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Depuis très longtemps la mythologie de Rennes nous a présenté un
seul tableau de Téniers susceptible de répondre à l’énigme : "Saint-Antoine et Saint-Paul dans le désert". Largement diffusé sur
Internet, il est apparu au public dans le livre "La
Montagne Sacrée" de Richard Andrews et Paul Shellenberger.
Ces derniers, après une longue enquête parmi les inventaires
de Téniers pour déterminer un Saint-Antoine sans tentation,
finir par sortir une toile
du lot. Elle fut retrouvée selon les auteurs, dans la bibliothèque
d'art occidental de l'Ashmolean Museum d'Oxford.
De plus,
le tableau proviendrait d'une collection du second lord
Palmerston située au château familial de Broalands (inventaire
1791). C'est en 1942 qu'ensuite le tableau aurait été acheté par
Edwina Ashley, comtesse de Mountbatten.
Après une rapide étude géométrique, l'affaire de Rennes et les auteurs de "La Montagne
sacrée" rendirent donc célèbre cette toile oubliée. Curieusement, une information
du web la situera dans la
cathédrale de Chartres, ce qui s'avérera une autre fausse piste... Le mystère du Téniers
aux ermites dans le désert prendra alors des ailes...
J’avais moi-même, il y a quelques années, visité la cathédrale
de Chartres, espérant naturellement tomber sur cette fameuse toile,
mais ne l’ayant pas vu, je classais momentanément cette piste.
Après tout, un tableau se restaure et il arrive parfois que
certaines œuvres se trouvent déplacées ou archivées dans une
cave de musée...
Plusieurs études sont alors effectuées sur sa géométrie
mais sans grande conviction, l’objectif étant bien sûr de percer son
secret. Il faut dire que Téniers, aussi érudit qu’il fût, n’a
jamais eu une réputation de spécialiste de la géométrie sacrée.
L’harmonie qui se dégage de ses nombreuses toiles n’a jamais
prouvé la présence du nombre d’or. Pourtant cette œuvre semble
différente et prometteuse. La croisée des bâtons des ermites
respecte un angle juste invitant à continuer les recherches mais
à cette époque trop de sujets se bousculaient.
C’est en rencontrant Aurore, une chercheuse chevronnée, il y a
quelques années, que je compris qu’il y avait là encore matière à
creuser. Fidèle du forum, elle fut également intriguée
par ce tableau à rebondissement et fit sa propre enquête, la conduisant
finalement à une belle surprise. C’est donc avec un grand plaisir que j’insère ici
son étude amorcée sur son blog. D’autant que son approche
complète parfaitement une autre analyse que j’avais entamée il y a
quelque temps, celle de
Shugburough Hall
et de ses Bergers d'Arcadie de marbre... |