|
|
La
saga du
Saint Antoine
continue...
Après la découverte en
août 2006 de la signature de
Mathieu Frédeau, il était naturel de pousser plus
loin l'analyse infographique du tableau. La piste sera prometteuse puisque par un heureux hasard, un cliché
permit d'isoler
des détails inédits. Réalité ou simples reflets de
lumière ? Les analyses ne permettent pas encore de dévoiler
les dessous de la partie bitumée, mais tout montre que le
tableau cache une histoire.
Voici résumées ici les
principales images prises avec différentes techniques comme
des pauses très longues, l'utilisation de filtres
spécifiques, ou l'apport d'un éclairage infrarouge.
|

|
|
Plusieurs campagnes
ont été nécessaires, dont celle
d'août 2007 durant laquelle
plusieurs dizaines de clichés ont été pris. Il fallut ensuite
les sélectionner, les
traiter numériquement et les analyser.
Voici donc le résultat de ce travail qui
se déroula sur plus de deux ans. Surtout, peut‑on y apporter une
conclusion ? Certainement pas. Il faudrait pour cela
remettre le tableau dans son contexte historique exact, or
trop de lacunes existent encore. L'objectif principal est
ici de montrer
la beauté de ce patrimoine et les secrets qui s'y
cachent. Tout objet d'art a une histoire et la particularité
d'une peinture sur toile est de restituer celle‑ci en
couleurs. Encore faut‑il l'interpréter correctement
et c'est sans doute là que le travail de l'historien
commence.
Cette
étude inédite est le résultat de nombreuses heures de travail
et
de recherche.
C'est pourquoi elle est protégée
ainsi que toutes les illustrations.
Copyright © RLC Archive ‑ Jean‑Pierre Garcia
 |
|
Une vision d'enfer et des détails
surprenants |
|
Parmi la multitude de photos prises, certaines ont
été réalisées dans la pénombre et sans cible précise. Pour ceux qui
n'ont pas encore franchi le seuil de
Notre Dame de Marceille, il faut souligner que la nef a
longtemps baigné dans une très faible lumière et un tableau
clair obscur comme celui du Saint Antoine
est quasiment impossible à détailler.
Les techniques du numérique vont encore apporter ici une aide
irremplaçable.
Notez que le tableau a aujourd'hui été déplacé, et qu'il n'est
plus dans sa position d'origine. Il est actuellement accroché à
gauche de la chaire, alors qu'il était en face de l'entrée
principale, sous le médaillon "La
maison d'or". |
|
Un premier détail intéressant :
La photo prise de biais montre sur l'épaule du personnage un
objet dentelé difficile à identifier. Ce détail est
important puisqu’il signifie que ce tableau n'a pas
encore livré tous ses secrets.
|

Une forme dentelée sur l'épaule de
Saint Antoine |
|
Cette forme m'encouragea
évidemment à
continuer l'analyse et mon obstination fut vite récompensée.
En fait, c'est une remarque faite par
Franck Daffos
quelque temps auparavant qui me mit la puce à l'oreille : "S'il
s'agissait, comme nous le supposons fortement, d'une
Tentation de Saint Antoine à l'origine,
la toile devait comporter un
ou plusieurs sujets de tentation (femme, diablotin,
chauve‑souris, animaux étranges, etc.)"
Malheureusement
les modifications, les repeints successifs, le bitumage, et
le vieillissement de la toile ont fait disparaître
intentionnellement ou non la partie supérieure droite du tableau original.
C'était sans compter sur les progrès de la technique et l'altération des
couches de peinture qui parfois fait perdre ses
propriétés opaques.
|
|

La partie supérieure droite du
tableau, des formes apparaissent
|
|
Les conditions particulières dans lesquelles les
photos furent prises peuvent faire apparaître des détails
surprenants. La tache rougeâtre vue sur un cliché peut être le
résultat d'une surexposition due au
puissant éclairage portatif dont nous disposions. C'est en
agrandissant et en filtrant les couleurs qu'un visage étrange
apparut... |
|

Partie supérieure droite ‑ détail |
|
En exagérant les contrastes, on peut deviner une tête, les yeux, un nez crochu, une
bouche étroite et un menton effilé. On arrive même à deviner une
oreille au contour pointu. Le tout est enveloppé dans un nuage
de feu ou de brume. Voici peut‑être un indice montrant que le Saint
Antoine de Tau, à l'origine, n'était pas en adoration, mais en
proie à des tentations, ceci dans la très classique lignée des
Tentations de Saint Antoine de l’école des
Teniers.
Compte tenu de la
richesse du
tableau, une campagne de photo
en 2007 se révéla
particulièrement intéressante. Le tableau de Saint Antoine est
un sujet inépuisable. En voici la preuve en images... |
|
Retouches ?
Le tableau de Saint Antoine
réserve décidément beaucoup de surprises.
Si on observe la toile sous
une lumière rasante, quatre régions plus brillantes apparaissent.
S'agit‑il d'un dépoussiérage récent ? Possible, mais très peu
probable, car trop bien ciblé et très localisé.
La brillance et la trace du reflet
montrent plutôt l'application d'un vernis ou d'une retouche
faite à la brosse. Les traînées du pinceau sont encore
visibles. D'ailleurs, il ne s'agit pas de n'importe qu'elle
partie de la toile. Quatre zones semblent avoir été reprises : la
main, le livre et le crâne, la pierre avec sa signature "Mathieu
Frédeau", et le bas
de la robe de Saint‑Antoine.
Ces détails ont visiblement fait
l'objet d'une attention toute particulière.
|

Traces de brossage ou vernis ?
|
|

La trace d'une brosse ou d'un pinceau
est nettement visible
S'agit‑il d'un nettoyage ou d'une couche de vernis ?
|
|
Allons plus loin... Sa face cachée en couleur |
|
Analyse des couleurs et
contraste
Les campagnes photo
2007‑2010 permirent d'effectuer des clichés riches en
détail, d'autant que la manipulation numérique permet d'obtenir des
effets saisissants. L'interprétation reste par contre un réel problème,
mais il faut reconnaître que la
piste est encourageante... Nous sommes en présence d'un tableau peu ordinaire.
Sur un
cliché avec une
température de couleur normale et équilibrée, on peut
observer que le tableau a perdu en éclat et les fonds
remontent à la surface. La peinture supérieure a été altérée
par endroits avec le temps, mais ceci permet de laisser
entrevoir d'autres formes et d'autres couleurs.
|
|

Le tableau Saint Antoine de ND de Marceille,
aujourd'hui
|
|
Voici le même cliché, mais sur
lequel les lumières et les contrastes ont été ajustés pour
faire ressortir les détails. Un observateur averti pourra y voir
de nombreuses formes intrigantes. |
|
Il a fallu
effectuer énormément de photos et essayer différentes techniques
pour obtenir des images de grande qualité. Une
très longue
pause permettant de sensibiliser au maximum la cellule et un
traitement numérique permettent de rendre visibles certaines
couleurs jusqu'alors invisibles. Une chose est certaine : le tableau
est complexe et a subi de nombreux repeints. D'ailleurs, la
qualité des traits n'est pas homogène. Si le personnage Saint
Antoine est sans aucun doute l'œuvre d'un grand maître, d'autres
parties de la toile sont comme inachevées ou précipitées. C'est
le cas par exemple des pieds de l'ermite, le bas de sa robe ou
le haut de la grotte.
Le contraste est étonnant avec d'autres objets comme la pierre servant d'autel, le
crâne ou le livre. Les détails sont d'une telle précision qu'il
est presque possible de déchiffrer le manuscrit. |
|

Photo Saint Antoine NDM 2010 ‑ IR
© RLC Archive |
|
De mystérieuses écailles
Depuis longtemps, j'étais convaincu
que ces écailles appartiennent à un objet ou à un animal
tapi dans l'ombre de la toile. Voici l'explication. Son
propriétaire est en fait un bel oiseau intrigant, l'œil
orange et fier comme un paon. On distingue nettement ses plumes arrière dressées
en écailles,
son cou ondulé en S, son oeil et sa patte crochue.
Cet étrange
volatile pourrait s'apparenter à la famille des dindons et sa présence
près de Saint Antoine reste tout à fait énigmatique.
|
|

Un oiseau est visible derrière
l'épaule avec son plumage
arrière en écailles,
son cou ondulé, son oeil, et sa patte crochue |
|
Clair de lune
Pour la beauté de l'image, voici le
clair de lune un peu ombragé du Saint Antoine que
Gasc
décrit dans sa note de 1859.
Un paysage se
devine à l'extérieur de la grotte avec peut‑être un clocher
en forme d'aiguille et une fine croix qui semble s'élever vers le ciel.
On distingue aussi la fameuse lampe à
huile, mais qui n'est manifestement pas la source de lumière
principale.
Également complètement à gauche, une longue
croix en bois posée sur un rocher.
|
Saint
Antoine au clair de lune
|
|
"Il en est un (tableau) qui ne doit pas être
passé sous silence : il représente l'ermite
Saint Antoine dans une grotte éclairée par
une lampe et par un rayon de la lune; il est
d'un effet saisissant. La hardiesse du
coloris et la fermeté du dessin décèlent un
grand maître".
(Extrait Opuscule de Gasc,
première édition
1859, p56)
|
|
Un étrange décor extérieur
L'extérieur de la grotte
au clair de lune ne manque pas non plus de curiosités.
L'agencement des pierres à gauche dessine une ouverture
très régulière permettant d'apercevoir quelques
arbres. Surtout une curieuse croix s'élance vers le
ciel. On pourrait croire qu'il s'agit de la flèche
d'une église. ou d'un calvaire. Quoi qu'il en soit, ce
détail est très inhabituel dans la symbolique classique du
Saint Antoine de Tau. |
|
Le crâne, le livre, et la main
décèlent les traits
d'un grand maître
Le livre et le crâne font
partie de la symbolique de Saint Antoine l'ermite, mais
surtout il faut admirer ici la qualité du dessin et des
lumières qui sont les signes
d'un artiste d'exception. Les détails sont extrêmement réalistes,
et la lumière est domptée avec une parfaite maîtrise.
Admirez également la main, détaillée jusqu'aux moindres rides,
car les artistes le savent : l'étude d'une main est un
exercice que même Léonard de Vinci a travaillé.
Imaginez maintenant combien ce tableau de taille imposante
devait rayonner du temps de sa splendeur dans le sanctuaire.
A noter
également cette curieuse pierre carrée à gauche et cette
pierre plate légèrement creuse servant d'autel. Une petite flaque indique une grotte
particulièrement humide, mais faut‑il y voir aussi une
allusion à un bénitier ?
|
|

Le crâne, le livre et la main
révèlent les traits d'un grand maître
|
|
Après
tout
Henri Gasc l'avait écrit en son temps. Voulait‑il souligner
cette évidence afin d'attirer notre attention sur l'auteur de
cette toile si particulière ? Connaissait‑il le nom réel de l'artiste
qui se cache derrière l'œuvre ? Les grands maîtres du XVIIe
siècle capables de réaliser un tel dessin sur le thème de Saint Antoine et avec
une telle maîtrise ne sont pas si nombreux. Comment
imaginer que Gasc ne pensait pas à
Teniers le Jeune en admirant l'ermite au clair de lune ? |
|
"Il en est un (tableau) qui ne doit pas être
passé sous silence : il représente l'ermite
Saint Antoine dans une grotte éclairée par
une lampe et par un rayon de la lune; il est
d'un effet saisissant.
La hardiesse du
coloris et la fermeté du dessin décèlent
un
grand maître".
(Extrait Opuscule de Gasc,
première édition
1859, p56)
|
|
Un tableau inachevé
La qualité du tableau
reste pourtant inégale. Si l'on observe en détail la partie
inférieure, des signes clairs d'imperfection contrastent
avec le reste. Le pied est par exemple très nettement
inachevé, voire imparfait. Son dessin est médiocre et
ressemble plus à une esquisse. L'artiste a‑t‑il été
interrompu lors de l'élaboration de la toile ? Ou sommes‑nous en présence d'un travail qui a été repris en partie par
un maître ?
L'image montre aussi une toile qui a
considérablement vieilli. Des craquelures apparaissent et les
couleurs s'estompent par endroits. Des dessous deviennent
visibles avec le
temps, complexifiant l'analyse. Heureusement, dans la zone où la
peinture révèle une maîtrise exceptionnelle, le tableau est
resté frais et bien conservé, comme si les repeints avaient
été de grandes qualités, aidant à la préservation des
lumières.
|
|
Une pierre dolmen ?
Cachée dans la semi obscurité du clair de lune, une pierre étrange est posée
discrètement dans le décor, en haut et à gauche. L'avez‑vous
remarqué ? Elle serait passée complètement inaperçu sur une
autre toile, mais ici tout détail a son importance. Cette
pierre plate légèrement inclinée pourrait suggérer la pierre dolmen
du
Christ au lièvre...
Simple hasard ? Ou sommes‑nous en présence d'une référence
identique ?
|
|
Saint
Antoine sous infrarouge
La photographie infrarouge longtemps réservée aux
professionnels de l'argentique est aujourd'hui accessible et
applicable au numérique. Il faut pour cela disposer d'une torche et
d'un filtre spécifique. Le principe de cette technique est
de mémoriser un spectre de lumière invisible
à l'œil nu, mais perçu par la cellule de l'appareil. Des
détails très difficilement observables en lumière naturelle
peuvent alors être mis en relief. Voici quelques résultats...
|
|

Photo infrarouge Saint Antoine NDM
2010
© RLC Archive |
|
Les
clichés montrent un tableau complexe. On le savait déjà, mais la lumière IR fait apparaître des repeints et des
couches de peinture différentes. Plusieurs dessins semblent
avoir été empilés sur la toile, et ceci est mis en évidence
sous IR par des transparences qui se superposent. |
|

Photo infrarouge Saint Antoine NDM
2010
© RLC Archive |
|
Le
contraste entre le buste de Saint Antoine, ses mains, le
crâne, le livre, et le reste de la toile apparaît plus
nettement. Cette partie centrale a été comme reprise et
repeinte sur un décor beaucoup plus pauvre et moins
travaillé. Notez aussi comment la croix et son aiguille apparaissent clairement
dans l'arrière‑plan de la scène. |
|

Photo infrarouge Saint Antoine NDM
2010
© RLC Archive |
|
L'un des
objectifs de cette technique est bien sûr de percer le secret
de la masse sombre en haut à gauche du tableau. Cette partie
qui représente un large quart du tableau a été bitumée, mais
heureusement est devenue moins opaque avec le temps. Lorsque l'on
filtre certaines teintes et que l'on force le contraste,
la lumière infrarouge saisie des formes et des volumes.
Des détails manquent
pour confirmer un personnage, un animal ou un
objet, mais cette image prouve que le bitume recouvre effectivement
une zone peinte. |
|

Photo Saint Antoine NDM 2010 ‑ IR
© RLC Archive
Des détails apparaissent sous le fond bitumé |
|
Revenons
à la couleur
La
sensibilisation d'une cellule
avec des temps de pose importants offre aussi des résultats
très intéressants. Cette technique permet de capturer un
maximum de lumière et ainsi de saturer la cellule numérique
par des informations importantes de lumière et de couleur. Le
traitement numérique permet ensuite de réveiller ces
informations en travaillant sur les filtres. Les images obtenues viennent confirmer
l'analyse infrarouge. La masse sombre laisse voir des formes
complexes aux teintes rouges et ocre. |
|

La partie bitumée du Saint
Antoine réveillée par un temps de pose |
|
La
combinaison de ces différentes techniques permet finalement
d'obtenir un résultat optimal sur l'ensemble du tableau. La
longue pause traitée ensuite par un filtre anti poussières,
un filtre antibruit et l'accentuation de certaines
teintes fait apparaître les mêmes formes que par infra
rouge. Il est encore difficile de décrire la scène que Saint Antoine contemple
avec effroi. S'agit‑il d'un animal étrange ? D'un
ensemble d'êtres fantastiques ? Un fait est certain : cette
partie de la toile a été obscurcie et censurée. Fallait‑il la transformer
en un Saint Antoine sans tentation...
et ainsi respecter la sentence :
BERGERE
PAS DE TENTATION
QUE POUSSIN TENIERS... |
|

Photo Saint Antoine NDM 2010 ‑ IR
© RLC Archive |
|
Pendant de
nombreuses années, la partie sombre généra de
multiples hypothèses et des questions très variées. Pour quelle
raison eut‑il fallut censurer un quart du
tableau ? Quelle symbolique se cache derrière le goudron ? Que voulait‑on soustraire aux yeux des paroissiens et
des visiteurs ? Des curieux ?
Ou plutôt, fallait‑il marquer cette toile d'une empreinte qui la
différenciera à tout jamais de tout autre Saint Antoine ?
Et si ce Saint Antoine devenu sans tentation était‑il justement
là pour laisser un indice aux deux Rennes ? |
|

Photo Saint Antoine NDM 2010 ‑ IR
© RLC Archive |
|
Si
l'on observe l'expression de Saint Antoine, elle est ni effrayée
ni concentrée pour mieux se détourner des
tentations. Saint Antoine est ici dans un état de grâce, à
l'écoute d'une prière céleste, en pleine extase. Cette
position rappelle bien sûr le Saint Célestin de Valcros qui est
en fait un Saint Augustin.
Voici pourquoi
le tableau de ND de Marceille déroute autant...
Il s'agit de Saint Antoine
(le Tau sur sa robe le prouve) mais dans une attitude qui ne
correspond pas à son code habituel. Il est en pleine
contemplation, à
la manière de Saint Augustin...
|

Le tableau de Saint Célestin à
Valcros
est en réalité un Saint Augustin |
|

Détail gravure Reynié et Certain |
Cette
toile était destinée à être remarquée et l'idée géniale de son
auteur est là : suggérer un
Saint Augustin en présentant
Saint Antoine... On peut alors
penser qu'une symbolique en haut et à droite de la toile devait
être effacée pour ne pas perturber le message...
N'oublions pas également que la gravure de Reynié et Certain
présente le cas inverse : un Saint Augustin (prouvée par sa canne
épiscopale) mais en proie à un animal fantastique digne des
tentations de Saint Antoine. Décidément, tout a été fait pour
dérouter et attirer l'attention...
Et sur ce point, on peut
affirmer que cela fonctionne bien. |
|
Tel un bouquet final, je devais finir par ce magnifique tableau abstrait
plein de rêves. Certains y verront des visages ou des crânes,
d'autres des masques d'or...
Il s'agit en fait d'un détail de la partie inférieure du tableau, à droite
de Saint Antoine. |
|

Détail partie inférieure du
tableau de Saint Antoine
|
|
Restauration 2011...
Nous ne verrons plus le Saint Antoine de ND de Marceille comme avant...
Les
projets de restauration comportent souvent deux effets. L'un,
extrêmement louable est de nettoyer, inventorier et réparer le
mobilier historique, le second est le risque de déplacer,
détériorer et polluer ce patrimoine. C'est particulièrement le
cas ici, car le tableau de Saint Antoine a malheureusement
souffert lors de l'opération de restauration
2010‑2011.
La toile précieuse n'a visiblement pas été traitée comme elle
aurait dû l'être, avec les plus grands égards...
Non seulement le tableau est tombé lors de son démontage, mais son
cadre a laissé au sol de larges morceaux de bois. Son
encadrement est maintenant irrémédiablement détérioré, surtout
dans la partie basse.
Pire, le
tableau a été déplacé de son emplacement d'origine. Initialement
fixé en face de la porte d'entrée comme l'avaient souhaité
Mgr François Fouquet et les chanoines
Mèche
et
Gasc,
il est maintenant à droite de la chaire. Raison
invoquée : il fallait mettre en évidence un ancien tableau
sur la ville de Limoux et sur son incendie historique, une toile
qui était dans la chapelle de la Vierge Noire...
Enfin et ceci
laisse de nombreux doutes sur la compétence de l'équipe de
restauration, la toile a été sondée en laissant d'horribles
rectangles brillants. Toute la partie bitumée a été frottée avec
un chiffon sale, laissant des traces de poussière sur toute la
partie obscure. Des mains, paume et doigts, sont aussi visibles.
Espérons que
cette alerte permette enfin que le tableau soit pris au
sérieux et qu'il subisse une restauration plus
professionnelle... Il le mérite... |
|

Le Saint Antoine est maintenant
à droite de la
chaire. Il était à l'origine
en face de la porte d'entrée
(photo 2011)
|

La toile a été salie, laissant des traces
de poussière sur la partie bitumée, des rectangles brillants suite à
des tests et des traces
de mains nettement visibles...
(photo 2011) |
|
Dans le cadre des
recherches sur Rennes‑le‑Château la curiosité et la ténacité
sont souvent synonymes de récompense. C'est en décembre 2007
qu'un chercheur passionné, François Pous, un grand fidèle du
forum, remarqua une ancienne photo dont voici un extrait.
On ne peut pas le rater
puisqu'accroché tout en haut d'un mur d'exposition, un superbe
Saint Antoine au clair de lune nous rappelle un sujet
bien connu.
|
|
La photo fut prise dans l'une des
salles du musée Petiet à Limoux et on y découvre assis
l'ancien secrétaire général des Beaux‑arts de Toulouse, Jean Louis Lagarde. |
|

La copie est signée
Auguste Petiet 1852
|

Le tableau original |
|
La copie est de
très belle facture et les couleurs sont nettement plus lumineuses. Il faut
dire que le tableau est plus récent puisqu'il est signé
Auguste Petiet et qu'il date de
1852. À cette époque
Henri Gasc
est à ND de Marceille et la copie a certainement été réalisée sur la
version que le chanoine avait sous les yeux dans le sanctuaire
limouxin.

La suite page suivante |
|
|