à la surface. La peinture supérieure a été altéré par endroit avec le temps, mais ceci permet de nous laisser entrevoir d'autres formes et d'autres couleurs. 

 

+ - pour zoomer, Flèches ou click gauche appuyé glissé (main) pour parcourir l'image, pour revenir à l'état initial. Utilisez le cadre rouge de l'aperçu pour vous situer dans l'image

 

Voici la même version mais sur laquelle les lumières et les contrastes ont été ajustés pour faire ressortir les détails. Un observateur averti pourra y voir de nombreuses formes intrigantes. Par endroit vous verrez des têtes de monstre ou des oiseaux selon votre imagination...

 

+ - pour zoomer, Flèches ou click gauche appuyé glissé (main) pour parcourir l'image, pour revenir à l'état initial. Utilisez le cadre rouge de l'aperçu pour vous situer dans l'image

 

Nous avons par exemple en haut à gauche du Saint Antoine tout un agglomérat de dessins qui se superposent. Pour les observateurs attentifs on peut même deviner une gueule de crocodile ouverte en bas à droite de l'image...

 

 

Et comme on ne s'en lasse pas, voici de magnifiques tableaux abstraits. Chaque zoom permet de faire apparaître des détails impossibles à observer à l'oeil nu. La toile est visiblement très complexe et a du susciter de nombreuses interventions artistiques... 
 

 


 

La partie haute à droite, bien que largement bitumée, laisse entrevoir des formes et des couleurs...

 

 

La partie centrale réserve aussi ses surprises...

 

 

Tel un bouquet final de feu d'artifice, je devais finir par ce magnifique tableau abstrait plein de rêves. Certains y verront des visages ou des crânes, d'autres des masques d'or... L'aventure continue...

 

 

Une belle surprise

 

Dans le cadre des recherches sur Rennes-Le-Château la curiosité et la ténacité sont souvent synonymes de récompense. C'est en décembre 2007 qu'un chercheur passionné, François Pous, grand fidèle du forum, remarqua une ancienne photo dont voici un extrait.

On ne peut pas le rater puisque accroché tout en haut d'un mur d'exposition, un superbe Saint Antoine au clair de lune nous rappelle un sujet bien connu.

Merci à François Pous pour sa contribution au site

 

 

La photo fut prise dans l'une des salle du musée Petiet à Limoux et on y découvre assis l'ancien secrétaire général des Beaux-arts de Toulouse, Jean Louis Lagarde.

 

 

Il y a de très fortes chances qu'il s'agisse d'une copie, mais quel plaisir de trouver après quelques années d'investigation une trace de ce tableau mystérieux. Il est donc possible que la toile existe encore et la dénicher c'est aussi ouvrir des pistes comparatives...

 

         

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