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Rennes-Le-Château ou l'histoire d'un grand secret |
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Voici le peintre le plus célèbre dans
l'affaire de Rennes-Le-Château. Sa présence dans le mystère
est incontournable et son implication est concrétisée par sa
fameuse toile "Les Bergers d'Arcadie".
Sa renommée est mondialement reconnue et n'est plus à démontrer. Mais en analysant sa vie et son oeuvre, on s'aperçoit vite que sa personnalité est complexe et pleine de paradoxe. Derrière ce grand maître de la peinture, se cache certainement un initié en possession d'un grand secret... |
Mais pourquoi Nicolas Poussin
est devenu dans cette saga l'un des peintres les plus
mystérieux qu'il soit ? Certainement pour plusieurs raisons
:
Nicolas Poussin fait partie des peintres qui n'en finissent pas de nous étonner... |
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Ce thème est composé de 2 volets :
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Nicolas Poussin Il est le fils de
Jean Poussin, notaire à Soisson, comme
d'ailleurs son grand père. Ils eurent un enfant, Nicolas Poussin, qui naquit le 15 juin 1594 au hameau de Villers, aux Andelys, près de Rouen, en Normandie. |
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Sa formation
Dès son plus jeune age, Nicolas adorait dessiner et c'est durant ses leçons qu'il s'exerçait. Il fut très vite remarqué par Quintin Varin, peintre de Beauvais, qui lui enseigna la peinture. Malheureusement pour Nicolas, ses parents acceptèrent mal sa future condition d'artiste et ceci malgré les encouragements de Quintin Varin. A la fin de son apprentissage, Nicolas Poussin décida donc de quitter son domicile familiale et sa Normandie natale, ceci sans le consentement de son père, et sans ressources. C'est ainsi qu'il arriva à Paris en 1612 à l'age de 18 ans, mais les années qui suivirent furent éprouvantes. Il fit très vite la connaissance d'un jeune seigneur du Poitou, amateur d'art, qui lui procura un logement. Il devint également son protecteur. Sa carrière de peintre débuta dans l'atelier de Ferdinand Elle de Malines, portraitiste flamand, puis de Lallemand, peintre lorrain. Son ami poitevin lui fit connaître Courtois, mathématicien du roi Louis XIII, et attaché au Louvre. Cette connaissance permit à Nicolas Poussin d'examiner de nombreuses toiles et gravures de peintres italiens, et surtout de Raphaël qu'il découvrit. A cette période, Poussin rencontra Philippe de Champaigne au collège de Laon, et Marie de Médicis les employa tous les deux pour la décoration du Palais du Luxembourg sous les ordres du peintre Nicolas Duchesne. |
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Un démarrage difficile
Son protecteur, obligé de revenir dans le Poitou demanda à Nicolas de le suivre. Ce dernier, en signe de reconnaissance, accepta d'autant qu'il pensait durant ce temps perfectionner sa technique . Mais il fut mal accueillit, la mère de son bienfaiteur le prenant pour un domestique. Il décida alors de quitter le Poitou, et se fut humilié qu'il retourna à Paris. Aussi pauvre qu'auparavant, il dut faire le trajet à pied, et durant son voyage long et pénible il fit quelques toiles dont "Les Bacchanales". Il arriva à Paris fatigué et malade et il dut retourner aux Andelys. Il y resta 1 an puis revint une nouvelle fois à Paris. Mais son obsession restait inchangée: aller à Rome. |
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Le début de la célébrité
En 1622, il rencontra son premier mécène italien, un poète, le Cavalier Marin (G. Marino), très protégé de Marie de Médicis. Celui-ci lui proposa de l'emmener à Rome, mais Poussin ne put accepter. En 1623, les jésuites, célébrant la canonisation de Saint Ignace et de Saint Xavier, ils invitèrent Poussin à concourir pour réaliser la peinture des miracles des 2 saints. Il fit 6 toiles et c'est à cette période que sa réputation débuta. |
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Son arrivée à Rome
C'est au début de l'année 1624 que Nicolas Poussin arriva à Rome où il eut le coup de foudre. Le Cavalier Marin, devenu son ami, arriva plus tôt à la capitale italienne et l'introduit au palais Barberini. Il présenta alors Poussin au Cardinal Francesco Barberini, riche collectionneur et mécène, qui lui commanda son premier tableau "la Mort de Germanicus", puis "La prise de Jérusalem par l'Empereur Turc". Il travailla également beaucoup pour le commandant Cassiano del Pozzo, secrétaire du cardinal Barberini. Le Cavalier Marin partit pour Naples et mourut quelques temps après. Malheureusement, son talent ne suffit pas à redresser son existence, et il fut obligé de vendre ses toiles pour survivre. A cette période, Poussin partageait son logement avec le sculpteur Duquesnoy aussi pauvre que lui. Mais cette cohabitation lui permit de se perfectionner dans l'art du modelage. Grâce à cette technique il travailla les drapés et les lumières, améliorant sans cesse son art. Il étudia la géométrie et la perspective ainsi que l'anatomie avec le chirurgien Nicolas Larche. |
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Poussin quitte sa vie de bohème
Entre 1628 et 1629, il tomba gravement malade et fut recueillit par Jean Dughet, un pâtissier parisien. Éprit par l'une de ses filles, Anna-Maria, qui le soigna durant cette longue année, ils se marièrent en septembre 1630. Cet évènement permit à Nicolas Poussin de sortir de la misère et de s'attacher à l'Italie. Grâce à la dot il acheta une maison sur le mont Pincio. Le couple n’eut pas d’enfants, mais il adopta ses 2 frères, dont l’un fut le peintre Gaspar Dughet, appelé aussi Gaspar Poussin, et l’autre, Jean Poussin, qui grava ses tableaux. C'est aussi à cette période (1629-1630) que l'on suppose que Poussin fit sa première version des "Bergers d'Arcadie". |
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Poussin enfin célèbre
En 1640 Poussin devint célèbre et l'on estime que la seconde version des "Bergers d'Arcadie" fut crée vers 1639. C'est en tout cas la thèse officielle. A cette époque, Louis XIII et Richelieu lui demandèrent de revenir en France, par l'entremise du surintendant Sublet de Noyers, et dans le but de superviser les travaux du Louvre. Mais Poussin hésita et finit par accepter en retardant constamment la date, prétextant une toile à terminer ou sa maladie. Poussin voulut se dégager de cette mission, mais Paul Fréart de Chantelou, trop engagé vis-à-vis de Louis XIII, décida de partir pour Rome et de le ramener. C'est ainsi que Poussin partit pour Paris, laissant sa femme à Rome. |
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Son passage à Paris
En décembre 1640, Poussin arriva à Paris, accueilli par M. de Noyers, secrétaire d'État et surintendant des Bâtiments du Roi. Poussin fut rapidement présenté au Cardinal de Richelieu et à Louis XIII. Il retrouva son ami, le peintre Philippe de Champaigne et fit la connaissance d'Eustache Le Sueur, jeune artiste qui deviendra son futur élève. Mais son arrivé ne fit pas que des heureux et il suscita une vive jalousie du peintre Simon Vouet. Le 2 mars 1641, Poussin fut nommé premier peintre du Roi et obtint la supervision générale de tous les ouvrages de peinture et des ornements des maisons royales. A cette époque Poussin fit des dessins pour la grande galerie du Louvre où il représenta la vie d'Hercule. Mais, mécontent des travaux d'architecture de Le Mercier, il décida de les détruire. C'est ainsi que Le Mercier, architecte du Roi, associé à Simon Vouet, devinrent les ennemis jurés de Poussin. Leurs calomnies prirent très vite de l'ampleur et arrivèrent jusqu'aux oreilles du Roi, ce qui obligea Poussin à se défendre. Ce fait inspira le peintre qui fit les tableaux "Le temps emportant la vérité pour la soustraire à l'Envie et à la Calomnie" et "Le triomphe de la vérité". D'autres grandes oeuvres virent le jour comme "Le Baptême", "La Cène" et "Le Miracle de Saint Xavier". |
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Retour définitif à Rome Lassé et pressé de retrouver son maître et ami del Pozzo, il repartit à la fin du mois de septembre 1641 à Rome dans sa petite maison du mont Pincio. Le 6 novembre 1642 il s'attaqua à de nombreux tableaux mythologiques et bibliques comme "Orphée et Eurydice", "Orion aveugle", et "Les Quatre saisons". Ces toiles lui vaudront une renommée européenne. Son élève, Eustache Le Sueur voulut le suivre à Rome mais étant très pauvre, il ne put le faire. Poussin ne l'oublia pas et continua à lui donner des conseils et lui envoya des dessins. Nicolas Poussin vit les morts successives de Louis XIII et du Cardinal de Richelieu ce qui destitua M. de Noyers, mais pas pour longtemps car il fut reconduit à son poste par le Cardinal Mazarin. M. de Noyers demanda donc à Poussin de revenir à Paris pour terminer la grande galerie du Louvre. Poussin accepta mais en proposant d'envoyer les dessins par courrier depuis Rome. C'est ainsi qu'il resta définitivement à Rome. En 1643, Poussin commença une nouvelle toile "Le Ravissement de Saint Paul" à la demande de Paul Fréart de Chantelou. Puis vers 1645, il finit la seconde suite des "Sacrements" et commença 2 autres tableaux, "Le Testament d'Eudamidas " et "Le massacre des Innocents". Vers 1648, il peignit "Les Funérailles de Phocion". En 1657, l'un de ses grands amis italiens, le Chevalier del Pozzo mourut, ce qui le plongea dans un état de profonde tristesse. Il sombra alors encore plus gravement dans sa maladie, supportant de moins en moins ses infirmités de toujours. Sa main tremblait trop. En 1660, il commença 4 tableaux "Les Quatre Saisons" pour le Duc Armand Jean de Richelieu, petit neveu du Cardinal de Richelieu. La toile fut terminée en 1664. |
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La fin de sa vie Anna-Maria, son épouse, tomba gravement malade et pendant 9 mois, Nicolas Poussin fut à son chevet. Elle mourut finalement le 16 octobre 1664, suite à une longue maladie provoquant toux et fièvre. Poussin sombra alors dans un isolement total et un profond chagrin. Ils n'eurent jamais d'enfant. Ses infirmités furent de plus en plus présentes et suite à une visite impromptue d'un jeune neveux, Mathias Letellier, envoyé par la famille pour surveiller l'héritage, il décéda le 19 novembre 1665 à l'age de 72 ans. |
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Cette gravure faite par François-Marius Granet (1777-1849) démontre à quel point certaines toiles étaient attachées au Maître des Andelys. Sur son lit de mort on peut reconnaître le tableau des bergers d'Arcadie II, son chef d'oeuvre et son autoportrait. Le cardinal Massimo, représenté ici, recueillera ses dernières confidences. |
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Poussin enfin reconnu
Son oeuvre est immense et l'on compte plus de 350 tableaux recensés de sa main dans les plus grands musées. Nicolas POUSSIN fut reconnu de son vivant comme le plus grand peintre de son siècle. Il est maintenant reconnu comme le fondateur de la peinture classique française du XVIIe siècle. Son oeuvre est un hymne aux vertus de la Logique, de l'Ordre, et de la Clarté. Il a influencé l'évolution de l'art français jusqu'à nos jours. |
| Le mystère le plus captivant lié à Poussin est bien celui des 2 peintures "Les Bergers d'Arcadie" I et II et surtout la seconde faite entre 1638 et 1640, déclinée en plusieurs versions. Ces oeuvres sont des éléments incontournables dans l'affaire Rennes-Le-Château et plusieurs questions doivent être posées: |
| 1) Comment et pourquoi Nicolas Poussin a-t-il été amené à peindre " Les Bergers d'Arcadie (I)" entre 1629 et 1630, thème qui fait suite au tableau de Guerchin "ET IN ARCADIA EGO", alors qu'à cette époque Poussin sortait de maladie et que sa renommée n'était que naissante? |
| En 1629 Poussin tomba malade et sa convalescence dura 1 an pour se terminer par un mariage. Cette époque fut fondamentale pour Poussin car il quitta sa vie de bohème vers une vie de famille stable. De plus, grâce à la dot et à son premier succès en 1628 "La mort de Germanicus" commandité par le cardinal Francesco Barberini, Poussin put se consacrer à des thèmes plus libres. C'est durant cette période que Poussin peignit énormément. |
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| Le thème "Les bergers d'Arcadie (I)" fut probablement inspiré par le cardinal Rospigliosi. D'autre part, la toile de Guerchin "ET IN ARCADIA EGO" se trouvait dans la collection de la famille Barberini. Poussin a donc pu très facilement accéder à cette toile. Est-ce sa renommée auprès du cardinal Barberini qui poussa un autre cardinal à confier à Poussin un sujet plus ténébreux? Poussin avait-il conscience à cette époque de la profondeur du thème? Ces questions restent ouvertes... |
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2) Comment et pourquoi
Nicolas Poussin a-il été amené à récidiver et à peindre "
Les Bergers d'Arcadie (II)"
entre 1638 et 1640?
Nous n'avons aucune preuve que Poussin peignit cette toile vers 1638, soit 10 ans plus tard que sa première version. Cette date est conjecturale, mais, comme pour la première version, elle correspond à la même période romaine. On ne connaît pas non plus son commanditaire exact mais il semble qu'elle fut également inspirée par ce même cardinal Rospigliosi. |
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Tout porte à croire que la commande eut pour
origine l'entourage papal. Le cardinal Francesco
Barberini serait un bon candidat. En effet le tableau
fut retrouvé en France dans une collection privée, or la
famille Barberini étant disgraciée par le pape après la mort
de Urbain VIII, le frère de Francesco Barberini
quitta Rome pour la France. N'oublions pas non plus que la
famille Barberini fut très puissante à son époque, le
cardinal Francesco Barberini était le neveu du
Pape Urbain VIII.
La différence par rapport au thème traité 10 ans plus tôt semble être tout simplement que la scène des bergers se trouve déplacée dans un autre décor. C'est en tout cas la partie visible de l'oeuvre car Poussin y intégra aussi une symbolique et une cryptographie géométrique qui nous échappe encore aujourd'hui. Poussin a t-il été initié par le cardinal Rospigliosi ? |
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3) Si l'on admet que "
Les Bergers d'Arcadie (II)"
ont pour décor le tombeau des Pontils, comment
Poussin a t-il pu s'en inspirer aussi fidèlement sans y
avoir été ?
Voici un vrai mystère. Sans remettre en question la problématique du tombeau des Pontils qui n'aurait soit disant pas existé du temps de Poussin, comment le peintre a t-il pu reconstituer le paysage et l'emplacement du tombeau avec autant de détails sans connaître le lieu ? Bien sûr, on peut imaginer que l'un de ces élèves ou un témoin ait put rapporter une description de la scène. Mais je doute fort que Poussin ait laissé la maîtrise d'un tel projet dans d'autres mains. Pour garder un pareil secret il faut une grande discrétion et le moins d'intervenants possibles. De nombreux auteurs réfutent l'idée que Poussin ait pu faire un détour vers les Pontils avant d'aller sur Paris. En effet il n'existe aucune trace historique. Mais si l'on considère que le secret devait être préservé il est tout à fait normal de ne rien trouver... Si l'on considère que le tableau fut peint vers 1640 (date officiellement reconnue) et qu'il arriva à Paris en décembre 1640, un crochet par les Pontils est tout à fait envisageable. Dans cette hypothèse le tableau aurait été élaboré à son arrivée à Paris. |
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Mais qui était le cardinal Rospigliosi? Le cardinal Giulio Rospigliosi (1600-1669) est né à Pistoia, près de Florence en Toscane, le 27 janvier 1600. Il est issu d'une grande famille noble, et étudia à l'université de Rome avec 3 professeurs célèbres. Il alla ensuite à l'université de Pise, où il reçut un doctorat de philosophie.Il devint par la suite Archevêque titulaire de Tarsus, Cardinal de Saint-Sixte, puis Pape Clément IX de 1667 à 1668. Clément IX, fut ami des lettres, érudit, pacifique, économe, libéral, et père du peuple. Il fut également grand amateur et protecteur des arts. |
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Il eut à coeur 2 missions dont il ne put
venir à bout: empêcher les Turcs de prendre Candie (La
Crète), et installer la paix dans l’Église de France.
Il est clair que Cardinal, il voulut signifier à la Maison de France qu'il connaissait le secret de Rennes. On suppose d'ailleurs qu'il fut l'inspirateur de la formule "ET IN ARCADIA EGO". Ceci montre en tout cas que ce secret a des racines qui dépassent les frontières... |
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La lettre mystérieuse de Fouquet
C'est à partir d'une lettre bien mystérieuse retrouvée dans les archives de la famille Cossé-Brissac, et de plusieurs faits troublants, que l'on peut entrevoir une trame historique sur fond Arcadien. Cette lettre, connue depuis 1862, date du 17 avril 1656. Elle fut envoyée de Rome et rédigée par l'abbé Louis Fouquet, ecclésiastique âgé de 23 ans. Son destinataire n'est autre que Nicolas Fouquet, son frère, alors surintendant du Roi Louis XIV. Voici l'extrait: |
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« J’ai rendu à M. Poussin la lettre que vous luy faites l’honneur de luy escrire ; il en a témoigné toute la joie imaginable. Vous ne scauriez croire, Monsieur, ni les peines qu’il prend pour vostre service, ni l’affection avec laquelle il les prend, ni le mérite et la probité qu’il apporte en toutes choses. Luy et moy nous avons projetté de certaines choses dont je pourray vous entretenir à fond dans peu, qui vous donneront par M. Poussin les avantages (si vous ne les voulez pas méspriser) que les roys auroient grande peine à tirer de luy, et qu’après luy peut-estre personne au monde ne recouvrera jamais dans les siècles advenir ; et, ce qui plus est, cela seroit sans beaucoup de dépenses et pourroit mesme tourner à profit, et ce sont choses si fort à rechercher que quoy que ce soit sur la terre maintenant ne peut avoir une meilleure fortune ni peut-estre esgalle. Comme en luy rendant vostre lettre je ne le vis qu’au moment en passant, j’oubliay de luy dire que vous ferez retirer son brevet renouvelé en termes honorables... » |
(Archives de l'art français, 2e série, 1862, p.266s)
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Dit autrement: Louis Fouquet informa son frère Nicolas qu'après avoir remis à Poussin son courrier, il projeta avec le peintre "Certaines choses" qu'il promit de détailler. Louis Fouquet confia que ce projet donnerai à Poussin un pouvoir que, ni les rois, ni personne à l'avenir, ne pourrait lui retirer. De plus ce projet a l'avantage d'être peu coûteux, il pourrait même se révéler être une richesse inégalée sur terre... Il faut savoir que l'abbé Fouquet fut envoyé à Rome avec pour mission de surveiller l'ambassadeur M. de Lionne, et de vérifier les acquisitions d'oeuvres d'art pour les châteaux de son frère Nicolas Fouquet. Mais cette lettre, dont le sens exact reste aujourd'hui inexpliqué, contraste avec sa mission. Qui initia l'autre? Poussin ou l'abbé Louis Fouquet? Et de quel projet s'agissait-il? Dans tous les cas, ce courrier montrerait que le surintendant de Louis XIV fut peut-être mis dans le secret par son frère. Si le cardinal Rospigliosi inspira "Les bergers d'Arcadie", la vue de cette lettre reste troublante car en supposant que Poussin tint son secret de hauts prélats italiens, pourquoi aurait-il prit le risque de le divulguer à la famille Fouquet et dans quel but? |
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Nicolas Fouquet, splendeur et déchéance C'est à la suite d'une période financière difficile pour l'état que Nicolas Fouquet fut nommé Surintendant des Finances, en 1653, par le cardinal Mazarin, Premier Ministre, avec mission de renflouer le trésor royal. Fouquet, homme brillant et intelligent, rétablit la confiance et l'épargne. Amoureux des arts il emploie Le Nôtre, Molière, La Fontaine, et Poussin... Mais sa réussite attise la convoitise et à la mort de Mazarin en mars 1661, Colbert, qui était son intendant privé, rend Fouquet responsable d'anomalies financières et le calomnie. Louis XIV qui avait alors 22 ans pris la décision de jeter en prison Fouquet. |
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Tout le monde connaît la fin tragique de
Nicolas Fouquet. Devenu immensément riche alors qu'il
gérait les finances royale, le Roi demande de revoir les
derniers embellissements qui ont été effectués dans la
demeure de Fouquet. Ce véritable joyaux d'architecture est
le château de Vaux-le-Vicomte, ou des artistes comme le
peintre Le Brun, le jardinier Le Nôtre, ou l'architecte Le
Vau travaillèrent. C'est ainsi que le
16 août 1661 Nicolas Fouquet organisa pour cette
occasion une soirée fastueuse: 30 buffets, 1200 jets d'eau,
des loteries où tous les numéros sont gagnants, feux
d'artifice, ... La table du Roi est servit en or massif, et
Molière y joua même une pièce.
La légende prétend que cette fête permis à Louis XIV de prendre sa décision, vexé et agacé par tant de luxe, comme l'écrivit Voltaire: "le 17 août, à 6 heures du soir, Fouquet était le roi de France; à 2 heures du matin il n'était plus rien". Mais cette décision avait été prise par le Roi longtemps à l'avance... Louis XIV finit par refuser sa chambre à Vaux-le-Vicomte et retourna à Fontainebleau. |
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| Il convient là de s'interroger sur la fortune de Nicolas Fouquet. Officiellement, le surintendant du Roi aurait profité de sa position de ministre des finances pour détourner à son profit les sommes nécessaires à son ambition. |
| Mais il est troublant de constater que le château fut commandé par Fouquet en 1656, la fameuse date de la lettre mystérieuse. Comment ne pas supposer que Nicolas Fouquet devint subitement riche suite aux révélations de son frère et de Poussin? C'est en tout cas une hypothèse qu'il ne faut pas écarter. |
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Une autre hypothèse serait que Nicolas
Fouquet, comblé par ce secret qui tombe au bon moment, prit
confiance et décida d'investir.
Mais Fouquet n'eut pas le temps de profiter de son château. 3 semaines plus tard, le 5 septembre 1661 à Nantes, sur ordre de Louis XIV, d'Artagnan, capitaine des mousquetaires du Roi, arrête le Surintendant Fouquet pour le déférer devant les juges d'une cour d'exception spécialement constituée. Le procès dura 3 ans et il fut en partie falsifié par Colbert. Mais ce complot finit par tourner à l'avantage de Fouquet et les juges votèrent le bannissement (la liberté en dehors du royaume). C'est alors qu'un fait unique dans l'histoire de France se produisit: Louis XIV annula la sentence et condamna Fouquet à la prison à vie. Par cette décision
Louis XIV mit sous les verrous les secrets d'État
considérables qu'il soupçonnait Fouquet de connaître. Cette
hypothèse permit d'ailleurs à Alexandre Dumas, de
mêler le sort de Fouquet à celui du Masque de Fer... |
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A propos de la famille Fouquet
Nicolas Fouquet fut issu d'une famille de 15 enfants dont 6 garçons eurent des destinées importantes:
Son père,
François Fouquet IV fut magistrat et homme
d'affaires français. Il fut également ami de
St Vincent de Paul, associant ses
activités commerciales à des ordres religieux comme "la
compagnie de Jésus"... Il est étonnant de voir
l'intégration de cette famille dans les clés du pouvoir,
allant de ministre à évêque, en passant par le
renseignement. |
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La malédiction continue
L'affaire ne s'arrête pas là. A la mort de Nicolas Fouquet, Louis XIV ordonna d'emprisonner ses 2 domestiques avec la consigne stricte qu'ils ne puissent communiquer avec quiconque. Il est d'ailleurs surprenant de voir que cette décision ne soit intervenue qu'à la mort de Fouquet. Peut être que le Roi eut peur qu'un quelconque serment du silence entre Fouquet et ses domestiques prit fin à sa mort. Mais le Roi poursuivit ses investigations. Après consultation des papiers de Fouquet, il exprima la volonté d'acquérir la seconde version des "bergers d'Arcadie". Louis XIV l'acheta en 1685, et il fut rebaptisé "Pasteurs d'Arcadie" comme l'atteste les comptes des bâtiments du Roi. Il fit ensuite placer la toile dans son "petit appartement" privé à Versailles, de façon à ne pas l'exposer au public. Le tableau ne quittera plus cet emplacement jusqu'à la mort du Roi en 1715. En fait, il ne fut déplacé quand 1803, date à laquelle le Louvre devint, sous l'empire, le Musée Napoléon. |
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L'oeuvre "Les Bergers d'Arcadie"
est assurément liée à l'affaire de Rennes-Le-Château et les
raisons ont déjà été évoquées (voir le thème sur
les différentes versions
et le tombeau des Pontils).
Mais si l'on considère que Bérenger Saunière voulut
se procurer une copie du tableau afin de le décrypter et que
Louis XIV chercha à le mettre hors de porté des
curieux, il faut alors admettre que cette toile doit avoir
une importance capitale. Ceci implique également, qu'au delà
du symbolisme et des allégories arcadiennes, le tableau
porte en lui un sens caché suffisamment précis pour
justifier tant de mystères. Nous savons aussi que par la
lettre de l'abbé Louis Fouquet, Poussin détenait un secret
que même les rois ne pouvaient lui retirer. Et ceci c'est un
fait, même si les historiens ont choisi de l'ignorer jusqu'à
présent...
N'oublions pas non plus la formule décryptée à partir du grand parchemin: "BERGERE PAS DE TENTATION QUE POUSSIN TENIERS GARDENT LA CLEF..." Il est vrai que la devise de Poussin était "TENET CONFIDENTIAM", qui se
traduit par "Il tient ce qui est caché". A cela il faut ajouter 2 citations célèbres du peintre, révélatrices de sa pensée artistique :
Nicolas Poussin fut certainement initié à un grand secret. Le connaissait t-il complètement ? Était-il lui même manipulé ? Ceci fait encore partie des zones d'ombre qui sont à résoudre... |
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Poussin incompris
Paradoxalement, c'est en s'imposant à Rome que Poussin influença la peinture française pour devenir une référence et un grand maître d'exception. Il fut certainement à son époque l'un des plus grand créateur qui soit et dont la portée spirituelle nous échappe encore aujourd'hui. Malgré les nombreux documents et un héritage pictural colossal, il reste incompris. Nous ne savons lire ses toiles qu'au premier degré alors que toute la symbolique et la technique de construction géométrique nous est inconnue. Certains experts reconnaissent avoir vu derrière ses tableaux des petites entailles comme si des outils de géomètre avaient laissés leurs griffes, mais malheureusement, aucune explication valable n'a été trouvée... |
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Les bergers d'Arcadie (version II) représente certainement l'aboutissement de son oeuvre. Comprendre cette toile, c'est sans aucun doute découvrir son art et son message. Un travail énorme reste à faire et les recherches actuelles le prouvent (Se reporter au forum...) Nicolas Poussin veut sans aucun doute nous parler dans ses toiles, mais combien de temps nous sera t-il nécessaire pour enfin l'entendre et le comprendre ? |
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