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Rennes-Le-Château ou l'histoire d'un grand secret |
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Nicolas Poussin
Né le 15 juin 1594 aux Andelys (Rouen) mort le 19 novembre 1665 à Rome
Il est l'un des plus grand maître classique du XVIIe siècle et aussi une énigme pour tous ceux qui l'on étudié.
Peintre incontournable de l'affaire de Rennes-le-Château, il n'a de cesse de fasciner au fil du temps les chercheurs qui l'abordent. Détenteur d'un grand secret qu'il déposa dans son tableau "Les Bergers d'Arcadie II", initié à la géométrie sacrée et à l'art des nombres, son implication dans l'énigme n'est plus à démontrer. D'autant qu'il côtoie d'autres personnages tout aussi liés aux deux Rennes... |
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Voici le peintre le plus célèbre de l'affaire de Rennes-Le-Château. Sa renommée d'artiste est mondialement reconnue et n'est plus à démontrer. Pourtant, son implication dans l'énigme est devenu indiscutable et son nom est omniprésent. Nicolas Poussin, est entouré de plusieurs mystères dont le plus célèbre s'est cristallisé autour de l'une de ses nombreuses toiles :
"Les Bergers d'Arcadie" (Version 2)
La raison est au départ simple. La sentence "ET IN ARCADIA EGO" se trouve aussi bien sur son tableau que sur la dalle de Blanchefort. Mais comment peut-on faire un tel lien entre un peintre classique du XVIIe siècle et l'énigme des deux Rennes ? |
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Nicolas Poussin est un peintre classique à part. Considéré comme l'un des artistes français les plus prestigieux de son époque, il part à l'âge de 30 ans à Rome et ne reviendra en France que durant 2 ans à la demande de Louis XIII et de Richelieu.
En fait, lorsque l'on détaille la biographie du maître des Andelys, des liens avec d'autres personnages célèbres projettent l'énigme de Rennes sur une autre affaire retentissante à son époque : l'affaire Fouquet sous Louis XIV et par ricochet Nicolas Pavillon, la baronnie Hautpoul, Jean-Jacques Olier curé de Saint Sulpice à Paris et Saint Vincent de Paul.
Mais ce n'est pas tout. En analysant sa vie et son œuvre, on s'aperçoit vite que sa personnalité est complexe et pleine de paradoxe. Derrière ce grand maître de la peinture, se cache un initié d'une intelligence remarquable et en possession d'un grand Secret... Les questions laissées sans réponses autour de Nicolas Poussin sont nombreuses et c'est l'une des premières contradictions. Ce personnage possède une documentation et une biographie très complète qui interdit en principe les zones d'ombres. C'est d'ailleurs sur ce point que les détracteurs s'appuient pour rejeter toute idée de mystère. Et pourtant le fait est là. Poussin a une face cachée indiscutable et que nous commençons tout juste à entrevoir...
Ce thème est composé de 2 volets :
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L'étude de Nicolas Poussin est composée de 3 volets :
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Nicolas Poussin (1594 - 1665)
Il est le fils de Jean Poussin, notaire à Soisson, comme d'ailleurs son grand père.
Jean Poussin fut ruiné par les nombreuses guerres et participa à deux campagnes militaires dont le siège de Vernon. C'est à cette occasion qu'il épousa Marie de Laisement, veuve du procureur de Vernon.
Ils eurent un enfant, Nicolas Poussin, qui naquit le 15 juin 1594 au hameau de Villers, aux Andelys, près de Rouen, en Normandie. |
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Sa formation d'artiste
Dès son plus jeune âge, Nicolas adorait dessiner et c'est durant ses leçons qu'il s'exerçait. Il fut très vite remarqué par Quintin Varin, peintre de Beauvais, qui lui enseigna la peinture.
Malheureusement pour Nicolas, ses parents acceptèrent mal sa future condition d'artiste et ceci malgré les encouragements de Quintin Varin. A la fin de son apprentissage, Nicolas Poussin décida donc de quitter son domicile familiale et sa Normandie natale, ceci sans le consentement de son père, et sans ressources. C'est ainsi qu'il arriva à Paris en 1612 à l'âge de 18 ans, mais les années qui suivirent furent éprouvantes.
Il fit très vite la connaissance d'un jeune seigneur du Poitou, amateur d'art, qui lui procura un logement. Il devint également son protecteur. Sa carrière de peintre débuta dans l'atelier de Ferdinand Elle de Malines, portraitiste flamand, puis de Lallemand, peintre lorrain. Son ami poitevin lui fit connaître Courtois, mathématicien du roi Louis XIII, et attaché au Louvre. Cette connaissance permit à Nicolas Poussin d'examiner de nombreuses toiles et gravures de peintres italiens, et surtout de Raphaël qu'il découvrit. A cette période, Poussin rencontra Philippe de Champaigne au collège de Laon, et Marie de Médicis les employa tous les deux pour la décoration du Palais du Luxembourg sous les ordres du peintre Nicolas Duchesne. |
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Un démarrage difficile
Son protecteur, obligé de revenir dans le Poitou, demanda à Nicolas de le suivre. Ce dernier, en signe de reconnaissance, accepta d'autant qu'il pensait durant ce temps perfectionner sa technique . Mais il fut mal accueilli, la mère de son bienfaiteur le prenant pour un domestique. Il décida alors de quitter le Poitou et s'est humilié qu'il retourna à Paris. Aussi pauvre qu'auparavant, il dut faire le trajet à pied et durant son voyage long et pénible il fit quelques toiles dont "Les Bacchanales". Il arriva à Paris fatigué et malade et il dut retourner aux Andelys. Il y resta un an puis revint une nouvelle fois à Paris. Mais son obsession restait inchangée : aller dès que possible à Rome. |
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Le début de la célébrité
En 1622, il rencontra son premier mécène italien, un poète, le Cavalier Marin (G. Marino), très protégé de Marie de Médicis. Celui-ci lui proposa de l'emmener à Rome, mais Poussin ne put accepter. En 1623, les jésuites qui célébraient la canonisation de Saint Ignace et de Saint Xavier, invitèrent Poussin à concourir pour réaliser la peinture des miracles des deux saints. Il fit 6 toiles sur la « Vie de Saint-Ignace de Loyola » qui vont lui apporter immédiatement la célébrité. |
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Son arrivée à Rome
C'est au début de l'année 1624 que Nicolas Poussin arriva à Rome où il eut le coup de foudre. Le Cavalier Marin, devenu son ami, arriva plus tôt à la capitale italienne et l'introduit au palais Barberini. Il présenta alors Poussin au Cardinal Francesco Barberini, riche collectionneur et mécène, qui lui commanda son premier tableau "la Mort de Germanicus", puis "La prise de Jérusalem par l'Empereur Turc".
Il travailla également beaucoup pour le commandant Cassiano del Pozzo, secrétaire du cardinal Barberini. Le Cavalier Marin partit pour Naples et mourut quelques temps après. |
Cardinal Légat Barberini (1597-1679) |
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Il continua à créer avec «Le martyre de Saint-Erasme» pour la basilique Saint-Pierre ou «L’enlèvement des Sabines». Les sujets sont le plus souvent historiques et religieux.
Malheureusement, son talent ne suffit pas à redresser son existence et il est obligé de vendre ses toiles pour survivre. A cette période, Poussin partageait son logement avec le sculpteur Duquesnoy aussi pauvre que lui. Mais cette cohabitation lui permit de se perfectionner dans l'art du modelage. Grâce à cette technique il travailla les drapés et les lumières, améliorant sans cesse son art. Il étudia la géométrie et la perspective ainsi que l'anatomie avec le chirurgien Nicolas Larche. |
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Poussin quitte sa vie de bohème
Entre 1628 et 1629, il tomba gravement malade et fut recueilli par Jean Dughet, un pâtissier parisien. Épris par l'une de ses filles, Anna-Maria, qui le soigna durant cette longue année, ils se marièrent en septembre 1630. Cet évènement permit à Nicolas Poussin de sortir de la misère et de s'attacher à l'Italie. Grâce à la dot il acheta une maison sur le mont Pincio. Le couple n’eut pas d’enfants, mais il adopta ses deux frères, dont l’un fut le peintre Gaspar Dughet, appelé aussi Gaspar Poussin, et l’autre, Jean Poussin, qui grava ses tableaux.
C'est aussi à cette période entre 1628-1630 que Poussin fit sa première version des "Bergers d'Arcadie". Son inspiration vient peut-être d'un autre tableau présent dans la collection de la famille Barberini, les protecteurs du peintre : "Et In Arcadia Ego" du Guerchin |
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Poussin enfin célèbre
En 1640 Poussin devint célèbre et l'on estime que la seconde version des "Bergers d'Arcadie" fut crée vers cette date. C'est en tout cas la thèse officielle mais il faut savoir que cette date est contestée et que celle-ci serait plutôt 1650.
Vers 1640, Louis XIII et Richelieu demandèrent au Maître de revenir en France, par l'entremise du surintendant Sublet de Noyers et dans le but de superviser les travaux du Louvre. Poussin, très attaché à Rome, hésita et finit par accepter en retardant constamment la date, prétextant une toile à terminer ou sa maladie. Poussin voulut se dégager de cette mission, mais Paul Fréart de Chantelou, trop engagé vis-à-vis de Louis XIII, décida de partir pour Rome et de le ramener. C'est ainsi que Nicolas Poussin partit pour Paris, laissant sa femme à Rome. |
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Son passage à Paris
En décembre 1640, Poussin arriva à Paris, accueilli par M. de Noyers, secrétaire d'État et surintendant des Bâtiments du Roi. Poussin fut rapidement présenté au Cardinal de Richelieu et à Louis XIII. Il retrouva son ami, le peintre Philippe de Champaigne et fit la connaissance d'Eustache Le Sueur, jeune artiste qui deviendra son futur élève. Mais son arrivé ne fit pas que des heureux et il suscita une vive jalousie du peintre Simon Vouet. |
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Le 2 mars 1641,
Poussin fut nommé premier peintre du Roi
et obtint la supervision générale de tous les ouvrages
de peinture et des ornements des maisons royales. A
cette époque Poussin fit des dessins pour la grande
galerie du Louvre où il représenta la vie d'Hercule.
Mais, mécontent des travaux d'architecture de Le
Mercier, il décida de les détruire. C'est ainsi que
Le Mercier, architecte du Roi, associé à Simon Vouet,
devinrent les ennemis jurés de Poussin. Leurs calomnies prirent très vite de l'ampleur et arrivèrent jusqu'aux oreilles du Roi, ce qui obligea Poussin à se défendre. Ce fait inspira le peintre qui fit les tableaux "Le temps emportant la vérité pour la soustraire à l'Envie et à la Calomnie" et "Le triomphe de la vérité". D'autres grandes œuvres virent le jour comme "Le Baptême", "La Cène" et "Le Miracle de Saint Xavier". |
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Retour définitif à Rome
Lassé et pressé de retrouver son maître et ami italien Cassiano del Pozzo, il repartit à la fin du mois de septembre 1641 à Rome dans sa petite maison du mont Pincio. Le 6 novembre 1642 il s'attaqua à de nombreux tableaux mythologiques et bibliques comme "Orphée et Eurydice", "Orion aveugle", et "Les Quatre saisons". Ces toiles lui vaudront une renommée européenne. Son élève, Eustache Le Sueur voulut le suivre à Rome mais étant très pauvre, il ne put le faire. Poussin ne l'oublia pas et continua à lui donner des conseils et lui envoya des dessins.
Nicolas Poussin vit les morts successives de Louis XIII et du Cardinal de Richelieu ce qui destitua M. de Noyers, mais pas pour longtemps car il fut reconduit à son poste par le Cardinal Mazarin. M. de Noyers demanda donc à Poussin de revenir à Paris pour terminer la grande galerie du Louvre. Poussin accepta mais en proposant d'envoyer les dessins par courrier depuis Rome. C'est ainsi qu'il resta définitivement à Rome.
C'est ainsi qu'il justifia son choix de rester à Rome dans une de ses lettres :
« C’est un grand plaisir de vivre en un siècle là où il se passe de si grandes choses, pourvu que l’on puisse se mettre à couvert en quelque petit coin pour pouvoir voir la comédie à son aise. »
En 1643, Poussin commença une nouvelle toile "Le Ravissement de Saint Paul" à la demande de Paul Fréart de Chantelou. Puis vers 1645, il finit la seconde suite des "Sacrements" et commença deux autres tableaux, "Le Testament d'Eudamidas " et "Le massacre des Innocents". Vers 1648, il peignit "Les Funérailles de Phocion". C'est aussi à cette même époque que vraisemblablement Poussin élabora "les Bergers d'Arcadie" (version II) mais curieusement cette toile ne laissa aucune trace de son élaboration. |
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En 1657, l'un de ses grands amis italiens, le Chevalier del Pozzo mourut, ce qui le plongea dans un état de profonde tristesse. Il sombra alors encore plus gravement dans sa maladie, supportant de moins en moins ses infirmités de toujours. Sa main tremblait trop.
En 1660, il commença 4 tableaux "Les Quatre Saisons" pour le Duc Armand Jean de Richelieu, petit neveu du Cardinal de Richelieu. La toile fut terminée en 1664. |
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La fin de sa vie
Anna-Maria, son épouse, tomba gravement malade et pendant 9 mois, Nicolas Poussin fut à son chevet.
Elle mourut finalement le 16 octobre 1664, suite à une longue maladie provoquant toux et fièvre. Poussin sombra alors dans un isolement total et un profond chagrin. Ils n'eurent jamais d'enfant.
Ses infirmités furent de plus en plus présentes et suite à une visite impromptue d'un jeune neveux, Mathias Letellier, envoyé par la famille pour surveiller l'héritage, il décéda le 19 novembre 1665 à Rome à l'âge de 72 ans. |
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Cette gravure faite par François-Marius Granet (1777-1849) démontre à quel point l'Arcadie était attachée au Maître des Andelys. Sur son lit de mort on peut reconnaître le tableau des bergers d'Arcadie II, son chef d'œuvre. Ceci montrerait également que le tableau était encore en sa possession en 1665. Le cardinal Massimo, représenté ici, recueillera ses dernières confidences. |
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Poussin enfin reconnu
Son œuvre est immense et l'on compte plus de 200 tableaux recensés de sa main dans les plus grands musées et dont le quart se trouvent en France et la plupart au Louvre. Il laisse aussi 450 dessins au Louvre et à Windsor Castle. Nicolas POUSSIN était reconnu de son vivant comme le plus grand peintre de son siècle. Il est maintenant reconnu comme le fondateur de la peinture classique française du XVIIe siècle. Son œuvre est un hymne aux vertus de la logique, de l'ordre, de la géométrie et de la clarté. Il a influencé l'évolution de l'art français jusqu'à nos jours. Alors que les peintres hollandais s'attachaient à représenter des paysages naturels, les artistes italiens s'orientèrent vers une conception différente du paysage, marquée par un ordonnancement précis des éléments du tableau et par une composition qui met en valeur les sujets mythologiques ou religieux. Poussin excellait dans cette tendance du XVIIe siècle. Il s'inspira de l'art de la Rome antique et imposa un rythme de logique et de clarté qui forcera tous les courants artistiques après lui à le suivre et ceci au delà des frontières italiennes.
Enfin Poussin sublima son œuvre en utilisant la géométrie Sacrée et les allégories. Il utilisera sont art pour transmettre des messages et des idées. Ceci est par exemple très clair lors de son conflit avec Simon Vouet où il utilisera sa peinture pour se moquer de ses ennemis. Ainsi il mettra a profit cette faculté pour transmettre aux générations futures un grand Secret...
Nicolas Poussin fait partie des peintres qui n'en finissent pas de nous étonner... |
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Nicolas Poussin est lié à l'affaire de Rennes par différentes pistes convergentes :
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Les bergers d'Arcadie et la piste romaine
Le mystère le plus captivant lié à Poussin est bien celui qui règne autour des deux peintures : "Les Bergers d'Arcadie" et surtout la dernière qui fut déclinée en plusieurs versions. Ces œuvres sont des éléments incontournables dans l'affaire et s'intègrent dans des pistes très différentes.
Mais en réalité, il faudrait parler de 4 tableaux qui semblent poursuivre une même inspiration. Les deux premiers réalisés vers 1624 concernent la légende du roi Midas qui, ne supportant plus de transformer en or tout ce qu'il touchait, alla se laver à la source du Pactole. Les deux suivants reprennent le mythe de Virgile où un mystérieux tombeau est découvert par des bergers et une bergère. Sur les 2 toiles intermédiaires on trouve la présence d'Alpheus "Dieu du fleuve" ce qui est très net sur la première version arcadienne. Alpheus verse l'eau d'une amphore, allusion sans doute au fleuve souterrain Alphée qui traversait l'Arcadie. De manière allégorique le fleuve souterrain symbolise le flot de la connaissance cachée.
A la quatrième toile, Poussin sublime son œuvre. La scène est épurée et gagne en profondeur. Sa construction et ses allégories sont si complexes qu'elles continuent à occuper de nombreux chercheurs. |
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Si l'on admet que "Les Bergers d'Arcadie (version I)" est une toile majeure, comment et pourquoi Nicolas Poussin a-t-il été amené à la concevoir entre 1629 et 1630 ?
Son inspiration est peut-être venue après avoir visité la collection de la famille Barberini à Rome. A cette époque, vers 1624, Poussin fasciné par l'art italien ne manqua certainement pas de contempler les plus grands chefs d'œuvre picturaux de Rome. Un tableau présent dans la collection Barberini va peut être l'inciter à retravailler le thème du Guerchin : "Et In Arcadia Ego". On y voit deux bergers découvrant un crane, posé sur une pierre gravée de la célèbre sentence. |
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En 1629 Poussin tomba malade et sa convalescence dura un an pour se terminer par un mariage. Cette époque fut fondamentale pour le peintre qui quitta sa vie de bohème pour une vie de famille stable. De plus, grâce à la dot et à son premier succès en 1628 "La mort de Germanicus" commandité par le cardinal Francesco Barberini, Poussin put se consacrer à des thèmes plus libres.
Durant cette période il peignit énormément. En profita t-il pour prendre ce premier sujet arcadien ? |
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Qui fut le commanditaire de cette première version arcadienne ?
Nous ne connaissons pas le commanditaire de cette première œuvre. Mais à cette époque un cardinal influent règne dans l'entourage du peintre : le cardinal Rospigliosi. Est-ce la renommée de Poussin auprès du cardinal Barberini qui poussa cet autre cardinal à confier à Poussin un sujet plus ténébreux ? Poussin avait-il conscience à cette époque de la profondeur du thème ? Ces questions restent ouvertes. Mais il faut avouer que pour une œuvre qui serait née sans intention particulière, sa densité allégorique laisse rêveur. La présence sur une même toile d'un tombeau (le crâne posé dessus lève toute ambigüité) avec le dieu Alpheus symbolisant le flot de la connaissance cachée a de quoi surprendre. |
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Qui était le cardinal Rospigliosi?
Le cardinal Giulio Rospigliosi (1600-1669) naquit le 27 janvier 1600 à Pistoia, près de Florence en Toscane. Il est issu d'une grande famille noble et étudia à l'université de Rome avec trois professeurs célèbres. Il alla ensuite à l'université de Pise où il reçut un doctorat de philosophie. Il devint par la suite Archevêque titulaire de Tarsus, Cardinal de Saint-Sixte, puis Pape Clément IX de 1667 à 1668.
Clément IX, fut ami des lettres, érudit, pacifique, économe, libéral, et père du peuple. Il fut également grand amateur et protecteur des arts. |
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Il eut à cœur deux missions dont il ne put venir à bout : empêcher les Turcs de prendre Candie (La Crète) et installer la paix dans l’Église de France.
En tant que cardinal voulait-il signifier à la Maison de France qu'il connaissait le secret de Rennes ? On suppose en tout cas qu'il fut l'inspirateur de la formule "ET IN ARCADIA EGO". Ceci pourrai montrer que le secret de Rennes dépassa les frontières.
Poussin a t-il été initié par le cardinal Rospigliosi ? Pourquoi pas, mais une autre piste mise en valeur par la lettre de Fouquet va amener des coïncidences historiques plus que troublantes... |
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Comment et pourquoi Nicolas Poussin a-t-il été amené à récidiver et à peindre la seconde version "Les Bergers d'Arcadie (version II)" ?
Le mystère de ce tableau commence avec sa datation. Une querelle d'expert montre que nous sommes en présence d'une lacune évidente dans la biographie du maître des Andelys. Officiellement, la toile fut réalisée entre 1638 et 1640, mais plusieurs experts affirment que la maturité de la toile est incompatible avec cette époque. Pour trouver une telle assurance dans le trait il faut ajouter au moins une dizaine d'année, ce qui amène le tableau à 1650. D'autre part, nous n'avons aucune preuve que Poussin peignit cette toile vers 1638, soit 10 ans plus tard que sa première version. Cette date est conjecturale, mais, comme pour la première version, elle correspond à la même période romaine.
Pourquoi une telle polémique ? Quel est l'enjeu ? N'oublions pas qu'une autre date clé existe dans l'énigme : 1645, année de la découverte d'un extraordinaire trésor par le berger Ignace Paris ? Mythe ou Réalité ? Le fait est que si l'on prouve que ce tableau a été confectionné avant 1645, certaines thèses sont à reprendre. Mais il faut reconnaître qu'aujourd'hui, rien ne permet de dater les berger d'Arcadie avant 1645.
Qui fut le commanditaire de cette seconde version arcadienne ?
Cette question cruciale nous amène vers une autre piste qui est celle de l'affaire Fouquet, mais encore une fois il faut reconnaître qu'il n'existe aucune trace d'un commanditaire. Tout a été visiblement fait dans un secret absolu.
Une hypothèse pourrait être ce même cardinal Rospigliosi, mais le cardinal Francesco Barberini est aussi un bon candidat. En effet le tableau fut retrouvé en France dans une collection privée, or la famille Barberini étant disgraciée par le pape après la mort de Urbain VIII, le frère de Francesco Barberini quitta Rome pour la France. |
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N'oublions pas non plus que la
famille Barberini était très puissante à son époque, le
cardinal Francesco Barberini étant le neveu du
Pape Urbain VIII.
En réalité la mystérieuse lettre de Fouquet va nous amener à revisiter les liens qui existent entre plusieurs personnages célèbres et qui de plus sont impliqués dans l'affaire par d'autres faits convergents. Il s'agit de Jean-Jacques Olier fondateur de l'église Saint-Sulpice de Paris, Nicolas Pavillon évêque d'Alet et la famille Fouquet dont le célèbre Nicolas Fouquet, ministre de Louis XIV... |
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La lettre mystérieuse de l'abbé Louis Fouquet
Comment peut-on relier Poussin à l'affaire Fouquet et à l'énigme de Rennes ? Commençons par une mystérieuse lettre...
C'est à partir d'une lettre bien mystérieuse retrouvée dans les archives de la famille Cossé-Brissac et de plusieurs faits troublants, que l'on peut entrevoir une fabuleuse trame historique sur fond Arcadien et sur fond d'affaire d'Etat.
Cette lettre, connue depuis 1862, date du 17 avril 1656. Elle fut envoyée de Rome et rédigée par l'abbé Louis Fouquet, ecclésiastique âgé de 23 ans. Son destinataire n'est autre que son frère Nicolas Fouquet, alors surintendant des finances du Roi Louis XIV. Voici l'extrait : |
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« J’ai rendu à M. Poussin la lettre que vous luy faites l’honneur de luy escrire ; il en a témoigné toute la joie imaginable. Vous ne scauriez croire, Monsieur, ni les peines qu’il prend pour vostre service, ni l’affection avec laquelle il les prend, ni le mérite et la probité qu’il apporte en toutes choses. Luy et moy nous avons projetté de certaines choses dont je pourray vous entretenir à fond dans peu, qui vous donneront par M. Poussin les avantages (si vous ne les voulez pas méspriser) que les roys auroient grande peine à tirer de luy, et qu’après luy peut-estre personne au monde ne recouvrera jamais dans les siècles advenir ; et, ce qui plus est, cela seroit sans beaucoup de dépenses et pourroit mesme tourner à profit, et ce sont choses si fort à rechercher que quoy que ce soit sur la terre maintenant ne peut avoir une meilleure fortune ni peut-estre esgalle. Comme en luy rendant vostre lettre je ne le vis qu’au moment en passant, j’oubliay de luy dire que vous ferez retirer son brevet renouvelé en termes honorables... »
(Archives de l'art français, 2e série, 1862, p.266s) |
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Dit autrement :
Louis Fouquet informe son frère Nicolas qu'après avoir remis à Poussin son courrier, il projeta avec le peintre "Certaines choses" qu'il promit de détailler. Louis Fouquet confia que ce projet donnerai à Poussin un pouvoir que, ni les rois, ni personne à l'avenir, ne pourrait lui retirer. De plus ce projet a l'avantage d'être peu coûteux, il pourrait même se révéler être une richesse inégalée sur terre...
Il faut savoir que l'abbé Fouquet fut envoyé à Rome avec pour mission de surveiller l'ambassadeur M. de Lionne et de vérifier les acquisitions d'œuvres d'art pour les châteaux de son frère Nicolas Fouquet. Cette lettre, dont le sens exact reste aujourd'hui inexpliqué et ignorée des historiens, contraste avec sa mission.
Qui initia l'autre ? Poussin ou l'abbé Louis Fouquet ? Et de quel projet s'agissait-il ? Dans tous les cas, ce courrier montre que le surintendant de Louis XIV fut peut-être mis dans le secret par son frère. Si le cardinal Rospigliosi inspira "Les bergers d'Arcadie", la vue de cette lettre reste troublante car en supposant que Poussin tint son secret de hauts prélats italiens, pourquoi aurait-il prit le risque de le divulguer à la famille Fouquet et dans quel but ? |
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Nicolas Fouquet, splendeur et déchéance
C'est à la suite d'une période financière difficile pour l'Etat que Nicolas Fouquet est nommé Surintendant des Finances en 1653 par le cardinal Mazarin, alors Premier Ministre. Sa mission est de renflouer le trésor royal. Fouquet, homme brillant et intelligent, rétablit très vite la confiance et l'épargne. Amoureux des Arts, il emploie Le Nôtre, Molière, La Fontaine, et Poussin...
Mais sa réussite insolente attise la convoitise et les jalousies. A la mort de Mazarin en mars 1661, Colbert, qui était son intendant privé, rend Fouquet responsable d'anomalies financières et le calomnie. Un procès fleuve marquera cette période et Louis XIV qui avait alors 22 ans prit finalement la décision de jeter en prison Fouquet. |
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Tout le monde connaît la fin tragique de Nicolas Fouquet. Devenu immensément riche alors qu'il gérait les finances royale, le Roi demande de revoir les derniers embellissements qui ont été effectués dans la demeure de Fouquet. Ce véritable joyaux d'architecture est le château de Vaux-le-Vicomte, ou des artistes comme le peintre Le Brun, le jardinier Le Nôtre, ou l'architecte Le Vau travaillèrent. C'est ainsi que le 16 août 1661 Nicolas Fouquet organisa pour cette occasion une soirée fastueuse: 30 buffets, 1200 jets d'eau, des loteries où tous les numéros sont gagnants, des feux d'artifice, ... La table du Roi est servit en or massif, et Molière y joua même une pièce.
La légende prétend que cette fête permit à Louis XIV de prendre sa décision. Vexé et agacé par tant de luxe, le roi signe son arrêt. Comme l'écrivit Voltaire : "le 17 août, à 6 heures du soir, Fouquet était le roi de France ; à 2 heures du matin il n'était plus rien". Cette décision avait été prise par le Roi longtemps à l'avance...
Louis XIV finit par refuser sa chambre à Vaux-le-Vicomte et retourna à Fontainebleau finir sa nuit. |
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Il convient de s'interroger sur la fortune de Nicolas Fouquet. Officiellement, le surintendant du Roi aurait profité de sa position de ministre des finances pour détourner à son profit les sommes nécessaires à son ambition. Tel est en tout cas l'acte d'accusation. Mais ceci n'a jamais pu être prouvé malgré les malversations de preuves et la mauvaise foi de Colbert, décidé à lui couper la tête. |
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Or il est troublant de constater que le château fut commandé par Nicolas Fouquet en 1656, cette fameuse date de la lettre mystérieuse.
Comment ne pas supposer que Nicolas Fouquet devint subitement riche suite aux révélations de son frère Louis et de Nicolas Poussin ? Comblé par ce secret qui tombe au bon moment, il prit confiance et décida d'investir dans son projet. |
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Ajoutons à ceci qu'un autre frère François Fouquet joua un rôle très important dans le diocèse d'Alet et surtout à ND de Marceille. Il fut littéralement propulsé en 1659 évêque de Narbonne. Puis il récupérera très vite la gestion du canton de Limoux et par voie de conséquence, l'administration de ND de Marceille.
Mais Nicolas Fouquet n'eut pas le temps de profiter de son château. 3 semaines plus tard, le 5 septembre 1661 à Nantes, sur ordre de Louis XIV, d'Artagnan, capitaine des mousquetaires du Roi, arrête le Surintendant pour le déférer devant les juges d'une cour d'exception spécialement constituée. Le procès dura 3 ans et il fut en partie falsifié par Colbert. Mais ce complot finit par tourner à l'avantage de Fouquet et les juges votèrent le bannissement (la liberté en dehors du royaume). C'est alors qu'un fait unique dans l'histoire de France se produisit : Louis XIV annula par son droit de veto la sentence et condamna Fouquet à la prison à vie.
Par cette décision,
Louis XIV mit sous les verrous un secret d'État dont
il ne métrisait certainement pas tous les rouages. En
mettant Fouquet aux arrêts il espérait sans doute lui
soutirer quelques confidences. Cet épisode rocambolesque
inspira Alexandre Dumas, ce qui donnera à la
littérature française de très belles pages sous le titre du
masque de Fer... Fouquet fut conduit par d'Artagnan puis enfermé à la forteresse de Pignerol (place forte savoyarde). Il y restera jusqu'à sa mort le 23 mars 1680, soit 19 ans. |
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A propos de la famille Fouquet
Nicolas Fouquet est issu d'une famille de 15 enfants dont 6 garçons eurent des destinées importantes. Deux d'entres-eux vont en plus être impliqués dans l'affaire de Rennes :
Son père, François Fouquet IV fut magistrat et homme d'affaires français. Il fut également ami de St Vincent de Paul, associant ses activités commerciales à des ordres religieux comme "la compagnie de Jésus"... Il est étonnant de voir l'intégration de cette famille dans les clés du pouvoir, allant de ministre à évêque, en passant par le renseignement. |
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La malédiction d'Arcadie continue
L'affaire ne s'arrête pas là. A la mort de Nicolas Fouquet, Louis XIV ordonna d'emprisonner ses 2 domestiques, avec la consigne stricte qu'ils ne puissent communiquer avec quiconque. Il est d'ailleurs surprenant de voir que cette décision ne soit intervenue qu'à la mort de Fouquet. Peut être que le Roi eut peur qu'un quelconque serment du silence entre Fouquet et ses domestiques prit fin à sa mort.
Mais le Roi, voulant savoir, poursuivit ses investigations. Après consultation des papiers de Fouquet, il exprima la volonté d'acquérir la seconde version des "bergers d'Arcadie". Louis XIV l'acheta en 1685 et il fut rebaptisé "Pasteurs d'Arcadie" comme l'atteste les comptes des bâtiments du Roi.
Il fit ensuite placer la toile dans son "petit appartement" privé à Versailles, de façon à ne pas l'exposer au public. Le tableau ne quittera plus cet emplacement jusqu'à sa mort en 1715. En fait, il ne fut déplacé quand 1803, date à laquelle le Louvre devint, sous l'empire, le Musée Napoléon. |
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Poussin l'initié et son sceau |
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L'œuvre "Les Bergers d'Arcadie" est incontestablement liée à l'affaire de Rennes-Le-Château et les raisons ont déjà été évoquées. Mais si l'on considère que Louis XIV chercha la toile plusieurs années pour finalement la mettre à l'abri des regards dans ses appartements privés, il faut alors admettre qu'elle est d'une importance capitale pour qui sait la lire et la comprendre. Au delà des symboles et des allégories arcadiennes, le tableau porte en lui un sens caché suffisamment précis pour justifier tant de mystères. Gérard de Sède n'a t-il pas quelque peu romancé en faisant monter Saunière à Paris pour récupérer une copie de cette toile au Louvre ?
Nous savons aussi par la lettre de l'abbé Louis Fouquet, que Poussin détenait un secret que même les rois ne pouvaient lui retirer. Ceci est un fait, même si les historiens ont choisi de l'ignorer jusqu'à présent... N'oublions pas non plus la formule décryptée à partir du grand parchemin et qui indique clairement que la toile garde la clef : "BERGERE PAS DE TENTATION QUE POUSSIN TENIERS GARDENT LA CLEF..." |
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Le sceau "Tenet Confidentiam"
Il faut aussi indiquer que le seau de Poussin conserve également sa part de mystère et renvoie à la face cachée du maître. Ce sceau qu'il utilisait pour signer au dos ses peintures possède plusieurs sens à tiroir. Décidemment Poussin aimait les devinettes.
On y voit un homme ou une femme ailée, tenant à bout de bras un bateau ou une arche. Une sentence latine accompagne l'icone :
TENET CONFIDENTIAM |
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Et encore une fois on se perd en conjecture. Si l'on s'applique à traduire de façon rigoureuse, "Tenet" est la forme conjuguée à la 3ème personne de l'indicatif du verbe Tenere qui veut dire "Tenir", "Posséder" ou "s'emparer". Le terme "Confidentiam" est plus subtil car il s'agit d'un faux ami. Pour trouver la racine romane, il faut enlever le D donnant "Confientiam". En effet "Confidentiam" se traduit par "Confiance" et non "confidence".
Nous avons donc dans un premier temps la formule : Il (ou elle) tient la Confiance |
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Mais un ouvrage de Cesare Ripa, un érudit italien spécialisé dans l'iconologie, nous apprend que les mots Confidence et Confiance ont la même racine. On y trouve d'ailleurs une image iconographique qui rappelle tout particulièrement le sceau que choisit Poussin et le terme "Confidence". La traduction de la sentence devient : Il (ou elle) tient la confidence Poussin joue constamment avec les allégories et les symboles et rien n'est du au hasard. |
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Cesare Ripa naquit vers 1555 à Pérouse et disparu sans doute à Rome en 1622. Auteur italien du XVIe siècle, ce fut un amateur d'art éclairé et un érudit. Il est l'auteur de l'Iconologie (Iconologia overo Descrittione dell'Imagini universali) (Rome, 1593), livre d'emblèmes qui rassemble une multitude d'iconographies qui furent reprises par de nombreux courants artistiques et ésotériques à son époque et bien au delà. |
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Poussin incompris
Paradoxalement, c'est en s'installant à Rome que Poussin influença la peinture française pour devenir une référence et un maître d'exception. Il fut certainement à son époque l'un des plus grand créateur qui soit et la portée spirituelle nous échappe encore aujourd'hui. Malgré les nombreux documents et l'héritage pictural colossal qu'il nous a laissé, il reste incompris. Nous ne savons lire ses toiles qu'au premier degré alors que toute la symbolique et la technique de construction géométrique nous est inconnue.
Des experts reconnaissent avoir vu derrière ses tableaux des petites entailles comme si des outils de géomètre avaient laissés leurs griffes, mais malheureusement, aucune explication valable n'a été trouvée... |
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Il disait également « Je n’ai rien négligé »... A cela ajoutons deux citations célèbres du peintre, révélatrices de sa pensée artistique :
Nicolas Poussin fut certainement initié à un grand secret. Le connaissait t-il complètement ? Était-il lui même manipulé ? Ceci fait encore partie des zones d'ombre qui sont à résoudre...
L'artiste disait également :
L'idée de beauté ne descend dans la matière qu'elle n'y soit préparée le plus possible. Cette préparation consiste en trois choses : l'ordre, le mode et l'espèce ou forme. L'ordre signifie l'intervalle des parties, le mode est relatif à la quantité, la forme consiste dans les lignes et couleurs. L'ordre ne suffit, ni l'intervalle des parties, ni ne suffit que tous les membres du corps aient leur place naturelle, si ne s'y joint le mode qui donne à chaque membre la grandeur qui lui est due, proportionnellement au corps, et si n'y concourt l'espère, en telle sorte que les lignes soient faites avec grâce, et dans un suave accord de lumières et d'ombres s'avoisinant. Et de tout cela appert-il manifestement que la beauté est éloignée de la matière du corps, de laquelle elle ne s'approche, si elle n'y est disposée par des préparations incorporelles. Et ainsi peut-on conclure que la peinture n'est autre qu'une idée des choses incorporelles, et que si elle montre les corps elle en représente seulement l'ordre, et le mode selon lequel les choses se composent, et qu'elle est plus attentive à l'idée du beau qu'à toute autre. Et de là quelques-uns ont voulu que cette idée fût la seule marque et, on peut dire, le but de tous les bons peintres, et que la peinture fût l'amante de la beauté et la reine de l'art.
Les bergers d'Arcadie (version II) représente certainement l'aboutissement de son œuvre. Comprendre cette toile, c'est sans aucun doute découvrir son art et son message. Un travail énorme reste à faire et les recherches actuelles le prouvent régulièrement. Nicolas Poussin cherche à nous parler au travers de ses œuvres, mais combien de temps nous sera t-il nécessaire pour enfin l'entendre et le comprendre ? |
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