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Le tombeau des Pontils

Rennes-Le-Château ou l'histoire d'un grand secret

 


Le tombeau des Pontils

 

Dans toute l'affaire de Rennes-Le-Château, la plupart des thèmes sont curieux, insolites, remplis de coïncidences, et nous font douter en permanence. Mais la coïncidence ici n'est qu'apparente, car derrière ce tombeau hors du commun se cache une réelle histoire étonnement liée aux mystères de Rennes-Le-Château. En voici un bel exemple :

Dans la région du Razès, il existe, ou plutôt il existait,  au lieu dit "Les Pontils" sur la route D613 entre Serres et Arques, un tombeau ressemblant étrangement à celui d'un tableau très célèbre : Les Bergers d'Arcadie (Version 2) peint par Nicolas Poussin. Ce tombeau, étrangement lié à un tableau du XVIIe siècle, et découvert en 1970, alimenta toutes les spéculations. Et c'est Gérard de Sède, le premier, qui le fit connaître au public en 1972.

 


L'emplacement du tombeau des Pontils sur la carte IGN de Quillan
entre Serres et Arques, non loin du mont Cardou

 

Le tombeau des Pontils et Poussin

 

Officiellement, le tableau " Les Bergers d'Arcadie (Version 2)" fut peint par Nicolas Poussin entre 1638 et 1640. Une contre verse sur l'époque de sa réalisation existe d'ailleurs entre experts et chercheurs, et la dernière date officieuse serait plutôt comprise entre 1650 et 1655.

 


Les Bergers d'Arcadie (Version 2) de Nicolas Poussin (Tableau visible au Louvre)

 

Si l'on compare le tableau avec le tombeau des Pontils et en prenant soin d'observer ce dernier dans la bonne direction, la ressemblance est frappante. Le tombeau des Pontils est situé à la sortie d'un virage sur la départementale qui mène à Arques, et sur un petit monticule rocheux.Dans le contrebas coule un ruisseau partiellement asséché, le Rialsesse. En arrière plan se trouve le Mont Cardou, le château de Blanchefort près du Roque Nègre, et la colline deRennes-Le-Château.

 


Le tombeau des Pontils tel qu'on pouvait le voir avant 1988 ...

 

Quel est le lien entre le tableau de Nicolas Poussin et Rennes-Le-Château ?

La réponse est trop complexe pour être abordée ici. Elle sera détaillée dans un thème spécifique. Mais pour simplifier, on peut affirmer que Nicolas Poussin porta à son comble son ingéniosité, pour nous faire parvenir un message secret. En effet, ce tableau qui, à première vue nous offre une démonstration flagrante de son talent et une belle scène allégorique, recèle bien autre chose. Il suffit d'ailleurs d'apprécier les différentes versions que de nombreux artistes nous ont laissés par la suite...

4 raisons majeures existent pour lier le tableau des Bergers d'Arcadie à Rennes-Le-Château :

   Il représente un paysage qui serait celui du Razès. Le profil du paysage peint au fond et à droite du tableau ressemble à s'y méprendre au profil du  Mont Cardou, de Blanchefort et de Rennes-Le-Château.
 

   Sur le tombeau au centre du tableau est inscrit un texte pointé par le doigt de l'un des bergers. Cette inscription est "ET IN ARCADIA EGO", or on retrouve ce texte sur la dalle tombale de la Dame de Blanchefort
 

   D’après une lettre de l’abbé Fouquet à son frère l’Intendant Fouquet, Nicolas Poussin aurait percé un ténébreux mystère ...
 

   Selon l'histoire officielle racontée par Gérard de Sède, c'est lors de sa supposée visite  à Paris en 1892, consécutive à la découverte des  parchemins, que Bérenger Saunière aurait demandé une copie de ce tableau au Louvre...

 

 

Pourquoi le tombeau des Pontils est lié à Rennes-Le-Château ?

4 faits essentiels permettent ce lien:

   Le tombeau des Pontils possède une situation géographique particulière : Il se situe pratiquement sur le méridien zéro, appelé également méridien de midi, entre Peyrolles et Serres, près d'Arques. Ce méridien est bien connu des passionnés de Rennes-Le-Château.
 

   Le tombeau des Pontils participe aux tracés géométriques et aux alignements topologiques de la région. Ce thème sera traité spécifiquement.
 

   La ressemblance frappante entre le tombeau des Pontils et le tombeau peint par Nicolas Poussin
 

   Le texte "ET IN ARCADIA EGO" que l'on peut lire sur le tombeau des Bergers d'Arcadie et que l'on retrouve sur la dalle de Blanchefort.

 

Pourquoi le tombeau des Pontils rappelle le tableau de Poussin ?

Il existe une ressemblance indéniable entre les deux décors. Les tombeaux se ressemblent en terme de dimension et d'orientation. De plus, si un observateur se place sur le même point de vue que dans le tableau, le profil que dessine le paysage est identique à celui de la toile. Ce profil se nomme  le mont Cardou (1), Blanchefort (2), et Rennes-Le-Château (3)

 


L'horizon derrière le tombeau en 2004


L'horizon peint par Poussin

 


Derrière le tombeau des Pontils, on peut distinguer le Mont Cardou

 

L'histoire du tombeau des Pontils

 

Le "Moulin des Pontils", propriété située entre Couiza et Arques, fut achetée en 1880 par Louis Galibert et son épouse Elisabeth. Son idée était de convertir la grande maison en une usine pour la fabrication des épaulettes des costumes militaires. Un barrage et une dynamo furent construit sur le cours d'eau qui à cette époque avait un débit suffisant pour fournir en électricité ses machines.

En 1903 le petit fils de monsieur Louis Galibert fit creuser une tombe par Mr Bourrel, un tailleur de pierres de Rennes les bains. La tombe fut creusée à l'endroit que l'on connaît aujourd'hui. Et l'année suivante, en 1904, le propriétaire y ensevelit les restes de sa grand mère.

Plus tard la famille Galibert partit pour Limoux. Elle acheta une concession au cimetière de la ville No 647, et le 12 décembre 1921, y fit construire un caveau. La porte et les parements en pierre de taille du tombeau des Pontils servirent alors à couvrir le caveau de Limoux. Enfin, les restes d'Elisabeth Galibert y furent transférés, et la propriété "Les Pontils" fut vendue.

Le domaine devint alors la propriété d'Emily Rivarès, femme française née à Paterson aux États-unis et de son fils, Louis Bertram Lawrence. Mais la grand-mère de Louis Lawrence, Marie Rivarès, mourut le 28 novembre 1922 après s'être déplacée aux Pontils et selon ses souhaits, elle fut embaumée et déposée dans le tombeau.

Vers 1931 à la mort de sa mère, Louis Lawrence attendit quelques temps et se livra à des scènes étranges. D'après les témoins de l'époque, il ne fit rien de moins que d'embaumer aussi le corps de sa mère et ceux de ses deux chats, selon la volonté de la défunte, puis il placa les dépouilles dans le tombeau.

 


L'intérieur du tombeau en 1972

 

Par la suite, Louis Lawrence, s'installa aux Pontils et fit refaire la sépulture. C'est à cette époque, en 1933, que l'on érigea un tombeau de forme parallélépipédique surmonté par une pyramide tronquée et recouvert d'un enduit cimenté. Le tombeau prit alors l'apparence du tombeau des bergers d'Arcadie.

Louis Lawrence a été diplômé des hautes écoles des États Unis.  Il mis au point un poste TSF portable antiparasites qu'il commercialisa lui même. Il mourut le 25 juillet 1954.

 

 

Malheureusement, le tombeau des Pontils n'est plus visible aujourd'hui.
Il fut détruit par son propriétaire
le 9 avril 1988. Celui-ci, lassé de voir des curieux et des chercheurs de trésor sans scrupules, occasionner des dégâts dans sa propriété, il décida de supprimer la sépulture...

 


Paru dans un journal local

 

Aujourd'hui, le paysage a changé de visage et les traces du passé s'estompe peu à peu. Le tombeau des Pontils n'est qu'un souvenir pour les anciens chercheurs mais heureusement les photos témoignent de son existence. L'avenir dira certainement que c'était une pièce importante du puzzle, qui disparue par la bêtise et l'ignorance de certains...

 


Le tombeau des Pontils en 2005

 

Pure coïncidence ?

 

Il est clair que si l'on se fit à l'histoire officielle du Tombeau des Pontils, celui-ci aurait été creusé en 1903 et il aurait pris sa forme définitive en 1933 par Louis Lawrence. Le tombeau serait donc né au XXe siècle, ce qui est une raison essentielle pour affirmer que Poussin n'a pu s'inspirer de cet endroit pour composer "Les Bergers d'Arcadie". La ressemblance ne serait donc que fortuite...

Et effectivement, c'est cet argument qui est avancé par de nombreux détracteurs et qui permit pendant longtemps de balayer d'un revers de main toutes les curiosités de Rennes-Le-Château. De nombreux auteurs sont ainsi persuadés que le tombeau des Pontils n'est qu'une invention des chercheurs destinée à embellir l'histoire. Si l'on ajoute à cela que Nicolas Poussin, dont on connaît parfaitement sa biographie, ne mis jamais les pieds dans le Razès, l'affaire était définitivement entendue. Il ne restait plus que Gérard de Sède et quelques illuminés pour souligner la fabuleuse coïncidence.

Or des faits sont là. Le tombeau des Pontils est situé sur des alignements topographiques remarquables, et le profil montagneux de la région du Cardou est suggéré sur le tableau...

 

 

Gérard de Sède et de nombreux chercheurs ont longtemps voulu apporter une explication sans faille à ce mystère. C'est ainsi que durant de nombreuses années nous trouvons quelques éléments qui ajoutent à la confusion et qui n'ont jamais été confirmés comme ceci :

  Ce tombeau serait cité dans un ouvrage du XVIIIe siècle de l'abbé Delmas et il serait décrit avec sur sa face nord une pierre verticale qui porterait cette devise : "ET IN ARCADIA EGO"
 

  Cette pierre aurait été transportée en 1789 au cimetière de Rennes-Le-Château. L’abbé Antoine Bigou se serait ensuite occupé de celle-ci pour compléter la sépulture de la Marquise de Blanchefort. Il existerait d'ailleurs dans les archives de l’Évêché, un document de la main du prêtre portant sur le transfert par Guillaume Tiffou, de cette dalle de Serres à Rennes-Le-Château, en novembre 1789.

Mais ces remarques ne répondent toujours pas au problème essentiel et sont en totale contradiction avec l'histoire du tombeau. De plus, rien ne prouve que l'on parle de la même sépulture.

Depuis peu, une autre thèse beaucoup plus étayée et beaucoup plus convaincante est proposée par Franck Daffos. Pour la comprendre, il suffit de répondre aux questions essentielles suivantes:

 

Si Poussin n'est jamais venu dans le Razès, comment expliquer qu'il ait pu peindre un paysage de Rennes-Le-Château ?

Pour répondre, il faut se rappeler de Ambroise Frédeau, moine des Augustins de Toulouse, et peintre du fameux Saint Augustin (Saint Antoine) de Notre Dame de Marceille. Fait extraordinaire, Ambroise Frédeau (1589 - 1673) était un excellent ami de Nicolas Poussin, et à ce titre Frédeau lui fournissait des peintres toulousains comme Jean-Pierre Rivals. Quant on sait en plus que Ambroise Frédeau utilisait de temps en temps un atelier de l'Ordre des augustins situé entre Limoux et Alet, il est facile d'imaginer que plusieurs artistes étaient capable de préparer des fonds de tableau de la région du Razès.

Un ou plusieurs paysages de Rennes-Le-Château ont donc pu être esquissés par l'un des anciens élèves de Ambroise Frédeau. Il était ensuite facile pour Poussin de choisir l'un d'eux et de concevoir la seconde version des Bergers d'Arcadie...

 

Si Poussin n'a pas peint le tombeau des Pontils, qui a eu l'idée de faire ressembler ce dernier avec les Bergers d'Arcadie ?

Incontestablement la ressemblance est frappante et il est inutile de le nier malgré le refus pour certains d'admettre l'évidence. Mais alors, pourquoi et qui aurait voulu qu'un tombeau à cet endroit des Pontils rappelle le tableau de Poussin ?
En fait, la première question que l'on peut se poser est : Qui aurait pu avoir l'idée d'une telle allégorie cryptée ?

Parmi les personnages que l'on connaît aujourd'hui, un premier nom évident capable de construire un tel jeu de piste aussi subtil est: Boudet

Nous savons que le tombeau fut creusé en 1903 par le maçon Bourrel de Rennes-Les-Bains (Boudet devait très bien le connaître, étant curé du village), or c'est aussi à cette période que le domaine de Bérenger Saunière fut édifié et que son cryptage vint compléter celui de l'église de Rennes-Le-Château. Henry Boudet devait certainement rechercher des éléments immuable dans le temps pour achever son cryptage. De plus, Il est très facile pour un curé d'influencer une famille, en l'occurrence la famille Galibert. Boudet aurait très bien pu convaincre Louis Lawrence de creuser une sépulture dans un endroit bien précis de sa propriété.

 

Pourquoi créer un tombeau qui ressemble aux Bergers d'Arcadie ?

Si l'on considère que Boudet connaissait la valeur du message des Bergers d'Arcadie, il est facile d'imaginer que sa construction a du représenter pour lui tout un symbole. J'imagine aussi le nombre important de randonnées qu'il a du effectuer pour découvrir le site idéal. Mais tout ceci dans quel but ?

Henri Boudet, doit impérativement à partir de 1900, terminer son codage. Il sait aussi que son livre codé "La Vraie Langue Celtique" est un échec. La construction de ce tombeau lui permet non seulement d'attirer l'attention sur les Bergers d'Arcadie de Poussin, mais aussi de poser des alignements immuables pour les générations futures... Coup double...

 

En résumé, l'hypothèse forte que l'on doit retenir, est que:
 

Ce n'est pas Poussin qui a peint un tombeau se trouvant aux Pontils, mais Boudet qui a certainement tout fait pour matérialiser la scène d'Arcadie de Poussin aux Pontils...
 

Comme il nous le suggère sur sa tombe, Henri Boudet est hanté par le fait de laisser un message codé suffisamment subtil à ses successeurs. Ce travail aura décidemment réussi puisqu'il a fallu attendre 106 ans pour commencer à comprendre.

L'idée de donner vie discrètement au tombeau de Nicolas Poussin est tout simplement géniale... Bravo Mr Boudet...

 


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